Nombreux sont les maris qui, pour Roch Hachana, voyagent sur des Kivré tsadikim (par exemple sur la tombe de Rabbi Na'hman de Bresslev, à Ouman). Et leurs femmes se demandent souvent comment est-ce qu'elles vont pouvoir faire vivre à leurs enfants cette fête dans une ambiance joyeuse et chaleureuse, alors qu'elles sont seules avec eux. 

Rabbi Moché Feinstein, dans l'un de ses livres, donne quelques conseils sur le Chalom bayit. Il explique notamment qu'après le mariage, il n'y a plus de "je" et de "tu". Il n'y a que "nous".

Si un mari voyage en égoïste, uniquement pour sa propre détente, sur le kévère d'un tsadik pour Roch Hachana, il est évident que sa famille ne vivra pas bien cette expérience. 

Par contre, s'il y va dans l'intérêt de toute la famille, c'est-à-dire qu'il profite lui-même pour pouvoir ensuite donner à sa femme et ses enfants encore plus pendant le reste de l'année (en étant de meilleure humeur, en se rendant davantage disponible pour les aider etc...), son expérience aura été bénéfique pour toute la famille. 

Ce ne sera pas "Moi je voyage, et toi tu restes avec les enfants", mais "L'expérience que j'ai vécu va nous permettre à tous de nous améliorer". 

Avant de partir, il prendra suffisamment le temps d'expliquer à chacun d'eux pourquoi son voyage est dans l'intérêt de toute la famille. Après avoir voyagé, il partagera avec eux les enseignements que cette expérience lui a apportés. Et ainsi, ce ne sera pas seulement lui qui profitera, mais toute la famille qui grandira. 

De même, lorsqu'une femme va à un cours de Torah et que celui-ci l'aide à être une meilleure épouse pour son mari et une meilleure maman pour ses enfants, c'est en fin de compte toute sa famille (et pas seulement elle) qui a grandi. 

Un jour, une femme qui avait plusieurs enfants a reçu un œuf. Elle ne savait pas à qui le donner : au fils aîné, pour qu'il soit davantage capable de travailler ? À l'enfant le plus jeune, parce qu'il était aussi le plus faible ? Et finalement, elle ne donna l'œuf a aucun enfant, mais le mangea elle-même. Et lorsque l'un de ses enfants l'interrogea sur la raison de ce comportement, elle expliqua : "Je vous prépare une maman". 

Cette histoire montre que, parfois, pour pouvoir donner aux autres, il faut d'abord prendre soi-même. 

Si le père de famille voyage à Ouman (ou sur d'autres Kivré tsadikim) parce que cela lui permet, pendant le reste de l'année, d'être meilleur envers toute sa famille, c'est finalement toute la famille qui grandit grâce à lui.  

Retranscription Léa Marciano