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Torah écrite (pentateuque) » Exode (Chemot)

Chapitre 1 (Chemot)

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1,1
Voici les noms des fils d'Israël, venus en Égypte; ils y accompagnèrent Jacob, chacun avec sa famille:

Et ceux-ci sont les noms des fils d’Israël

Le texte les a certes déjà comptés de leur vivant en indiquant leurs noms (Beréchith 46, 8 à 27). Il les compte cependant à nouveau après leur mort pour marquer combien Hachem leur est attaché (Midrach tan‘houma Chemoth 2). Car ils sont comparés aux étoiles, que Hachem fait sortir et rentrer en les comptant et en les appelant par leurs noms, ainsi qu’il est écrit (Yecha’ya 40, 26) : « Il fait sortir leur légion céleste en les comptant, Il les appelle toutes par leur nom […] aucune n’est manquante » (Midrach tan‘houma)

1,2
Ruben, Siméon, Lévi et Juda;
1,3
Issachar, Zabulon et Benjamin;
1,4
Dan et Nephtali, Gad et Aser.
1,5
Toutes les personnes composant la lignée de Jacob étaient au nombre de soixante-dix. Pour Joseph, il était déjà en Égypte.

Et Yossef était en Egypte

Ne faisaient-il pas partie, lui et ses fils, de ces soixante-dix personnes ? Que vient-on nous apprendre ? Et ne savions-nous pas qu’il était en Egypte ? C’est pour que tu saches la vertu de Yossef. Lui, Yossef, qui menait paître le troupeau de son père, c’est celui-là qui était en Egypte et y est devenu roi. Il ne s’en est pas moins maintenu fermement dans sa vertu [et les changements intervenus dans sa position n’ont entraîné aucune détérioration dans son caractère] (Sifri Haazinou 334)

1,6
Joseph mourut, ainsi que tous ses frères, ainsi que toute cette génération.
1,7
Or, les enfants d'Israël avaient augmenté, pullulé, étaient devenus prodigieusement nombreux et ils remplissaient la contrée.

Grouillèrent

Leurs femmes mettaient au monde six enfants à la fois [les six mots allant de parou (« fructifièrent ») à meod (abondance) suggérant ces naissances sextuples (Midrach tan‘houma Chemoth 5)]

1,8
Un roi nouveau s'éleva sur l'Égypte, lequel n'avait point connu Joseph.

Il se leva un roi nouveau

Rav et Chemouel sont en désaccord. L’un dit qu’il faut prendre le mot : « nouveau » au sens littéral, l’autre qu’il a changé ses décrets (Sota 11a)

Qui ne connaissait pas Yossef

Il a feint de ne l’avoir pas connu (ibid.)

1,9
Il dit à son peuple: "Voyez, la population des enfants d'Israël surpasse et domine la nôtre.
1,10
Eh bien! usons d'expédients contre elle; autrement, elle s'accroîtra encore et alors, survienne une guerre, ils pourraient se joindre à nos ennemis, nous combattre et sortir de la province."

Allons ! agissons avec sagesse

L’interjection hava (« allons ») signifie toujours se préparer et se disposer à quelque chose, comme pour dire : « Prenez vos dispositions pour cela ! » (voir Rachi Beréchith 11, 3 et 38, 16)

Agissons avec sagesse contre lui

Ingénions-nous à trouver quelque chose à faire contre ce peuple (Chemoth raba). Mais les maîtres du midrach ont enseigné : « Ingénions-nous contre le Sauveur d’Israël ! Nous allons les opprimer avec l’eau, car Il a déjà juré de ne plus jamais amener le déluge sur le monde. » [Il ne pourra donc pas nous punir de manière similaire.] Ce qu’ils n’avaient pas compris, c’est que ce serment concernait uniquement l’univers pris dans sa totalité, mais que rien ne s’opposait à un déluge noyant un pays déterminé

Il montera depuis le pays

Contre notre gré. Les maîtres du midrach ont enseigné : Cela ressemble à quelqu’un qui se maudirait lui-même, mais en « rapportant » sa malédiction à autrui, comme s’il était écrit : « et “nous” quitterons le pays, et “eux” en prendront possession » (Sota 11a)

1,11
Et l'on imposa à ce peuple des officiers de corvée pour l'accabler de labeurs et il bâtit pour Pharaon des villes d'approvisionnement, Pithom et Ramessès.

Sur lui

Sur le peuple

Des dirigeants de corvées (missim)

Pluriel de mass (« corvée »). Des officiers qui leur imposaient des corvées. Et en quoi consistaient-elles ? Ils devaient construire « des villes d’approvisionnement pour Pharaon »

Afin de l’opprimer au singulier de leurs fardeaux au pluriel

Ceux des Egyptiens

Des villes d’approvisionnement (miskenoth)

Traduction du Targoum Onqelos : « des villes servant d’entrepôts à Pharaon », comme dans : « va trouver cet intendant (sokhèn) » (Yecha’ya 22, 15). Il s’agit de l’intendant préposé aux entrepôts (Chemoth raba)

Pithom et Ra‘amsés

[Ces villes existaient déjà, Ra‘amsés étant mentionnée dans Beréchith 47, 11]. Elles ne convenaient cependant pas à cet usage. Aussi les a-t-on fortifiées et renforcées pour qu’elles servent d’entrepôts

1,12
Mais, plus on l'opprimait, plus sa population grossissait et débordait et ils conçurent de l'aversion pour les enfants d'Israël.

Et comme ils l’opprimaient

Plus ils s’évertuaient à opprimer, plus le Saint béni soit-Il avait à cœur de les multiplier et de les étendre

Ainsi se multipliait-il et ainsi s’étendait-il

Ces verbes sont au futur, mais ils doivent s’entendre au passé – tel est le sens littéral. Quant au midrach, il fait parler ici l’esprit saint : « Vous dites, vous : “de peur (pèn) qu’il ne se multiplie” (verset 10). Je dis, moi : “ainsi (kén) se multipliera-t-il !” » (Sota 11a)

Ils eurent du dégoût (wayaqoutsou)

Ils ont été dégoûtés de la vie. (Cela signifie, selon certains que les Egyptiens étaient dégoûtés d’eux-mêmes.) Nos maîtres expliquent que les Hébreux étaient comme des épines (qotsim) dans leurs yeux

1,13
Les Égyptiens accablèrent les enfants d'Israël de rudes besognes.

Avec dureté (befarèkh)

Avec un dur servage, qui brise (mefarèkheth) le corps et le met en pièces

1,14
Ils leur rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l'argile et la brique, par des corvées rurales, outre les autres labeurs qu'ils leur imposèrent tyranniquement.
1,15
Le roi d'Égypte s'adressa aux sages femmes hébreues, qui se nommaient, l'une Chifra, l'autre Poûa

Aux sages-femmes

Le mot lameyaledoth [« aux sages-femmes », à la forme pi‘él] a le même sens que molidoth [au hif‘il], à savoir « celles qui font naître ». Le même verbe peut s’employer à la forme qal [sans daguéch] ou à la forme intensive du pi‘él [avec daguéch], comme : chovér ou mechabér, dovér ou medabér [les deux formes ayant la même signification]. Il en est de même de molid [au hif‘il] et meyaléd [au pi‘él]

Chifra

C’est Yokhèvèd, ainsi nommée parce qu’elle « embellissait » (mechapèreth) l’enfant [par les soins diligents qu’elle lui prodiguait] (Sota 11b)

Pou‘a

C’est Miryam, ainsi nommée parce qu’elle « s’exclamait » à l’adresse du nouveau-né et lui « parlait », comme le font les femmes pour calmer un enfant qui pleure. Le mot pou‘a signifie : « émettre un cri », comme dans : « Je veux crier (èf‘è) comme une femme en train d’enfanter » (Yecha’ya 42, 14)

1,16
et il dit: "Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe: si c'est un garçon, faites-le périr; une fille, qu'elle vive."

Lorsque vous accoucherez

Le mot beyalèdkhen [au pi‘él] a le même sens que beholidkhen [au hif‘il, à savoir : « lorsque vous les aiderez à accoucher »

Les pierres

Il s’agit du siège sur lequel la femme est assise pour accoucher. On l’appelle aussi machbér (Yecha’ya 37, 3). On trouve le même mot dans : « Je suis descendu dans la maison du potier, et il travaillait “sur les pierres” » (Yirmeya 18, 3). Il s’agit de l’emplacement où est posé l’instrument de travail du potier

Si c’est un fils

Il ne se souciait que des garçons, ses astrologues lui ayant annoncé qu’il allait naître un enfant mâle qui sauverait les Hébreux (Midrach tan‘houma Wayaqhél 4)

Elle vivra (va‘haya)

[Le verbe est au passé, mais il doit se comprendre au futur –] veti‘hyé

1,17
Mais les sages-femmes craignaient Dieu: elles ne firent point ce que leur avait dit le roi d'Égypte, elles laissèrent vivre les garçons.

Elles firent vivre les enfants

Elles leur procuraient de la nourriture (Sota 11b). Le Targoum Onqelos le rend par weqayama [troisième personne du pluriel], et le même mot au verset suivant par weqayèmtin [deuxième personne du pluriel]. En hébreu, en effet, on utilise la même forme, au féminin pluriel, pour la deuxième et pour la troisième personnes [ce qui n’est pas le cas de l’araméen]. Exemples : « elles dirent : un homme égyptien… » (infra 2, 19), où watomarna (« elles dirent ») correspond à wayomerou au masculin ; « vous avez parlé avec votre bouche » (Yirmeya 44, 25), où watedabérna (« vous avez parlé ») correspond à watedabrou au masculin ; ou encore : « vous m’avez profané auprès de mon peuple » (Ye‘hezqel 13, 19), où wate‘hallèlna (« vous avez profané ») correspond à wate‘hallelou au masculin

1,18
Le roi d'Égypte manda les sages-femmes et leur dit: "Pourquoi avez-vous agi ainsi, avez-vous laissé vivre les garçons?"
1,19
Les sages-femmes répondirent à Pharaon: "C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme celles des Égyptiens, elles sont vigoureuses et avant que la sage-femme soit arrivée près d'elles, elles sont délivrées."

Car elles sont vivantes

Expérimentées comme des sages-femmes. Le Targoum Onqelos emploie, pour désigner les sages-femmes, le mot ‘hayatha [identique à notre adjectif : « vigoureuses »]. Quant au midrach, il compare les femmes hébreues aux bêtes des champs (‘hayoth), qui n’ont pas besoin de sages-femmes (Sota 11b). Et où sont-elles comparées aux bêtes des champs ? Dans : « tu es un jeune lion, Yehouda » (Beréchith 49, 9) ; « Binyamin est un loup qui déchire » (Beréchith 49, 27) ; « Le premier-né de son bovin l’a favorisé » (Devarim 33, 17) ; « Naftali est une biche qui s’élance » (Beréchith 49, 21). Quant à ceux qui ne font pas l’objet d’une telle comparaison, ils sont inclus dans : « il les bénit » (Beréchith 49, 28), [chacun individuellement, et tous collectivement, en octroyant à chacun les bénédictions attribuées aux autres à titre individuel]. Il est écrit également : « Qu’est donc ta mère ? Une lionne » (Ye‘hezqel 19, 2)

1,20
Le Seigneur bénit les sages-femmes et le peuple multiplia et s'accrut considérablement.

Eloqim fit du bien (wayétèv)

« Il leur a procuré du bien ». Voici ce qui caractérise les verbes dont le radical comporte deux lettres, lorsqu’ils prennent une forme qui commence par un waw ou un yod : Lorsque le verbe est au hif‘il, le yod est ponctué d’un tséré, qui est un qamats qatan (ou d’un sègol, qui est un pata‘h qatan), comme ici dans : « Eloqim fit du bien (wayétèv) aux sages-femmes », ou dans : « Il a multiplié les gémissements (wayèrèv) sur la fille de Yehouda » (Eikha 2, 5) ; « il exila (wayèguèl) le reste » (II Divrei hayamim 36, 20), à propos de Nevouzaradan ; « il tourna (wayèfèn) queue sur queue » (Choftim 15, 4) : il tourna les queues l’une sur l’autre. Tous ces verbes relèvent de la forme factitive (hif‘il). En revanche, lorsque le verbe est en conjugaison simple (qal), le yod est ponctué d’un ‘hiriq, comme dans : « Mochè entendit, cela fut bon (wayitav) à ses yeux » (Wayiqra 10, 20), ou dans : « et le peuple se multiplia (wayirèv) » ; « Yehouda fut exilé (wayiguèl) de sa terre » (II Melakhim 25, 21) ; « il se tourna (wayifèn) çà et là » (infra 2, 12), [où l’action est accomplie par le sujet lui-même]. Et que l’on ne m’objecte pas des formes comme : wayélèkh (« il alla »), wayéchèv (« il demeura »), wayérèd (« il descendit »), wayétsé (« il sortit ») [qui sont au qal tout en étant ponctuées d’un tséré]. Ces derniers verbes, où le yod fait partie du radical, n’appartiennent pas à la même catégorie que les précédents. Dans yachov, yarod, yatso, yalokh [halokh], le yod est la troisième lettre du radical

Eloqim fit du bien aux sages-femmes

Et quel a été ce bien ?

1,21
Or, comme les sages-femmes avaient craint le Seigneur et qu'il avait augmenté leurs familles,

Il leur fit des maisons

Des maisons [dans le sens de : « dynasties »] de sacerdoce, de Léwis et de royauté, ainsi appelées comme dans : « lorsque Chelomo eut fini de construire la maison de Hachem et “la maison” du roi » (I Melakhim 9, 1). Le sacerdoce et les Léwis descendent de Yokhèvèd [Chifra], et la royauté de Miryam [Pou‘a], comme expliqué dans Sota 11b

1,22
Pharaon donna l'ordre suivant à tout son peuple: "Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve et toute fille laissez-la vivre."

A tout son peuple

Son décret visait également son propre peuple (Sota 12a). Le jour de la naissance de Mochè, ses astrologues avaient annoncé : « Auourd’hui est né leur sauveur, mais nous ne savons pas s’il est né chez les Egyptiens ou chez les Hébreux. Nous pouvons cependant prédire qu’il sera frappé par l’eau. » (Chemoth raba ; Sanhèdrin 101b). C’est pourquoi Pharaon a promulgué ce jour-là un décret qui visait aussi les Egyptiens, ainsi qu’il est écrit : « tout fils l’engendré », sans qu’il soit précisé : « engendré aux Hébreux ». Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que Mochè serait un jour puni à cause des eaux de Meriva (Bamidbar 20, 13)

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