En cette période de Seli'hot et de repentir et veille de Roch Hachana, il est bon de se remettre en question, avant tout dans son foyer et vis-à-vis de ses proches.

Voici donc un article qui vous aidera, avec l'aide de D.ieu, à souder ou ressouder les liens avec vos proches.

La notion d’appartenance, ou comment mieux réussir dans son foyer...

Voila un bien grand terme, peu clair, démonstration d’un syllogisme pour certains, et pourtant base de la réussite du foyer juif, tant au niveau de la paix du ménage qu’à celui de l’éducation des enfants.
A une plus grande échelle, cette notion est la solution à bien des problèmes de société, solution essentielle à la cohérence d’une nation, clef de la réussite du peuple hébreu jusqu’à ce jour.
Mais essayons ensemble de mieux comprendre ce que définit cette fameuse expression, ses origines dans le judaïsme, ainsi que son importance au jour le jour.

Le Talmud nous enseigne dans le traité
Sanhédrine 27b que nous sommes tous garants les uns des autres (כולן ערבין זה בזה), ou encore dans le traité Chabbath 55b que nous sommes considérés devant l’Eternel comme un seul homme (בני יעקב כולן שקולים כאחת).
Le
Midrach Rabba sur la ParachaBamidbar (במדבר רבה ו יא), quant à lui, nous délivre un message essentiel au moment du dénombrement du peuple élu : « Les Bnei Israël sont tous chéris par D.ieu » (כולן שקולין לפני המקום בחיבה).Plus essentiellement, la Torah nous ordonne d’aimer son prochain comme soi-même
(ואהבת לרעך כמוך) (Lévitique, chapitre 19, verset 18). Une ordonnance divine exaltée par nos Maîtres, de mémoire bénie, à travers bien des enseignements talmudiques, que ce soit dans le Talmud Babylonien (traité
Pessa’him 75a), ou dans le Talmud de Jérusalem (traité Sanhédine 6, 4 ; traité Sota 1, 5 ; traité Nédarim 9, 4 etc.).

Mais c’est un enseignement du traité de
Chabbath qui retiendra notre attention, un enseignement repris dans la Tossefta du traité Brakhot inspiré par la Michna des maximes des pères, chapitre 3, Michna 10 (כל שרוח הבריות נוחה הימנו רוח המקום נוחה הימנו), dévoilant que la Mitsva résumant le mieux l’ensemble des commandements divins est l’amour de son prochain comme de soi-même.

Tous ces enseignements et bien d’autres encore - dont le détail mériterait la rédaction d’un ouvrage complet et non d’un simple article -, ont un point de convergence commun : la volonté de nous enseigner notre appartenance à une seule et même entité nommée par notre Créateur le peuple élu, descendant d’Israël. Un peuple réduit au noyau familial dans son enseignement premier : le respect des parents, les obligations conjugales réciproques des conjoints, et enfin « le nerf de la guerre », l’éducation des enfants !

Une éducation qui ne peut se réussir que par la communication, celle-ci se faisant plus facilement avec un sentiment d’appartenance au foyer.

En clair, le fait de se savoir garant les uns des autres, le cœur empli de l’amour de son prochain sous le regard bienfaiteur et aimant de notre Créateur, renforce une appartenance réciproque appelant à l’unité, que ce soit au niveau du foyer national ou du foyer parental.

La communication ne se résume point à de petites ou grandes attentions et à des échanges verbaux, mais bel et bien à un comportement réfléchi les uns vis-à-vis des autres au jour le jour.
Sur le modèle de notre Créateur nous ayant donné la Torah pour nous responsabiliser, il est important d’établir dans le foyer des règles réfléchies pour responsabiliser les enfants, leur donnant ainsi confiance et assurance. Effectivement, l’enfant – comme toute personne – est limité intellectuellement et physiquement ; ainsi, par le biais de règles établies, il se sentira moins frustré par ses propres limites dans son développement psychomoteur et son épanouissement personnel, émotionnel.

Des règles et limites qui lui permettront par la suite de comprendre que par la réflexion à travers l’étude de la Torah, des sciences, et du monde qui l’entoure, il lui sera possible de repousser les limites de l’homme à travers le temps. Remplaçant ainsi la discipline par l’évolution naturelle du genre humain telle qu’elle a été décidée par D.ieu. Les sentiments de frustration et de solitude laisseront place à l’épanouissement et la consécration d’un être ayant saisi l’essence de sa nature humaine, de sa personnalité et de son devenir.

Mais soyons pratiques, cessons nos grandes phrases pléonastiques, et donnons quelques exemples concrets afin de mieux saisir le raisonnement ci-présent.

Un enfant de 6-7 ans régressant curieusement en classe ou au niveau de son hygiène corporelle, se mettant à faire petits et grands besoins dans son slip. Vous vous direz sans doute que c’est peu banal, mais ne vous y trompez point, ce sont là des moyens de communications très répandus pour ces chérubins. Il est notoire qu’un nourrisson obtient notre attention lorsqu’il pleure, crie, et ce, à tort ou à raison, qu’il ait faim ou non, qu’il ait fait dans sa couche ou non. Voilà donc que le premier rapport humain du nourrisson relié aux complaintes, gémissements et manque d’hygiène vont le marquer à jamais et seront pour lui des moyens inconscients d’attirer votre attention par la suite.

L’enfant de 7 ans déjà propre, conscient que son développement psychomoteur avancé le brime et le désavantage pour obtenir votre attention, régresse inconsciemment à « l’ère du popo » pour obtenir vos faveurs. Il ne s’agit pas d’un enfant avec qui on ne discute pas ou qui manque d’attentions, de jouets ou de quoi que ce soit d’autre. Mais tout simplement d’un enfant se sentant esseulé au sein du foyer car il n’a plus ce sentiment d’appartenance à la cellule familiale. Un sentiment de solitude inexplicable car subjectif à la personnalité de chaque âme.

Tout comme l’enfant régressant en classe soudainement, il ne s’agit pas forcément d’un enfant cherchant à nuire à ses parents l’ayant harcelé avec l’importance de la réussite scolaire, mais bien d’un enfant qui a le besoin d’appartenance à son foyer ou à son groupe scolaire et ses professeurs. Il restera aux parents d’essayer de déterminer si le malaise de l’enfant se situe au niveau de la classe, du professeur, du foyer ou parfois même des trois à la fois.

Vous l’aurez compris le sentiment d’appartenance est un besoin naturel chez l’homme. Ainsi, un enfant ne se sentant pas bien chez ses parents cherchera à s’identifier à d’autres modèles en dehors du foyer, provoquant une rupture de la communication. Un phénomène souvent caractérisé par des enfants voulant toujours aller chez les copains, ne revenant jamais à l’heure demandée, ne rentrant que pour diner et se coucher avec un minimum d’échanges verbaux, et parfois une agressivité passive dans le ton employé, voire active à l’encontre des frères et sœurs.

Vous me direz que je vous décris la crise d’adolescence classique, ne vous y fiez point, ce type de comportements précède souvent l’adolescence. Un âge adolescent qui ne sera que l’exutoire de ces refoulements, qui atteindront alors leurs paroxysmes, car l’ère du temps à cette période de la vie est à la recherche de son moi avec toute l’angoisse de son devenir.

Une crise d’adolescence pouvant être minimisée, voire réduite à néant, si la notion d’appartenance au foyer est maintenue par le comportement parental des conjoints, dicté par une concertation fréquente entre le père et la mère, en aparté et concernant chaque enfant.

Les parents devront savoir accorder tendresse et attention à chaque enfant, leur faisant ressentir qu’ils ont une relation privilégiée avec le parent, en accordant son moment de qualité à chacun, même bref. Un rien suffit, que ce soit d’aller les border et les embrasser si on est rentré trop tard du travail, d’aller main dans la main faire les courses ou se promener, laisser l’enfant vous parler de ce qui l’intéresse en lui donnant l’impression que ses sujets de préoccupations sont essentiels à vos yeux. Ceci car chaque enfant a ses propres centres d’intérêts et préoccupations, il faudra nous adapter à chaque individualité du foyer afin d’y inspirer une harmonie globale en gardant en mémoire que l’amour de son prochain s’exprime par notre capacité à répondre à ses besoins à lui, en s’interrogeant sur ce qui lui est bénéfique.

Tout cela bien-sûr en laissant de côté nos ennuis en leur présence, que ce soit des ennuis professionnels, financiers ou conjugaux, il nous faudra trouver la force morale de les occulter pour le bien-être de nos progénitures.

Les soucis de la vie et les différends conjugaux devront être discutés – et non disputés – par les conjoints loin des regards, des oreilles et de l’attention des enfants.
Ainsi, vous réussirez mieux à établir et conserver chez vos enfants un sentiment d’appartenance à la biosphère familiale.

Un sentiment décuplé si ce n’est transcendé, sublimé par les enseignements de la Torah transmis au sein du foyer, car par cette notion d’appartenance au peuple juif, à la Torah, à la terre d’Israël et ainsi à D.ieu, l’enfant dès son plus jeune âge sera en mesure d’assimiler les règles de la vie de famille dans un premier temps, et en société par la suite. Lui insufflant de la sorte les repères nécessaires à son épanouissement personnel en tant qu’âme juive dans un monde sans dessus-dessous où tout n’est qu’illusion et mensonge. Un monde où la réussite humaine de son foyer peut occuper très peu de place dans notre esprit lorsque nous perdons nos repères car trop souvent, malheureusement, la confusion est faite entre « réussite professionnelle et matérielle » et « réussite humaine ».
Une réussite humaine exaltée par la spiritualité de l’enseignement divin pour l’homme créé à l’image de D.ieu.

Un enseignement divin qui, comme expliqué ci-dessus, nous fait comprendre que l’attention que nous devons accorder à chaque enfant n’est pas toujours celle que nous sommes disposés à lui donner, mais celle qu’il nous réclame. Une relation à l’autre qui se doit d’être évolutive et adaptée, par rapport au besoin du moment, tel D.ieu gérant Sa création.

Un D.ieu aimant, nous chérissant, qui nous a livré le mode d’emploi de Sa création qui n’est autre que Sa Torah et Ses enseignements afin que nous réussissions ici-bas, ainsi que dans les sphères supérieures.

Amen !