La répartition claire, dans la Torah, entre les hommes et les femmes et les rôles attribués à chacun, nous amène à penser plus d’une fois : quel est le rôle le plus important ?

D’une part, nous voyons que l’homme prononce la bénédiction chaque matin "qui ne m’a pas fait femme" et ainsi remercie D.ieu d’avoir l’obligation d’accomplir de nombreuses Mitsvot et d’étudier la Torah. Ceci montre, à première vue, que d’en-haut, cette tâche est considérée de la première importance.

D’autre part, les femmes récitent "qui m’a faite selon sa volonté" et déclarent, de cette manière, qu’elles constituent la volonté d’Hachem par le fait même d’exister. Et même la louange qui leur est adressée d’être "une femme vertueuse couronne de son mari" (Michlé 12, 4) les place comme la parure de leur mari, autrement dit, comme plus grande et plus importante que lui.
 

Qui donc est plus important que l’autre ?

Le Maharal, dans son explication sur la Torah, répond qu’une femme est, par sa nature même, plus proche d’Hachem. C’est pourquoi, elle n’a pas besoin de peiner dans l’étude de la Torah et dans l’accomplissement des Mitsvot pour briser ses instincts et son mauvais penchant.

Ce qui n’est pas le cas de l’homme, qui a ces deux obligations afin de s’améliorer et de se purifier. Comme il est écrit (Talmud Traité Kidouchin 30b) : « J’ai créé le mauvais penchant et j’ai créé la Torah comme remède ». 

 

On demanda à un des géants de la génération qui se trouvait dans les Chiva de sa maman (les sept premiers jours de deuil) :

« Quel mérite a permis à votre mère d’avoir un fils d’une telle grandeur ? »

« Celui de ne pas s’être abimée… », répondit-il.

Les propos de Rav Chim’on Pinkus donnent un nouvel éclairage à cette histoire :

L’homme est sa propre source de sainteté et de lumière, et cette sainteté est créée par la Torah qu’il étudie et les Mitsvot qu’il a l’obligation d’accomplir. En cela, on le compare au soleil. 

En revanche, la femme est comparée à la lune, elle n’a pas de rayonnement propre mais elle a la possibilité de réceptionner la lumière et de la refléter comme un miroir. Par conséquent, elle peut se tourner vers Hachem et en recevoir directement la sainteté et par cela, s’élever au-dessus de son mari, qui lui, ne mérite la sainteté qu’en fonction de son étude et de ses Mitsvot, et proportionnellement à la peine qu’il y met.

Cependant, afin de pouvoir s’adresser à Hachem et jouir de Sa lumière, la femme a l’obligation de veiller à la propreté de son miroir.  

C’est la raison pour laquelle une femme a l’obligation d’observer les Mitsvot négatives (celles énoncées sous forme d’une interdiction), dont la transgression souille l’âme et ternit sa transparence.

La mère de ce grand homme avait réussi à ne pas s’abîmer. Elle avait gardé toute sa sainteté et sa beauté intérieure. De ce fait, elle mérita de jouir d’une grande proximité avec Hachem et fut comme un miroir qui reflétait Sa lumière. Celle-ci se matérialisa en la venue d’un fils tsadik, qui éclaira le regard du peuple d’Israël.

Une femme qui intériorise la grandeur qui existe en elle, pourra recevoir des forces qui lui permettront de remplir son rôle avec joie.