Question d'une internaute : J'ai 34 ans et je suis célibataire. Je suis de nature positive, sociable, plutôt bien dans ma peau, et j'ai un travail que j'adore. Je suis persuadée qu’Hachem m'enverra le bon mari au bon moment, et que si je ne l'ai pas encore rencontré, il y a certainement une raison...

Le problème c'est... le regard des autres ! Voici par exemple les remarques que je reçois :
- "Ah, tu n'es toujours pas mariée ??? Mais quel âge tu as ? 34 ans ? Tu n'as peur de finir vieille fille ?"
- "Dis-moi, tu ne penses pas que tu fais la difficile ?", ou bien encore :
- "Oh ma pauvre... ça ne doit pas être facile d'être dans cette situation, je te plains..."

Bref, toutes ces vexations étouffées avec le fait qu'on me colle toujours l’étiquette de la "célibataire", c'est ce que je vis le plus mal. Au-delà du célibat...

Comment me détacher du regard des autres et garder une estime de moi qui reste positive ?

Réponse de Mme Nathalie Seyman :

Nous sommes en plein dans l’ère de la communication et pourtant, nous n’avons jamais connue une époque aussi individualiste. Il n’y a jamais eu autant de célibataires, néanmoins les gens n’arrivent pas à se rencontrer. En effet, être célibataire dans la trentaine est loin d’être évident, non seulement par le fait d’être seul, mais par la pression familiale avec les questions récurrentes et désagréables comme « quand vas-tu nous présenter quelqu’un ». Se rajoute la pression sociale, car tous les amis sont en couple et on a donc l’impression d’être mise de côté et faire office d’extraterrestre. Alors comment gérer le regard des autres ? Comment réagir de façon saine face aux remarques que l’on peut vous faire ? Et pourquoi est-ce si compliqué de trouver l’amour après 30 ans ? Réfléchissons au sujet.

Gérer le jugement d’autrui

Nous ne pouvons pas empêcher les gens de penser ce qu'ils pensent en général, et ce qu'ils pensent de nous en particulier. La plupart utilise la réflexion rapide qui n’aime que les raccourcis, c’est-à-dire aller du point A au point B. Par exemple, vous êtes célibataire en point A, la réflexion lambda ira directement au point B qui est « c’est parce qu’elle est difficile », ou « alors elle va finir vieille fille » etc. Et de cette réflexion facile naît le jugement. Pourtant, nous savons bien, par expérience, que tout n’est jamais tout blanc ou tout noir, et pourtant, nous pratiquons à chaque moment ce type de jugement hâtif pour les autres. La Torah nous enseigne ceci : « Ne juge pas ton prochain avant de te trouver à sa place ». Si l’on réfléchit bien, on peut aisément comprendre que si vous êtes célibataire à votre âge, c’est que vous avez vécu tout un chemin qui vous a conduit jusque-là.

Plus vous accorderez de l’importance au jugement d’autrui, plus votre propre jugement perdra de la valeur. C’est le début de la perte de l’estime de soi.

Pourtant, il faut savoir que les gens qui jugent ne sont pas forcément mauvais, juste qu'ils manquent de recul face à une situation qu’ils ne connaissent pas. A quelques rares exceptions près, les gens que nous côtoyons au quotidien au mieux nous veulent du bien, au pire ne nous veulent pas de mal. Ils pensent sincèrement vous rendre service en vous parlant de la sorte. La question à vous poser c’est finalement, s’ils se le permettent, est-ce parce qu’ils auraient trouvé une brèche en vous ? Une petite partie de vous n’attend-il pas finalement ces remarques, car vous vous posez les mêmes interrogations à vous-même ? Il faut savoir une chose très importante : le jugement des autres, c’est le miroir du nôtre sur nous-même. Gardez en tête que vous n’êtes pas une célibataire de 34 ans, cela ne vous définit pas ! Etre célibataire est un état temporaire qui peut changer d’un instant à l’autre ! Vous êtes une femme active, positive et sociable. C’est cela qui vous définit et rien d’autre !

Réagir aux remarques désagréables

Vous avez plusieurs solutions qui peuvent vous aider à réagir sainement aux remarques désagréables que l’on peut vous faire, tout en démontrant que vous êtes bien dans votre peau et ainsi couper tout autre désagrément du même genre :

- Vous pouvez choisir d’ignorer et changer tout de suite de sujet,

- Vous pouvez remercier en souriant : « Merci de me dire cela » et ainsi couper court,

- Vous pouvez demander à la personne de dévoiler ses intentions : « Quand tu me dis cela, quel est ton objectif ? »

- Vous pouvez choisir de dédramatiser le sujet : « Hachem s’occupe de moi, ne t’inquiète pas, mais c’est gentil ! ».

En bref, le point commun de toutes ces options est que la meilleure façon de réagir aux vexations est de ne pas entrer dans un combat, mais plutôt de contourner le sujet d’une manière humoristique ou directe, mais toujours la tête haute et fière, en d’autres termes, d’une façon inattendue pour votre interlocuteur qui s’attendait à vous déstabiliser.

Trouvez l’amour

Après 30 ans, il est plus difficile de trouver le grand amour, car nous avons notre propre expérience de la vie et des attentes bien précises sur ce que l’on désire retrouver chez la personne qui nous accompagnera. Nous sommes indépendants, et nous n’avons aucunement besoin de quelqu’un de toxique. Nous avons moins d’illusions et voulons plus de concrets. Aussi, plus on attend, et plus il est difficile d’arriver à être comblée.

Depuis qu’Il a créé le monde, Hachem s’occupe d’unir les couples. Alors oui, Hachem n’oublie personne, et Il vous enverra votre Zivoug (âme-sœur). Pourtant, cela ne veut pas dire que vous devez attendre que votre Mazal arrive à votre porte un beau matin. Il n’y a rien de moins éloigné de l’esprit de la Torah que le fait d’attendre que les événements arrivent sans chercher à les obtenir. Mais la recherche d’un conjoint (Hichtadlout) doit se faire de façon intelligente si vous voulez éviter la multiplication des échecs :

- Ne vous découragez jamais ! Tout peut arriver d’un moment à l’autre, il suffit de LA bonne rencontre, continuez à prier et à espérer que l’heureux jour viendra, persévérez dans vos recherches.

- Identifiez de manière objective les causes au fait que vous n’ayez pas encore trouvé la personne qu’il vous faut et cherchez-en les solutions. Notez bien que, parfois, il y a des causes, et, d’autres fois, il n’y en a pas, car c’est Hachem qui a décidé que tout simplement l’heure n’était pas encore arrivée puisqu’il est dit dans les textes, que c’est le Tout-Puissant qui fixe l’heure, le lieu, et la date de la ‘Houppa.

- La meilleure solution pour trouver quelqu’un de bien est d’aller à des présentations organisées par des personnes qui vous connaissent bien et qui connaissent aussi la personne qu’elles vous présentent, ou des Chiddoukhim (rencontres) gérés par des Rabbanim en qui vous avez confiance. C’est le meilleur moyen de rencontrer des personnes de qualité avec un moindre risque d’être déçu sur leurs intentions.

Quoi qu’il en soit, ne laissez personne définir qui vous êtes, soyez fière du chemin parcouru et de celui à parcourir. Les jugements ne s’arrêteront pas à votre mariage, ils continueront toujours, mais ils ne doivent pas régir votre vie. Valorisez-vous, restez honnête envers vous-même et les autres, et utilisez ce temps à attendre l’amour de votre vie à faire de grandes choses qui lui permettra d’être fière de la femme qu’il épousera.

Béhatsla’ha

Si vous avez une question à poser à la psy, envoyez un mail sur l'adresse suivante entrefemmes@torah-box.com. Mme Seyman essaiera d’y répondre et la réponse sera diffusée de façon totalement anonyme.