Paracha Pin'has
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Chémini

Lecture de la paracha Chémini en français

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9,1
Quand on fut au huitième jour, Moïse manda Aaron et ses fils, ainsi que les anciens d'Israël,

Ce fut

Le huitième jour de l’inauguration ; il s’agit de Roch ‘hodech nissan, jour où le tabernacle a été érigé et a reçu les « dix couronnes » énumérées dans Sédèr ‘olam (Chabath 87b)

Et les anciens d’Israël

Pour les informer que c’est sur l’ordre divin que Aharon avait été nommé et fonctionnait comme kohen gadol, et qu’ils ne disent pas qu’il s’était autoproclamé

9,2
et il dit à Aaron: "Prends un veau adulte pour expiatoire et un bélier pour holocauste, tous deux sans défaut, et amène-les devant l'Éternel.

Prends-toi un veau

Pour lui faire savoir que le Saint béni soit-Il, par ce veau-là, lui avait pardonné l’affaire du veau d’or à la fabrication duquel il avait participé

9,3
Quant aux enfants d'Israël, tu leur parleras ainsi: Prenez un bouc pour expiatoire, un veau et un agneau âgés d'un an, sans défaut, pour holocauste;
9,4
plus, un taureau et un bélier pour rémunératoire, à sacrifier en présence de l'Éternel, et une oblation pétrie à l'huile, car aujourd'hui l'Éternel doit vous apparaître."

Car aujourd’hui Hachem vous apparaîtra

Pour faire résider Sa chekhina sur l’œuvre de vos mains. C’est pour cela que ces offrandes constituent une obligation« pour ce jour »

9,5
On prit tout ce qu'avait ordonné Moïse, pour l'amener devant la Tente d'assignation; toute la communauté s'approcha, et se tint debout devant l'Éternel.
9,6
Moïse dit: "Ceci est la chose qu'a ordonnée l'Éternel; accomplissez-la, pour que vous apparaisse la gloire du Seigneur."
9,7
Et Moïse dit à Aaron: "Approche de l'autel, offre ton expiatoire et ton holocauste, obtiens propitiation pour toi et pour le peuple; puis, offre le sacrifice du peuple et obtiens-lui propitiation, comme l'a prescrit l'Éternel."

Approche vers l’autel

Car Aharon avait honte et il avait peur de s’avancer. Mochè lui a dit : « Pourquoi as-tu honte ? C’est pour cette dignité que tu as été choisi ! » (Torath kohanim)

Ton expiatoire (‘hatath)

Le veau, issu du gros bétail

Et ton holocauste (‘ola)

Le bélier

L’offrande du peuple

Le bouc de caprins, le veau et l’agneau. Partout où il est écrit : « veau » (‘éguèl), il s’agit d’un animal d’un an qu’il est question, et c’est d’ici qu’on l’apprend

9,8
Et Aaron s'approcha de l'autel, et il immola le veau expiatoire destiné à lui-même.
9,9
Les fils d'Aaron lui présentèrent le sang, et il trempa son doigt dans ce sang, qu'il appliqua sur les cornes de l'autel; et le reste du sang, il le fit couler dans le réceptacle de l'autel.
9,10
Puis, la graisse, les rognons et la membrane du foie de l'expiatoire, il les fit fumer sur l'autel, ainsi que l'Éternel l'avait ordonné à moïse.
9,11
Pour la chair et la peau, il les consuma par le feu en dehors du camp.

Et la chair et la peau…

Nous ne trouvons nulle part, sauf pour celui-ci et celui de l’inauguration, qu’un ‘hatath présenté sur l’autel extérieur ait été brûlé. Et tous sur ordre divin

9,12
Il immola l'holocauste; les fils d'Aaron lui passèrent le sang, et il en arrosa le tour de l'autel.

Ils présentèrent

Expression de tendre et de préparer

9,13
Ils lui passèrent l'holocauste pièce à pièce, puis la tête, et il fit fumer le tout sur l'autel.
9,14
Il lava les intestins et les jambes, et les fit fumer avec l'holocauste sur l'autel.
9,15
Puis il présenta l'offrande du peuple. Il prit le bouc expiatoire destiné au peuple, l'égorgea et le fit servir à l'expiation comme la première victime.

Il en fit un expiatoire (‘hatath)

Il le traita selon les règles du ‘hatath

Comme le premier

Comme son veau

9,16
Il offrit l'holocauste, qu'il exécuta selon la règle.

Il le fit selon l’ordonnance

Telle que spécifiée dans la sidra Wayiqra pour la ‘ola présentée à titre de nedava (Beitsa 20a)

9,17
Il y joignit l'oblation et en prit plein sa main, portion qu'il fit fumer sur l'autel, indépendamment de l'holocauste du matin.

Il en emplit sa paume

C’est la « prise d’une poignée »

Indépendamment de l’holocauste (‘ola) du matin

Il a fait tout cela après la ‘ola perpétuelle

9,18
Il immola le taureau et le bélier, comme sacrifice rémunératoire du peuple; les fils d'Aaron lui passèrent le sang, dont il arrosa le tour de l'autel;
9,19
puis les graisses du taureau; puis, du bélier, la queue, les téguments, les rognons et la membrane du foie;

Et ce qui couvre

Le suif qui recouvre les entrailles

9,20
ils posèrent ces graisses sur les poitrines, et il fit fumer les graisses sur l'autel.

Ils placèrent les suifs sur les poitrines

Après la tenoufa, le kohen qui y avait procédé les donnait à un autre pour les réduire en fumée, de sorte que les parties supérieures se trouvaient en dessous (V. Rachi sous supra 7, 30)

9,21
Quant aux poitrines et à la cuisse droite, Aaron en avait opéré le balancement devant l'Éternel, selon l'ordre de Moïse.
9,22
Aaron étendit ses mains vers le peuple et le bénit; et il redescendit, après avoir offert l'expiatoire, l'holocauste et le rémunératoire.

Il les bénit

Il s’agit de la bénédiction des kohanim (Bamidbar 6, 24 à 26) : « Que Hachem te bénisse, […] que Hachem éclaire Sa face, […] que Hachem lève Sa face… » (Sota 38a)

Il descendit

De l’autel

9,23
Moïse et Aaron entrèrent dans la Tente d'assignation; ils ressortirent et bénirent le peuple, et la gloire du Seigneur se manifesta au peuple entier.

Mochè vint

Pourquoi sont-ils entrés ? J’ai trouvé ceci dans le passage relatif à l’inauguration qui se trouve dans la barayetha insérée dans notre Midrach Torath kohanim : Pourquoi Mochè est-il entré avec Aharon ? Pour lui enseigner le service de l’encens. À moins qu’il ne soit entré pour une autre raison ? Je vais raisonner : La descente de l’autel et l’entrée dans la tente requièrent l’une et l’autre une bénédiction. De même que la descente faisait partie du service, de même l’entrée. Nous apprenons ainsi la raison de l’entrée de Mochè avec Aharon : c’était pour lui apprendre le rituel de l’encens. Autre explication : Lorsque Aharon vit que, toutes les offrandes ayant été présentées et tous les services exécutés, le chekhina ne s’était toujours pas déployée sur Israël, il en fut affligé et se dit : « Je sais que le Saint béni soit-Il est irrité contre moi et que c’est à cause de moi que la chekhina ne s’est pas épanchée sur Israël. » Il déclara alors à Mochè : « Mochè, mon frère ! Voilà ce que tu m’as fait ! Je suis entré dans la tente et je suis maintenant honteux. » Aussitôt Mochè y est entré avec lui, ils ont imploré la miséricorde divine, et la chekhina est descendue pour Israël

Ils sortirent

Ils ont dit : « Que la grâce de Hachem, notre Éloqim, soit sur nous, et affermis sur nous l’œuvre de nos mains… » (Tehilim 90, 17), et : « Telle soit Sa volonté, que la chekhina repose sur l’œuvre de vos mains » (V. Rachi sous Chemoth 29, 43). Pendant tous les sept jours de l’inauguration, Mochè avait dressé le tabernacle, y avait officié et l’avait démonté quotidiennement, mais la chekhina n’y avait pas résidé. Israël était humilié et a dit à Mochè : « Mochè, notre maître ! Nous nous sommes donné tant de mal pour que la chekhina réside parmi nous et pour que nous sachions que la faute du veau d’or nous a été pardonnée ! Et pour en arriver là ! » Il leur a répondu : « “Ceci est la chose qu’a ordonnée Hachem, accomplissez-la, et la gloire de Hachem vous apparaîtra” (verset 6). Mon frère Aharon est plus digne et plus considéré que moi, car c’est grâce à ses offrandes et à son service que la chekhina résidera parmi vous et que vous saurez que l’Omniprésent vous a choisis. 

9,24
Un feu s'élança de devant le Seigneur, et consuma, sur l'autel, l'holocauste et les graisses. A cette vue, tout le peuple jeta des cris de joie, et ils tombèrent sur leurs faces.

Ils louèrent

Comme le rend le Targoum Onqelos

10,1
Les fils d'Aaron, Nadab et Abihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l'encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu'il le leur eût commandé.
10,2
Et un feu s'élança de devant le Seigneur et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur.

Un feu sortit

Rabi Eli’èzer a enseigné : « Les fils de Aharon ne sont morts que pour avoir professé une halakha en présence de Mochè, leur maître. Rabi Yichma’el a enseigné : « Parce qu’ils sont entrés dans le sanctuaire après avoir bu du vin. ». La preuve en est qu’après leur mort, il a été fait interdiction à ceux qui restaient d’entrer dans le sanctuaire après avoir bu du vin (verset 9). Cela ressemble à un roi qui avait un habitué de la maison [qu’il fit mettre à mort sans que nul sût les raisons de sa disgrâce. À son successeur il donna des ordres précis sur différents sujets. On comprit alors les raisons de la défaveur du premier et de son exécution], comme décrit dans Wayiqra raba (paragraphe 12)

10,3
Moïse dit à Aaron: "C'est là ce qu'avait déclaré l'Éternel en disant: Je veux être sanctifié par ceux qui m'approchent et glorifié à la face de tout le peuple!" Et Aaron garda le silence.

C’est ce que déclara

Où l’a-t-Il déclaré ? Dans (Chemoth 29, 43) : « Là je rencontrerai les fils d’Israël, et il sera sanctifié par mon honneur (bikhvodi) » (Zeva‘him 115b). Il ne faut pas lire : bikhvodi, mais : bimekhoubadaï (« par ceux qui m’honorent »). Mochè a dit à Aharon : « Aharon, mon frère ! Je savais que la maison serait sanctifiée par ceux qu’aime l’Omniprésent, et je me demandais : “Sera-ce par moi ou par toi ?” Je sais désormais qu’ils sont plus grands que moi et que toi » (Torath kohanim)

Aharon se tut

Il a été récompensé de son silence. Et quelle rétribution a-t-il reçue ? De se voir adresser à lui seul la parole divine, puisque le passage concernant ceux qui boivent du vin (versets 8 et suivants) n’a été dit qu’à lui

Par mes proches

Par mes élus

Et à la face de tout le peuple je serai honoré

Lorsque le Saint béni soit-Il juge les justes, on Le craint, on Le glorifie et on Le loue. S’il agit ainsi envers les justes, à plus forte raison envers les impies. C’est ainsi qu’il est écrit : « Tu es redoutable, Éloqim, de tes sanctuaires (mimiqdachèkha) » (Tehilim 68, 36). Il ne faut pas lire : mimiqdachèkha, mais : mimeqoudochèkha (« de ceux que tu as sanctifiés »)

10,4
Moïse appela Michaël et Elçafan, fils d'Ouzziel, oncle d'Aaron, et leur dit: "Approchez! Emportez vos frères de devant le sanctuaire, hors du camp."

Oncle de Aharon

‘Ouziel était le frère de ‘Amram, comme il est écrit : « Et les fils de Qehath : ‘Amram et Yitshar et ‘Hèvron et ‘Ouziel » (Chemoth 6, 18)

Portez vos frères…

Comme un homme qui dirait à un autre : « Emporte le mort de devant la fiancée, pour ne pas troubler la fête ! »

10,5
Ils s'avancèrent et les transportèrent dans leurs tuniques hors du camp, selon ce qu'avait dit Moïse.

Dans leurs tuniques

Celles des morts. D’où nous apprenons que leurs vêtements n’avaient pas été consumés, mais seulement leurs âmes [vies], comme si deux filaments de feu étaient entrés dans leurs narines (Sanhèdrin 52a)

10,6
Moïse dit à Aaron, et à Eléazar et Ithamar ses fils: "Ne découvrez point vos têtes et ne déchirez point vos vêtements, si vous ne voulez mourir et attirer la colère divine sur la communauté entière; à vos frères, à toute la maison d'Israël, de pleurer ceux qu'a brûlés le Seigneur.

N’échevelez pas

Ne laissez pas pousser vos cheveux ! D’où l’on apprend que celui qui porte un deuil ne doit pas se couper les cheveux (Mo‘éd qatan 14b). Mais vous [les kohanim], ne troublez pas la joie de l’Omniprésent [et n’accomplissez pas votre service avec les cheveux longs] 

Et sinon

Si en revanche vous agissez ainsi, vous mourrez

Et vos frères

D’où l’on apprend que le malheur des Sages concerne toute la collectivité pour ce qui est de prendre le deuil (Mo‘éd qatan 28b)

10,7
Et ne quittez point le seuil de la Tente d'assignation, de peur que vous ne mouriez; car l'huile d'onction du Seigneur est sur vous." Ils se conformèrent à la parole de Moïse.
10,8
L'Éternel parla ainsi à Aaron:
10,9
"Tu ne boiras ni vin ni liqueur forte, toi non plus que tes fils, quand vous aurez à entrer dans la Tente d'assignation, afin que vous ne mouriez pas: règle perpétuelle pour vos générations;

De vin ni de boisson enivrante

Du vin, d’une manière qui puisse enivrer (Kerithoth 13b)

À votre venue vers la tente d’assignation

Il ne s’agit ici que de l’entrée dans le sanctuaire. D’où sait-on qu’il en est de même de l’approche de l’autel ? Il est question ici de la « venue dans la tente d’assignation », tout comme il en est question à propos de la purification des mains et des pieds (Chemoth 30, 20). De même que, là-bas, l’approche de l’autel est comme l’entrée dans la tente d’assignation, de même en est-il ici (Torath kohanim)

10,10
et afin de pouvoir distinguer entre le sacré et le profane, entre l'impur et ce qui est pur,

Et pour séparer

Pour que vous distinguiez entre un service sacré et un service profané. D’où l’on déduit qu’un service effectué en état d’ébriété n’est pas valable (Zeva‘him 17b)

10,11
et instruire les enfants d'Israël dans toutes les lois que l'Éternel leur a fait transmettre par Moïse."

Et pour enseigner

Cela nous apprend que celui qui est en état d’ébriété n’a pas le droit d’enseigner. J’aurais pu penser qu’il fût passible de la peine de mort. Aussi est-il écrit : « et toi et tes fils avec toi, vous porterez le crime de votre pontificat […] et ils ne mourront pas » (Bamidbar 18, 1 et 3). Seuls les kohanim accomplissant leur service peuvent être passibles de la peine de mort [pour état d’ébriété], et non les Sages en transmettant leur enseignement

10,12
Moïse dit à Aaron ainsi qu'à Eléazar et à Ithamar, ses fils survivants: "Prenez la part d'oblation qui reste des combustions du Seigneur, et mangez-la en pains azymes à côté de l'autel, car elle est éminemment sainte.

Les restants

De la mort. D’où nous apprenons qu’ils avaient eux aussi été condamnés à mort à cause de la faute du veau d’or (Yoma 87a). C’est ce qui est écrit : « Et contre Aharon Hachem s’est grandement irrité, pour le détruire (lehachmido) » (Devarim 9, 20). Or, la destruction (hachmada) signifie la mort des enfants, comme il est écrit : « J’ai détruit (waachmid) son fruit en haut » (‘Amos 2, 9). Cependant, la prière de Mochè a fait annuler la moitié du décret, comme il est écrit : « j’ai prié aussi en faveur Aharon, en ce moment-là » (Devarim ibid.)

Prenez l’oblation (min‘ha)

Bien que vous soyez en état de onén, et que les offrandes soient interdites à celui qui est dans cette situation

L’oblation

C’est la min‘ha du huitième jour et la min‘ha de Na‘hchon (Bamidbar 7, 13)

Et mangez-la en matsoth

Que signifient ces mots ? Étant donné que c’était une min‘ha collective et une min‘ha de circonstance, qui n’aura pas de semblable à l’avenir, il fallait y préciser les règles des autres mena‘hoth

10,13
Vous la mangerez donc en lieu saint, c'est ton droit et celui de tes fils sur les combustions du Seigneur; car ainsi en ai-je reçu l'ordre.

Et le statut de tes fils

Les filles n’ont pas de droits dans les offrandes

Car il m’a été ainsi ordonné

Qu’ils en mangent, tout en étant onén (Zeva‘him 101a)

10,14
Quant à la poitrine qui a été balancée et à la cuisse qui a été prélevée, vous les mangerez en lieu pur, toi ainsi que tes fils et tes filles; car elles ont été assignées comme revenu à toi et à tes enfants, sur les sacrifices rémunératoires des enfants d'Israël.

Et la poitrine du balancement (tenoufa)

Des chelamim de la communauté

Vous les mangerez dans un endroit saint

Est-ce qu’ils avaient mangé les précédents dans un endroit impur ? Les précédents, qui étaient des qodchei qodachim, devaient être consommés dans un endroit saint, tandis que ceux-là n’exigent pas d’être mangés « dans l’enceinte des rideaux », mais à l’intérieur du camp d’Israël, qui est « pur » de la présence des « lépreux ». D’où l’on apprend que les qodachim qalim peuvent être consommés dans toute la ville (Zeva‘him 55a)

Toi et tes fils et tes filles

Toi et tes fils pour ce qui est du partage, mais pas les filles. Si cependant vous leur en faites cadeau, elles ont le droit de consommer de la poitrine et de la cuisse. À moins que les filles puissent elles aussi participer au partage ? D’où la précision : « comme ton statut et le statut de tes fils » – un statut pour les fils, et non pour les filles (Torath kohanim)

10,15
Cette cuisse à prélever et cette poitrine à balancer, ils doivent les joindre aux graisses destinées au feu, pour qu'on en opère le balancement devant le Seigneur; alors elles t'appartiendront, et de même à tes enfants, comme portion invariable, ainsi que l'a statué l'Éternel."

La cuisse du prélèvement (terouma) et la poitrine du balancement (tenoufa)

Cette expression correspond à : « qu’on aura balancée et qu’on aura prélevée » (Chemoth 29, 27). La tenoufa consiste à porter d’avant en arrière, la terouma à porter vers le haut et vers le bas (Mena‘hoth 62a). Et pourquoi le texte fait-il une distinction et applique-t-il la terouma à la cuisse et la tenoufa à la poitrine ? Nous ne le savons pas, car elles exigent l’une et l’autre une terouma et une tenoufa

Sur des sacrifices par le feu (ichei) des suifs

D’où l’on apprend que les suifs se trouvent en dessous au moment du « prélèvement ». Et j’ai déjà expliqué dans la sidra Tsaw comment concilier les trois versets relatifs à ces positions (V. Rachi sous supra 7, 30)

10,16
Au sujet du bouc expiatoire, Moïse fit des recherches, et il se trouva qu'on l'avait brûlé. Irrité contre Eléazar et Ithamar, les fils d'Aaron demeurés vivants, il dit:

Le bouc de l’expiatoire (‘hatath)

Le bouc des offrandes du moussaf de Roch ‘hodech. On a présenté ce jour-là trois boucs de ‘hatath : le bouc du peuple (supra 9, 3), le bouc de Na‘hchon (Bamidbar 7, 16) et le bouc de Roch ‘hodech. De tous, seul le dernier a été brûlé. Les sages d’Israël sont en désaccord à ce sujet. Pour certains, c’est à cause de l’impureté qui était entrée à son contact. Selon d’autres, c’est à cause de l’état de onén, étant donné qu’il était prévu comme offrande pour toutes les générations. Cependant, en ce qui concerne les offrandes de circonstance, ils se sont fiés à Mochè qui leur avait dit au sujet de la min‘ha (verset 12) : « et mangez-la en matsoth » (Zeva‘him 101b)

Chercher

Deux « recherches » : Pourquoi celui-ci a-t-il été brûlé ? Pourquoi celui-là a-t-il été consommé ? Ainsi est-il expliqué dans Torath kohanim

Sur El‘azar et sur Ithamar

Par égard pour l’honneur de Aharon, c’est contre ses fils qu’il s’est tourné et s’est irrité

En disant

Il leur a dit : « Répondez à mes paroles ! 

10,17
"Pourquoi n'avez-vous pas mangé l'expiatoire dans le saint lieu, alors que c'est une sainteté de premier ordre, et qu'on vous l'a donné pour assumer les fautes de la communauté, pour lui obtenir propitiation devant l'Éternel?

Pourquoi n’avez-vous pas mangé l’expiatoire (‘hatath) à l’endroit du sanctuaire

L’avaient-ils vraiment consommé hors du sanctuaire ? Ne l’avaient-ils pas brûlé ? Pourquoi est-il écrit : « à l’endroit du sanctuaire » ? Voici ce qu’il leur a dit : « Peut-être a-t-il été sorti “hors des rideaux” et n’est-il plus valable ? » (Pessa‘him 82a)

Car il est sainteté des saintetés

« Et il ne serait plus valable parce que sorti. » Ils ont répondu : « Non ! » Il leur a dit : « Du moment qu’il est resté dans un lieu saint, pourquoi ne l’avez-vous pas mangé ? 

Et lui Il vous l’a donné pour porter…

Les kohanim le mangeant et les propriétaires obtenant kappara

Pour porter le crime de la communauté

D’où l’on apprend que c’était le bouc de Roch ‘hodech, lequel fait obtenir kappara pour le péché de l’impureté du sanctuaire et de ses offrandes, le ‘hatath du huitième jour et celui de Na‘hchon (Bamidbar 7, 16) n’étant pas destinés à la kappara

10,18
Puisque le sang de cette victime n'a pas été introduit dans le sanctuaire intérieur, vous deviez la manger dans le sanctuaire, ainsi que je l'ai prescrit!"

Certes

S’il l’avait été, vous auriez dû le brûler, comme il est écrit : « Et tout ‘hatath dont aura été apporté de son sang vers la tente d’assignation […]dans le feu il sera brûlé » (supra 6, 23)

Manger

Il vous appartenait d’en manger, nonobstant votre état de onén

Ainsi que je l’ai ordonné

Pour vous, à l’occasion de la min‘ha

10,19
Aaron répondit à Moïse: "Certes, aujourd'hui même ils ont offert leur expiatoire et leur holocauste devant le Seigneur, et pareille chose m'est advenue; or, si j'eusse mangé un expiatoire aujourd'hui, est-ce là ce qui plairait à l'Éternel?"

Aharon parla (waydabér)

L’emploi du terme dibbour (« parole ») implique toujours une idée de fermeté, comme il est écrit : « Le peuple parla (waydabér) contre Éloqim et contre Mochè » (Bamidbar 21, 5). Est-il possible que Mochè se soit irrité contre El‘azar et contre Ithamar et que Aharon ait répondu. Sache qu’ils n’ont gardé le silence que par respect, en se disant : « Il n’est pas juste que, notre père étant présent, nous prenions la parole devant lui, et il n’est pas juste qu’un disciple donne la réplique à son maître. » J’aurais pu penser que El‘azar ne sût pas quoi répondre. Aussi est-il écrit : « El‘azar le kohen dit aux hommes de l’armée qui venaient à la guerre… » (Bamidbar 31, 21). C’est donc qu’il savait, lorsqu’il le voulait, parler devant Mochè et devant les princes. Voilà ce que j’ai trouvé dans la deuxième version du Sifri

Certes

Que voulait-il dire ? Mochè lui avait dit : « Peut-être avez-vous aspergé le sang en état de onén, ce qui aurait rendu profane le service ? » Ce à quoi Aharon lui a répondu : « Est-ce que ce sont eux, des kohanim ordinaires, qui ont présenté cette offrande ? C’est moi qui l’ai présentée, car je suis kohen gadol et j’ai le droit de le faire tout en étant onén ! » (Zeva‘him 101a)

De telles choses me sont arrivées

Même si ceux qui sont morts n’avaient pas été mes fils, mais d’autres parents proches pour la mort desquels je serais astreint à l’état de onén, comme ceux qui sont énumérés dans le passage sur les kohanim (infra 21, 2 et suivants) et pour lesquels le kohen peut se rendre impur

Et si je mangeais un expiatoire (‘hatath)

Si j’en avais mangé, « cela serait-il bon… » 

Aujourd’hui [littéralement : le jour]

Mais cela aurait été permis pendant la nuit, car l’état de onén ne dure que le jour de l’inhumation (Zeva‘him ibid.)

Cela serait-il bon aux yeux de Hachem

Si tu l’as entendu pour les offrandes de circonstance, tu n’as pas à permettre d’en manger étant en deuil en ce qui concerne celles pour toutes les générations

10,20
Moïse entendit, et il approuva.

Cela fut bon

Il a reconnu son erreur et n’a pas prétendu, de honte : « Je ne l’avais pas entendu » (Torath kohanim)

11,1
L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, en leur disant:

À Mochè et à Aharon

Il a parlé à Mochè pour qu’il parle à Aharon

En leur disant

Etait-ce pour le faire dire à El‘azar et à Ithamar, ou bien pour le faire dire à Israël ? Étant donné qu’il est écrit : « Parlez aux fils d’Israël » (verset 2), c’est que la parole a été adressée à Israël. Comment faut-il alors comprendre : « en leur disant » ? À ses fils, El‘azar et Ithamar

11,2
"Parlez ainsi aux enfants d'Israël: voici les animaux que vous pouvez manger, entre tous les quadrupèdes qui vivent sur la terre:

Parlez aux fils d’Israël

Il les a tous mis sur le même plan pour transmettre cette parole, parce qu’ils étaient tous demeurés silencieux et avaient accepté avec amour la décision divine

Celle-ci est la bête – ‘haya (litt. : vivante)

Du mot ‘hayim (« vivant »). C’est parce qu’Israël est attaché à l’Omniprésent et qu’il mérite de rester « en vie » qu’Il l’a séparé de l’impureté et lui a imposé des mitswoth. Mais Il n’a rien interdit aux nations du monde. Cela ressemble à un médecin venu examiner un malade. [Il permet à l’incurable de manger à discrétion, tandis qu’à celui qui pourra guérir, il spécifie ce qui lui est permis et ce qui lui est interdit], comme expliqué dans le Midrach de Rabi Tan‘houma

Celle-ci est la bête

Cela nous apprend que Mochè a empoigné les animaux et les a montrés à Israël : « “Celle-ci” vous le mangerez ! “Celle-là” vous ne le mangerez pas ! » – Il a pris même de chaque espèce des animaux aquatiques et la leur a montrée : « Celle-ci vous la mangerez » (verset 9), tout comme les oiseaux : « Et “ceux-ci” vous exécrerez parmi les volatiles » (verset 13), tout comme les cheratsim : « Et “celui-ci” [est] pour vous [ce qui vous est] l’impur » (verset 29) (Torath kohanim)

Celle-ci est la bête […] parmi tout l’animal (habehéma)

Cela nous apprend que la behéma est comprise dans la catégorie générale de ‘hayya (‘Houlin 70b)

11,3
tout ce qui a le pied corné et divisé en deux ongles, parmi les animaux ruminants, vous pouvez le manger.

Fendu

Comme le rend le Targoum Onqelos : « fourchu »

Le sabot

En français : « plante »

Et la sole complètement divisée

Divisée d’en haut et d’en bas par deux sabots, comme le rend le Targoum Onqelos : « le sabot divisé ». Car certains animaux ont la sole fourchue en haut, sans qu’elle soit divisée et séparée entièrement, étant unie par le bas

Faisant remonter le bol alimentaire

Il fait remonter et renvoie les aliments depuis l’estomac en les faisant revenir dans sa bouche pour les écraser et les mastiquer finement

Le bol alimentaire (guéra)

Le mot guéra désigne les aliments, et il provient de la même racine que : « l’eau versée (hanigarim) » (II Chemouel 14, 14), car l’aliment est « déversé » dans la bouche. Le Targoum Onqelos le rend par : « dissous », car les aliments fondent et s’amollissent par le déversement

Dans l’animal

Ce mot est explétif et est destiné à l’interprétation : il permet la consommation du fœtus trouvé dans les entrailles de sa mère (Torath kohanim)

Lui vous le mangerez

Mais non une behéma impure. Celle-ci n’a-t-elle pas été déjà interdite ! Il s’agit ici d’instituer un commandement actif en plus de l’interdiction (Torath kohanim)

11,4
Quant aux suivants, qui ruminent ou qui ont le pied corné, vous n'en mangerez point: le chameau, parce qu'il rumine mais n'a point le pied corné: il sera immonde pour vous;
11,5
la gerboise, parce qu'elle rumine, mais n'a point le pied corné: elle sera immonde pour vous;
11,6
le lièvre, parce qu'il rumine, mais n'a point le pied corné: il sera immonde pour vous;
11,7
le porc, qui a bien le pied corné, qui a même le sabot bifurqué, mais qui ne rumine point: il sera immonde pour vous.
11,8
Vous ne mangerez point de leur chair, et vous ne toucherez point à leur cadavre: ils sont immondes pour vous.

De leur chair vous ne mangerez pas

Il n’est ici question que de ceux-là. D’où sait-on qu’il en est de même pour les autres animaux impurs qui ne portent aucune marque de pureté ? Par un raisonnement a fortiori : S’il y a interdiction pour ceux qui détiennent certaines de ces marques, à plus forte raison pour ceux qui n’en portent aucune (Torath kohanim)

De leur chair

Il y a interdiction pour leur chair, mais non pour les tendons, les nerfs, les cornes et les sabots (‘Houlin 77b)

Et à leur charogne (nevéla) vous ne toucherez pas

J’aurais pu penser que l’interdiction de toucher leur nevéla fût adressée aux yisraélim. Aussi est-il écrit : « Dis aux kohanim, fils de Aharon, tu leur diras : Qu’il ne se rende pas impur pour une âme dans ses peuples ! » (infra 21, 1). C’est aux kohanim que s’adresse l’interdiction, et non aux yisraélim. D’où un raisonnement a fortiori : Si l’impureté causée par le contact avec un mort, qui est grave, n’est interdite qu’aux kohanim, à plus forte raison en est-il de celle, légère, que cause le contact avec la nevéla d’un animal. Que signifient alors les mots : « vous ne toucherez pas » ? Pendant les fêtes de pèlerinage (Roch hachana 16b). D’où la règle selon laquelle on doit se rendre en état de pureté pour monter en pèlerinage

11,9
Voici ce que vous pouvez manger des divers animaux aquatiques: tout ce qui, dans les eaux, mers ou rivières, est pourvu de nageoires et d'écailles, vous pouvez en manger.

Nageoire

Celles qui leur servent pour nager (‘Houlin 59a)

Ecaille (qasqèsseth)

Ce sont des squames qui leur sont fixées, comme dans : « Il était vêtu d’une cotte de mailles (qasqassim) » (I Chemouel 17, 5)

11,10
Mais tout ce qui n'est pas pourvu de nageoires et d'écailles, dans les mers ou les rivières, soit ce qui pullule dans l'eau, soit les animaux qui l'habitent, ils vous sont abominables,

Vermine (chèrets)

Le mot chèrets désigne toujours une créature inférieure qui rampe et qui évolue à même le sol

11,11
abominables ils resteront pour vous: ne mangez point de leur chair, et ayez leurs cadavres en abomination.

Et ils seront pour vous exécration

Cette répétition vient interdire les mélanges, s’ils contiennent de quoi communiquer leur goût

De leur chair

Les écailles et les os ne sont pas prohibés

Et leur charogne (nevéla) vous exécrerez

Y compris les moucherons restés dans un tamis (‘Houlin 67a). En français : « moscherons »

11,12
Tout ce qui, dans les eaux, est privé de nageoires et d'écailles, vous sera une abomination.

Tout ce qui n’a pas

Que vient nous apprendre ici le texte ? J’aurais pu penser que seul fût permis le poisson qui conserve ses signes de pureté une fois sur la terre ferme. D’où aurais-je su qu’il l’est aussi s’il les a laissés dans l’eau ? De ce qu’il est écrit : « tout ce qui n’a pas nageoire et écaille dans l’eau ». S’il en a eu dans l’eau, il est permis, même s’il les a perdues en la quittant

11,13
Et voici, parmi les oiseaux, ceux que vous repousserez; on ne les mangera point, ils sont abominables: l'aigle, l'orfraie, la vallérie;

Ils ne seront pas mangés

Pour rendre coupables ceux qui en donnent à manger aux jeunes enfants (Yevamoth 114a). Car c’est ainsi qu’il faut le comprendre : Est-ce qu’ils « ne seront pas mangés » par toi-même ? Ou bien s’agit-il d’en interdire toute jouissance ? Il est écrit : « Et ceci est dont vous ne mangerez pas » (Devarim 14, 12). Seule la consommation est interdite, mais la jouissance est permise. Il est écrit à propos de chaque oiseau : leminah [selon son espèce – suffixe possessif féminin] (versets 14, 19), lemino [selon son espèce – suffixe possessif masculin] (verset 15 ou leminéhou [selon ses espèces – suffixe possessif pluriel] (verset 16). Il existe pour chaque race des spécimens qui ne se ressemblent ni dans leur aspect ni dans leur nom, mais qui appartiennent à la même espèce

11,14
le faucon et le vautour selon ses espèces;
11,15
tous les corbeaux selon leurs espèces;
11,16
l'autruche, l'hirondelle, la mouette, l'épervier selon ses espèces;

L’épervier

En français médiéval : « esparvier »

11,17
le hibou, le cormoran, la hulotte;

Le cormoran

Nos maîtres ont expliqué que c’est un oiseau qui capture les poissons dans la mer, et c’est ainsi que traduit le Targoum Onqelos : « le ravisseur »

La chouette et le hibou

Ce sont, en français médiéval, les « chouettes », qui crient la nuit et qui possèdent des mâchoires comme celles des hommes. Il existe une autre espèce appelée en français médiéval : « javan »

11,18
le porphyrion, le pélican, le percnoptère;

La taupe (tinchèmeth)

En français médiéval : « chalve soriz ». Elle ressemble à une souris et elle vole pendant la nuit. Le tinchèmeth (« taupe ») cité parmi les cheratsim (verset 30) lui ressemble. Il ne possède pas d’yeux, et on l’appelle en français médiéval : « talpe »

11,19
la cigogne, le héron selon ses espèces, le tétras et la chauve-souris.

La cigogne (‘hassida)

C’est la daya blanche, en français médiéval : « cegoine ». Et pourquoi s’appelle-t-elle ‘hassida (« bienfaitrice ») ? Parce qu’elle agit avec bonté (‘hassidouth) envers ses semblables pour la nourriture

Le héron

C’est la daya colérique. Il me semble que c’est ce que l’on appelle en français : « héron »

La huppe (doukhifath)

C’est un coq sauvage dont la crête est double (‘Houlin 63a). En français médiéval : « herupe ». Et pourquoi s’appelle-t-elle doukhifath ? Parce que sa crête (hodou) est attachée (kafouth). On l’appelle aussi « perceuse de montagnes », à cause de son histoire, comme expliqué par nos maîtres dans le traité Guitin (68b)

11,20
Tout insecte ailé qui marche sur quatre pieds vous sera une abomination.

Vermine (chèrèts) de la gent volante

Ce sont des créatures minuscules qui rampent sur la terre, comme les mouches, les frelons, les moustiques et les sauterelles

11,21
Toutefois, vous pourrez manger, parmi les insectes ailés marchant sur quatre pieds, celui qui a au-dessus de ses pieds des articulations au moyen desquelles il saute sur la terre.

Sur quatre

Sur quatre pattes

Au-dessus de ses pattes

Il possède comme deux pattes près du cou, en plus des quatre autres. Lorsqu’il veut s’envoler et sauter depuis le sol, il s’appuie sur ces deux pattes-là et s’envole. Il y en a beaucoup, comme ceux que l’on appelle en français médiéval : « langoste », mais nous ne les connaissons pas bien, car il est indiqué à leur sujet quatre signes de pureté : quatre pattes, quatre ailes, les articulations, qui sont les pattes décrites ici, et des ailes couvrant la majeure partie du corps (‘Houlin 59a). On rencontre chez nous tous ces signes, mais certains ont la tête allongée et d’autres n’ont pas de queue. Il faut aussi qu’ils portent le nom de ‘hagav (‘Houlin 65b), et en cela nous ne savons pas les distinguer les uns des autres

11,22
Vous pouvez donc manger les suivants: l'arbé selon ses espèces, le solam selon les siennes, le hargol selon ses espèces et le hagab selon les siennes.
11,23
Mais tout autre insecte ailé qui a quatre pieds, sera pour vous chose abominable.

Et toute vermine (chèrèts) de la gent volante…

Cela nous apprend que s’il en a cinq, il est pur (Torath kohanim)

11,24
Ceux qui suivent vous rendront impurs; quiconque touchera à leur cadavre sera souillé jusqu'au soir,

Et par ceux-ci

Ceux qui sont désignés plus loin dans le présent contexte (Torath kohanim)

Vous serez impurs

Signifiant qu’il y a impureté par contact

11,25
et qui transportera quoi que ce soit de leur cadavre lavera ses vêtements, et restera souillé jusqu'au soir:

Et quiconque porte de leur charogne (nevéla)

Toutes les fois que le texte parle d’impureté « par port », elle est plus sévère que celle « par contact », car elle exige en plus le lavage des vêtements (V. Rachi sous infra 11, 40)

11,26
tout quadrupède qui a l'ongle divisé mais non fourché, ou qui ne rumine point, ceux-là sont impurs pour vous: quiconque y touchera sera souillé.

Le sabot fendu et la sole non divisée

Comme le chameau, dont le sabot est fourchu en haut, mais uni en bas. On t’apprend ici que la nevéla d’un animal impur rend impur, et l’on expliquera à la fin du présent contexte qu’il en va de même d’un animal pur (verset 39)

11,27
Tous ceux d'entre les animaux quadrupèdes qui marchent à l'aide de pattes, sont impurs pour vous: quiconque touche à leur cadavre sera souillé jusqu'au soir,

Sur ses paumes

Comme le chien, l’ours et le chat

Ils sont impurs pour vous

« Par contact »

11,28
et qui transportera leur cadavre doit laver ses vêtements et rester souillé jusqu'au soir. Ils sont impurs pour vous.
11,29
Voici ceux que vous tiendrez pour impurs, parmi les reptiles qui se traînent sur la terre: la taupe, le rat, le lézard selon ses espèces;

Et ceci est pour vous ce qui est l’impur

Toutes ces impuretés sont étrangères à l’interdiction de manger, mais ce sont des impuretés véritables, qui rendent impur « par contact » empêchent ainsi de consommer la terouma et les offrandes, et d’entrer dans le sanctuaire

La loutre

En français médiéval : « mostoile »

Et le crapaud

En français médiéval : « froit ». Il ressemble à la grenouille

11,30
le hérisson, le crocodile, la salamandre, la limace et le caméléon.

Le hérisson

En français médiéval : « heriçon »

Le lézard

En français médiéval : « leizerde »

La limace

En français : « limace »

La taupe

En français médiéval : « talpe »

11,31
Ceux-là sont impurs pour vous entre tous les reptiles: quiconque les touchera après leur mort sera souillé jusqu'au soir.
11,32
Tout objet sur lequel il en tomberait quelque chose après leur mort, deviendrait impur: soit ustensile de bois, soit vêtement, peau ou sac, tout objet destiné à un usage quelconque. II doit être passé dans l'eau, restera souillé jusqu'au soir, et alors deviendra pur.

Sera amené dans l’eau

Même après son immersion, il demeure impur quant à la terouma

Jusqu’au soir

Après quoi

Et il sera pur

Au coucher du soleil

11,33
Que s'il en tombe quelque chose dans l'intérieur d'un vase d'argile, tout son contenu sera souillé, et le vaisseau, vous le briserez.

Vers le milieu duquel

Un récipient en terre cuite ne devient impur que de son intérieur (‘Houlin 25a)

Tout ce qui est dans son milieu

Le récipient rend impur à son tour ce qui est à l’intérieur

Et lui vous le briserez

Ce qui nous apprend qu’il ne redevient pas pur par immersion dans un miqwè (Torath kohanim)

11,34
Tout aliment dont on se nourrit, une fois que l'eau l'aura touché, sera susceptible de souillure; toute liqueur potable sera susceptible de souillure dans un vase quelconque.

De tout le manger qui sera mangé

Ces mots font suite au verset précédent : « tout ce qui est dans son milieu sera impur, […] de tout le manger qui sera mangé, sur lequel viendra de l’eau… » et qui se trouvera à l’intérieur d’un récipient en terre cuite impur sera impur. De même « toute boisson qui sera bue, dans tout ustensile » et qui se trouvera à l’intérieur d’un récipient en terre cuite impur « sera impure » (Pessa‘him 20b). Nous apprenons ici beaucoup de choses. Nous apprenons en premier lieu qu’un aliment est susceptible et en mesure de devenir impur seulement après qu’il a été mouillé une fois par de l’eau. Il pourra alors devenir impur à tout moment, même à l’état sec. Le vin, l’huile et tout ce que l’on appelle « liquide » rendent, à l’égal de l’eau, les plantes susceptibles de devenir impures, car c’est ainsi que l’on doit expliquer le verset : « sur lequel viendra de l’eau » ou « toute boisson qui sera bue, dans tout ustensile » rendra l’aliment impur. Nos maîtres nous ont enseigné à partir de ce verset, en deuxième lieu, qu’une impureté « dérivée » (tolda) ne rend pas impurs les récipients. Car voici ce que nous avons appris (Pessa‘him 20a et b) : J’aurais pu penser que tous les ustensiles fussent susceptibles de devenir impurs par l’intérieur d’un récipient en terre cuite avec lequel ils entrent en contact. Aussi est-il écrit : « tout ce qui est dans son milieu sera impur, […] de tout aliment… », ce qui veut dire que les aliments et les boissons peuvent devenir impurs par l’intérieur du récipient en terre cuite, mais que tous les ustensiles ne sont pas susceptibles de devenir impurs par l’intérieur d’un récipient en terre cuite. Car le chèrets est source d’une impureté « primaire » (av hatouma), et l’ustensile devenu impur à cause de lui est d’une impureté « dérivée » (tolda), de sorte qu’il ne peut rendre impurs à son tour les récipients qu’il contient. Nous apprenons en troisième lieu (Pessa‘him 20a) que lorsqu’un chèrets est tombé à l’intérieur d’un four contenant du pain, sans être entré en contact avec le pain, le four est du premier degré d’impureté et le pain du second. On ne considère pas, dans un tel cas, le four comme étant rempli d’impureté, de sorte que celle du pain serait du premier degré, car alors aucun ustensile ne serait écarté de la faculté de devenir impur par l’intérieur du récipient en terre cuite, l’impureté elle-même l’ayant touché du dehors. Nous apprenons en quatrième lieu (‘Houlin 118b), à propos du contact avec l’eau, que celui-ci ne rend les plantes susceptibles de devenir impures que si elle est tombée après qu’elles ont été détachées du sol. Car si l’on disait qu’elles en sont susceptibles étant encore attachées à la terre, il n’y en aurait jamais aucune à n’avoir pas été mouillée par de l’eau. Que signifieraient alors les mots : « sur lequel viendra de l’eau » ? Et nous apprenons en cinquième lieu (Yoma 80a) qu’un aliment n’en rend d’autres impurs que s’il a le volume d’un « œuf », comme il est écrit : « qui sera mangé », à savoir un aliment consommable en d’un coup. Et les Sages ont estimé que le gosier ne peut pas contenir plus qu’un œuf de poule

11,35
Tout objet sur lequel il sera tombé quelque chose de leur cadavre, sera souillé; fût-ce un four ou un fourneau, il sera mis en pièces. Ils sont impurs, impurs ils resteront pour vous.

Un four ou un fourneau

Ce sont des ustensiles mobiles et en terre cuite, et ils possèdent une cavité sur l’ouverture de laquelle on place la marmite. Et les deux s’ouvrent par le haut

Sera brisé

Car un récipient en terre cuite ne redevient pas pur par immersion dans un miqwè

Et ils vous seront impurs

Pour que tu ne dises pas que tu es tenu de les mettre en pièces. Voilà pourquoi il est écrit : « et ils vous seront impurs » : si l’on veut les conserver dans leur impureté, on en a le droit

11,36
Toutefois, une source ou une citerne contenant une masse d'eau restera pure; mais ce qui touchera au cadavre sera souillé.

Toutefois une fontaine

Étant rattachés au sol, ils ne peuvent pas devenir impurs. Et sache, en outre, que « sera pur » de son impureté celui qui s’y immerge

Et qui touche à leur charogne (nevéla) sera impur

Même s’il se trouve dans la fontaine ou dans le puits et qu’il touche à leur impureté, il sera impur (Pessa‘him 16a). On ne doit pas ici procéder par un raisonnement a fortiori qui consisterait à dire : S’il libère ce qui est impur de son impureté, à plus forte raison empêche-t-il ce qui est pur de devenir impur. D’où les mots : « et qui touche à leur nevéla sera impur »

11,37
S'il tombe de leur cadavre sur une semence végétale quelconque que l'on sème, elle restera pure.

Sur toute semence de semaille (zérou‘a)

Une semence de toutes espèces de graines. Le mot zérou‘a est un substantif, comme dans : « ils nous ont donné des semences » (zérou‘im) » (Daniel 1, 12)

Elle est pure

Le texte t’apprend ici qu’elle n’est propre et apte à être appelée « aliment » susceptible de devenir impur que si elle a été mouillée par de l’eau

11,38
Mais si de l'eau a été jetée sur un végétal, et qu'il y tombe quelque chose de leur cadavre, il sera souillé pour vous.

Et lorsqu’il sera donné de l’eau sur une semence

Après qu’elle aura été détachée du sol. Car si l’on disait qu’elles sont susceptibles de devenir impures y étant encore attachées, aucune plante n’en serait non susceptible

De l’eau sur une semence

Que ce soit de l’eau ou un autre liquide, qu’ils aient été jetés sur la plante ou que la plante soit tombée sur eux, le tout étant expliqué dans Torath kohanim

Et qu’il tombe de leur charogne (nevéla) sur elle

Même après que l’eau a séché (Baba Metsi‘a 22a et b). Car la Tora n’attache d’importance qu’à sa qualité d’« aliment ». Dès que la faculté de devenir impure lui a été conférée, elle ne la quitte plus

11,39
Si l'un des animaux que vous pouvez manger vient à mourir, celui qui touchera à son cadavre sera souillé jusqu'au soir.

À sa charogne (nevéla)

Et non s’il touche à ses os ou à ses tendons, à ses cornes ou à ses sabots ou à sa peau (‘Houlin 118a)

11,40
Celui qui mangera de cette chair morte lavera ses vêtements, et restera souillé jusqu'au soir; celui qui la transportera lavera ses vêtements, et restera souillé jusqu'au soir.

Et celui qui porte sa charogne (nevéla)

L’impureté contractée « par port » est plus grave que l’impureté « par contact », car celui qui « transporte » rend impurs les vêtements, tandis que celui qui « touche » ne rend pas impurs les vêtements puisqu’il n’est pas écrit à son sujet : « il lavera ses vêtements »

Et celui qui mange de sa charogne

J’aurais pu penser que le manger à lui seul rendît impur. Mais lorsqu’il est écrit à propos de la nevéla d’un oiseau pur : « Une nevéla ou une teréfa, il ne les mangera pas pour s’en rendre impur » (infra 22, 8), c’est donc celle-ci qui rend les vêtements impurs par la consommation, mais la nevéla d’un animal ne rend pas les vêtements impurs par la consommation sans qu’il y ait « transport », comme par exemple lorsqu’on en fait avaler une à quelqu’un en l’enfonçant dans la gorge. Dans ce cas, que veut dire : « et celui qui mange » ? Cela sert à fixer la mesure pour celui qui « transporte » ou qui « touche », qui est celle de la consommation, à savoir le volume d’une olive (Nidda 42b)

Et il sera impur jusqu’au soir

Même après s’être immergé, il devra attendre le coucher du soleil

11,41
Tout reptile, qui se traîne sur le sol, est chose abominable on n'en doit pas manger.

Qui rampe sur la terre

À l’exclusion des insectes qui se forment dans les petits pois et les fèves, et des mites dans les lentilles, car ils ne rampent pas sur le sol mais à l’intérieur de l’aliment. Cependant, dès l’instant où ils sortent à l’air libre et se mettent à ramper, ils deviennent interdits (‘Houlin 67b)

Elle ne sera pas mangée

Pour rendre coupable celui qui donne à manger à l’égal de celui qui consomme. Ne sont appelés « chèrèts » que les animaux inférieurs aux pattes courtes, qui semblent ne se déplacer que par reptation

11,42
Tout ce qui se traîne sur le ventre, ou se meut soit sur quatre pieds, soit sur un plus grand nombre de pieds, parmi les reptiles quelconques rampant sur le sol, vous n'en mangerez point, car ce sont choses abominables.

Qui marche sur le ventre (ga‘hon)

Il s’agit du serpent. Le mot ga‘hon signifie « accroupi » : Il avance accroupi et comme tombé sur le ventre

Qui marche

Ce qui inclut les lombrics et ce qui leur ressemble

Et tout ce qui marche sur quatre

C’est le scorpion

Tout

Ce qui inclut l’escarbot – en français : « escarbot » – et ce qui lui ressemble

Qui a beaucoup de pattes

C’est le mille-pattes, un chèrèts qui possède des pattes de la tête à la queue, de-ci et de-là, en français médiéval : « centpieds »

11,43
Ne vous rendez point vous-mêmes abominables par toutes ces créatures rampantes; ne vous souillez point par elles, vous en contracteriez la souillure.

Ne rendez pas exécrables

En les mangeant (Me‘ila 16b). Car il est écrit : « vos âmes », et l’abomination de « l’âme » ne résulte pas du « toucher ». Et de même : « et ne vous rendez pas impurs », en les mangeant

Vous seriez impurs par eux

Si vous vous rendez impurs par eux sur terre, je vous traiterai, moi aussi, comme impurs dans le monde à venir et dans le séjour dans l’au-delà (Yoma 39a)

11,44
Car je suis l'Éternel, votre Dieu; vous devez donc vous sanctifier et rester saints, parce que je suis saint, et ne point contaminer vos personnes par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre.

Car je suis Hachem votre Éloqim

De même que je suis saint, puisque je suis « Hachem votre Éloqim », de même « vous sanctifierez-vous » : Rendez-vous saints ici-bas 

Vous serez saints

Car je vous sanctifierai là-haut et dans le monde à venir

Et vous ne rendrez pas impures…

Ce verset institue de nombreuses défenses [relatives aux animaux interdits], dont chacune rend passible de malqouth. C’est ce que spécifie la Guemara (Makoth 16a) : pour avoir mangé un poutitha (sorte de ver volant d’origine aquatique), on sera passible de quatre fois malqouth, pour une fourmi de cinq fois, pour un frelon de six fois

11,45
Car je suis l'Éternel, qui vous ai tirés du pays d'Egypte pour être votre Dieu; et vous serez saints, parce que je suis saint.

Car je suis Hachem

C’est à la condition que vous acceptiez mes mitswoth que je vous ai fait monter. Autre explication : « Car je suis Hachem, qui vous fais monter ». Il est écrit partout ailleurs : « qui vous ai fait sortir » (Chemoth 12, 17 ; 20, 2 ; 29, 46 ; Wayiqra 19, 36 ; 25, 38 ; 25, 42 ; 25, 55 ; 26, 13 ; 26, 45 ; etc.), et ici : « qui vous fais monter ». On a enseigné à l’école de Rabi Yichma’el : Si je n’avais fait monter Israël d’Egypte que pour lui épargner d’avoir à se rendre impur par des cheratsim à l’instar des autres peuples, cela aurait été suffisant pour lui et cela lui aurait été une « élévation ». C’est ce que veut dire le mot : « faire monter » (Baba Metsi‘a 61b)

11,46
Telle est la doctrine relative aux quadrupèdes, aux volatiles, à tous les êtres animés qui se meuvent dans les eaux et à tous ceux qui rampent sur la terre;
11,47
afin qu'on distingue l'impur d'avec le pur, et l'animal qui peut être mangé de celui qu'on ne doit pas manger."

Pour séparer

Non seulement par l’étude, mais pour qu’on les sache, qu’on les reconnaisse, et que l’on y soit expérimenté

Entre l’impur et entre le pur

Fallait-il évoquer la différence qui sépare un âne d’une vache ? Tout cela n’a-t-il pas déjà été expliqué ?! Ce dont il s’agit, c’est de la différence qui sépare ce qui est impur pour toi de ce qui est pur pour toi, de celle qui sépare l’animal dont la moitié de la trachée-artère a été tranchée lors de la che‘hita, [et qui est interdit], de la bête dont la majeure partie de la trachée-artère a été tranchée lors de la che‘hita, [et qui est permis]

Et entre la bête (‘hayya) qui est mangée

Fallait-il évoquer la différence qui sépare un cerf d’un âne sauvage ? Tout cela n’a-t-il pas déjà été expliqué ?! Ce dont il s’agit, c’est de la différence qui sépare l’animal sur lequel se sont déclarés des signes d’animal défendu, et dont la consommation est néanmoins permise, de l’animal sur lequel se sont déclarés des signes d’animal défendu, et dont la consommation est interdite

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