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Alyah et tracas

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Alyah & Tracas : Une française à Baït Vagan

Mis en ligne le Mercredi 12 Décembre 2018

Nouvelle série à suivre chaque semaine ! Au fil des semaines, Déborah Malka-Cohen nous racontera l’histoire de quatre femmes que la Providence divine va rapprocher. La vie et ses aléas ne sont pas toujours simples à affronter, mais avec l’amitié, la vraie, la belle, celle que nous recherchons toutes un peu, on devient plus forts et tout devient plus simple... 

Une jeune maman, Orlane, se trouve au parc à Baït Vagan, un quartier de Jérusalem, accompagnée de ses deux fils. Elle est assise sur un banc en train de les surveiller tranquillement. Elle est seule et a préféré laisser son téléphone portable à la maison suite à la conversation houleuse qu’elle vient d’avoir avec son mari….

Qu’est-ce-que je suis énervée ! Mon D.ieu mais qu’est-ce-que je suis énervée ! Il faut vraiment que je me calme parce qu’être rongée par la colère ne va certainement pas arranger les choses. De toute façon, je ne peux rien faire pour le moment, c’est la vie, comme il me l’a dit tout à l’heure. Mais quand même… Déjà que je suis seule toute la semaine, si maintenant il doit en plus rester en France Chabbath compris, je ne sais vraiment pas comment on va s’en sortir. Oh non ! Et voilà, que les garçons s’y mettent aussi :

“David, Simon ! Je vous ai déjà dit d’arrêter de vous battre ! On est venu exprès dans ce parc parce qu’il était plus grand que celui à côté de chez nous. Je suis certaine qu’il y a assez de place dans celui-là pour vous deux.

– Mais Maman, c’est David qui m’a tapé en premier !

– Je ne veux pas le savoir ! Vous vous débrouillez tous les deux pour ne pas en venir aux mains, et si j’en vois un qui recommence, on rentrera directement à la maison ! C’est clair ?

– Oui, très clair Maman, on va se calmer.

– Très bien, je vous fais confiance et je vous donne une dernière chance.

– D’accord.”

C’est vrai que comparée aux autres mamans d’ici, je me rends bien compte que je suis un peu plus sévère avec mes enfants. Ce que je me dis c’est qu’elles ne sont pas dans ma situation. Étant seule à tout gérer la semaine, je me dois d’être un peu dure avec mes garçons et d’imposer une discipline militaire sinon cela peut devenir très vite l’anarchie totale. Surtout avec le petit troisième qui va arriver…

Ce qui me contrarie le plus, c’est qu’il y a huit mois, fin juillet, quand on a fait notre Alya avec Liel, on s’était mis d’accord tous les deux sur le fait qu’il était préférable qu’il conserve son emploi sur Paris… les premiers temps. À ce moment-là, j’étais loin de me douter que nos séparations répétitives allaient être aussi pénibles sur la durée. Le plus terrible dans tout ça, c’est que je me suis presque habituée à vivre en solo, à me débrouiller un peu comme une mère célibataire qui élève seule ses enfants. D’ailleurs, je me rends compte au fil du temps qu’il m’arrive d’organiser très bien mes semaines sans lui, à moins souffrir de son absence quasi permanente.

Pourtant, au début, lorsque l’on a déménagé, j’attendais avec impatience de le revoir le jeudi soir. Être séparée de lui était une véritable torture. Mais maintenant, si je suis un peu honnête avec moi-même, sa simple présence au sein de la maison devient un peu… compliquée.

J’ai honte de penser de cette manière, alors que lui se démène pour ramener un salaire décent afin que nous vivions de façon correcte ici. J’ai l’impression d’être une épouse ingrate qui ne pense qu’à elle. Mais je ne peux pas non plus m’empêcher d’avoir le sentiment que lorsqu’il est de nouveau à la maison, c’est comme si un étranger déboulait dans nos vies, en bousculant d’un gros coup de pied toute notre routine difficilement acquise.

Mais malgré cet aveu, le coup a du mal à passer. Je ne pense pas que ce soit le meilleur choix qu’il ait pris pour nous, pour notre famille. Même si Liel a pris le temps de m’expliquer ses raisons par téléphone, brandissant l’argument-massue selon lequel il n’a pas pu faire autrement que de placer son plus gros client vendredi à midi, cela ne m’a pas empêchée d’être sidérée. Même si Chabbath rentre plus tard en été, il est clair qu’il ne pourra pas prendre l’avion. Il est impensable de risquer d’arriver en retard sur l’horaire d’allumage des bougies. Je le soupçonne de l’avoir fait exprès pour m’éviter et nous éviter une énième dispute. C’est étrange, mais je me sens pour le coup vraiment abandonnée, et j'ai horreur de ça, comme si j’étais reléguée au second plan !

Et puis, qu’est-ce que je vais dire à nos fils ? Je n’ai pas encore eu le courage de leur annoncer qu’ils ne verront pas leur père avant une dizaine de jours. Eux qui l’attendent toujours avec impatience ! Il va bien falloir que je me résolve à le faire. Le plus tôt sera le mieux… Peut-être ce soir après le bain.

À mon sens, le plus dangereux n’est pas tant que Liel ait repoussé son voyage, c’est surtout que, depuis quelques semaines, je me dis de plus en plus souvent que le mieux serait qu’il reste pour de bon là-bas, à Paris ! Cela règlerait sûrement un bon nombre de nos problèmes. Notamment le fait que je supporte de moins en moins sa présence quand il est là. Ce qui me chagrine beaucoup, c’est qu’entre nous, cela n’a pas toujours été comme ça.

Au contraire, pas plus tard que l’année dernière à la même époque, j’étais une femme comblée, heureuse même ! Nous avions des projets d’Alya plein la tête. On sortait souvent, on voyait des amis. On riait… Quand pour la dernière fois mon mari et moi avons ri tous les deux ? Si je me pose la question, c’est que ça fait des siècles.

Oh non, voilà que je recommence à pleurer. Je m’étais promise de ne pas verser de larmes devant les enfants. Heureusement, ils sont loin et ne me voient pas. Le mieux c’est que je me calme et que j’arrête de penser à tout ça. Je verrai bien. Il faut que j’arrête de penser toujours au pire, surtout dans mon état mais… Oh ! Mais… Qu’est-ce-qu’il se passe là-bas ? Et pourquoi cette femme parle à mon fils ?! Elle n’est pas née celle qui se permettra de parler à mon petit garçon sans mon autorisation !

Orlane s’était levée d’un bond, oubliant pour quelques instants ses soucis. Alors qu’elle voulait demander des comptes à cette maman qui tenait un enfant d’à peu près deux ans dans ses bras, très vite, elle comprit la situation : son cadet, Simon, âgé de quatre ans, venait de mordre à la joue le petit garçon qui était dans les bras de sa mère. Celui-ci pleurait à chaudes larmes et on voyait très nettement une morsure... Sans avoir besoin de plus d’explications, Orlane savait pertinemment que c’était Simon le coupable, car ce n’était pas la première fois qu’une telle chose se produisait. Plusieurs fois, elle avait été convoquée à l’école pour la même raison. Elle reconnaissait que depuis que les disputes avaient commencé entre elle et Liel, le petit se montrait un brin agressif avec les autres enfants.

Dans ce genre de cas, certaines mamans se montraient compréhensives et d’autres non ! Pire que ça, certaines n’hésitaient pas à m’incriminer en me demandant de mieux surveiller mon rejeton. J’espère que cette jeune maman qui se trouve en face de moi ne fait pas partie de cette catégorie de mamans-tigres, comme je les appelle.

En regardant l’état de la joue du petit bout de choux, je décidai que le mieux était de présenter tout de suite des excuses, en faisant profil bas. Bien que mon hébreu soit assez basique, je pense pouvoir me débrouiller assez pour me faire comprendre :

“Guivérèt, mé’hila, haben chéli…”

En un rien de temps, la maman de la victime de mon fils, qui portait un foulard très haut sur la tête, m’interrompit brusquement pour m’expliquer qu’elle aussi était française, comme moi :

“Ne vous embêtez pas, je parle français moi aussi.

– Ah ! C’est encore mieux. Je suis vraiment désolée que mon fils ait mordu le vôtre. Je ne sais pas du tout ce qui lui prend en ce moment.”

Sur un ton qui se voulait doux, cette femme qui consolait en même temps son petit toujours en pleurs, se renseigna gentiment en me demandant :

“Ah parce que ce n’est pas la première fois que ça lui arrive ?

– Hélas, non. J’ai pourtant puni Simon à chaque fois, mais rien n’y fait, il recommence encore et encore. Vu l’état de la joue du vôtre, vous voulez venir chez moi que je lui mette un peu de glace sur la morsure afin que la plaie se dégonfle plus vite ? Je n’habite pas très loin d’ici.”

La femme, gênée, m’assura que ce n’était pas la peine :

“Non, ne vous dérangez-pas, vous êtes adorable. Et puis, ne vous en faites pas, comme on dit il y a les mordeurs et les mordus. Mon grand, David aussi a eu sa période. Vous savez, tout passe dans la vie.

– Vous pensez ?

– Bien sûr, je suis Mora depuis quinze ans. Vous imaginez, j’en ai vu des cas comme le vôtre. En passant, je m’appelle Rachel.

– Merci, vous me rassurez. Enchantée, moi, c’est Orlane.

– Ça fait longtemps que tu habites en Israël ? Je me permets de te tutoyer comme ça c’est plus simple.

– Pas de problème. Non, juste quelques mois.

– Pas trop difficile l’intégration, ou plutôt l’adaptation ?

– Non, ça va super.”

Même si Rachel avait l’air très sympa au premier abord, je n’allais quand même pas lui déballer tous mes problèmes de couple d’un coup. Même sous la torture, je ne dirais rien ! Si ma mère m’a bien appris quelque chose avant mon mariage, c’est de ne jamais parler de mon conjoint en mal ou se plaindre de lui à qui que ce soit ! Même pas à elle ou à mes sœurs.

Comme je ne poursuivais pas la conversation, Rachel me demanda ce que je faisais dans la vie, tout en continuant de bercer son fils qui commençait à s’endormir :

“Tu travailles, en plus de t’occuper de tes enfants ?

– Oui, je suis éditrice junior pour un petit journal basé en France et il m’arrive aussi de faire des travaux de relecture.

– C’est sympa ça. Je crois qu’avec toutes ces émotions mon petit Hillel s’est endormi. Je vais devoir le mettre dans sa poussette. Je suis assise là-bas avec une amie, ‘Hanna. Si tu veux, tu peux venir te joindre à nous.

– Euh… Oui pourquoi pas !”

Pendant que nous rejoignions son amie, Rachel m’informa que d’habitude elles étaient trois à se poser toujours sous cet arbre, qui avait la particularité de les protéger du soleil. La troisième, Nourit, venait tout juste d’accoucher, d’où son absence aujourd’hui. Avec un certain ravissement je la suivis, ce qui me donna le loisir d’évaluer son âge qui devait être à peu près le même que le mien.   

C’est vrai que depuis mon arrivée en Israël, même si les gens que j’avais rencontrés s’étaient montrés plutôt chaleureux (comparé à Paris) il était difficile de créer des liens et de se faire des copines, des vraies. Travailler de la maison n’avait pas non plus eu pour conséquence de multiplier les occasions de faire des rencontres. Bien sûr il y avait les mamans de l’école, mais la plupart sont israéliennes. Non pas qu’elles n’étaient pas accueillantes, mais je n’étais pas très à l’aise en leur compagnie. Je m’étais souvent demandée si c’était la barrière de la langue, que je ne maitrisais pas encore complètement, ou simplement la différence culturelle. Je n’en avais aucune idée et puis après tout ce n’était pas comme si j’avais le temps de développer des relations avec qui que ce soit ! La seule chose que je remarquais, c’est qu’il était toujours plus facile de développer une conversation avec des francophones un peu comme cette fille-là, Rachel. Tout était plus simple. Cependant, j’avais quand même une appréhension car vu sa tenue vestimentaire, il était évident qu’elle était beaucoup plus religieuse que moi. Sa jupe noire qui lui recouvrait les chevilles et son haut noir le démontraient. Dès que nous étions arrivées à la hauteur de sa copine, Rachel fut accueillie par une flopée d’enfants qui, vu la ressemblance entre eux, devaient lui appartenir. Sa copine quant à elle était restée assise sur un banc car elle donnait à manger à une adorable petite fille. Très vite, elle et moi fûmes présentées :

“Orlane, je te présente ‘Hanna.”

Celle-ci était blonde aux yeux bleus et avait un joli visage. Elle portait une jupe tout aussi longue que son amie mais d’une autre couleur. Son boubou était joliment tressé sur sa tête.

Moi qui suis de nature plutôt timide de premier abord, fus soulagée que très vite, ‘Hanna me mit à l’aise :

“Salut Orlane ! C’est drôle, parce que tout à l’heure, je t’ai regardée de loin car j’aime bien ta robe. J’adore le côté bi-matière. Je me demandais où tu l’avais achetée.

– Ah merci ! En fait, pour tout dire, je l’ai commandée sur un site et ensuite c’est moi qui me suis amusée à rajouter des bandes de dentelle.”

Si j’avais dit qu’un éléphant rose était en train de traverser le parc en tutu, les visages de mes interlocutrices n’auraient pas pu être plus étonnés.

“Waouh ! Tu es douée dis donc. C’est ton métier ? Tu es couturière, un truc dans le genre ?”, me demanda Rachel.

Ce à quoi je répondais par la négative. Traquer la moindre faute d’orthographe était mon métier, mais ma véritable passion était la customisation de vêtements. D’ailleurs, quand on s’était rencontrés avec Liel, au bout de notre troisième rendez-vous je lui avais confié mon rêve qui était de créer une marque de vêtements exclusivement Tsanoua. Ce qui m’avait beaucoup plu, ce fut sa réaction : ses yeux de couleur dorée s’étaient illuminés et il m’avait encouragée à prendre des cours de couture ou à faire un stage dans une maison de stylisme de renom. Je me souviens très bien de ce moment parce que je m’étais dit que c’était précisément lui, cet homme qui croyait en mes capacités, que je voulais épouser. Mais depuis, les choses avaient changé…

Avant, chaque fois que je lui montrais une de mes créations, il prenait le temps de regarder et de me donner son avis souvent pertinent. Mais maintenant, le peu de fois que je lui montrais un quelconque bout de tissu, il me répondait systématiquement qu’il était fatigué, que les enfants l’épuisaient. J’avoue que lorsqu’il était là, j’avais tendance à le laisser gérer seul les garçons, qui lui demandaient toute son attention. En même temps, il n’y a rien de plus normal que leur père leur consacre un minimum de temps. Puis d’un coup, perdue dans mes pensées, j’entendis la voix de ‘Hanna qui me fit revenir à elle :

“Orlane ! Tu es parmi nous ?

– Oui, oui bien sûr. Désolée.

– Je te disais que tu avais du noir qui a coulé sur le côté. Je te propose une de mes lingettes. Tiens, ça va s’enlever en un rien de temps. Avec cette chaleur, c’est un miracle que le maquillage tienne encore. Moi ça fait une éternité que j’ai arrêté parce que cela ne sert à rien. À part pour les grandes occasions, je ne me maquille jamais.

– Et j’ai toujours trouvé que c’était une grave erreur, ‘Hanna ! Je te l’ai toujours dit ! C’est très important que nous en tant que femmes, nous continuions de prendre soins de nous ! Pour moi, chaque jour est une fête et mérite que l’on se maquille.

– Non mais toi Rachel, je ne sais pas comment tu fais pour être toujours au top ! Et puis, mon mari adore que je sois naturelle.

– Si Monsieur Avraham adore, alors ça c’est différent. Mais dis-nous Orlane, tu habites dans le quartier ? Tu viens d’arriver ?”

Je m’étais mise à leur expliquer que c’était la première fois que je venais dans ce parc, car je le trouvais beaucoup plus grand que celui qui était à côté de chez moi. Celui-ci disposait d’un plus grand espace de jeu qui était plus adapté à l’âge de Simon et David.

Et pendant que Rachel s’occupait de l’une de ses filles qui la suppliait de venir la voir glisser sur le toboggan, ‘Hanna s’était mise spontanément à me raconter son parcours :

“Moi, cela fait cinq ans que j’habite ici, à Jérusalem. Avant, avec Avraham nous habitions à Bat-Yam et nous n’étions pas du tout au même niveau de pratique qu’aujourd’hui. A la base, on vient tous les deux de familles traditionalistes.”

Dès que Rachel était revenue, elle aussi s’était mise à m’expliquer ses origines et la façon dont elle avait été éduquée :

“Je viens de la communauté de Créteil dans le 94. Et je viens d’une famille de JFK.

– JFK ? Qu’est-ce-que c’est ?”, avais-je demandé intriguée, car je n’avais jamais entendu cette expression auparavant.

“Jews for Kippour ! Les Juifs de Kippour ! Ma mère est américaine et c’est une blague entre nous.

– C’est drôle, ça ! Du coup, comment toi Rachel, tu as atterri à Jérusalem dans ce quartier ?

– En fait, mes parents m’avaient envoyée aux EIs pendant toute mon adolescence et j’ai grandi avec l’amour d’Israël. Nous n’étions peut-être pas de grands pratiquants, mais on a toujours été de grands sionistes. Dès que j’ai eu dix-huit ans, mon bac en poche, je suis venue faire une année de Mékhina, même si mes parents étaient un peu déçus de mon choix. La même année, j’ai rencontré mon mari, Eli. Et voilà, nous avons six enfants !

– Six enfants ? C’est beau. Je ne sais pas comment tu fais pour gérer, moi j’en ai deux… et demi et je suis souvent débordée.

– Et demi ? Tu en es à combien de mois ?, me demandait ‘Hanna.  

– J’en suis à peine à quatre mois de grossesse.”

Puis d’un coup, je regardai l’heure et me rendis compte qu’il fallait que je rentre car si je tardais, je serais en retard sur tout ce que j’avais à faire :

“Désolée les filles, mais il faut que je rentre pour le BDD.”

En chœur, Rachel et ‘Hanna me demandèrent ce que signifiait “le BDD” :

“Bain. Douche. Devoirs. Moi aussi je connais des raccourcis, il n’y a pas que vous !”

On s’était mises à rire toutes ensembles et pour la première fois depuis longtemps, cela me faisait du bien. Cela m’avait donné l’occasion de m’échapper un moment du désastre qu’était mon couple. Nous échangions nos numéros en nous promettant de nous revoir bientôt.

Et au moment où je récupérais péniblement les garçons qui ne voulaient pas abandonner la balançoire, ‘Hanna m’avait couru après pour me demander si je voulais participer à la chaîne de repas pour leur amie Nourit, la jeune accouchée. Un peu déroutée, je lui demandais en quoi cela consistait :

“Ici, dès qu’une femme rentre de la maternité, on essaye de la soulager un maximum en lui préparant à tour de rôle des repas, de façon à créer une chaîne. Tu veux participer ?

– Euh… oui pourquoi pas.

– Super. Alors je te rajoute tout de suite au groupe WhatsApp qu’on a créé pour elle. À bientôt Orlane !”

C’était assez contente que je rentrais chez moi cette après-midi-là, sauf que j’étais loin de me douter qu’au moment de passer le pas de la porte, un autre type de message que celui de ’Hanna et sa chaîne, m’attendait et allait chambouler complètement ma vie….

Au même moment, un peu plus loin….

En rentrant chez elle, ‘Hanna, accompagnée de ses trois petits, s’était arrêtée à l’épicerie pour acheter du lait. Elle ne savait pas trop quoi penser de cette fille, Orlane, qu’elle venait de rencontrer. Rachel avait toujours le chic de papoter avec des tas de filles. C’est sûr qu’elle était beaucoup plus sociable qu’elle. Mais pour l’heure, ‘Hanna comptait ses sous. Elle vit avec soulagement qu’elle avait pile la somme pour son unique achat du jour. Par miracle, elle disposait chaque fois de la somme requise et prit quelques secondes pour remercier Hakadoch Baroukh Hou de lui permettre de nourrir ses enfants du mieux qu’elle le pouvait.   

En ouvrant la porte de chez elle, elle vit avec ravissement ses autres enfants au grand complet en train de travailler leurs devoirs sur la table de la salle à manger. Elle demanda prudemment si son mari, leur père, était là. Sa fille aînée acquiesça de la tête. Elle sentit sa respiration s’accélérer car elle pensait qu’aujourd’hui il allait rentrer un peu plus tard que les autres jours, car il avait un entretien d’embauche à passer sur Tel-Aviv.

C’est vrai que depuis qu’il avait perdu son travail, son mari n’était plus vraiment le même. Lui qui avait été un homme bon, tendre et profondément doux s’était transformé au fil des mois en un homme colérique, rongé d’anxiété et souvent à bout de nerfs. En même temps, qui ne le serait pas à sa place ?, se disait-elle souvent comme pour se rassurer.

‘Hanna se disait qu’il fallait qu’elle annonce la bonne nouvelle à ses enfants au plus vite :

“Mes chéris, vous allez être contents ! Vous savez mon amie Nourit, celle qui a accouché la semaine dernière, eh bien nous sommes tous invités à la Brit-Mila de son fils demain.”

Et alors qu’elle avait la petite Efrat dans ses bras, elle entendit sa troisième fille murmurer :

“Au moins demain matin, nous mangerons tous à notre faim !”

Suite à la semaine prochaine...

Déborah MALKA-COHEN - © Torah-Box

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