Du lait laissé dehors tourne. Un vêtement qui traîne dehors se décolore. Un livre que l’on oublie dehors se déchire. Et l’âme d’un homme qui s’attarde dans les rues, que va-t-elle devenir ? A l’intérieur de sa maison, un homme garde tous ses trésors et possessions, il sait que c’est là l’endroit le plus protégé. La femme, elle, construit son foyer et veille sur la bénédiction qui s’y trouve.

Déjà sous la ’Houppa, le dais nuptial, la fiancée tourne autour de son promis, comme il est dit (Yirmiyahou 31, 22) : « La femme entourant l’homme ». Elle symbolise de la sorte son intention d’être comme une muraille protégeant son foyer.

« La bénédiction existe dans le foyer uniquement grâce à la femme », nous disent nos Sages (Talmud Baba Métsi’a 59a).

Toutefois, le terme « Brakha », « bénédiction » est à prendre ici dans le sens de « Breikha », « bassin collecteur », qui accumule toute l’eau qui y tombe, pour ensuite la distribuer graduellement à tous les champs qui se développent grâce à lui. Il en est de même pour la femme dans son foyer : elle a le mérite de recevoir le flux de bénédictions, de les garder et de les répartir en fonction des besoins entre ses enfants et les autres nécessités de la maison.

Il existe un principe : « La bénédiction ne demeure que dans les choses cachées du regard ».

C’est la raison pour laquelle celui qui désire que la bénédiction règne dans son pressoir ne le mesurera pas. De nombreuses forces du mal tentent sans arrêt de porter atteinte à l’abondance existante dans le monde et de s’en emparer. La femme, qui en est le réceptacle, doit particulièrement se protéger. Elle doit se mettre à l’abri des regards malveillants qui ont le pouvoir de la détériorer. La discrétion lui évitera que ces regards ne l’atteignent et ne l’abîment.

C’est la raison pour laquelle le « Rékanati » (Paracha Ki Tétsé) a écrit que la raison de la présence de Tsniout dans la relation entre un homme et une femme découle également du fait que la bénédiction ne réside que dans le secret, comme nos Sages ont dit (Talmud Traité Ta’anit 8b) : « La bénédiction ne demeure que dans les choses cachées du regard ».
 

« Que la femme sache » a ainsi écrit Rabbénou Yona, « que par le mérite de la Tsniout, la pudeur, ses fils seront Tsadikim ». 

Voici la clé : par le mérite de la Tsniout.

Dans la suite de ses propos, Rabbénou Yona précise quel est l’essentiel de la Tsniout exigée de la femme :

« Elle doit être Tsnoua, discrète et pudique, c'est-à-dire veiller à ce que les hommes ne la regardent pas, en vertu du principe disant qu’il est plus grave de faire fauter quelqu’un que de le tuer. Dans le deuxième cas, l’homme perd ce monde-ci, alors que dans le premier, il sera dépossédé du monde futur. »

La femme doit particulièrement faire attention, avec la tendance à la bonté qui la caractérise, à ce que sa présence ne crée pas de dérangements. Elle doit veiller à être discrète et à ne s’exposer à aucun regard. Ceci s’oppose à la tendance généralement admise d’après laquelle il faut se montrer avec ses plus beaux attributs à l’extérieur et à la maison et recevoir son mari vêtue d’une vieille robe d’intérieur, froissée et délavée, sans vitalité et avec un regard fatigué.