Le trajet fut très long. Il dura plus d’une heure. Pendant tout le voyage, il chercha à l’apaiser, mais elle se tint recroquevillée sur son siège.

Un goût d’humiliation resta en travers de sa gorge durant tout le parcours ; elle n’avait pas besoin de mots pour montrer à quel point elle était vexée. Ce sentiment pénible m’atteignit. Là, à ma place, sur le fauteuil qui se trouvait juste derrière eux, je fus témoin, malgré moi, d’une scène conjugale tout à fait désagréable.

Tout le long du voyage, elle tint sa tête penchée en direction de la fenêtre sans même consentir à le regarder.
Enfin, nous arrivâmes à Jérusalem. Je la vis alors tourner son visage vers lui ; elle relâcha un peu ses muscles raidis et se mit à réfléchir à la possibilité de pardonner.

Je ressentis tour à tour de la compassion pour lui puis pour elle. Je suis convaincue que la vie lui a appris que le fait de prendre trop à cœur un affront est une faiblesse.***

« De nouveau, tu te conduis comme ta mère ! » Elle lui lança un regard chargé de colère lorsqu’il laissa les portes de l’armoire grandes ouvertes. De manière générale, elle pensait que son mari avait hérité du caractère désordonné de sa mère et ce manque d’éducation la faisait systématiquement sortir de ses gonds.

« Est-ce que c’est vraiment sa faute ? » Lui demanda une voix intérieure, et elle fut prise de remords pour les mots inutiles et vexants qui sortaient de sa bouche.

Il la regarda sans toutefois sembler prendre à cœur ses paroles ; il ferma tranquillement les portes de l’armoire et continua de vaquer à ses occupations journalières sans mot dire.

Ses mots l'avaient peut-être blessé, mais il ne semblait pas que ce fût le cas, car les flèches ne parvenaient pas à pénétrer en profondeur. Les projectiles n’avaient pas assez de force pour qu’il en parlât durant presque toute une journée, alors que sa femme évidemment l’aurait fait… Et elle, voyant qu’il poursuivait son programme quotidien, comprit que la douleur l’oppressait et lui demanda pardon.

L’homme

L’homme, habituellement, ne se vexe pas rapidement et il lui est difficile de comprendre ce qui a offensé sa femme (spécialement au début de la construction du couple, alors qu’il ne connaît pas encore suffisamment bien sa femme).

Même quand l’homme subit une offense, il l’oublie généralement sur-le-champ, car il est fait de terre : lorsque l’on marche sur le sol et que l’on y laisse des empreintes, on peut les effacer immédiatement ; les traces de pas disparaissent rapidement comme si elles n’avaient jamais existé. L’homme se comporte de cette manière ; il pardonne et oublie très vite et sa vie reprend son cours. (Bien entendu, il est sujet à l’offense, car c’est un être humain, mais, en général, il ne s’éternise pas sur le fait qu’on l’ait insulté.)

La femme

La femme se vexe habituellement très vite et très facilement parce qu’elle est faite d’os : une entaille dans un os est gravée pour toujours. Dotée d’une âme douce et sensible, elle n’est pas aussi prompte à oublier les offenses.

Solution

C’est vrai, vous êtes faite d’os ; exploitez donc cette caractéristique pour être forte. Vous êtes forte ! Les femmes sont douées d’une force immense de survie : les difficultés d’élever les enfants, les faiblesses corporelles, les tâches ménagères, le gagne-pain quotidien… Toute votre vie le prouve. Le choix de vous vexer ou de ne pas vous vexer est entièrement entre vos mains.

Ne vous servez pas du fait que vous avez été créée à partir d’os pour justifier votre propension à vous offenser facilement. Souvenez-vous que vous avez la faculté de diriger cette force vers des sujets plus importants plutôt que de vous attarder sur les vexations que vous avez reçues.

Renforcez-vous intérieurement et essayez de tirer une leçon de la faculté à oublier et à pardonner que possède votre mari. Ne prenez pas à la lettre tout ce qu’il vous dit et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour renforcer le lien qui vous unit et pour fortifier votre foi en D.ieu, foi qui est ancrée en vous.

Lorsque vous avez été offensée, remplissez votre esprit et votre cœur d’autres sujets plus constructifs.
Le cerveau ne peut pas s’occuper de deux sujets simultanément, cela vous sera donc plus facile pour « poursuivre votre chemin » de la vie.

En outre, vous pourrez le faire participer à vos problèmes et chercher avec lui les choses qui vous détendent ; cela vous réconfortera et vous aidera à oublier.

Lorsque le lien se sera renforcé, chacun de vous recherchera des compromis avec son conjoint, essaiera de le comprendre et d’agir dans son intérêt. Vous en serez alors renforcés et raffermis .