Bonsoir les enfants,

Comment vous allez ? Comme vous le savez, il y a beaucoup de choses à faire en l’honneur de la fête de Souccot : construire la Soucca, la décorer, préparer les quatre espèces et encore beaucoup d’autres choses… Et comme vous êtes des enfants intelligents, vous savez aussi sûrement que tous les membres d’une famille vivant dans la même maison comme nous par exemple ; Papa, Maman et vous, les enfants ont des ‘droits’ et des ‘devoirs’. À votre niveau les enfants, les droits sont toutes les bonnes choses que vous recevez et desquelles vous profitez à la maison et les devoirs sont les choses que vous devez faire à la maison pour aider. Nous profitons de vivre dans une maison rangée et propre, de manger de bons petits plats, mais nous devons aussi tous participer au travail que tout cela demande. Parfois, l’aide demandée consiste à surveiller vos petits frères et sœurs pour qu’ils ne dérangent pas, parfois, à ranger les courses dans l’armoire, ou encore, à ne pas déranger Papa et Maman quand ils se reposent. À chaque fois, l’aide demandée est différente.

Avant de commencer à vous raconter notre belle histoire de ce soir, je voudrais juste vous dire que quand nous nous trouvons toute la famille réunie, pendant une période de vacances, c’est très agréable d’un côté, mais d’un autre côté, le Yétser Hara’ profite de cette occasion pour nous pousser à nous énerver les uns contre les autres et à nous disputer pour toutes sortes de raisons… Vous savez peut-être les enfants qui méritera ‘le prix de l’enfant exemplaire’ à la fi des vacances ? (Laisser les enfants réfléchir). Oui, l’enfant qui saura céder à ses frères et sœurs et ne pas s’énerver, même si on lui a fait des choses pas très agréables. Maintenant, allongez-vous bien et écoutez attentivement, nous commençons…

Il y a de nombreuses années vivait l’un des grands Sages du peuple d’Israël ; Rabbi Lévy Its’hak de… (Laisser les enfants se souvenir…) Oui, de Berditchov. Si c’est difficile pour vous de prononcer le nom de cette ville, ce n’est pas grave, répétez-le plusieurs fois et vous fi par le dire parfaitement. Ainsi, même à Berditchov, les Etroguim ne poussaient pas. Est- ce que vous vous souvenez pourquoi ? (Laisser les enfants répondre…) Exactement, car le climat de la ville ne le permettait pas. Les Juifs de la ville étaient donc obligés de se rendre dans une autre ville lointaine pour ramener un seul et unique Etrog. Mais pourquoi n’en ramenaient-ils qu’un seul ?! Parce que cela coûtait énormément d’argent.

Et où déposaient-ils ce précieux Etrog les enfants, d’après vous ? (Laisser les enfants répondre…) Chez leur Rav, Rabbi Lévy Its’hak de Berditchov et quand la fête de Souccot arrivait, ce dernier récitait la bénédiction sur l’Etrog, le rapprochait du Loulav, du Hadass et de la Arava et les remuait de tous les côtés : nord, sud, est et ouest. Quand il avait terminé, tous les juifs de la ville récitaient à leur tour la bénédiction sur l’Etrog du Rav. Un jour, on a apporté au Rav un Etrog en l’honneur de la fête de Souccot et il l’a rangé dans une très belle boîte. De la même manière que vous aimez porter de belles chaussures, avoir un beau sac, de beaux vêtements, eh bien, Hachem veut avoir de belles Mitsvot ! C’est pour cela que nous devons ranger notre Etrog dans une belle boîte ! Ainsi, Rabbi Lévy Its’hak a caché la boîte contenant l’Etrog dans un endroit spécial jusqu’au moment où il pourrait, empli de joie, réciter la bénédiction dessus le lendemain matin.

Les enfants, vous savez sûrement que chaque Rav emploie une personne qui l’aide dans l’accomplissement de ses nombreuses activités. Cette personne se nomme : bedeau. Ainsi, le bedeau de Rabbi Lévy Its’hak s’est dit : « Je suis sûr que demain, une fois que le Rav aura terminé de réciter la bénédiction sur l’Etrog, il donnera préséance à ses brillants élèves, puis aux personnes riches et honorables pour réciter la bénédiction et moi, je la réciterai en dernier… ». Le Yétser Hara’ a commencé à troubler le bedeau en lui disant : « Pourquoi serais-tu le dernier ?! Tu es le bedeau du Rav, tu dois être parmi les premières personnes à réciter la bénédiction sur l’Etrog ! » Ainsi, l’homme a réfléchi longuement et s’est dit soudain :

« J’ai une idée ! Je me lèverai très tôt demain et je réciterai la bénédiction sur l’Etrog avant tout le monde…même avant le Rav… ». Tous les matins, le Rav allait se tremper au Mikvé avant sa prière pour être pur et saint. Ce matin de Souccot, pendant que le Rav était au Mikvé, le bedeau s’est donc rendu discrètement à l’endroit où il cachait l’Etrog et en ouvrant la boîte, il s’est exclamé : « Ouah ! Quel magnifique Etrog ! C’est moi qui réciterai la bénédiction le premier !! »

Il a ensuite soulevé délicatement l’Etrog et s’est apprêté à réciter la bénédiction quand soudain, il a entendu un bruit provenant de la chambre d’à côté… Il a eu si peur d’être découvert par quelqu’un que ses mains se sont mises à trembler… Et là les enfants, il s’est passé quelque chose de terrible ! L’Etrog a glissé des mains du bedeau tellement elles tremblaient et le fruit est tombé par terre sur sa pointe, ce qui l’a rendu immédiatement invalide ! Comme vous avez dû le remarquer, l’Etrog possède une petite pointe à son extrémité et quand elle se casse, le fruit se fend par la même occasion. Ainsi, comme nous l’avons appris hier, dès lors qu’un Etrog est incomplet, il devient inapte à la bénédiction devant être récitée le premier jour de la fête.

« Malheur à moi ! Malheur à moi ! s’est écrié le bedeau, l’Etrog de Rabbi Lévy Its’hak de Berditchov est invalide avant même qu’il n’ait pu réciter la bénédiction dessus ! Maintenant, plus aucun juif de la ville ne pourra réciter la bénédiction de l’Etrog par ma faute ! Que vais-je faire ? Que vais-je faire ? » Le bedeau était au bord de l’évanouissement tant il était affligé. Il savait que le Rav allait arriver du Mikvé quelques minutes plus tard et qu’il allait directement aller chercher son Etrog Méhoudar pour réciter la bénédiction... Qu’allait-il se passer ? Les enfants, vous auriez eu une idée à proposer au bedeau ? Que pouvait-il bien faire ? (Écouter la réponse des enfants).

Je vais vous dire ce que le bedeau a fait les enfants ; il a décidé de faire ce qu’Hachem nous a ordonné de faire dans la Torah, c’est-à-dire, dire la vérité !! Ainsi, il a attendu que le Rav revienne, puis dès que ce dernier est entré dans la pièce, il a éclaté en sanglots, s’est jeté à ses pieds et lui a dit : « Kavod Harav, je suis désolé !! Je vous demande pardon !! Le Yétser Hara’ m’a convaincu de réciter la bénédiction sur l’Etrog avant vous… et maintenant, l’Etrog est invalide ! Pardonnez-moi… ». Rabbi Lévy Its’hak de Berditchov ne s’est pas mis en colère du tout, il s’est contenté de prendre l’Etrog entre ses deux mains, de le lever vers le ciel et de dire : « Maitre du monde ! Regarde combien Tes enfants aiment Tes Mitsvot !! Mon bedeau a été prêt à faire quelque chose de risqué juste pour accomplir Ton commandement le premier ! Il n’y a pas comme le peuple juif !! »

Les enfants, cela peut vous arriver à vous aussi que parfois, quelqu’un touche à votre jeu, à votre trousse ou à autre chose qui vous appartient et qu’il vous le casse par inadvertance. Dans un moment comme celui-là, souvenez-vous de cette histoire et retenez-vous de vous mettre en colère ! Au contraire, pardonnez la personne qui vous a fait cela de tout votre cœur et vous mériterez ainsi qu’Hachem vous couvre de bénédictions.

Extrait du livre "5 minutes avant de s'endormir" (pour commander le livre, cliquez ici : "5 minutes avant de s'endormir")