Si je vous dis ‘Hanouka, qu’est-ce qui vous vient en tête en premier ? Pour les plus pieux, l’allumage de la ‘Hanoukia et les prières qui l’accompagnent, pour les plus gourmands, l’avalanche des beignets de toutes les couleurs et de toutes les formes (et les kilos qui l’accompagnent). Et si vous posez la question à vos enfants, que répondraient-ils ? À l’unanimité, je peux vous le signer, ils crieront avec joie la distribution des cadeaux !! Et c’est là que nous rencontrons un problème, c’est là que nous passons à côté de l’essence même de la fête de ‘Hanouka.

Replongeons-nous un instant dans l’histoire de ‘Hanouka. Les Grecs ont voulu déraciner la spiritualité du peuple. Ils ont interdit le Chabbath, la Brit Mila, et l’étude de la Torah, tout ce qui fait de nous, ce que nous sommes vraiment. Les Maccabim qui étaient très peu nombreux n’ont pas hésité à sortir se battre contre les armées grecques puissantes et fortes, car ils savaient que si le peuple juif s’assimilait, s’il ne respectait plus les fondements de son existence, il disparaîtrait. Ils sont donc sortis en guerre pour protéger la Néchama du peuple, pour protéger sa pureté. Et grâce à cette poignée de soldats d’Hachem, le miracle de ‘Hanouka a eu lieu.

À ‘Hanouka, nous devons fêter notre unité, nous devons célébrer notre judéité, nous devons nous rappeler que nous nous sommes battus pour avoir le droit de pratiquer notre religion. Une personne qui tue physiquement une autre personne ne tue que cette dernière. Sa descendance permettra au défunt de continuer à laisser une trace sur terre. Mais lorsqu’une personne assimile une autre personne, elle tue sa Néchama (âme), elle tue son essence, et elle la fait littéralement disparaître. C’était le but des Grecs. ‘Hanouka est la fête qui prône la reconnaissance, la fête qui raconte le cadeau de la vie, la valeur de l’existence. Nous avons été menacés de disparition, et nous avons été sauvés.

Lorsque nous chantons à moitié les prières de l’allumage de la ‘Hanoukia, lorsque nous allons directement au dernier couplet et que les enfants se préoccupent plus de qui recevra le plus gros cadeau que des paroles qu’ils sont en train d’entonner, on ne célèbre pas correctement le miracle de ‘Hanouka.

Le concept d’offrir des cadeaux aux enfants nous vient malheureusement des fêtes de fin d’année non-juives. Les catalogues de jouets qui regorgent de merveilles, les files d’attente interminables dans les magasins… D’une certaine façon, en adoptant cette coutume qui est la leur, nous nous sommes assimilés, alors qu’il y a des milliers d’années, nos ancêtres n’ont pas hésité à mettre leur vie en danger pour fuir toute forme d’assimilation, quelle qu’elle soit.

‘Hanouka a pour racine « ‘Hanèkh », éduquer. En effet, cette fête est l’occasion rêvée de transmettre un message fort, des valeurs importantes à nos enfants. Il nous est offert un moment de qualité en famille chaque soir, à la même heure. Il n’est pas tard, les plus jeunes sont encore en forme, il n’y a aucune obligation de préparatifs longs et spécifiques qui mettent la maison en ébullition comme les Yamim Tovim ou Chabbath, ainsi, la femme est plus détendue. Hachem a fait de ce moment une pause dans notre rythme. Tout le monde, à la même enseigne - père, mère, enfants -, a L’OBLIGATION de s’arrêter pour passer au minimum une demi-heure ensemble, à rire, jouer, échanger. Quelle bonté d’Hachem de se soucier que nous ayons un temps agréable en famille, en en faisant un devoir. Et ce cadeau, Il nous le renouvelle chacun des 8 soirs de la fête.

Profitons de chacune de ces soirées pour remercier le Créateur du monde de faire partie de ce peuple merveilleux. Changez la donne cette année. Gardez la coutume des cadeaux pour avant ou après ‘Hanouka, que l’enfant ne sente pas qu’on le prive d’une tradition, sommes toutes, sympathique, mais ne cantonnez plus cette fête à la distribution de cadeaux matériels.

Tirez au sort l’activité familiale du soir, sortie, jeu de société, atelier manuel… Rendez ce moment saint et empli de spiritualité. Offrez de l’aide à des personnes qui en ont besoin. Allez offrir des jouets aux enfants malades hospitalisés, allez offrir des beignets dans des maisons de retraite. Exprimez votre reconnaissance et incitez votre enfant à en faire de même. Faites comme la flamme de votre ‘Hanoukia, apportez, chacun à votre échelle, un peu plus de lumière dans ce monde.

En apprenant à votre enfant à donner, et non à recevoir, vous ferez de lui un homme bon et respectable. Ne perdons pas cette occasion de montrer notre infinie reconnaissance envers le Maître du monde.

‘Hanouka Saméa’h à tous !