Question d’une internaute : Bonjour, je suis mariée depuis 2 ans et j'ai l'impression d'avoir fait l'erreur de ma vie en épousant mon mari. Il est mou, il ne sait pas prendre les choses en main. Du point de vue Parnassa, on galère, mais c'est surtout parce qu'il est paresseux et pas très débrouillard. Il ne me comprend pas, il est dans sa bulle avec son foot et son iPhone du matin jusqu'au soir. Je n'ai plus aucun sentiment pour lui. Mes amies ont l'air tellement plus heureuses dans leur couple, je les envie. Mais je me dis que moi aussi j'ai le droit au bonheur, c'est pourquoi j'envisage de divorcer. Auriez-vous des conseils ?

Réponse de Mme Nathalie Seyman

Une princesse a épousé son prince et ils vécurent heureux… Fin ? Non, plutôt début, non pas d’un conte de fées, mais de la vraie vie où les combats se mènent avec efforts et volonté, et où rien ne vous tombe facilement dans les mains. Mais si l’amour manque à l’appel au sein du couple, le combat vaut-il encore le coup ? Penchons-nous sur votre problème.

C’est quoi être amoureux ?

Vous pensez ne plus être amoureuse, donc profitons pour nous poser la question de ce qu’est l’amour.

- D’un point de vue scientifique, tout d’abord, l’amour est une réaction chimique qui libère une hormone qui est responsable du plaisir que nous ressentons, battements de cœur, sentiments de bonheur, vie en rose, etc. Mais comme toute sensation de plaisir, l’effet ne dure pas. Avec le temps, l’accoutumance neuronale entraîne une baisse de l’hormone, le plaisir d’être ensemble devient alors moins intense – comme tout plaisir. Pour le raviver, il faut faire parler son imagination, et cette hormone pourra revenir à tout moment.

- D’un point de vue psychologique, il y a différentes sortes d’amour : l’amour-passion, l’amour-amitié, l’amour profond… Dans lequel vous situez-vous avec votre mari ?

- D’un point de vue de la Torah : l’amour c’est le don de soi. Plus on donne et plus on aime. L’amour que nous pouvons ressentir pour celui qui partage notre vie ne dépend donc pas uniquement de lui, mais je dirai principalement de nous-mêmes, de ce que nous sommes prêts à lui offrir.

Le mariage, un cadeau à remplir soi-même

La plupart des gens se marient en pensant que le mariage est un cadeau qu’on ouvre et dans lequel on trouve tout ce qu’on désire : amitié, intimité, complicité, etc. Mais en fait, il faut bien comprendre qu’en effet, il s’agit d’un cadeau, mais qui est vide. C’est en fait à vous de le remplir avec ce que vous voulez que devienne votre couple : si vous voulez de la romance, c’est à vous de l’introduire, si vous voulez du respect, de l’attention, des moments de complicité, etc., c’est la même chose. Vous obtiendrez ce que vous mettez dans ce cadeau. Par contre, si vous prenez tout sans faire l’effort d’y mettre quelque chose, alors le cadeau restera une boîte vide.

Nous vivons dans une société où on a l’impression que l’amour tombe du ciel. S’il nous tombe dessus, on est amoureux, si l’amour s’en va, tout est terminé. Mais c’est faux. Quand on a choisi d’être en couple avec une personne, surtout à notre époque, c’est qu’il y a de l’amour. Parfois, il y aura des moments de colère, de découragement, de tristesse où les émotions négatives seront si fortes qu’elles pourront masquer cet amour. Or, il est toujours là, caché. Pour gérer ses émotions, il faut avoir conscience que l’on peut agir dessus. Se dire « je ne l’aime plus, je n’y peux rien », c’est faux. On y peut quelque chose :

- Commencer par arrêter d’alimenter les émotions négatives, comme rechercher tous les petits détails qui nous agacent, faire des reproches à chaque action qui nous déplait. En amour, il faut savoir choisir ses combats !

- A contrario, stimuler les émotions positives : remarquer tous les petits détails qui nous font plaisir, faire des compliments à chaque petit effort, aussi minime soit-il.

- Nourrir l’amour que l’on ressent ou que l’on a ressenti : en pensant à tout ce que l’autre nous apporte, ses attentions, ses qualités. Et aussi, se rappeler tous les bons souvenirs : votre rencontre, vos premiers rendez-vous, votre mariage, etc.

L’amour est aussi un choix, une décision. En réalité, lorsque l’on se dit « je n’aime plus mon mari », on devrait plutôt se dire « je veux continuer à aimer mon mari ». Et il faut que vous trouviez la volonté d’avoir envie de réalimenter cet amour. Car si vous êtes passés ensemble sous la ‘Houppa, alors c’est que vous vous destiniez à lui pour la vie pour de bonnes raisons qui ne peuvent pas avoir disparu en 2 ans; et surtout c’est qu’Hachem vous destinait l’un à l’autre.

Il arrive parfois qu’on n’ait plus envie d’aimer l’autre pour des raisons graves. Mais lorsqu’il s’agit d’un éloignement, de quelques désaccords, d’un comportement de l’autre qui nous agace, mais qu’il est possible d’améliorer à plus ou moins long terme, alors vraiment, il n’y a pas de meilleure décision que celle de sauver son couple.

Mes conseils

- Ne vous laissez pas envahir par vos émotions négatives. Ne commettez pas l’erreur de définir le manque d’amour par les sentiments négatifs que vous ressentez sur le moment. L’amour pour son mari ne se limite pas à ça.

- Organisez des moments à 2 : restaurant en tête à tête, activités à partager, vacances romantiques… Bref, tout ce qui peut vous recréer de la complicité. Essayez de vous intéresser à ce qu’il aime (apparemment, le foot), et initiez-le à ce que vous aimez.

- Faites-vous des compliments, à chaque instant, pour toutes occasions. Au début, ce sera forcé, mais à la longue, cela deviendra naturel et amènera de la positivité au sein de votre couple. Même s’il n’y a que vous qui jouez le jeu au début, vous verrez, il s’y laissera prendre.

- Communiquez ! S’il se réfugie dans son téléphone, son foot ou autre chose, c’est certainement qu’il ressent un mal-être. Commencez par renouer le dialogue en débutant par des sujets légers, demandez-lui des nouvelles de sa journée, racontez des anecdotes amusantes, etc. Puis, un peu plus tard, dans de bonnes conditions, parlez de ce qui vous dérange et de ce que vous pouvez changer lui et vous. Ne prenez pas un ton accusateur et parlez toujours d’efforts à deux, pas seulement lui, car, dans un couple, tout se met au pluriel.

- S’il est trop difficile d’aborder le sujet, écrivez une lettre à votre mari. Souvent, les mots ont plus de sens lorsqu’ils sont concrets.

- Si c’est beaucoup trop difficile, alors faites-vous aider par un thérapeute conjugal qui vous aidera à rétablir le contact et à y voir plus clair.

Donnez des circonstances atténuantes à votre mari. Peut-être traverse-t-il une mauvaise passe et que ce que vous définissez comme de la fainéantise cache quelque chose de plus profond. Quoi qu’il en soit, à deux, vous pouvez vous en sortir. Ne vous comparez surtout pas avec les autres couples. Personne ne sait ce qu’il se passe dans un mariage et c’est mieux ainsi. Votre idéal à vous n’est pas le même que celui d’autres personnes. Vous devez rechercher votre propre bonheur et il est à votre portée, main dans la main avec votre mari.

Béhatsla’ha !

Si vous avez une question à poser à la psy, envoyez un mail sur l'adresse suivante entrefemmes@torah-box.com. Mme Seyman essaiera d’y répondre et la réponse sera diffusée de façon totalement anonyme.