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'Hanouka : notions sur l'allumage des bougies

Mis en ligne le Mercredi 6 Décembre 2017

En souvenir des événements qui se déroulèrent à l’époque du Second Temple, nos Sages instaurèrent une mitsva pendant les huit jours de ‘Hanouka, qui consiste à allumer des bougies chaque soir, à la porte de sa maison.

L’ordre de l’allumage ‘Hanouka

Pendant les huit jours de cette fête, chaque Juif, homme ou femme, a le devoir de faire briller chez soi des lumières, chaque nuit.

Essentiellement, cette mitsva consiste à allumer une bougie chaque soir. Mais en vue d’embellir la mitsva, nos Sages ajoutèrent à ce devoir une option facultative : celle d’allumer chaque soir un nombre de bougies correspondant au nombre des jours de fête. Ces bougies supplémentaires représentent ainsi un embellissement de la mitsva.

Avant l’allumage, on préparera les bougies dans l’ordre suivant : le premier soir, on placera une veilleuse ou une bougie à l’extrémité droite de la ‘hanoukia [le chandelier spécialement conçu pour cette mitsva]. Le deuxième soir, on remettra une bougie à la droite de la ‘hanoukia, et l’on y ajoutera une seconde à sa gauche immédiate. Et ainsi de suite chaque soir, on placera les bougies en allant de la droite vers la gauche du chandelier. Puis, pour l’allumage proprement dit, on suivra l’ordre inverse, c'est-à-dire qu’on allumera d’abord la bougie la plus à gauche de la ‘hanoukia, puis celle placée à sa droite directe et ainsi de suite jusqu’à la première bougie placée (selon le Gaon de Vilna, on allumera toujours en premier la bougie la plus à droite, car elle constitue l’essentiel de la mitsva). Pour ces différentes règles, la droite et la gauche sont celles de la personne qui allume, et non des personnes qui la voient à l’extérieur de la maison.

Selon la coutume séfarade, seul le maître de maison allume la ‘hanoukia pour l’ensemble de la maisonnée. Les décisionnaires ashkénazes considèrent quant à eux que chaque membre de la famille doit allumer sa propre ‘hanoukia (hormis la maîtresse de maison, qui se rend quitte de l’allumage de son mari, et les filles de la maison selon certains avis). Selon cette coutume, chaque ‘hanoukia devra être placée à distance des autres, afin que l’on ne vienne pas à se méprendre sur le nombre des jours d’allumage. Dans les ‘hanoukiot communes, qui sont composées de huit branches distinctes, deux personnes peuvent allumer sur le même chandelier – à ses deux extrémités –, et ceci jusqu’au troisième jour inclus.

La nature des lumières

Pour cette mitsva, on peut allumer à son choix soit des bougies de cire, soit des veilleuses remplies d’huile. Toutefois, il est préférable d’allumer précisément avec de l’huile d’olive, car c’est à son sujet que le miracle eut lieu. Si l’on n’a pas d’huile d’olive, on pourra allumer des veilleuses avec toute autre huile et si l’on n’a pas du tout d’huile, on prendra alors des bougies. Mais en aucun cas on ne pourra se rendre quitte avec des lumières électriques. Toutes les lumières de la ‘hanoukia devront être semblables. On ne pourra donc pas allumer une lumière avec de l’huile, et une autre avec une bougie. On disposera de préférence les lumières à hauteur égale et dans un ordre linéaire (et non en forme incurvée). On évitera également de placer les bougies en zigzag, l’une plus éloignée que l’autre.

L’emplacement

Idéalement, on placera la ‘hanoukia devant la porte de sa maison, de manière à ce qu’elle soit visible depuis la rue. On la placera à la gauche de la porte, face à la mézouza. Mais selon la configuration actuelle de la plupart des immeubles, ceci est souvent impossible. Selon certains avis, on placera donc la ‘hanoukia à la fenêtre d’une des chambres, d’où elle sera visible depuis la rue. D’autres avis considèrent qu’il convient de l’allumer à l’entrée de l’immeuble, et enfin, certains affirment qu’il convient de l’allumer à l’entrée de la maison, qui donne sur le couloir de l’immeuble. On s’en référera donc à une autorité rabbinique compétente, qui déterminera l’endroit le mieux approprié selon la disposition des lieux.

Mais en tout état de cause, on n’allumera pas à la fenêtre d’une maison si celle-ci est située à une hauteur supérieure à 20 coudées [9,6 mètres] du lieu de passage de la rue. Toutefois, même si la rue est située à plus de 20 coudées de la fenêtre, mais qu’il y a, à quelque distance de la maison, un autre lieu de passage (un pont, une rue dénivelée) à moins de 20 coudées de la fenêtre, on pourra y allumer les bougies puisque les passants présents à cet endroit la verront convenablement.

L’heure de l’allumage

Une demi-heure avant l’allumage des bougies, il convient de ne pas commencer un travail ni d’entamer un repas, pour être disponible en prévision de la mitsva. L’heure de l’allumage fait l’objet d’une discussion entre les décisionnaires : certains avis pensent que celle-ci débute à la nuit, à l’apparition des étoiles (tel est l’avis suivi par les communautés séfarades et hassidiques). D’autres sont d’avis que l’allumage doit avoir lieu précisément à l’heure du coucher du soleil (opinions suivies par la coutume ashkénaze). Mais tous s’accordent à dire qu’il faut verser suffisamment d’huile – ou de placer des bougies suffisamment longues – pour que leurs lumières brillent jusqu’à une demi-heure après la tombée de la nuit.

Si l’on se trouve dans l’obligation d’allumer les bougies plus tôt que l’heure prévue, comme c’est le cas lors du Chabbat ‘Hanouka, on pourra allumer les bougies à partir de plag hamin’ha [environ une heure et quart avant la tombée de la nuit]. Là encore, on veillera à verser suffisamment d’huile pour que les lumières restent allumées jusqu’à une demi-heure après la tombée de la nuit.

Inversement, si l’on ne pourra allumer la ‘hanoukia que plus tard, il conviendra idéalement de demander à un tiers d’allumer pour nous les bougies à l’heure et l’endroit habituels. Ainsi, un maître de maison qui ne peut quitter son travail à l’heure de l’allumage, pourra demander à sa femme d’allumer les bougies à sa place, attendu qu’elle aussi est tenue par cette mitsva.

Si la chose est impossible, on pourra allumer la ‘hanoukia tant que la rue est animée, comme c’est le cas de nos jours jusqu’à une heure relativement tardive. Ceux qui ont la coutume d’allumer la ‘hanoukia à l’intérieur de la maison, pourront le faire même plus tard, tant que les membres de la famille sont encore réveillés, car leur présence est elle-même considérée comme une « divulgation du miracle ». Mais si l’on est seul chez soi, ou que tout le monde dort déjà, on allumera les bougies sans prononcer de bénédiction (cependant, certains le permettent même dans ce cas).

Yonathan BENDENNOUNE - © Hamodia
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