Paracha Béhar
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Chéla'h Lekha

Lecture de la paracha Chéla'h Lekha en français

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13,1
L'Éternel parla ainsi à Moïse:
13,2
"Envoie toi-même des hommes pour explorer le pays de Canaan, que je destine aux enfants d'Israël; vous enverrez un homme respectivement par tribu paternelle, tous éminents parmi eux."

Envoie-toi des hommes

Pourquoi le chapitre relatif aux explorateurs fait-il immédiatement suite à celui de Miriam ? Parce qu’elle a été punie pour avoir calomnié son frère, et ces dépravés, qui ont pourtant assisté à cet événement, n’en ont pas tiré la leçon. (Midrach Tan‘houma)

Envoie-toi

À ton gré. Quant à moi, je ne te l’ordonne pas. Si tu veux, envoie-les ! (Sota 34b). Israël est venu lui dire : « Envoyons des hommes devant nous » (Devarim 1, 22), ainsi qu’il est écrit : « Vous vous êtes tous approchés de moi » (ibid.). Mochè est alors allé prendre conseil auprès de la chekhina. Celle-ci lui a répondu : « Je leur ai affirmé quant à moi que le pays est bon, comme il est écrit : “J’ai dit : Je vous ferai monter de la pauvreté de l’Égypte…” (Chemoth 3, 17). Par leur vie ! Je ne leur fournirai pas l’occasion de se tromper à la suite du rapport des explorateurs au point de ne pas en hériter (Midrach Tan‘houma)

13,3
Et Moïse les envoya du désert de Pharan, selon la parole de l'Éternel; c'étaient tous des personnages considérables entre les enfants d'Israël.

Conformément à Hachem

Avec Son consentement, car Il n’y a pas mis obstacle

Tous des hommes (anachim)

Toutes les fois que le texte emploie le mot anachim (« hommes »), c’est pour souligner la considération dont ils sont l’objet. Et à ce moment-là, ils étaient irréprochables

13,4
Et voici leurs noms: pour la tribu de Ruben, Chammoûa, fils de Zakkour;
13,5
pour la tribu de Siméon, Chafat, fils de Hori;
13,6
pour la tribu de Juda, Caleb, fils de Yefounné;
13,7
pour la tribu d'Issachar, Yigal, fils de Joseph;
13,8
pour la tribu d'Ephraïm, Hochéa, fils de Noun;
13,9
pour la tribu de Benjamin, Palti, fils de Rafou;
13,10
pour la tribu de Zabulon, Gaddïel, fils de Sodi;
13,11
pour la tribu de Joseph formant celle de Manassé, Gaddi, fils de Çouci;
13,12
pour la tribu de Dan, Ammïel, fils de Ghemalli;
13,13
pour la tribu d'Asher, Sethour, fils de Mikhaêl;
13,14
pour la tribu de Nephtali, Nahbi, fils de Vofsi;
13,15
pour la tribu de Gad, Gheouêl, fils de Makhi.
13,16
Tels sont les noms des hommes que Moïse envoya explorer la contrée. (Moïse avait nommé Hochéa, fils de Noun: Josué).

Mochè appela Hoché‘a fils de Noun…

Il a prié pour lui : « Veuille Hachem te sauver (qa yochi‘akha) du complot des explorateurs ! » (Sota 34b)

13,17
Moïse leur donna donc mission d'explorer le pays de Canaan, en leur disant: "Dirigez-vous de ce côté, vers le sud, et gravissez la montagne.

Montez par ce côté-ci dans le sud

C’est la partie la plus aride d’Erets Yisrael. Cela correspond à la manière de procéder des les commerçants : ils commencent par présenter la marchandise la plus médiocre, et ils font voir ensuite celle de bonne qualité (Midrach Tan‘houma)

13,18
Vous observerez l'aspect de ce pays et le peuple qui l'occupe, s'il est robuste ou faible, peu nombreux ou considérable;

Le pays

Certains pays produisent des hommes forts, d’autres des hommes faibles. Dans certains pays, la population est en augmentation, dans d’autres elle diminue (Bamidbar raba)

Est-il fort ou faible

Il leur a fourni un indice : S’ils habitent dans des villes ouvertes, c’est qu’ils sont forts, car ils font confiance à leur propre robustesse. Et s’ils habitent dans des villes fortifiées, c’est qu’ils sont faibles (Midrach Tan‘houma)

13,19
quant au pays qu'il habite, s'il est bon ou mauvais; comment sont les villes où il demeure, des villes ouvertes ou des places fortes;

Dans des camps

Comme le rend le Targoum Onqelos : « des villes abordables et ouvertes », non entourées de remparts

Est-il bon

Par des sources et des nappes d’une eau propre et saine

13,20
quant au sol, s'il est gras ou maigre, s'il est boisé ou non. Tâchez aussi d'emporter quelques-uns des fruits du pays." C'était alors la saison des premiers raisins.

Y a-t-il arbre

Y a-t-il parmi eux un homme vertueux dont les mérites soient à même de les protéger ? (Baba Bathra 15a)

Prémices (bikourim) des raisins

Les jours où les raisins mûrissent prématurément

13,21
Et ils s'en allèrent explorer le pays, depuis le désert de Cîn jusqu'à Rehob, vers Hémath.

Depuis le désert de Tsin jusqu’à Re‘hov

Ils ont suivi les frontières dans le sens de la longueur et de la largeur en dessinant une sorte de gamma grec. Ils se sont dirigés vers la frontière méridionale en marchant d’est en ouest, ainsi que l’avait ordonné Mochè : « Montez par ce côté-ci dans le sud » (verset 17), en suivant la frontière sud-est jusqu’à la mer, laquelle forme la limite occidentale. Puis ils ont obliqué pour progresser le long de la limite occidentale, au bord de la mer, jusqu’à Lavo-‘Hamath qui se trouve près de Hor-la-montagne à l’extrémité nord-ouest, ainsi que cela sera expliqué à propos des frontières du pays dans la sidra Mass‘é (infra 34, 1 et suivants)

13,22
Ils s'acheminèrent du côté du midi, et l'on parvint jusqu'à Hébrôn, où demeuraient Ahimân, Chêchaï et Talmaï, descendants d'Anak. Hébrôn avait été bâtie sept ans avant Tanis d'Egypte.

Il vint jusqu’à ‘Hèvron

Seul Calev y est allé, et il s’est prosterné devant les tombes des patriarches, afin de ne pas se laisser entraîner dans le complot fomenté par ses compagnons. C’est ainsi qu’il est écrit : « Et je lui donnerai le pays où il a cheminé » (Devarim 1, 36), ainsi que : « Ils donnèrent ‘Hèvron à Calev » (Choftim 1, 20) (Sota 34b)

A été construite sept ans

Se peut-il que ‘Ham ait construit ‘Hèvron pour Kena‘an, son fils cadet, avant de construire Tso‘an pour Mitsrayim, son aîné ? En réalité, ‘Hèvron était dotée de sept fois plus d’atouts que Tso‘an, et le texte vient ici vanter Erets Yisrael : Il n’existe pas dans tout Erets Yisrael d’endroit plus rocailleux que ‘Hèvron, d’où son utilisation comme lieu de sépultures. Il n’existe pas, en revanche, de plus beau pays que l’Égypte, comme il est écrit : « comme le jardin de Hachem, comme le pays d’Égypte » (Beréchith 13, 10). Or, Tso‘an est la plus belle ville de toute l’Égypte, puisqu’elle sert de résidence aux rois, comme il est écrit : « Car ses princes ont été à Tso‘an » (Yecha’yah 30, 4), et pourtant ‘Hèvron valait sept fois mieux qu’elle (Sota 34b) (voir Rachi Devarim 11, 10)

13,23
Arrivés à la vallée d'Echkol, ils y coupèrent un sarment avec une grappe de raisin, qu'ils portèrent à deux au moyen d'une perche, de plus, quelques grenades et quelques figues.

Un sarment

Un sarment de vigne, auquel était suspendue une grappe de raisins

Ils la portèrent par une perche à deux

Du moment qu’il est écrit : « ils la portèrent par une perche », ne suis-je pas apte à en déduire qu’ils étaient deux ? Que veulent dire ces mots : « à deux » ? Ils veulent dire : « à deux perches. » Comment ont-ils procédé ? Huit d’entre eux ont pris la grappe, un a pris une figue et un une grenade. Quant à Yehochou‘a et Calev, ils n’ont rien pris du tout, parce que les autres n’avaient d’autre intention que de calomnier : « Tout comme ses fruits sont monstrueux, de même son peuple est-il monstrueux. » Et si tu veux savoir le poids que chacun d’eux a transporté, reporte-toi aux pierres qu’ils ont érigées à Guilgal et où « chacun a levé une pierre sur son épaule, selon le nombre des tribus des fils d’Israël » (Yehochou‘a 4, 5). Nos maîtres ont évalué le poids de chacune de ces pierres à quarante séa, et nous savons par ailleurs que le poids qu’un homme peut charger sur son épaule est le tiers de celui qu’il portera si on l’aide à le soulever (Sota 34a)

13,24
On nomma ce lieu vallée d'Echkol, à cause de la grappe qu'y avaient coupée les enfants d'Israël.
13,25
Ils revinrent de cette exploration du pays, au bout de quarante jours.

Ils revinrent de l’exploration du pays

On sait pourtant que le pays mesure quatre cents parsas sur quatre cents et qu’un homme moyen n’est apte à parcourir que dix parsas par jour ! Il leur aurait donc fallu quarante jours rien que pour traverser le pays d’est en ouest, alors qu’ils l’ont, eux, sillonné en long autant qu’en large ! Étant donné, en fait, que le Saint béni soit-Il savait qu’Il allait les punir à raison « d’un jour par année » (infra 14, 34), Il a abrégé leur voyage (Midrach Tan‘houma)

13,26
Ils allèrent trouver Moïse, Aaron et toute la communauté des enfants d'Israël, dans le désert de Pharan, à Kadêch. Ils rendirent compte à eux et à toute la communauté, leur montrèrent les fruits de la contrée,

Ils allèrent

Que veut dire : « ils allèrent » ? Ils sont partis comme ils sont revenus. De même que leurs intentions étaient mauvaises à leur retour, de même l’étaient-elles à leur départ (Sota 35a)

Ils leur rendirent compte

À Mochè et à Aharon

13,27
et lui firent ce récit: "Nous sommes entrés dans le pays où tu nous avais envoyés; oui, vraiment, il ruisselle de lait et de miel, et voici de ses fruits.

Il est ruisselant de lait et de miel

N’est pas crédible un mensonge qui ne contient pas une part de vérité (Sota 35a)

13,28
Mais il est puissant le peuple qui habite ce pays! Puis, les villes sont fortifiées et très grandes, et même nous y avons vu des descendants d'Anak!

Fortifiées

Dans le sens de « force ». Le Targoum Onqelos rend ce mot par kerikhan (« places fortes rondes »), le mot araméen kerikh voulant dire : « rond »

13,29
Amalec habite la région du midi; le Héthéen, le Jébuséen et l'Amorréen habitent la montagne, et le Cananéen occupe le littoral et la rive du Jourdain."

‘Amaleq demeure…

Étant donné qu’ils avaient déjà dû en découdre avec ‘Amaleq, les explorateurs en ont fait mention pour les effrayer (Midrach Tan‘houma)

À côté (yad – littéralement : « main ») du Yardén

Le mot yad est à prendre au pied de la lettre : « à côté du Yardén », et vous ne pourrez pas le traverser

13,30
Caleb fit taire le peuple soulevé contre Moïse, et dit: "Montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs!"

Calev fit taire

Il les fit tous taire

Contre Mochè

Pour qu’ils écoutent ce qu’il allait dire de Mochè. Il leur déclara : « Le fils de ‘Amram ne nous a-t-il fait que cela ? » Ils ont cru qu’il allait dire du mal de lui. Et comme ils étaient indisposés à son égard vu ce qu’avaient dit les explorateurs, ils se sont tous tus afin d’écouter ce qu’il allait dire pour le dénigrer. C’est alors qu’il a poursuivi : « N’a-t-il pas fendu pour nous la mer ? N’a-t-il pas fait tomber pour nous la manne ? N’a-t-il pas fait venir des cailles (supra  11, 31) ? » (Sota 35a)

Monter

Même au ciel. S’il nous demande de faire des échelles et d’y monter, nous réussirons en tout ce qu’il nous dira (Sota 35a)

Fit taire (wayahas)

Le mot wayahas exprime l’idée de « silence », comme dans : « Que toute chair fasse silence (has) devant Hachem » (Zekhariya 2, 17), ou dans : « Silence (has) ! car nous ne pouvons faire mention du nom de Hachem » (‘Amos 6, 10). On a l’habitude, pour faire taire un groupe de gens, de leur lancer [en français] : « chut ! »

13,31
Mais les hommes qui étaient partis avec lui, dirent: "Nous ne pouvons marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous."

Il est plus fort que nous (mimmènou) – littéralement : « que nous » ou « que Lui »)

Ils ont dit cela, si l’on peut s’exprimer ainsi, contre le Très-Haut (Sota 35a)

13,32
Et ils décrièrent le pays qu'ils avaient exploré, en disant aux enfants d'Israël: "Le pays que nous avons parcouru pour l'explorer est un pays qui dévorerait ses habitants; quant au peuple que nous y avons vu, ce sont tous gens de haute taille.

Dévorant ses habitants

Où que nous soyons passés, nous avons vu des funérailles. Le Saint béni soit-Il l’avait fait pour leur bien, afin que les habitants, absorbés par leur deuil, ne prêtent pas attention aux explorateurs (Sota 35a)

Hommes géants (middoth)

Grands et de haute taille, dont il faut préciser la mesure (midda), comme pour Goliath : « sa hauteur était de six coudées et un empan » (I Chemouel 17, 4). De même : « un homme de haute stature (madon) » (II Chemouel 21, 20), ou encore : « un homme de haute taille (midda) » (I Divrei Hayamim 11, 23)

13,33
Nous y avons même vu les Nefilîm, les enfants d'Anak, descendants des Nefilîm: nous étions à nos propres yeux comme des sauterelles, et ainsi étions-nous à leurs yeux."

Les nefilim

Les ‘Anaqim, parmi les enfants de Cham‘hazaï (voir Nidda 61a) et de ‘Azael (voir Yoma 67b), qui « sont tombés » (naflou) du ciel à l’époque de la génération d’Enoch (Targoum Yonathan sur Beréchith 6, 4)

Et ainsi étions-nous à leurs yeux

Nous les avons entendus se dire : « Il y a des sauterelles dans les vignobles, et elles ressemblent à des hommes ! » (Sota 35a)

‘Anaq

Ils dépassaient (me‘anaqim) le soleil par leur stature (Sota 34b)

14,1
Alors toute la communauté se souleva en jetant des cris, et le peuple passa cette nuit à gémir.

Toute la communauté

Les tribunaux (Midrach Tan‘houma)

14,2
Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute la communauté leur dit: "Que ne sommes-nous morts dans le pays d'Egypte, ou que ne mourons-nous dans ce désert!

Si nous étions morts

Si seulement nous avions pu mourir 

14,3
Et pourquoi l'Éternel nous mène-t-il dans ce pays-là, pour y périr par le glaive, nous voir ravir nos femmes et nos enfants? Certes, il vaut mieux pour nous retourner en Egypte."
14,4
Et ils se dirent l'un à l'autre: "Donnons-nous un chef, et retournons en Egypte!"

Donnons-nous un chef

Comme le rend le Targoum Onqelos : « Nommons un chef », c’est-à-dire : « Installons-nous un roi ! » Nos maîtres ont expliqué qu’il y a là une connotation d’idolâtrie (Midrach othiyoth derabi ‘Aqiva)

14,5
Moïse et Aaron tombèrent sur leur face devant toute l'assemblée réunie des enfants d'Israël.
14,6
Et Josué, fils de Noun, et Caleb, fils de Yefounné, qui avaient, eux aussi, exploré la contrée, déchirèrent leurs vêtements.
14,7
Ils parlèrent à toute la communauté des Israélites en ces termes: "Le pays que nous avons parcouru pour l'explorer, ce pays est bon, il est excellent.
14,8
Si l'Éternel nous veut du bien, il saura nous faire entrer dans ce pays et nous le livrer, ce pays qui ruisselle de lait et de miel.
14,9
Mais ne vous mutinez point contre l'Éternel; ne craignez point, vous, le peuple de ce pays, car ils seront notre pâture: leur ombre les a abandonnés et l'Éternel est avec nous, ne les craignez point!"

Ne vous révoltez pas

Et alors « et vous, ne craignez pas »

Car ils sont notre pain

Nous les mangerons comme du pain

Leur ombre s’est retirée

Leur bouclier et leur vigueur. Ceux parmi eux qui étaient vertueux sont morts, comme Iyov qui les avait protégés (Baba Bathra 15a, Sota 35a). Autre explication : C’est l’ombre de Hachem qui s’en était retirée

14,10
Or, toute la communauté se disposait à les lapider, lorsque la gloire divine apparut, dans la tente d'assignation, à tous les enfants d'Israël.

Qu’on les lapide avec des pierres

Yehochou‘a et Calev

Et la gloire de Hachem

La nuée y descendit (Sota 35a)

14,11
Et l'Éternel dit à Moïse: "Quand cessera ce peuple de m'outrager? Combien de temps manquera-t-il de confiance en moi, malgré tant de prodiges que j'ai opérés au milieu de lui?

Jusqu’à quand me méprisera-t-il

Me mettra-t-il en colère

Tous les signes

Ils auraient dû, à cause de tous les miracles que j’ai accomplis en leur faveur, avoir confiance en mon aptitude à tenir ma promesse

14,12
Je veux le frapper de la peste et l'anéantir, et te faire devenir toi-même un peuple plus grand et plus puissant que celui-ci."

Et je le détruirai

Comme le rend le Targoum Onqelos, il y a là l’idée de « chasser ». Quant à savoir ce que je ferai de mon serment aux patriarches (Chemoth 6, 4)

… Et je ferai de toi une nation plus grande

Car tu es de leur descendance (Midrach Tan‘houma)

14,13
Moïse répondit à l'Éternel: "Mais les Egyptiens ont su que tu as, par ta puissance, fait sortir ce peuple du milieu d'eux,

Les Égyptiens entendront

Ils entendront que tu veux les tuer

Que (ki) tu as fait monter

Le mot ki signifie ici : « que » (Roch hachana 3a). Ils ont vu que tu les as fait sortir de chez eux avec ta grande puissance, et lorsqu’ils entendront que tu les a tués, ils n’expliqueront pas que c’est parce qu’ils ont péché envers toi, mais ils diront que tu as certes pu faire la guerre contre eux, mais que tu n’en as pas eu la possibilité contre les habitants de ce pays. C’est ce que veut dire le verset suivant 

14,14
et ils l'ont dit aux habitants de ce pays-là; ils ont appris, Seigneur, que tu es au milieu de ce peuple, que celui qu'ils ont vu face à face, c'est toi-même, Seigneur; que ta nuée plane au-dessus d'eux; que, dans une colonne nébuleuse, tu les guides le jour, et, dans une colonne de feu, la nuit.

Ils le diront à (el) l’habitant de ce pays-là

Le mot el correspond à ‘al (« au sujet de » l’habitant de ce pays-là). Et qu’en diront-ils ? Ce qui est écrit à la suite : « Faute de pouvoir pour Hachem… » (verset 16). Car ils ont « entendu que toi, Hachem » résidais parmi eux, « qu’on voyait œil dans l’œil, toi Hachem » que tu leur apparaissais, le tout comme marque d’affection, et ils n’ont pas remarqué jusqu’à présent que ton amour se soit détourné d’eux

14,15
Et tu ferais mourir ce peuple comme un seul homme! Mais ces nations, qui ont entendu parler de toi, diront alors:

Et tu ferais mourir ce peuple-ci comme un seul homme

Subitement. Et c’est pourquoi « diront les nations, qui ont entendu ce qu’on entend de toi… »

14,16
"Parce que l'Éternel n'a pu faire entrer ce peuple dans le pays qu'il leur avait solennellement promis, il les a égorgés dans le désert."

Faute de pouvoir…

Parce que les habitants de ce pays sont forts et puissants, et que Pharaon ne peut se mesurer aux trente et un rois (Berakhoth  32a). Voilà ce qu’ils diront des habitants de ce pays-là

Faute de pouvoir

C’est parce qu’il ne pouvait les amener qu’il les a massacrés (Midrach Tan‘houma)

Pouvoir (yekholeth)

Le mot yekholeth est un substantif

14,17
Maintenant donc, de grâce, que la puissance d'Adonaï se déploie, comme tu l'as déclaré en disant:

Que la puissance de Hachem s’agrandisse donc

Pour exécuter ce que tu as dit

Comme tu as déclaré en disant

Et qu’as-tu déclaré 

14,18
"L'Éternel est plein de longanimité et de bienveillance; il supporte le crime et la rébellion, sans toutefois les absoudre, faisant justice du crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération."

… Hachem est long à la colère

Pour les justes comme pour les impies. Lorsque Mochè est monté Là-Haut, il a trouvé le Saint béni soit-Il en train d’écrire : « Hachem est long à la colère. » « Pour les justes, demanda-t-il ? – Pour les impies également, répondit le Saint béni soit-Il. » Mochè répliqua : « Périssent les impies ! » La Saint béni soit-Il le reprit : « Par ta vie ! Tu auras besoin un jour d’invoquer cette phrase ! » Quand Israël eut commis le péché du veau d’or et celui des explorateurs, Mochè souligna dans sa prière qu’Il était « long à la colère ». Le Saint béni soit-Il lui rappela : « Ne m’avais-tu pas dit que ma longanimité ne devrait profiter qu’aux justes ? – Et toi, rétorqua Mochè, ne m’avais-tu pas dit qu’elle profiterait également aux impies ? » (Sanhèdrin 111a)

Et absoudre

Ceux qui se repentent

Il n’absout pas

Ceux qui ne se repentent pas (Yoma 86a)

14,19
Oh! Pardonne le crime de ce peuple selon ta clémence infinie, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l'Egypte jusqu'ici!"
14,20
L'Éternel répondit: "Je pardonne, selon ta demande.

Selon ta parole

À cause de ce que tu m’as dit : « Ils diront : […] faute de pouvoir pour Hachem… » (verset 16)

14,21
Mais, aussi vrai que je suis vivant et que la majesté de l'Éternel remplit toute la terre,

Et cependant

Comme : « Mais » voici ce que je leur ferai

Aussi vrai que je suis vivant

C’est une formule de serment : Aussi vrai que je suis vivant et que ma gloire emplit toute la terre, de même ferai-je que « tous les hommes qui ont vu […] s’ils voient le pays… » Le texte est en désordre : « Aussi vrai que je suis vivant […] que tous ces hommes ne verront pas le pays […] et que ma gloire emplit toute la terre… » … mon Nom ne sera pas profané par cette plaie-ci pour que l’on dise : « faute de pouvoir pour Hachem d’amener ce peuple-ci… » Car je ne les ferai pas mourir subitement comme un seul homme, mais à une échéance de quarante ans, peu à peu

14,22
tous ces hommes qui ont vu ma gloire et mes prodiges, en Egypte et dans le désert, et qui m'ont tenté dix fois déjà, et n'ont pas obéi à ma voix,

Ils m’ont mis à l’épreuve

À prendre au sens littéral

Cela dix fois

Deux fois à la mer, deux fois pour la manne, deux fois pour les cailles, comme enseigné dans le traité ‘Arkhin (15a)

14,23
jamais ils ne verront ce pays que j'ai promis par serment à leurs aïeux; eux tous qui m'ont outragé, ils ne le verront point!

S’ils voient le pays

À traduire par : « ils ne verront pas »

Ils ne le verront pas

Ils ne verront pas le pays

14,24
Pour mon serviteur Caleb, attendu qu'il a été animé d'un esprit différent et m'est resté pleinement fidèle, je le ferai entrer dans le pays où il a pénétré, et sa postérité le possédera.

Un autre esprit

Il est question ici de deux esprits : celui de la bouche et celui du cœur. Il avait dit aux explorateurs : « Je suis avec vous dans vos menées. » Mais il était résolu dans son cœur à dire la vérité, et c’est ainsi qu’il a eu la force de les faire taire, comme il est écrit : « Calev fit taire… » (supra  13, 30). Car ils croyaient qu’il dirait comme eux (Midrach Tan‘houma). Et c’est ce qui est écrit : « … et je lui rapportai la chose comme elle était dans mon cœur » (Yehochou‘a 14, 7), et non comme elle était « dans ma bouche »

Il était pleinement derrière moi

Il a rempli son cœur de la résolution de marcher derrière moi. Le texte s’exprime ici de manière elliptique

Où il est venu

On lui donnera ‘Hèvron

En prendra possession

Comme le rend le Targoum Onqelos : « il le chassera ». Ils chasseront les ‘Anaqim et le peuple qui s’y trouve. On ne traduit yorichèna par : « ils en prendront possession » que s’il porte deux yod (yyorichèna)

14,25
Or, l'Amalécite et le Cananéen occupent la vallée: demain, changez de direction et partez pour le désert, du côté de la mer des Joncs."

Et le ‘Amaléqi

Si vous y allez, ils vous tueront, puisque je ne suis pas avec vous

Demain

Revenez sur vos pas et « partez pour vous… »

14,26
L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, en disant:
14,27
"Jusqu'à quand tolérerai-je cette communauté perverse et ses murmures contre moi? Car les murmures que les enfants d'Israël profèrent contre moi, je les ai entendus.

Cette mauvaise communauté-là…

Il s’agit des explorateurs. D’où l’on apprend qu’une communauté (‘éda) est composée de dix hommes (Meguila 23b, Sanhèdrin 2a)

Qui récrimine

Qui fait murmurer Israël contre moi

Les récriminations des fils d’Israël qu’ils récriminent

Les récriminations qu’ils leur font proférer, je les ai entendues

14,28
Dis-leur: Vrai comme je vis, a dit l'Éternel! Selon les propres paroles que j'ai entendues de vous, ainsi vous ferai-je.

Aussi vrai que je suis vivant

C’est une formule de serment

Certes non […] ainsi vous ferai-je

Si je ne faisais pas cela, je ne serais pas vivant, s’il est permis de s’exprimer ainsi

Comme vous avez parlé

Puisque vous m’avez demandé : « Si seulement nous étions morts dans ce désert-ci… » (verset 2)

14,29
Vos cadavres resteront dans ce désert, vous tous qui avez été dénombrés, tous tant que vous êtes, âgés de vingt ans et au-delà, qui avez murmuré contre moi!

Vous tous qui avez été dénombrés

Tous ceux qui ont été dénombrés, quelle que soit la méthode employée pour leur dénombrement – obligation de servir dans l’armée ou celle de verser des cheqalim – mourront quoi qu’il advienne. Et quels sont-ils ? Ceux « depuis l’âgé de vingt ans… », à l’exclusion donc de la tribu de Léwi qui n’a pas été dénombrée à l’âge de vingt ans (Baba Bathra 121b)

14,30
Jamais vous n'entrerez, vous, dans ce pays où j'avais solennellement promis de vous établir! II n'y aura d'exception que pour Caleb, fils de Yefounné, et Josué, fils de Noun.
14,31
Vos enfants aussi, dont vous disiez: "Ils nous seront ravis", je les y amènerai, et ils connaîtront ce pays dont vous n'avez point voulu.
14,32
Mais vos cadavres, à vous, pourriront dans ce désert.

Et vos cadavres

Comme le rend le Targoum Onqelos : « ceux qui sont à vous ». Ayant promis au sujet des enfants qu’Il les fera entrer dans le pays, Il a voulu mettre l’accent et dire : « Et vous, vous mourrez ! » Il convient donc bien, par conséquent, d’employer ici le mot atèm (« vous »)

14,33
Vos enfants iront errant dans le désert, quarante années, expiant vos infidélités, jusqu'à ce que le désert ait reçu toutes vos dépouilles.

Quarante années

Aucun d’eux n’est mort avant l’âge de soixante ans, raison pour laquelle a été décidée la durée de quarante ans, afin que ceux âgés de vingt ans atteignent la soixantaine. La première année [du séjour dans le désert] est incluse, bien qu’elle ait précédé l’envoi des explorateurs. L’idée en avait en effet germé [dans l’esprit de Hachem] dès la faute du veau d’or, mais Il a attendu que la mesure soit comble. C’est ce qui est écrit : « Et au jour où je me manifesterai – dans l’affaire des explorateurs – je me manifesterai auprès d’eux pour leur péché » (Chemoth 32, 34). Et d’ailleurs, le texte dit ici aussi : « vous porterez “vos crimes” » (verset 34), et non : « votre crime ». Deux crimes ont été commis, celui du veau d’or et celui des récriminations. Il leur a compté, dans le nombre des années de leur vie, une fraction d’année comme en valant une entière, et ceux qui avaient eu alors vingt ans sont morts dès qu’ils ont atteint l’âge de soixante (Midrach Tan‘houma)

Ils porteront vos prostitutions

Comme le rend le Targoum Onqelos : « Ils porteront le poids de vos péchés »

14,34
Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays, autant de jours autant d'années vous porterez la peine de vos crimes, partant quarante années; et vous connaîtrez les effets de mon hostilité.

Mon détournement (tenouathi)

Que vous avez détourné de moi votre cœur. Le mot « détournement » signifie ici : « mise à l’écart », comme dans : « car son père l’a écartée (héni) » (infra 30, 6)

14,35
Moi, l'Éternel, je le déclare: oui, c'est ainsi que j'en userai avec toute cette communauté perverse, ameutée contre moi. C'est dans ce désert qu'elle prendra fin, c'est là qu'elle doit mourir."
14,36
De fait, les hommes que Moïse avait envoyés explorer le pays, et qui, de retour, avaient fait murmurer contre lui toute la communauté en décriant ce pays,

Ils sont revenus

À leur retour de leur périple dans le pays, ils ont fait murmurer toute la communauté contre Lui en l’incitant à proférer des calomnies. Ce sont ces hommes-là qui sot morts. Débiter des propos (diba – littéralement : « faire sortir des paroles »), c’est livrer un enseignement par lequel on apprend à d’autres à parler leur langue, comme dans : « qui rend loquaces (dovev) les lèvres endormies » (Chir hachirim 7, 10). Étant donné que ce terme peut s’employer dans le bon comme dans le mauvais sens, le texte parle ici de débiter de « méchants » propos, car il peut en exister des « bons »

Propos

En français médiéval : « parleries »

14,37
ces hommes, qui avaient débité de méchants propos sur le pays, périrent frappés par le Seigneur.

Par la plaie devant Hachem

Par la mort qui leur était appropriée, mesure pour mesure : Comme c’est par la langue qu’ils avaient péché, celle-ci s’est allongée jusqu’au nombril. Des vers sont sortis de leurs langues et ont pénétré dans leur nombril (Sota 35a). Voilà pourquoi il est écrit : « par “la” plaie », et non : « par “une” plaie », et voilà aussi pourquoi il est écrit : « devant Hachem » – par celle-là même qui leur était appropriée conformément aux principes du Saint béni soit-Il, qui pèse « mesure pour mesure »

14,38
Josué, fils de Noun, et Caleb, fils de Yefounné, furent seuls épargnés, entre ces hommes qui étaient allés explorer le pays.

Et Yehochou‘a et Calev vécurent

Que veulent dire ces mots : « ils “vécurent de” ces hommes-là » ? Cela nous apprend qu’ils ont recueilli la part des explorateurs dans le pays et qu’ils y ont pris leur place pour y vivre (Baba Bathra 118b)

14,39
Moïse rapporta ces paroles à tous les enfants d'Israël; et le peuple s'en affligea fort.
14,40
Puis, le lendemain de bon matin, ils se dirigèrent vers le sommet de la montagne, disant: "Nous sommes prêts à marcher vers le lieu que l'Éternel a désigné, car nous avons péché."

Vers le sommet de la montagne

C’est le chemin qui monte vers Erets Yisrael

Nous voici

Vers Erets Yisrael

Que Hachem a dit

Qu’Il nous le donnera, là nous monterons

Car nous avons péché

En ayant dit : « N’est-il pas bon pour nous de retourner en Égypte ? » (verset 3)

14,41
Moïse leur dit: "Pourquoi transgressez-vous la parole de l'Éternel? Cela ne vous réussira point!

Et cela ne réussira pas

Ce que vous êtes en train de faire ne réussira pas

14,42
N'y montez pas, car l'Éternel n'est pas au milieu de vous; ne vous livrez pas aux coups de vos ennemis.
14,43
Car l'Amalécite et le Cananéen sont là sur votre chemin, et vous tomberiez sous leur glaive; aussi bien, vous vous êtes éloignés de l'Éternel, l'Éternel ne sera point avec vous!"

Puisque aussi bien vous vous êtes éloignés

C’est-à-dire : Cela vous arrivera parce que vous vous êtes éloignés, etc

14,44
Mais ils s'obstinèrent à monter au sommet de la montagne; cependant, ni l'arche d'alliance du Seigneur ni Moïse ne bougèrent du milieu du camp.

Ils s’obstinèrent (waya’pilou)

C’est une expression de « vigueur », comme dans : « Voici, son âme enflée d’orgueil (‘oupla) » (‘Habaqouq 2, 4). En français médiéval : « engrés », mot comportant une connotation d’effronterie. Et comme dans : « colline fortifiée (‘ofèl) de la fille de Sion » (Mikha 4, 8), ou dans : « tour (‘ofèl) et château fort » (Yecha’yah 32, 14). Quant au Midrach Tan‘houma, il explique ce mot comme comportant une connotation d’« obscurité » : ils ont marché dans l’obscurité, parce que sans autorisation

14,45
L'Amalécite et le Cananéen, qui habitaient sur cette montagne, en descendirent, les battirent et les taillèrent en pièces jusqu'à Horma.

Les battirent (wayakthoum)

Comme dans : « je l’ai frappé (waèkoth) bien moulu » (Devarim 9, 21) – coup après coup

Jusqu’au ‘Horma

C’est le nom d’un endroit, ainsi appelé à cause de l’événement qui s’y est produit (‘horma – « défaite »)

15,1
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
15,2
"Parle aux enfants d'Israël et dis-leur: Quand vous serez arrivés dans le pays que je vous destine pour votre établissement,

Quand vous viendrez

Il leur promet qu’ils entreront dans le pays

15,3
et que vous ferez un sacrifice à l'Éternel, holocauste ou autre victime, à l'occasion d'un vœu spécial ou d'un don spontané, ou lors de vos solennités, voulant offrir, en odeur agréable au Seigneur, une pièce de gros ou de menu bétail,

Vous ferez un sacrifice par le feu (ichè)

Il ne s’agit pas ici d’un ordre, mais lorsque vous viendrez dans le pays et que vous souhaiterez offrir un ichè à Hachem

Une odeur agréable

Une satisfaction d’esprit pour moi

Pour formuler un vœu ou comme offrande spontanée…

Ou que vous ferez un ichè en exécution de vos obligations liées aux jours de fête, c’est-à-dire de ceux-là mêmes que je vous ai ordonné d’offrir à une fête

15,4
celui qui offrira ce sacrifice à l'Éternel y joindra, comme oblation, un dixième de fleur de farine, pétrie avec un quart de hîn d'huile;

Il approchera

Vous présenterez, lors de l’offrande de tout animal, des nessakhim et une min‘ha. La min‘ha sera entièrement incinérée, ainsi que son contenu d’huile, et le vin sera versé dans des coupes. C’est ce qu’on nous apprend dans le traité Souka (48b)

15,5
plus, du vin, comme libation, un quart de hîn, que tu joindras à l'holocauste ou au sacrifice, pour chaque agneau.

Pour l’agneau

Cela se rapporte à tout ce qui vient d’être dit : à la min‘ha, à l’huile et au vin

15,6
Si c'est un bélier, tu offriras comme oblation deux dixièmes de fleur de farine, pétrie avec un tiers de hîn d'huile;

Ou pour le bélier

Et si c’est un bélier. Nos maîtres ont expliqué que le mot « ou » vient inclure le pilgas [agneau de plus de douze mois et de moins de treize] dans les nessakhim accompagnant un bélier (Mena‘hoth 91b et ‘Houlin 23a

15,7
plus, du vin pour libation, un tiers de hîn, que tu offriras, comme odeur délectable, au Seigneur.
15,8
Et si c'est une pièce de gros bétail que tu offres comme holocauste ou autre sacrifice, à l'occasion d'un vœu particulier ou comme rémunératoire au Seigneur,
15,9
on ajoutera à cette victime, comme oblation, trois dixièmes de fleur de farine, pétrie avec un demi-hîn d'huile;
15,10
et tu offriras, comme libation, un demi-hîn de vin: sacrifice d'odeur agréable à l'Éternel.

Sacrifice par le feu (ichè) d’odeur

Cela ne se rapporte qu’à la min‘ha et à l’huile, tandis que le vin n’est pas incinéré, car on ne le verse pas sur le feu

15,11
C'est ainsi qu'on en usera pour chaque taureau, pour chaque bélier, pour chaque animal de l'espèce des brebis ou des chèvres;

Ou pour l’agneau

Soit de brebis soit de chèvres. On les appelle « brebis » ou « chèvre » pendant leur première année

« brebis »

A partir de treize mois et un jour

15,12
selon le nombre des victimes que vous offrirez, vous suivrez ces prescriptions pour chacune, en nombre égal.

Selon le nombre que vous ferez

Selon le nombre d’animaux que vous présenterez en offrande, vous ferez des nessakhim pour chacun d’eux. Au nombre d’animaux correspond le nombre de nessakhim (Sifri)

15,13
Tout indigène pratiquera ainsi ces rites, lorsqu'il offrira un sacrifice d'odeur agréable au Seigneur.
15,14
Et si un étranger émigre chez vous ou se trouve parmi vous, dans les âges ultérieurs, et qu'il offre à l'Éternel un sacrifice d'odeur agréable, comme vous procéderez, ainsi procédera-t-il.
15,15
Peuple, une même loi vous régira, vous et l'étranger domicilié. Règle absolue pour vos générations: vous et l'étranger, vous serez égaux devant l'Éternel.

Comme pour vous comme pour l’étranger

Il en sera de l’étranger comme de vous-mêmes. [Le doublement de « comme » est] une particularité de la langue hébraïque : « comme le jardin de Hachem, comme le pays d’Égypte » (Beréchith 13, 10), c’est-à-dire : « comme le jardin de Hachem, ainsi en sera-t-il du pays d’Égypte », ou : « comme moi, comme toi, comme mon peuple, comme ton peuple » (I Melakhim 22, 4)

15,16
Même loi et même droit existeront pour vous et pour l'étranger habitant parmi vous."
15,17
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
15,18
"Parle aux enfants d'Israël et dis-leur: A votre arrivée dans le pays où je vous conduirai,

À votre venue vers le pays

La « venue » dont il est question ici a une signification différente de celle des autres « venues » dont parle la Tora. Il est écrit pour toutes les autres : « quand tu viendras » ou : « quand vous viendrez », de sorte que l’on peut déduire un enseignement de l’une de ces formulations aux autres. Et étant donné que le texte spécifie à l’occasion de l’une d’elles (Devarim 26, 1) que l’obligation qu’elle édicte n’entrera en vigueur qu’après la conquête et l’établissement dans le pays, ainsi en est-il de toutes. Tandis qu’il est écrit de celle-ci : « à votre venue », ce qui veut dire : dès qu’ils y seront entrés et qu’ils mangeront de son pain, ils seront tenus de la mitswa de la ‘hallah. (Sifri)

15,19
lorsque vous mangerez du pain de la contrée, vous en prélèverez un tribut au Seigneur.
15,20
Comme prémices de votre pâte, vous prélèverez un gâteau en tribut; à l'instar du tribut de la grange, ainsi vous le prélèverez.

Primeur de votre pâte

Quand vous aurez pétri la même quantité que « votre » pâte telle que vous avez l’habitude d’en pétrir dans le désert (‘Erouvin 83a et b). Et quelle est cette quantité ? « Ils mesurèrent au ‘omer », « un ‘omer par tête » (Chemoth 16, 16 et 18), c’est-à-dire le volume de quarante-trois œufs de poule et un cinquième. Vous prélèverez de ses prémices, c’est-à-dire : Avant d’en manger la première portion (les « prémices »), il en sera pris un morceau comme prélèvement pour Hachem

Un gâteau

En français médiéval : « tortel »

Comme le prélèvement de la grange

Pour lequel n’est stipulée aucune mesure (Devarim 18, 4 – voir Rachi ibid.), et non comme la terouma sur le ma‘assér [du Léwi] (infra 18, 26). Mais les Sages ont fixé une mesure : un vingt-quatrième pour le particulier, un quarante-huitième pour le boulanger (Sifri)

15,21
Des prémices de votre pâte vous ferez hommage à l'Éternel dans vos générations futures.

De la primeur de votre pâte

Pourquoi ces mots ? Étant donné qu’il est écrit plus haut : « comme primeur de votre pâte… » (verset 20), je pourrais entendre par là : « la première de vos pâtes » [dans sa totalité]. Aussi est-il écrit : « “de la” primeur de votre pâte… », à savoir une partie mais pas la totalité (Sifri)

Vous donnerez à Hachem un prélèvement

Puisqu’il n’a pas été stipulé de mesure pour la ‘halla, le texte indique ici : « vous donnerez ». Il faut qu’il y ait de quoi la considérer comme un « don »

15,22
Si, par suite d'une erreur, vous n'observez pas tous ces commandements que l'Éternel a communiqués à Moïse,

Et lorsque vous agissez par mégarde et ne faites pas

L’interdiction de l’idolâtrie est une mitswa parmi toutes celles dont la transgression crée pour la communauté l’obligation d’offrir un taureau. Mais le texte fait ici exception à la règle et impose un taureau comme ‘ola et un bouc comme ‘hatath (Sifri)

Et lorsque vous agissez par mégarde…

Le texte parle-t-il ici de l’interdiction de l’idolâtrie, ou bien d’une mitswa quelconque parmi toutes les autres ? Étant donné qu’il ajoute : « toutes ces mitswoth-là », il s’agit d’une mitswa qui équivaut à toutes les autres. De même que celui qui transgresse toutes les mitswoth « rompt le joug » [du royaume céleste], viole l’alliance et falsifie l’écriture, de même s’agit-il ici d’une mitswa par laquelle on « rompt le joug », on viole l’alliance et on falsifie l’écriture. Et quelle est-elle ? L’idolâtrie (Sifri)

Que Hachem a déclarées à Mochè

« Je suis Hachem, ton Eloqim » (Chemoth 20, 2) et « Tu n’auras pas d’autres dieux » (Chemoth 20, 3), entendues de la bouche même du Tout-Puissant (Horayoth 8a) : « Eloqim a parlé une fois, deux fois j’ai entendu cela » (Tehilim 62, 12)

15,23
tout ce que l'Éternel a prescrit à votre intention par l'organe de Moïse, et cela depuis l'époque où l'Éternel l'a prescrit jusqu'à vos générations ultérieures;

Tout ce que Hachem a ordonné…

Cela nous apprend que celui que celui qui adhère à l’idolâtrie est comme s’il rejetait la Tora tout entière avec tout ce qu’ont dit les prophètes, comme il est écrit : « depuis le jour où Hachem a ordonné et au-delà » (Sifri)

15,24
si c'est par l'inadvertance de la communauté qu'a eu lieu cette erreur, la communauté entière offrira un jeune taureau comme holocauste, en odeur agréable à l'Éternel, avec son oblation et sa libation selon la règle; plus un bouc, comme expiatoire.

Si c’est loin des yeux de la communauté qu’elle a été faite en mégarde

Si c’est loin des « yeux de la communauté » [c’est-à-dire du Sanhèdrin] qu’a été commis par erreur ce péché, si par exemple ils ont enseigné par méprise que telle manière d’adorer une idole est permise (Horayoth 5b)

Pour expiatoire (le‘hatath)

Il manque la lettre alef au mot le‘hatath, pour souligner que ce‘hatath n’est pas comme les autres. Dans tous les autres cas prescrits par la Tora où un ‘hatath accompagne une ‘ola, l’offrande de ‘hatath précède celle de la ‘ola, comme il est écrit : « Et le deuxième, il en fera une ‘ola… » (Wayiqra 5, 10). Ici au contraire, c’est la ‘ola qui précède le ‘hatath (Horayoth 13a, Zeva‘him 90b)

15,25
Le pontife effacera la faute de toute la communauté des enfants d'Israël, et elle leur sera remise, parce que c'était une erreur, et qu'ils ont apporté devant Dieu leur offrande, un sacrifice destiné au feu pour le Seigneur, ainsi que leur expiatoire, pour réparer cette erreur.

Apporteront leur offrande

Celui dont il est question dans le texte, à savoir le taureau à offrir en ‘ola, comme il est écrit : « ichè à Hachem » (Yevamoth 9a, Sifri)

Et leur expiatoire (‘hatath)

C’est le bouc

15,26
Et il sera pardonné à toute la communauté des enfants d'Israël et à l'étranger qui séjourne parmi eux; car l'erreur a été commune à tout le peuple.
15,27
Que si c'est une seule personne qui a péché par erreur, elle offrira une chèvre, âgée d'un an pour expiatoire.

A péché par mégarde

Par l’idolâtrie (Sifri)

Une chèvre âgée d’un an

Pour les autres péchés individuels, on apporte une brebis ou une chèvre (Wayiqra 5, 6), tandis qu’ici seule doit être offerte une chèvre

15,28
Le pontife fera expiation pour la personne imprudente (car elle n'a péché que par imprudence) devant le Seigneur; afin qu'étant expiée, sa faute lui soit remise.
15,29
Indigène entre les enfants d'Israël ou étranger résidant parmi eux, une même règle sera la vôtre, si l'on a agi par erreur.
15,30
Mais celui qui aurait agi ainsi de propos délibéré, parmi les nationaux ou parmi les étrangers, celui-là outrage le Seigneur! Cette personne sera retranchée du milieu de son peuple.

Audacieusement

De manière délibérée

Blasphème (megadéf)

Outragé, comme dans : « Et l’opprobre et l’outrage (ouguedoufa) seront… » (Ye‘hezqèl 5, 15), ou dans : « par lesquelles m’ont outragé (godfou) les jeunes gens du roi d’Assyrie » (Yecha’yah 37, 6). Nos maîtres ont également déduit d’ici que le blasphémateur est passible de la peine de retranchement (Kerithoth 7b, Sanhèdrin 90b)

15,31
Pour avoir méprisé la parole du Seigneur, pour avoir violé sa loi, cette personne sera certainement retranchée: elle est coupable!"

La parole de Hachem

L’interdiction de l’idolâtrie a été promulguée de la bouche même du Tout-Puissant, et le reste de la bouche de Mochè (Sanhèdrin 99a

Son crime est en elle

Aussi longtemps qu’elle conserve sa culpabilité et qu’elle ne s’est pas repentie (Sanhèdrin 90b)

15,32
Pendant leur séjour au désert, les enfants d'Israël trouvèrent un homme ramassant du bois le jour du Sabbat.

Les fils d’Israël étaient dans le désert

Ce paragraphe jette un discrédit sur Israël, lequel n’a observé qu’un seul Chabath, le premier. Le deuxième, cet homme est venu le profaner (Sifri)

15,33
Ceux qui l'avaient trouvé ramassant du bois le conduisirent devant Moïse et Aaron, et devant toute la communauté.

Ceux qui l’ont trouvé ramassant

Ils l’avaient averti, mais sans qu’il interrompe son ramassage, même après avoir été trouvé et averti (Sifri)

15,34
On le mit en lieu sûr, parce qu'il n'avait pas été expliqué comment il fallait agir à son égard.

Parce qu’il n’était pas expliqué ce qui lui sera fait

Ils ne savaient pas par quel mode d’exécution il devait être mis à mort, mais ils savaient que celui qui profane le Chabath est passible de la peine de mort (Sanhèdrin 78b)

15,35
Alors l'Éternel dit à Moïse: "Cet homme doit être mis à mort; que toute la communauté le lapide hors du camp."

Lapide

Ce verbe est au gérondif, en français: « faisant ». De même pour « va » – « allant », « souviens-toi » ou « garde »

15,36
Et toute la communauté l'emmena hors du camp, et on le fit mourir à coups de pierres, comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse.

La fit sortir

D’où l’on apprend que le lieu de la lapidation se trouve hors du tribunal et loin de lui (Sanhèdrin 42b)

15,37
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
15,38
"Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d'ajouter à la frange de chaque coin un cordon d'azur.

Ils se feront une frange (tsitsith)

[Ainsi appelés] à cause des cordons qui y sont suspendus, comme dans : « Il me prit par les tresses (tsitsith) de ma tête ». Autre explication : On les appelle tsitsith à cause de : « vous le verrez » (verset 39), comme dans : « il regarde (métsits) depuis les treillis » (Chir hachirim 2, 9)

D’azur

C’est la couleur verte produite par le ‘hilazon (Mena‘hoth 42b)

15,39
Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l'Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l'infidélité.

Vous vous souviendrez de toutes les mitswoth de Hachem

La valeur numérique des lettres du mot tsitsith est six cents, auxquels on ajoutera les huit fils et les cinq nœuds, soit au total six cent treize (Midrach Tan‘houma)

Et vous ne vous égarerez (thathourou) pas derrière votre cœur

Comme dans : « de l’exploration (mitour) du pays (supra  13, 25). Le cœur et les yeux sont les explorateurs du corps et ils se font ses courtiers pour les péchés : l’œil voit, le cœur désire et le corps les commet (Midrach Tan‘houma)

15,40
Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu.
15,41
Je suis l'Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte pour devenir votre Dieu, moi, l'Éternel votre Dieu!"

Je suis Hachem

À qui on peut faire confiance pour récompenser (Sifri)

Votre Eloqim

À qui on peut faire confiance pour punir (Sifri)

Qui vous ai fait sortir

C’est à cette condition que je vous ai sauvés : pour que vous vous soumettiez à mes décrets (Sifri)

Je suis Hachem votre Eloqim

Pourquoi cette répétition ? Pour qu’Israël ne dise pas : « Pourquoi Hachem a-t-Il parlé ainsi ? N’est-ce pas pour que nous observions et que nous soyons récompensés ? Dans ce cas, abstenons-nous d’observer et renonçons à toute récompense ! » Cependant, « que cela vous convienne ou non, je suis votre roi ! » De même est-il écrit : « si je ne règne sur vous avec une main forte et un bras étendu… » (Ye‘hezqèl 20, 33). Autre explication : Pourquoi est-il fait ici référence à la sortie d’Égypte ? « C’est moi qui ai su distinguer en Égypte entre la goutte ayant engendré un premier-né et celle n’ayant pas engendré un premier-né. C’est moi aussi qui saurai distinguer et punir celui qui suspendra du coton bleu à son vêtement en disant que c’est de la laine azur. » (Baba Metsi‘a 61b). Et j’ai découvert ceci dans les écrits de Rabi Mochè Hadarchan : Pourquoi le paragraphe relatif au « ramasseur de bois » fait-il immédiatement suite à celui relatif à l’idolâtrie ? Pour indiquer que celui qui profane le Chabath est comme un adorateur d’idoles, car l’observance du Chabath équivaut à celle de toutes les mitswoth. De même est-il écrit : « Et tu descendis sur le mont Sinaï, et tu donnas à ton peuple la Tora et les mitswoth, et tu leur fis connaître ton saint Chabath » (adapté de Né‘hémia 9, 13 et 14). De même le paragraphe relatif aux tsitsith fait-il immédiatement suite aux deux précédents car leur observance équivaut à celle de toutes les mitswoth, comme il est écrit : « afin que vous vous souveniez, vous ferez “toutes” mes mitswoth » (verset 40)

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