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Matot-Masei : comment savoir si j'avance ou si... je tourne en rond ?!

Mis en ligne le Mercredi 11 Juillet 2018

Il parait que c’est très facile d’arrêter de fumer ! C’est vrai : mon amie m’a même dit qu’elle a déjà réussi à arrêter une dizaine de fois !

Trève de plaisanterie : peut-on vraiment caractériser cela de “réussite” ? Il s’avère que, parfois, nous avons l’impression d’évoluer et d’avancer, mais en fait, on reste bloqué au même stade. Comment savoir si on avance vraiment ou si, tout simplement, on ne tourne pas en rond…?

C’est de ce sujet dont parle la Paracha de Massé. Elle nous décrit les 42 étapes nécessaires qu’il a fallu pour que les Juifs passent d’Égypte en Israël, sur une période qui dura 40 ans. Chaque étape du voyage était déterminée par Hachem Lui-même : dès qu’il fallait quitter les lieux, Hachem envoyait un signe : la nuée qui planait sur le campement juif commençait à se déplacer. Ainsi, le camp tout entier savait qu’il fallait se mettre en route et se mettait à suivre le pilier de nuée le jour et la colonne de feu la nuit. Quand la nuée s’arrêtait, ils savaient qu’ils devaient s'arrêter pour camper. Certaines étapes ont duré à peine quelques jours et certaines étapes ont duré plusieurs années, mais chacune est appelée “étape”.

Les maîtres de la ‘Hassidout expliquent que la vie de chaque Juif est un long voyage, à l’image des pérégrinations du peuple juif dans le désert. La vie constitue une succession d'événements et d’étapes nécessaires à notre construction personnelle. Cela veut dire qu’à chaque moment de notre vie, à chaque étape de notre vie, nous rencontrons certains obstacles à surmonter, et certains sont plus difficiles ou longs que d'autres. Bien sûr, ces épreuves n’ont pas pour but de nous étouffer ou de nous faire désespérer. Au contraire, en surmontant ces difficultés, nous nous renforçons, nous nous construisons et nous nous rapprochons de D.ieu, comme le dit le roi David : “L’opposition me fait grandir”[1].

A l’instar des Bné Israël dans le désert, dans le voyage de notre vie, il existe des étapes qui ne durent que quelques jours et, d’autres, qui durent des années. Mais chacune est appelée “étape” !

La durée n’est donc pas significative de notre avancée dans le voyage de notre vie. On peut avoir l’impression d’être bloqué dans une situation depuis bien trop longtemps, mais, en vérité, on avance doucement, à notre rythme. A l’inverse, parfois, on a l’impression d’avancer, mais en fait, on tourne en rond ! Et c’est de cette situation qu’il faut absolument se méfier !

“Voyage” en hébreu se dit “Massa” (מסע) et les lettres qui constituent ce mot symbolisent comment se franchissent les étapes. Le ‘Ayin signifie le regard, l’ouverture sur quelque chose, l’agrandissement. Le Samèkh est écrit sous forme d’un cercle. Il symbolise l’avancement, mais qui revient sur luièmême : cette illusion de mouvement qui nous donne l’impression d’avancer, mais en réalité, on fait du sur place...
Alors comment savoir si on avance ou si on est bloqué ? Que ça soit dans notre carrière, notre projet familial, notre avancée spirituelle ou notre construction personnelle ?

La réponse à cette question est donnée implicitement dans notre Paracha. Il est écrit de façon qui pourrait, de prime abord, sembler rébarbative : “IIs repartirent de Rephidîm, et campèrent dans le désert de Sinaï. Ils repartirent du désert de Sinaï, et campèrent à Kibroth-Hattaava. Ils repartirent de Kibroth-Hattaava, et campèrent à Hacêroth. Ils repartirent de Hacêroth, et campèrent à Rithma” etc.[2]

Avez-vous remarqué qu’il y a des répétitions dans le texte ? C’est évident qu’ils sont partis à chaque fois de là où ils étaient ! Quel est l'intérêt de dire qu’ils sont partis d’un endroit spécifique si on savait qu’ils étaient déjà là-bas ?

En fait, il faut toujours se demander pourquoi on quitte une étape, pourquoi on décide de passer à autre chose. Je m’explique : si vous vous perdez dans le métro, vous consulterez un plan. Que recherchez-vous en premier lieu sur la carte ? Non pas la station où vous souhaitez vous rendre, mais celle où vous vous trouvez. Sans savoir où vous êtes, vous ne pouvez pas savoir comment progresser vers votre prochaine destination.

Si je décide de changer de lieu d’habitation par exemple, la question essentielle à se poser est : suis-je bien sûre que j’ai terminé tout ce que je devais accomplir dans cette étape de ma vie ? Si je ne suis pas sûre d’avoir appris tout ce que j’ai à apprendre, d’avoir accomplir tout ce que j’ai à accomplir, il y a de fortes chances que ça ne soit pas une avancée, mais une fuite en avant. La question qu’il faut toujours se poser n’est pas “pourquoi je vais là-bas?”, mais plutôt “pourquoi je pars d’ici?”. En effet, il y a des situations où, finalement, en se posant cette question, on se rend compte qu’on ne doit pas partir, car on n’a pas tiré tout ce qu’on devait tirer d’une certaine expérience. Et du coup, on n’a donc pas le bagage nécessaire pour réussir l’étape suivante.

Par exemple, si une personne décide de démissionner de son travail, si elle n’a pas tiré les leçons de cette expérience, elle va forcément devoir le faire dans son prochain travail. Ou bien encore dans le domaine du couple, comme le disait une thérapeute, les gens divorcent souvent pour finalement retrouver, avec leur second conjoint, les mêmes problèmes qu’ils avaient avec leur premier conjoint.

En revanche, si on quitte un endroit parce qu’on estime que ce n’est plus notre place, qu’on a tiré toutes les leçons nécessaires qui nous ont fait grandir, alors c’est le signe que nous sommes vraiment en train de passer une nouvelle étape significative de notre vie. Quand on apprend de nos échecs, alors l’échec n’en est plus un : il est devenu une réussite.

Fasse qu’Hachem nous donne toujours le bon discernement afin de nous poser les bonnes questions et ainsi réaliser les vrais bons choix. Ce sont eux qui vont nous permettre de réussir ce grand voyage formidable qui s’appelle… la vie.


[1] מֵאֹיְבַי תְּחַכְּמֵנִ Téhilim 119,98
On peut dire que Nietzsche a paraphrasé le roi David avec son fameux : “Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.”

[2] Bamidbar (33:15-18)

Joy GALAM - © Torah-Box

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