Paracha Béhar
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Lekh Lékha

Lecture de la paracha Lekh Lékha en français

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12,1
L’Éternel avait dit à Abram: "Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t'indiquerai.

Va pour toi

Pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants (Roch haChana 16b). Et de plus, je ferai connaître ta nature à travers le monde (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 3)

Hors de ton pays

N’avait-il pas déjà quitté son pays avec son père, et n’était-il pas arrivé à ‘Haran (supra 11, 31) ? Voici ce qu’a voulu lui signifier Dieu : « Eloigne-toi encore de là-bas et quitte la maison de ton père ! »

Que je te montrerai

Dieu ne lui a pas immédiatement livré le nom du pays, afin de le valoriser à ses yeux (Beréchith raba 39, 8), et afin aussi de lui offrir une récompense pour chaque parole à laquelle il aura obéi. De même : « Prends s’il te plaît ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Yits‘haq... » (infra 22, 2). « Sur une des montagnes que je te dirai » (ibid.). Ou : « adresse-lui la proclamation que je te dicterai » (Yona 3, 2)

12,2
Je te ferai devenir une grande nation; je te bénirai, je rendrai ton nom glorieux, et tu seras un type de bénédiction.

Je te ferai devenir une grande nation

Les voyages incessants exposent à trois risques : celui d’avoir moins d’enfants, celui d’avoir moins d’argent et celui de jouir d’une moins bonne réputation. C’est pourquoi Avram a eu besoin de ces trois bénédictions où Dieu lui promet enfants (« je te ferai devenir une grande nation »), prospérité (« je te bénirai ») et renommée (« je rendrai ton nom glorieux ») (Beréchith raba 39, 11)

Et je te bénirai

Par la richesse

Et tu seras bénédiction

Les bénédictions te sont confiées. C’est moi, jusqu’à présent, qui en disposais, puisque j’ai béni Adam et Noa‘h. Désormais, c’est toi qui béniras qui bon te semblera (Beréchith raba 39, 11). Autre explication : « Je te ferai devenir une grande nation » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Avraham ». « Je te bénirai » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Yits‘haq ». « Je rendrai ton nom glorieux » – c’est pourquoi on dit dans la ‘amida : « Eloqei Ya’aqov ». On aurait pu croire qu’il faille également conclure la bénédiction par ces trois noms. Aussi le verset se termine-t-il par : « et tu seras bénédiction » – c’est sur ton seul nom, [« maguén Avraham », et non sur les deux autres], qu’on achèvera la première bénédiction de la ‘amida (Pessa‘him 117b)

12,3
Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t'outragera je le maudirai; et par toi seront heureuses toutes les races de la terre."

Par toi seront bénies

Il existe de nombreux midrachim, mais voici le sens littéral : Un homme dira à son fils : « Sois comme Avraham ! », c’est toujours le sens que donne le texte à l’expression : « ils seront bénis par toi ». Ce qui le prouve, [c’est que le père dira à son fils] : « Par toi Israël donnera sa bénédiction en disant : “Eloqim te fasse devenir comme Efrayim et Menachè” » ! (infra 48, 20)

12,4
Abram partit comme le lui avait dit l'Éternel, et Loth alla avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans lorsqu'il sortit de Harân.
12,5
"Abram prit Saraï son épouse, Loth fils de son frère, et tous les biens et les gens qu'ils avaient acquis à Harân. Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent dans ce pays.

Qu’ils avaient faites (‘assou) à ‘Haran

Qu’ils avaient fait entrer sous les ailes de la chekhina (Beréchith raba 39 14). Avraham « convertissait » les hommes, et Saraï « convertissait » les femmes, de sorte que le texte leur en tient compte comme s’ils les avaient « faits ». Quant au sens littéral du verset, il s’agissait de serviteurs et de servantes dont ils avaient fait l’acquisition. De même : « et c’est avec ce qui était à notre père qu’il “s’est fait” (‘assa) toute cette opulence » (infra 31, 1), ou : « et Israël “fait” (‘ossè) triomphe » (Bamidbar 24, 18). Le mot « faire » a ici le sens d’acquérir et d’amasser

12,6
Abram s'avança dans le pays jusqu'au territoire de Sichem, jusqu'à la plaine de Môré; le Cananéen habitait dès lors ce pays.

Avram traversa le pays

Il pénétra à l’intérieur, [sans toutefois le traverser de part en part]

Jusqu’à l’endroit de Chekhem

Afin de prier pour les fils de Ya’aqov, qui viendront un jour se battre contre Chekhem

La plaine de Morè

C’est Chekhem (Sota 32a). Dieu lui a montré le mont Guerizim et le mont ‘Eval, sur lesquels Israël prêtera serment d’observer la Tora (Devarim 11, 29)

Et le Kena‘ani était alors dans le pays

Il était en train de conquérir Erets Israël, alors possession des descendants de Chem. Le pays avait été attribué à Chem lorsque Noa‘h avait partagé la terre entre ses fils, ainsi qu’il est écrit : « et Malki-Tsèdeq [identifié à Chem (Nedarim 32b)], roi de Chalém [future Jérusalem] » (infra 14, 18). C’est pourquoi Dieu dit à Avram : « je donnerai ce pays à ta descendance » (verset suivant). Je le restituerai un jour à tes descendants, qui sont de la descendance de Chem

12,7
L'Éternel apparut à Abram et dit :"C'est à ta postérité que je destine ce pays." Il bâtit en ce lieu un autel au Dieu qui lui était apparu.

Il bâtit là un autel

Par gratitude pour l’annonce de sa future descendance et pour la promesse d’Erets Israël (Beréchith raba 39, 7)

12,8
Il se transporta de là vers la montagne à l'est de Béthel et y dressa sa tente, ayant Béthel à l'occident et Aï à l'orient; il y érigea un autel au Seigneur, et il proclama le nom de l'Éternel.

Il se transporta de là

Il transporta et dressa sa tente

A l’orient de Beith-El

A l’orient de Beith-El. Il aura Beith-El à l’ouest, ainsi qu’il est écrit : « Beith-El étant vers la mer »

Sa tente

Le mot est écrit au féminin (aholoh : « sa tente à elle »). Il a commencé par dresser la tente de sa femme, et ensuite la sienne (Beréchith raba 39, 15)

Il y érigea un autel

Son intuition prophétique lui a révélé que ses descendants allaient être, un jour, impliqués dans la faute de ‘Akhan (Yehochou‘a 7, 1 et suiv.). Aussi y a-t-il prié pour eux (Beréchith raba 39, 16)

12,9
Abram partit ensuite, se dirigeant constamment vers le midi.

Allant et se déplaçant

Par étapes, séjournant ici un mois ou plus, puis repartant et allant planter sa tente ailleurs. Et toutes ses étapes le conduisaient « vers le sud », afin de le rapprocher du sud d’Erets Israël, et donc de Jérusalem, qui se trouvera un jour dans le territoire de Yehouda lequel recevra sa part dans le sud d’Erets Israël. Il se dirigeait ainsi vers le Mont Moria qui est dans son territoire (Beréchith raba)

12,10
Or, il y eut une famine dans le pays. Abram descendit en Égypte pour y séjourner, la famine étant excessive dans le pays.

Une famine dans le pays

Uniquement dans ce pays, afin de le mettre à l’épreuve (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 5) et afin de voir s’il aurait une pensée de révolte contre le Saint béni soit-Il. Il lui avait dit de se rendre dans le pays de Kena‘an, et maintenant Il l’oblige à en sortir (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 26)

12,11
Quand il fut sur le point d'arriver en Égypte, il dit à Saraï son épouse: "Certes, je sais que tu es une femme au gracieux visage.

Je sais que tu es femme au beau visage

Le midrach explique qu’il ne s’en était pas rendu compte jusqu’alors, à cause de leur pudeur respective. Il en prenait à présent conscience à cause de ce qui était en train de leur arriver. Autre explication : Les fatigues d’un voyage ont pour effet, en général, d’enlaidir les gens, mais Saraï avait conservé tout l’éclat de sa beauté (Beréchith raba 40, 4). Et voici le sens littéral du verset : « Le moment est venu, maintenant, de se faire du souci à cause de ta beauté. Je savais depuis longtemps que tu es belle, mais nous arrivons maintenant parmi des gens noirs et laids, les frères des habitants de Kouch [les Ethiopiens], qui n’ont pas l’habitude de voir de belles femmes ! ». De même : « Ah ! de grâce, mes seigneurs, détournez-vous », [où « de grâce » signifie également « maintenant »] (infra 19, 2)

12,12
Il arrivera que, lorsque les Égyptiens te verront, ils diront: ‘C'est sa femme’; et ils me tueront, et ils te conserveront la vie.
12,13
Dis, je te prie, que tu es ma soeur; et je serai heureux par toi, car j'aurai, grâce à toi, la vie sauve."

Afin qu’il m’arrive du bien à cause de toi

Par des présents

12,14
En effet, lorsqu’Abram fut arrivé en Égypte, les Égyptiens remarquèrent que cette femme était extrêmement belle;

Lorsque Avram fut arrivé en Egypte

Le texte aurait dû dire : « lorsqu’ils furent arrivés en Egypte ». C’est pour nous apprendre qu’il avait caché Saraï dans ses bagages. C’est au moment où les Egyptiens ont réclamé les taxes d’entrée qu’ils les ont fait ouvrir et l’ont découverte (Beréchith raba 40, 5)

12,15
puis les officiers de Pharaon la virent et la vantèrent à Pharaon et cette femme fut enlevée pour le palais de Pharaon.

Ils la louèrent à (èl – littéralement : « pour ») Pharaon

Ils la louèrent entre eux en disant : « Elle est digne du roi ! »

12,16
Quant à Abram, il fut bien traité pour l'amour d'elle; il eut du menu et du gros bétail, des ânes, des esclaves mâles et femelles, des ânesses et des chameaux.

Et à Avram on fit du bien à cause d’elle

Pharaon lui fit du bien à cause d’elle

12,17
Mais l'Éternel affligea de plaies terribles Pharaon et sa maison, à cause de Saraï, l'épouse d'Abram.

Hachem frappa

D’une plaie, le raathan [sorte de pustule], qui le rendait impuissant (Beréchith raba 41, 2)

A cause de (‘al devar – littéralement : « sur la parole de ») Saraï

A sa demande. Elle disait à l’ange : « Frappe ! », et il frappait (Midrach tan‘houma)

12,18
Pharaon manda Abram, et dit: "Qu'as-tu fait là à mon égard? Pourquoi ne m'as-tu pas déclaré qu'elle est ta femme?
12,19
"Pourquoi as-tu dit: ‘Elle est ma sœur’, de sorte que je l'ai prise pour moi comme épouse? Or maintenant, voici ta femme, reprends-la et retire-toi!"

Prends-la et va

Tandis que Avimèlekh lui dira : « Voici mon pays devant toi [à ta disposition] ! » (infra 20, 15). Pharaon lui a dit, en revanche : « Va, ne reste pas dans mon pays, car les Egyptiens sont gens de mauvaises mœurs ! », ainsi qu’il est écrit : « [ces Egyptiens...] dont la lubricité égale celle des chevaux » (Ye‘hezqel 23, 20)

12,20
Pharaon lui donna une escorte, qui le reconduisit avec sa femme et toute sa suite.

Il commanda

Pour lui, pour l’accompagner et le protéger

Ils le renvoyèrent

Traduction du Targoum : « et ils lui firent escorte » [et non pas : « ils le renvoyèrent », au sens propre du mot]

13,1
Abram remonta d’Egypte lui, sa femme et toute sa suite, et Loth avec lui, s’acheminant vers le midi.

Avram remonta... vers le sud

Pour atteindre le sud d’Erets Israël. Ainsi qu’il est écrit plus haut : « allant et se déplaçant vers le sud » (supra 12, 9), en direction du Mont Moria. Il est évident, toutefois, lorsqu’on se rend d’Egypte en Erets Israël, que l’on se dirige du sud vers le nord, comme indiqué dans l’énumération des étapes et la description des frontières du pays (Bamidbar 33 et 34)

13,2
Or, Abram était puissamment riche en bétail, en argent et en or.

Très riche (kavèd meod – littéralement : « très lourd »)

Lourdement chargé de biens

13,3
Il repassa par ses pérégrinations, depuis le midi, jusqu’à Béthel, jusqu’à l’endroit où avait été sa tente la première fois, entre Béthel et Aï,

Il repassa par ses étapes

Lorsqu’il est revenu d’Egypte vers le pays de Kena‘an, il a passé ses nuits dans les mêmes auberges que celles où il avait dormi pendant son voyage aller (Beréchith raba 41, 3). Cela pour t’enseigner une manière de savoir-vivre, à savoir qu’on ne doit pas changer ses habitudes quant à son auberge (‘Arekhin 16b). Autre explication : il s’est, à son retour, acquitté de ses dettes (Beréchith raba 41, 3)

Depuis le sud

L’Egypte se trouve au sud du pays de Kena‘an

13,4
à l’endroit où se trouvait l’autel qu’il y avait précédemment érigé. Abram y proclama le nom de l’Éternel.

Qu’il y avait précédemment érigé. Avram y appela le nom de Hachem

On peut dire aussi : « et où il appela “maintenant” le nom de Hachem »

13,5
Loth aussi, qui accompagnait Abram, avait du menu bétail, du gros bétail et ses tentes.

Qui accompagnait Avram

A quoi était-il redevable [de sa prospérité] ? Au fait d’avoir accompagné Avram

13,6
Le terrain ne put se prêter à ce qu’ils demeurassent ensemble; car leurs possessions étaient considérables, et ils ne pouvaient habiter ensemble.

Le pays ne pouvait les porter

Il ne pouvait pas fournir suffisamment de pâturage à leurs troupeaux. C’est un style abrégé. Il faudrait ajouter : « le pâturage de la terre ne les portait pas ». C’est pourquoi, il est écrit : welo nassa [« il ne portait pas », au masculin, le sujet réel n’étant pas haarets (« le pays », le plus souvent au féminin, en hébreu), mais le mot masculin sous-entendu : mir’è (« le pâturage »)]

13,7
Il s'éleva des différends entre les pasteurs des troupeaux d'Abram et les pasteurs des troupeaux de Loth ; le Cananéen et le Phérezéen occupaient alors le pays.

Il y eut querelle

Parce que les bergers de Lot, des hommes impies, faisaient paître leurs bêtes dans les champs d’autrui, tandis que les bergers d’Avram leur reprochaient de commettre des vols. Les bergers de Lot objectaient : « Le pays a été donné à Avram, qui n’a pas d’héritier. Comme c’est Lot qui héritera de lui, ce n’est donc pas du vol ! » D’où la précision contenue dans le verset : « et le Kena‘ani et le Perizi habitaient alors dans le pays », et donc Avram n’y avait pas encore droit (Beréchith raba 41, 5)

13,8
Abram dit à Loth: "Qu'il n'y ait donc point de querelles entre moi et toi, entre mes pasteurs et les tiens; car nous sommes frères.

Frères

Proches parents. Le midrach indique que leurs visages se ressemblaient (Beréchith raba 41, 6)

13,9
Toute la contrée n'est elle pas devant toi? De grâce, sépare-toi de moi: si tu vas à gauche, j'irai à droite; si tu vas à droite, je prendrai la gauche."

Si c’est à gauche

Où que tu viennes à t’installer, je ne m’éloignerai pas de toi et je serai pour toi un bouclier et une aide. Et par la suite, Lot a eu effectivement besoin d’Avram, ainsi qu’il est écrit : « Avram apprit que son frère avait été fait prisonnier... » (infra 14, 14)

J’irai à droite

Je me tournerai vers la droite

J’irai à gauche

Je me tournerai vers la gauche. Et si tu soutiens qu’il aurait fallu écrire weayemina, ponctué d’un patha‘h [forme normale du hif‘il], et non weémina, nous trouvons la même forme ailleurs : « il n’y a pas à s’écarter, à droite (lehémin) ni à gauche » (II Chemouel 14, 19), et non lehayemin

13,10
Loth leva les yeux et considéra toute la plaine du Jourdain, tout entière arrosée, avant que l'Éternel eût détruit Sodome et Gommorhe; semblable à un jardin céleste, à la contrée d'Egypte, et s'étendant jusqu'à Çoar.

Tout entière arrosée

Une terre riche en cours d’eau

Avant que Hachem eût détruit Sedom et ‘Amora

Telle était cette plaine

Comme le jardin de Hachem

Pour les arbres

Comme le pays d’Egypte

Pour les semences (Sifri, ‘Eqèv 38)

Dans la direction de Tso‘ar

Le midrach y voit comme une marque de réprobation envers Lot. C’est parce qu’ils étaient de mauvaises mœurs qu’il a choisi de s’établir dans leur voisinage (Horayoth 10b, Beréchith raba 41, 7)

13,11
Loth choisit toute la plaine du Jourdain, et se dirigea du côté oriental; et ils se séparèrent l'un de l'autre.

La plaine

C’est ainsi que traduit le Targoum

Vers l’orient (miqèdèm)

Il s’est séparé d’Avram et s’est dirigé à l’ouest d’Avram. Il est donc allé d’est en ouest. Le midrach explique : Il s’est éloigné de Celui qui fut antérieur (qadmon) au monde en disant : « Je ne veux ni d’Avram ni de son Dieu ! » (Beréchith raba 41, 7)

13,12
Abram demeura dans le pays de Canaan; Loth s'établit dans les villes de la plaine et dressa ses tentes jusqu'à Sodome.

Il dressa ses tentes

Il a planté les tentes de ses bergers et de son bétail « jusqu’à Sedom », [c’est-à-dire sur toute la distance qui le séparait de Sedom]

13,13
Or, les habitants de Sodome étaient pervers et pécheurs devant l'Éternel, à un haut degré.

Et les hommes de Sedom étaient pervers

Et cela n’a pas dissuadé Lot de s’installer chez eux ! Nos maîtres y voient une application du texte : « le nom des scélérats tombe en pourriture » (Michlei 10, 7), [en ce qu’on accompagne chaque fois leur nom du rappel de leurs péchés] (Yoma 38b)

Pervers

Dans leurs corps

Et pécheurs

Dans leurs affaires d’argent (Sanhèdrin 109a)

Devant Hachem

Ils connaissaient leur Maître et pourtant se révoltaient contre Lui

13,14
L'Éternel dit à Abram, après que Loth se fut séparé de lui: "Lève les yeux et du point où tu es placé, promène tes regards au nord, au midi, à l’orient et à l’occident:

Après que Lot se fut séparé de lui

Tant que ce scélérat était avec lui, la parole de Dieu s’en était écartée (Midrach tan‘houma Wayétsé 10)

13,15
Eh bien! tout le pays que tu aperçois, je le donne à toi et à ta perpétuité.
13,16
Je rendrai ta race semblable à la poussière de la terre; tellement que, si l'on peut nombrer la poussière de la terre, ta race aussi pourra être nombrée.

Tellement que si l’on peut

De même que la poussière ne peut être dénombrée, de même ta descendance ne pourra-t-elle pas être dénombrée

13,17
Lève-toi! parcours cette contrée en long et en large! car c'est à toi que je la destine."
13,18
Abram alla dresser sa tente et établir sa demeure dans les plaines de Mamré, qui sont en Hébron; et il y éleva un autel au Seigneur.

Mamré

C’est le nom d’un homme, [et non celui d’un lieu, comme dans infra 23, 17]

14,1
Ceci arriva du temps d'Amrafel, roi de Sennaar; d'Aryoc, roi d'Ellasar; de Kedorlaomer, roi d'Elam, et de Tidal, roi de Goyim:

Amrafèl

C’est Nimrod, lequel avait dit (amar) à Avram : « Jette-toi (poul) dans la fournaise ardente » (Midrach tan‘houma. Voir aussi ‘Erouvin 53a)

Tid‘al

Roi de peuples. Il existe un lieu qui s’appelle « Goyim », ainsi nommé parce qu’il a réuni de nombreux peuples et endroits, lesquels ont pris pour roi un homme dont le nom était Tid‘al (Beréchith raba 42)

14,2
ils firent la guerre à Béra, roi de Sodome; à Bircha, roi de Gommorrhe; à Chinab, roi d'Adma; à Chémêber, roi de Ceboïm, et au roi de Béla, la même que Çoar.

Béra’

Mauvais (ra’) envers Dieu, et mauvais envers les hommes

Bircha’

Qui progressait en scélératesse (racha’)

Chineav

Ayant en aversion (sonè) son père (av) qui est dans les cieux (Midrach tan‘houma Lèkh lekha 8)

Chèmévèr

Il s’est mis des ailes (sam éver) pour voler, sauter et se révolter contre le Saint béni soit-Il

Bèla’

C’est le nom d’une ville, [et non celui de son roi, non mentionné dans le texte]

14,3
Tous ceux-là se réunirent dans la vallée des Siddim, qui est devenue la mer du Sel.

La vallée des Siddim

Ainsi nommée, parce qu’il s’y trouvait beaucoup de champs (sadè)

Qui est la Mer du Sel

La mer, par la suite, a envahi cette vallée pour devenir la Mer Morte. Le midrach explique que les rochers qui l’entouraient se sont fendus, laissant ainsi passer l’eau des rivières (Beréchith raba 42, 5)

14,4
Douze années, ils avaient été asservis à Kedorlaomer, et la treizième année ils s'étaient révoltés.

Douze années ils avaient été asservis

Ces cinq rois avaient été asservis pendant douze ans à Kedorla‘omèr, lequel s’est avancé (verset suivant) au cours de la quatorzième année de leur rébellion. [Il faut donc lire qu’ils se sont révoltés pendant treize ans, et non dans la treizième année.

« Kedorla‘omèr s’avança »

Il était le principal intéressé. Aussi est-il « entré dans l’épaisseur de la poutre », [expression signifiant que c’est à lui qu’incombait la responsabilité principale dans la guerre contre les rebelles

14,5
La quatorzième année, Kedorlaomer s'avança avec les rois ses alliés, et ils défirent les Refaïm à Achteroth-Karnayim, les Zouzim à Ham, les Emim à Chavé-Kiryathayim;

Et la quatorzième année

De leur révolte (Chabath 10b)

Et les rois

Ce sont les trois autres rois

Et les Zouzim

Ce sont les Zamzoummim (Devarim 2, 20)

14,6
et les Horéens dans leur montagne de Séir, jusqu'à la plaine de Pharan qui borde le désert.

Dans leur montagne (behararam)

C’est le mot « montagne » (har) suivi du possessif « leur »

Eil Paran

Le Targoum traduit par « plaine de Paran ». Quant à moi, je dis que le mot eil ne signifie pas « plaine » en général, mais que c’est la plaine de Paran qui s’appelle eil, comme celle de Mamré s’appelle éloné (supra 13, 18), celle du Yardén kikar (supra 13, 10), celle de Chittim avél, dans : avél hachittim (Bamidbar 33, 49). De même, la plaine de Gad s’appelle ba’al (Yehochou‘a 11, 17). Le Targoum traduit tous ces termes par méchar (« plaine »), mais chacun de ces lieux porte un nom spécifique

Qui est près (‘al – littéralement : « sur ») du désert

Auprès du désert. Comme dans : « près de lui (we‘alaw), (campait) la tribu de Menachè » (Bamidbar 2, 20)

14,7
Ils revinrent marchèrent sur Enmichpat, la même que Cadès, et dévastèrent tout le territoire de l’Amalécite et aussi de l’Amoréen établi à Haçaçon-Tamar.

‘Ein-Michpat qui est Qadéch

Ainsi nommée parce que Mochè et Aharon y seront jugés (lehichafét) un jour à cause de la source (‘ein). Il s’agit des eaux de Meriva, des eaux de la querelle (Bamidbar 20, 13). Le Targoum Onqelos suit le sens littéral : il s’agit du lieu où les gens du pays se réunissaient pour chaque jugement

Le territoire du ‘Amaléqi

‘Amaleq n’était pas encore né. Le texte anticipe sur l’avenir (Beréchith raba 42, 7)

A ‘Hatsatson-Tamar

C’est ‘Ein-Guèdi, comme indiqué explicitement à propos de Yehochafat (II Divrei haYamim 20, 2)

14,8
Alors s’avancèrent le roi de Sodome, le roi de Gommorrhe, celui d’Adma, celui de Ceboim et celui de Béla ou Coar, ils se rangèrent contre eux en bataille dans la vallée des Siddim:
14,9
contre Kedorlaomer, roi d'Elam; Tidal, roi de Goyim; Amrafel, roi de Sennaar, et Aryoc, roi d'Ellasar: quatre rois contre cinq.

Quatre rois...

[Cette précision, apparemment superflue, est là pour nous apprendre que] ce sont pourtant les moins nombreux qui l’ont emporté. Cela pour que tu saches quelle était leur puissance. Et cependant, Avram n’a pas hésité à se lancer à leur poursuite

14,10
La vallée des Siddim était remplie de puits de bitume: le roi de Sodome et celui de Gomorrhe s'enfuirent et y tombèrent; les autres se réfugièrent vers les montagnes.

Remplie de puits de bitume

On y trouvait de nombreux puits, d’où l’on tirait une terre argileuse utilisée pour la construction. Le midrach explique qu’ils s’y étaient enlisés, et que le roi de Sedom a pu en sortir grâce à un miracle (Beréchith raba 42, 7). Car certains peuples ne croyaient pas au sauvetage d’Avram de la fournaise ardente d’Our-Kasdim. Lorsque le roi s’est sorti sain et sauf des puits de bitume, leur scepticisme envers Avram s’est évanoui

S’enfuirent vers la montagne (héra)

Héra équivaut à lehar. Lorsqu’un mot exige le préfixe lamèd, [préposition signifiant : « en direction de »], ce préfixe peut être remplacé par le suffixe hé (Yevamoth 13b). Il ne faut pas confondre héra et hahara. Dans ce dernier mot, le hé final remplace le préfixe lamèd. Le mot héra, en revanche, signifie : « vers un point quelconque de la montagne », sans préciser laquelle, comme pour signifier que chacun s’est enfui comme il a pu vers la première montagne qu’il a rencontrée. Lorsqu’il y a un hé au début, comme dans hahara, cela signifie « vers la montagne », tout comme hamidbara signifie « vers le désert », tels qu’ils sont déjà connus et désignés dans le texte

14,11
Les vainqueurs s'emparèrent de toutes les richesses de Sodome et de Gommorrhe et de tous leurs vivres, puis se retirèrent.
14,12
Ils prirent aussi, avec ses biens, Loth, neveu d'Abram, qui était alors à Sodome, et se retirèrent.

Il résidait à Sedom

Pourquoi cela lui est-il arrivé ? Parce qu’il résidait à Sedom (Beréchith raba 42, 7)

14,13
Les fuyards vinrent en apporter la nouvelle à Abram l'Hébreu. Celui-ci demeurait dans les plaines de Mamré l'Amorréen, frère d'Echkol et d'Aner, lesquels étaient les alliés d'Abram.

Le fuyard vint

Selon le sens littéral, c’est ‘Og, rescapé du combat, celui dont il est question dans : « de fait, ‘Og seul, roi du Bachan, était resté des derniers Refaïm » (Devarim 3, 11). Amrafèl et ses alliés l’avaient épargné lorsqu’ils ont défait les Refaïm à ‘Achteroth-Qarnayim (Midrach tan‘houma ‘Houqath 25). Quant à Beréchith raba (42, 8. Voir aussi Nidda 61a), il explique que c’était ‘Og, en tant que survivant de la génération du déluge. C’est pourquoi il est écrit : « des derniers Refaïm », de la même manière qu’il est indiqué : « les Nefilim [synonyme de « Refaïm » selon Beréchith raba 26] étaient sur la terre » (supra 6, 4). Il espérait, [en lui annonçant la capture de Lot et en l’incitant ainsi à entrer en guerre à son tour], qu’Avram serait tué à la guerre et qu’il pourrait alors épouser Sara (Beréchith raba 42, 8)

L’Hébreu

Qui vient de l’autre côté (‘évèr) du fleuve (Beréchith raba 42, 8)

Les alliés d’Avram

Qui avaient conclu avec lui une alliance

14,14
Abram, ayant appris que son parent était prisonnier, arma ses fidèles, enfants de sa maison, trois cent dix huit, et suivit la trace des ennemis jusqu'à Dan.

Il arma (wayarèq)

C’est ainsi que traduit le Targoum. Comme dans : « Je m’armerai (wahariqothi) contre vous d’une épée » (Wayiqra 26, 33. Voir le Targoum). « Je m’armerai (ariq) d’une épée » (Chemoth 15, 9). « Arme-toi (haréq) d’une lance et d’un javelot » (Tehilim 35, 3)

Ses fidèles (‘hanikhaw – littéralement : « ceux qu’il avait formés »)

Le mot est écrit ‘hanikho, [sans yod, comme s’il était au singulier] : « celui qu’il avait formé », à savoir Eli’èzer, qu’il avait formé à l’accomplissement des mitswoth. Le mot, soit qu’on l’applique à quelqu’un, soit qu’on l’applique à un objet, contient l’idée d’utilisation pour la première fois à la fonction qui leur est propre. Comme dans : « éduque (‘hanokh) l’enfant » (Michlei 22, 6), « l’inauguration (‘hanoukath) de l’autel » (Bamidbar 7, 84), « l’inauguration (‘hanoukath) de la maison » (Tehilim 30, 1). En français : « initier »

Trois cent dix-huit

Nos rabbins ont enseigné : Eli‘èzèr était seul, mais la guematria (valeur numérique des lettres) de son nom est trois cent dix-huit (Beréchith raba 42, 2, Nedarim 32a)

Jusqu’à Dan

A cet endroit, la vigueur d’Avram a décliné, parce qu’il a vu que ses descendants (I Melakhim 12, 29) y élèveraient un jour un veau d’or (Sanhèdrin 96a)

14,15
Il se glissa sur eux la nuit avec ses serviteurs, les battit et les poursuivit jusqu'à Hoba, qui est à gauche de Damas.

Il se partagea contre eux (littéralement : « Il se partagea sur eux la nuit

Il faut, pour reconstituer le sens littéral, rétablir l’ordre des mots ainsi qu’il suit : « il se partagea lui et ses serviteurs contre eux dans la nuit », comme on le fait dans un combat, où les poursuivants se dispersent pour rattraper les fuyards

Dans la nuit

Ce qui veut dire qu’ils n’ont pas interrompu leur poursuite après la tombée de la nuit. Quant au midrach (Beréchith raba 43, 3), il indique que c’est la nuit qui s’est partagée. Il s’est produit un miracle pendant la première moitié, et la seconde moitié a été mise en réserve pour devenir la « mi-nuit » de la sortie d’Egypte (Chemoth 12, 29)

Jusqu’à ‘Hova

Il n’existe pas d’endroit du nom de ‘Hova, mais c’est Dan que l’on appelle ‘Hova (« ville coupable »), à cause de l’idole qui s’y dressera un jour (Targoum yonathan)

14,16
Il reprit tout le butin, ramena aussi Loth son parent, avec ses biens, et les femmes et la multitude.
14,17
Le roi de Sodome sortit à sa rencontre, comme il revenait de défaire Kedorlaomer et les rois ses auxiliaires, vers la vallée de Chavé, qui est la vallée Royale.

La vallée de Chawé

Tel est son nom, [qui signifie « vallée unie »]. Le Targoum traduit par : « la plaine libre », c’est-à-dire libre de tous arbres et de tout obstacle

La vallée du roi

Le Targoum Onqelos traduit par : « la piste de course du roi ». On y trouvait une piste de trente qona de longueur, réservée aux divertissements du roi. Autre midrach : la vallée où toutes les nations s’étaient « unies » et avaient pris pour roi Avram, en tant que prince de Dieu et en tant que chef (Beréchith raba 43, 5)

14,18
Melchisédec, roi de Salem, apporta du pain et du vin: il était prêtre du Dieu suprême.

Et Malki-Tsèdeq

Le midrach explique : c’était Chem, le fils de Noa‘h (Nedarim 32b)

Du pain et du vin

Comme on en offre à ceux qui reviennent épuisés de la guerre. Il voulait lui montrer par là qu’il ne lui gardait pas rancune d’avoir tué ses enfants, [les rois énumérés au verset 1 étant ses descendants (voir notamment pour ‘Eilam : supra 10, 22)]. Quant au midrach (Beréchith raba 43, 6), il trouve ici une allusion aux oblations et libations que les fils d’Avraham y offriront un jour, [Chalém étant la future Jérusalem]

14,19
Il le bénit, en disant: "Béni soit Abram de par le Dieu suprême, auteur des cieux et de la terre!

Possesseur (qoné) des cieux et de la terre

Comme dans : « Qui a fait (‘ossè) le ciel et la terre » (Tehilim 134, 3). Du moment qu’Il les a faits, Il se les est acquis pour qu’ils lui appartiennent

14,20
Et béni le Dieu suprême d'avoir livré tes ennemis en ta main!" Et Abram lui donna la dîme de tout le butin.

Qui a livré

Le mot miguén a ici le sens de « livrer », comme dans : « Comment pourrais-je te livrer (amagguènkha), Israël ? » (Hoché‘a 11, 8)

Il lui donna

Avram

La dîme de tout

De tout ce qui lui appartenait, puisqu’il était kohen

14,21
Le roi de Sodome dit à Abram: "Donne-moi les personnes, et les biens garde-les pour toi.

Donne-moi les âmes

De tout le butin fait par l’ennemi et que tu as sauvé, rends-moi seulement les personnes

14,22
Abram répondit au roi de Sodome: "Je lève la main devant l'Éternel, qui est le Dieu suprême, auteur des cieux et de la terre;

Je lève la main

C’est une formule de serment (Beréchith raba 43, 9) : « Je lève la main et prête serment devant le Qél Suprême ». De même : « je jure par moi-même » (infra 22, 16), « j’ai donné l’argent du champ, prends-le » (infra 23, 13), [où le passé est employé au lieu du présent, comme si l’action avait déjà eu lieu]

14,23
et je jure que fût-ce un fil, fût-ce la courroie d'une sandale, je ne prendrai rien de ce qui est à toi; que tu ne dises pas: "C'est moi qui ai enrichi Abram!

Depuis un fil jusqu’à la courroie d’une sandale

Je ne retiendrai rien du butin à mon profit

Je ne prendrai rien de ce qui est à toi

Et si tu devais me proposer de me payer sur tes propres trésors, je n’accepterais rien non plus

Que tu ne dises pas

Car le Saint béni soit-Il m’a promis de m’enrichir, ainsi qu’il est écrit : « Je te bénirai » (supra 12, 2, voir Rachi ibid.)

14,24
Loin de moi! Si ce n'est ce qu'ont déjà mangé ces jeunes gens, et la part des hommes qui m'ont accompagné; Aner, Echkol et Mamré, que ceux-là prennent leurs parts."

Les jeunes gens

Mes serviteurs, qui m’ont accompagné, et aussi : « ‘Anér, Echkol et Mamré ». Il est vrai que seuls mes serviteurs ont participé aux combats, ainsi qu’il est écrit : « lui et ses serviteurs... il les frappa » (verset 15). Cependant, ‘Anér et ses compagnons sont restés aux bagages pour garder le camp. Ils prendront donc aussi leur part. Le roi Dawid a pris exemple sur Avram (Beréchith raba 43, 9) lorsqu’il dit : « Telle la part de celui qui est allé au combat, telle la part de celui qui est resté aux bagages : ils partageront également ! » (I Chemouel 30, 24). C’est pourquoi, il est écrit : « De fait, à partir de ce jour (littéralement : « de ce jour et plus haut »), il en fit pour Israël une loi et une règle » (I Chemouel 30, 25). Il est écrit wama’la (« et plus haut »), et non wehala (« par la suite »), pour bien marquer que la règle remontait à l’époque d’Avram

15,1
Après ces faits, la parole du Seigneur se fit entendre à Abram, dans une vision, en ces termes: "Ne crains point, Abram: je suis un bouclier pour toi; ta récompense sera très grande"

Après ces choses-là

L’emploi du mot a‘har signifie : « aussitôt après l’événement précédent ». Celui du mot a‘haré : « après un certain délai » (Beréchith raba 44, 5). Aussitôt après avoir bénéficié du miracle d’avoir abattu ces rois, il s’est tourmenté, craignant d’avoir déjà reçu la récompense de tous ses mérites. C’est pourquoi Dieu lui dit : « Ne crains point, Avram, je suis un bouclier pour toi »

Je suis un bouclier pour toi

Il te protégera du châtiment, en ce que tu ne seras pas puni pour toutes ces âmes que tu as tuées. Quant à ta récompense, au sujet de laquelle tu te fais du souci, « elle sera très grande. » (Beréchith raba 44)

15,2
Abram répondit: "Dieu-Éternel, que me donnerais-tu, alors que je m'en vais sans postérité et que le fils adoptif de ma maison est un Damascénien, Eliézer?"

Alors que je m’en vais sans postérité

Le grammairien Mena‘hem ben Sarouq explique le mot ‘ariri comme voulant dire : « héritier ». A rapprocher de : « fils (‘ér) et petit-fils » (Malakhi 2, 12). ‘Er signifie : « descendant », ‘ariri signifie : « sans descendant ». [Autre exemple d’un même mot susceptible de comporter des significations opposées :] « ruinant jusqu’à la racine (thecharéch) toute ma récolte » (Iyov 31, 12). Le mot chorèch (« racine ») devient charèch (« enlever la racine »). De même ‘ariri deviendra : « privé d’enfant », en français médiéval : « désenfanté ». A mon avis, cependant, le mot ‘ér est à comprendre comme dans : welibi ‘ér (« mon cœur est éveillé ») dans Chir hachirim 5, 2, [donc sans aucun rapport avec ‘ariri]. Quant à ‘ariri, il contient l’idée de ruine, de destruction, comme dans : ‘arou ‘arou (« démolissez-la, démolissez-la ») (Tehilim 137, 7), dans : ‘aroth yessod (« détruire jusqu’au fondement ») (‘Habaqouq 3, 13), dans : ‘ar’ér tith’ar’ar (« il sera complètement détruit ») (Yirmeya 51, 58), ou dans : ki arza ‘éra (« car il a détruit les lambris de cèdre ») (Tsefania 2, 14)

Et que l’intendant de ma maison

Selon la traduction du Targoum, celui qui assure la subsistance de toute ma maison, comme dans : « et tout mon peuple sera nourri (yichaq) » (infra 41, 40). Il est mon intendant, alors que c’est mon fils qui aurait cette charge si j’en avais un

Un Damascène

D’après le Targoum, il était originaire de Damas. Selon le midrach (Beréchith raba 44, 9), il avait poursuivi les rois jusqu’à Damas. Quant au Talmud, il procède par jeu de mots (notariqon) : Damésseq Eli‘èzèr – « il a puisé » (dolé) de la Tora de son maître et en a « donné à boire » (machqé) aux autres gens (Yoma 28b)

15,3
"Certes, disait Abram, tu ne m’as pas donné de postérité, et l’enfant de ma maison sera mon héritier."

Voici

A quoi bon, dès lors, tout ce que tu m’as donné 

15,4
Mais voici que la parole de l’Éternel vint à lui, disant: "Celui-ci n'héritera pas de toi; c'est bien un homme issu de tes entrailles qui sera ton héritier."
15,5
Il le fit sortir en plein air, et dit: "Regarde le ciel et compte les étoiles: peux-tu en supputer le nombre? Ainsi reprit-il, sera ta descendance."

Il le fit sortir dehors

Littéralement : « Il le fit sortir hors de sa tente pour voir les étoiles ». Selon le midrach (Beréchith raba 44, 10, Nedarim 32a), Il lui a dit : « Sors de ton horoscope tel que tu l’as vu inscrit dans les astres, à savoir que tu n’auras pas de fils ! “Avram” n’aura pas de fils, mais “Avraham” aura un fils ! “Saraï” n’engendrera pas, mais “Sara” engendrera ! Je vais vous donner un autre nom, et votre destinée va s’en trouver changée. ». Autre explication : Il le fit sortir du globe terrestre et s’élever au-dessus des étoiles. D’où l’emploi du mot habèt (« regarde »), qui exprime l’idée d’un regard jeté du haut vers le bas (Beréchith raba 44, 12)

15,6
Et il eut foi en l’Éternel, et l’Éternel lui en fit un mérite.

Il crut en Hachem

Ce n’est pas à ce propos qu’il lui a demandé un signe. Mais c’est quand le Saint béni soit-Il lui promettra la terre qu’il va lui demander un signe. Il lui dira alors : « Par quoi saurai-je ? »

Il le lui compta à justice

Le Saint béni soit-Il a considéré comme un mérite le fait qu’Avram avait eu foi en lui. Autre explication : « Par quoi saurai-je ? ». Il ne lui a pas demandé pas de signe [à propos de la promesse d’Erets Israël], mais il lui a dit : « Fais-moi savoir par quel mérite mes fils s’y maintiendront ! ». Le Saint béni soit-Il lui a répondu : « Par le mérite des sacrifices ! » (Beréchith raba 44, 14)

15,7
Et il lui dit: "Je suis l’Éternel, qui t’ai tiré d’Our-Kasdim, pour te donner ce pays en possession."
15,8
Il répondit: "Dieu-Éternel, comment saurai-je que j’en suis possesseur?"
15,9
Il lui dit: "Prépare-moi une génisse âgée de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe."

Une triple génisse

Trois génisses, allusion anticipée aux trois taureaux [offerts sur l’autel] : le taureau de Kippour, le taureau que l’on offrira lorsque la communauté tout entière aura péché par ignorance (Wayiqra 4, 13), et la génisse dont on brisera la nuque (Devarim 21, 4) [dans le cas de non-identification d’un meurtrier] (Beréchith raba 44, 14)

Et une triple chèvre

Allusion au bouc dont on aspergera le sang dans le saint des saints, à ceux que l’on offrira comme sacrifices supplémentaires (moussafim) les jours de fêtes, et à celui que l’on offrira comme sacrifice expiatoire pour une faute individuelle

Et un triple bélier

Allusion au bélier que l’on offrira pour certaines fautes que l’on sera sûr d’avoir commises, à celui que l’on offrira pour une faute dont on doute si on l’a effectivement commise, et à la brebis que l’on offrira comme sacrifice expiatoire pour une faute individuelle

Et une tourterelle et une jeune colombe (gozal)

Le mot gozal désigne une jeune colombe

15,10
Abram prit tous ces animaux, divisa chacun par le milieu, et disposa chaque moitié en regard de l’autre; mais il ne divisa point les oiseaux.

Il les partagea

Il partagea chacun en deux parts. Un texte ne doit pas dévier de son sens littéral. Dieu a conclu ce jour-là avec lui une alliance, dont l’objet était de garantir Sa promesse de faire de ses fils les héritiers du pays, ainsi qu’il est écrit : « Ce jour-là, Hachem conclut avec Avram une alliance » (verset 18). Or, il est d’usage, lorsqu’on contracte une alliance, de découper une bête et de passer entre ses morceaux, ainsi qu’il est écrit : « qui sont passés “entre les portions” du veau » (Yirmeya 34, 19). De même ici : « et voici qu’un tourbillon de fumée et un sillon de feu passèrent “entre ces chairs dépecées” » (verset 17). Ils représentent les messagers de la chekhina qui est « feu »

Et il ne partagea pas les oiseaux

Parce que les peuples du monde sont comparés à des taureaux, à des béliers et à des boucs (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 28), ainsi qu’il est écrit : « des taureaux nombreux m’environnent » (Tehilim 22, 13), « Le bélier que tu as vu, muni des deux cornes, désigne les rois de Médie et de Perse. Le bouc velu, c’est le roi de Grèce » (Daniel 8, 20-21). Tandis qu’Israël est comparé à une jeune colombe, ainsi qu’il est écrit : « ma colombe, nichée dans les fentes du rocher » (Chir hachirim 2, 14)

Aussi a-t-il divisé les bêtes

Allusion à la disparition progressive des peuples du monde, tandis qu’il n’a pas découpé les oiseaux, allusion à la pérennité d’Israël

15,11
Les oiseaux de proie s’abattirent sur les corps; Abram les mit en fuite.

Les oiseaux de proie (ha‘ayit)

C’est un oiseau qui fonce (‘at) et qui s’abat sur les cadavres, se précipitant sur sa proie pour la dévorer (Iyov 9, 26). Comme dans : « Pourquoi t’es-tu jeté (wata’at) sur le butin ? » (I Chemouel 15, 19)

Sur les corps

Sur les morceaux. Le mot pegarim (« cadavres ») est traduit par le Targoum par palgaya. Comme les gens ont pris l’habitude de traduire les mots « chaque morceau » (verset 10) par l’araméen palgaya, on en est arrivé à confondre paglaya et palgaya, et à rendre pegarim (« cadavres ») par palgaya (« morceaux »). Cette manière de rendre ce mot est erronée, car il n’existe aucun rapport entre ces deux termes. Il est donc clair que l’araméen pour « morceaux » est palgaya, et pour « cadavres » paglaya, à savoir quelque chose dont on a horreur, comme dans : « ce serait une chose réprouvée (pigoul) » (Wayiqra 19, 7), mot qui n’est pas sans ressembler à pèguèr (« cadavre »)

Il les écarta (wayachév)

Dans le sens de « souffler » et de « faire voler », comme dans : « Il fait souffler (yachév) le vent » (Tehilim 147, 18). C’est une allusion à la venue de Dawid, fils de Yichaï (Jessé), qui détruira nos ennemis, mais que le ciel ne laissera pas agir avant la venue du Messie (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 28)

15,12
Le soleil étant sur son déclin, une torpeur s’empara d’Abram: tandis qu’une angoisse sombre profonde pesait sur lui.

Tandis qu’une angoisse

Allusion aux angoisses et aux ténèbres de l’exil (Beréchith raba 44, 17)

15,13
Dieu dit à Abram: "Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et opprimée, durant quatre cents ans.

Ta descendance sera étrangère

Quatre cents ans se sont écoulés entre la naissance de Yits‘haq et la sortie d’Israël d’Egypte (Séder ‘olam 83). Comment cela ? Yits‘haq avait soixante ans à la naissance de Ya’aqov. Celui-ci, lorsqu’il est descendu en Egypte, a dit : « les jours des années de mes pérégrinations ont été de cent trente ans » (infra 47, 9), soit un total de cent quatre-vingt-dix ans. La durée de leur séjour en Egypte a été de deux cent dix ans, selon la valeur numérique du mot redou (« descendez-y ») (infra 42, 2. Voir Rachi ibid.), ce qui fait quatre cents ans. Et si tu devais objecter qu’ils sont restés quatre cents ans en Egypte, je répondrais que [c’est impossible, car] Qehath faisait partie de ceux qui sont « descendus » en Egypte. Or, si l’on additionne les cent trente-trois années de Qehath (Chemoth 6, 18), les cent trente-sept années de ‘Amram (Chemoth 6, 20) et les quatre-vingts ans qu’avait Mochè lors de la sortie d’Egypte, on ne trouve que trois cent cinquante ans. Et encore faudrait-il déduire toutes les années de la vie de Qehath après la naissance de ‘Amram, ainsi que toutes les années de la vie de ‘Amram après la naissance de Mochè

Sur une terre qui ne sera pas la sienne (lo lahèm – littéralement : « pas la leur »)

Il n’est pas écrit : « en terre d’Egypte », mais « pas la leur ». Il est écrit, lors de la naissance de Yits‘haq : « Avraham “séjourna” dans le pays des Plichtim » (infra 21, 34). Puis : « “séjourne” dans ce pays-ci » (infra 26, 3), « Ya’aqov alla “résider” dans le pays de ‘Ham » (Tehilim 105, 23), « nous sommes venus “séjourner” dans ce pays » (infra 47, 4)

15,14
Mais, à son tour, la nation qu’ils serviront sera jugée par moi; et alors ils la quitteront avec de grandes richesses.

Et aussi la nation

Y compris d’autres royaumes, [ceux dont il est question dans le livre de Daniel] qui ont été également anéantis pour avoir opprimé Israël (Beréchith raba 44, 19)

Je la jugerai

Par les dix plaies (Beréchith raba 44, 20)

Avec de grandes richesses

Avec beaucoup d’argent (Berakhoth 9a et 9b), ainsi qu’il est écrit : « Ils dépouillèrent les Egyptiens » (Chemoth 12, 36)

15,15
Pour toi, tu rejoindras paisiblement tes pères; tu seras enterré après une vieillesse heureuse.

Et toi

Et tu ne verras pas tout cela

Tes pères

Son père pratiquait l’idolâtrie, et Dieu lui annonce qu’il le rejoindra. Cela t’apprend que Tèra‘h s’était repenti (Beréchith raba 38, 12)

Tu seras enterré dans une bonne vieillesse

Dieu lui annonce ici que Yichma‘el se repentira de son vivant (Beréchith raba 38), et que ‘Essaw ne se livrera pas au mal tant qu’Avraham sera en vie. C’est la raison pour laquelle Avraham est mort cinq ans avant son terme, le jour même où ‘Essaw s’est révolté contre Dieu (Beréchith raba 63, 12)

15,16
Mais la quatrième génération reviendra ici, parce qu’alors seulement la perversité de l’Amorréen sera complète."

Et la quatrième génération

Après leur arrivée en exil en Egypte, ils y resteront trois générations, tandis que la quatrième reviendra vers ce pays. C’est en effet dans le pays de Kena‘an que Dieu lui parlait, et c’est là qu’Il a conclu cette alliance, ainsi qu’il est écrit : « pour te donner ce pays en héritage » (verset 7). Et c’est bien ce qui est arrivé : Ya’aqov est descendu en Egypte. Effectue ensuite le décompte des générations : Yehouda, Pèrèts et ‘Hetsron [ont séjourné en Egypte]. Puis Khalév , fils de ‘Hetsron [que l’on identifie à Yefounè (voir Sota 11b)], a fait partie de ceux qui sont entrés en Erets Israël

Car la perversité du Emori ne sera pas complète

Pour qu’il soit chassé de son pays avant ce moment-là. Le Saint béni soit-Il, en effet, ne punit pas un peuple avant que la mesure ne soit comble (Sota 9a), ainsi qu’il est écrit : « parce que la mesure est comble, tu le punis en le renvoyant » (Yecha’ya 27, 8)

15,17
Cependant le soleil s’était couché, et l’obscurité régnait: voici qu’un tourbillon de fumée et un sillon de feu passèrent entre ces chairs dépecées.

Ce fut

[Cela est un hébraïsme], comme dans : « ce fut, comme ils vidaient leurs sacs » (infra 42, 35), « ce fut, alors qu’ils enterraient quelqu’un » (II Melakhim 13, 21), c’est-à-dire : « Voici ce qui est arrivé quand telle chose s’est passée »

Un tourbillon de fumée

C’est une allusion à l’écroulement futur de ces royaumes dans le gueihinnom

Le soleil couché (baa)

S’était couché. Etant donné que l’accent tonique est mis sur l’avant-dernière syllabe, il est clair qu’il s’était déjà couché. Car s’il avait été sur la dernière syllabe, cela aurait signifié qu’il était en train de se coucher. Or, cela est impossible, puisque le texte vient de dire que le soleil était sur son déclin (verset 12), et qu’il nous parle à présent d’un tourbillon de fumée qui passe. C’est donc qu’à ce moment-là le soleil était déjà couché.Voici la différence qui caractérise les verbes dont la racine est formée de deux lettres : A la troisième personne du féminin singulier, lorsque l’accent tonique est mis sur l’avant-dernière syllabe, cela veut dire que le verbe est au passé, comme ici. De même : « et Ra‘hel vint (baa) » (infra 29, 9), « ma gerbe se dressa (qama) » (infra 37, 7), « vois, ta belle-sœur est retournée (chava) » (Routh 1, 15), [trois cas où l’accent est mis sur l’avant-dernière syllabe]. En revanche, lorsque l’accent tonique est mis sur la dernière syllabe, c’est le présent, et le verbe exprime une action en cours, comme dans : « vient (baa) [dans le sens de : est en train de venir] avec le troupeau » (infra 29, 6), « le soir elle venait (baa) et le matin elle rentrait (chava) » (Esther 2, 14)

15,18
Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Abram un pacte, en disant: "J’ai octroyé à ta race ce territoire, depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate:

J’ai donné à ta descendance

Quand parle le saint béni Soit-Il, c’est comme si c’était déjà fait (Beréchith raba 44, 22)

Jusqu’au grand fleuve

Etant donné qu’il est très proche du pays d’Israël, il est qualifié de « grand », bien qu’il soit le dernier dans l’énumération des quatre fleuves qui sortaient de ‘Eden, ainsi qu’il est écrit : « Et le quatrième fleuve était Perath » (supra 2, 14). Comme le dit un dicton populaire : « Le serviteur du roi est le roi ! » (Chevou‘oth 47b). Côtoie les grands, et les gens s'inclineront devant toi ! (Sifri Devarim 6)

15,19
le Kénéen, le Kenizzéen, le Kadmonéen;

Le Qeini

Le texte énumère ici dix nations, mais Dieu n’en livrera que sept à Israël (Devarim 7, 1). Les trois autres : Edom, Moav et ‘Amon (Beréchith raba 44, 23) – qui s’identifient aux Qeini, aux Qenizi et aux Qadmoni – seront l’héritage d’Israël dans l’avenir, ainsi qu’il est écrit : « Ils feront main basse sur Edom et Moav, et les enfants de ‘Amon leur obéiront » (Yecha’ya 11, 14)

15,20
le Héthéen, le Phérézéen, les Rephaim;

Les Refaïm

C’est le pays de ‘Og, dont il est écrit : « tout le Bachan, lequel est appelé pays des Refaïm » (Devarim 3, 13), [‘Og étant le roi de Bachan (Devarim 1, 4)]

15,21
l’Amorréen, le Cananéen, le Ghirgachéen et le Jébuséeen."
16,1
Saraï, épouse d'Abram, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une esclave égyptienne nommée Agar.

Une servante égyptienne

Elle était la fille de Pharaon. Lorsque celui-ci a vu les miracles dont avait bénéficié Sara, il s’est dit : « Mieux vaut que ma fille soit servante dans la maison de cet homme, plutôt que maîtresse de la maison d’une autre ! » (Beréchith raba 45, 1)

16,2
Saraï dit à Abram: "Hélas! l'Éternel m'a refusé l'enfantement; approche-toi donc de mon esclave: peut-être, par elle, aurai-je un enfant." Abram obéit à la voix de Saraï.

Peut-être

D’où nous apprenons que celui qui n’a pas d’enfant n’est pas « construit », [en ce que son nom ne sera pas perpétué], mais « détruit » (Beréchith raba 45, 2)

Par elle j’aurai un enfant

Par le mérite que je me serai acquis en introduisant ma rivale dans ma maison

La voix de Saraï

L’esprit saint qui parlait par sa voix

16,3
Saraï, épouse d'Abram, prit Agar l'Egyptienne, son esclave, il y avait dix ans qu’Abram demeurait au pays de Canaan; et elle la donna à son époux Abram pour qu'elle lui servît de femme.

Saraï prit

Elle la « prit », [la persuada] par des paroles : « Réjouis-toi du privilège qui sera le tien de t’unir à un homme aussi saint ! » (Beréchith raba 45, 3)

Au bout de dix années

C’est le délai fixé pour une femme restée dix ans sans enfants. Son mari est alors tenu d’épouser une autre femme (Yevamoth 64a, Beréchith raba 45, 3)

De séjour d’Avram

Le texte signale ici que son séjour hors d’Erets Israël ne comptait pas. La promesse : « je te ferai devenir une grande nation » (supra 12, 2) n’a été formulée qu’après son arrivée dans ce pays

16,4
Il s'approcha d'Agar, et elle conçut. Quand elle vit qu'elle avait conçu, sa maîtresse devint l'objet de son dédain.

Il vint vers Hagar

Dès le premier rapport (Beréchith raba 45, 4)

Sa maîtresse devint méprisée à ses yeux

Elle s’est dit : « Cette Saraï, sa personnalité profonde ne ressemble pas aux apparences extérieures. Elle se donne des airs de femme vertueuse, mais elle n’est pas une femme vertueuse, puisqu’elle n’a pas mérité, toutes ces années, de devenir enceinte, alors que je le suis devenue, moi, dès le premier rapport ! »

16,5
Saraï dit à Abram : "Mon injure est la tienne. Moi-même, j'ai placé mon esclave dans tes bras; or, elle a vu qu'elle avait conçu, et je suis devenue méprisable à ses yeux. L’Éternel prononcera entre moi et toi."

Mon injure (‘hamassi) est la tienne

L’injure qui m’est faite, je t’en ferai subir le châtiment. Quand tu as prié le Saint béni soit-Il, en ces termes : « que me donneras-tu, alors que je m’en vais sans postérité ? » (supra 15, 2), tu n’as prié que pour toi. C’est pour nous deux que tu aurais dû prier, et alors j’aurais été exaucée avec toi (Beréchith raba 45, 5). De plus, tu me frustres (‘homés) de tes paroles, lorsque tu entends l’injure qui m’est faite et que tu te tais 

Moi... entre moi et entre toi

Toutes les fois que l’on trouve dans la Tora le mot beinèkha (« entre toi »), il est écrit dans une forme défective, [avec un seul yod], alors qu’il est écrit ici avec deux yod. On peut donc le lire beinayikh, [comme si Saraï s’adressait à Hagar, et non à Avram]. Saraï a jeté un regard mauvais sur la grossesse de Hagar, laquelle a avorté. C’est pourquoi l’ange dira à Hagar : « Tu “es” enceinte ! » (verset 11). Mais ne l’était-elle pas déjà ? Ce qu’il lui annonce, c’est qu’elle va le devenir, et donc que la première grossesse n’avait pas abouti

16,6
Abram dit à Sarai: "Voici, ton esclave est dans ta main, fais-lui ce que bon te semble." Sarai l’humilia, et elle s’enfuit de devant elle.

Saraï l’humilia

Elle l’a asservie avec dureté (Beréchith raba 45, 6)

16,7
Un envoyé du Seigneur la trouva près d'une source d'eau, dans le désert, près de la source sur le chemin de Chour.
16,8
Il dit: "Agar, esclave de Saraï, d'où viens tu, et où veux-tu aller?" Elle répondit: "Je fuis de devant Saraï, ma maîtresse."

D’où viens-tu

Il le savait pourtant ! Mais c’était une manière d’engager la conversation avec elle. Quant à l’expression eï mizè (« d’où »), elle signifie : où est l’endroit dont tu puisses dire : « c’est de là que je viens » 

16,9
L'envoyé du Seigneur lui dit: "Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main."

L’ange lui dit...

Pour chaque parole [contenue aux versets 9, 10 et 11], un autre ange lui était envoyé. C’est pourquoi le mot « ange » est répété chaque fois (Beréchith raba 45, 7)

16,10
L'envoyé du Seigneur ajouta: "Je rendrai ta race très nombreuse, tellement qu'elle ne pourra être comptée."
16,11
L'envoyé du Seigneur lui dit encore: "Te voici enceinte, et près d'enfanter un fils; tu énonceras son nom Ismaël, parce que Dieu a entendu ton affliction.

Tu es enceinte

Lorsque tu reviendras, tu seras enceinte. De même : « tu seras enceinte » (Choftim 13, 7) adressé à la femme de Manoa‘h

Tu engendreras un fils

Le mot weyoladt (« tu engendreras ») associe grammaticalement le passé (weyaladt) et le participe (weyolèdèth), comme dans : « O toi, qui demeures (yochavt) sur le Liban, qui fixes ton nid (meqounant) sur les cèdres » (Yirmeya 22, 23)

Tu appelleras son nom (weqarath chemo) Yichma‘el

C’est un ordre [adressé à Hagar, et donc au féminin], tout comme au masculin : « tu appelleras son nom (weqaratha eth chemo) Yits‘haq », [ordre qui sera adressé à Avraham] (infra 17, 19)

16,12
Celui-ci sera un onagre parmi les hommes: sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui; mais il se maintiendra à la face de tous ses frères."

Un homme sauvage

. Aimant les vastes espaces pour y chasser les bêtes sauvages, ainsi qu’il est écrit : « il s’installa dans le désert, il devint tireur d’arc » (infra 21, 20)

Sa main sera contre tous

Il sera un brigand (Beréchith raba 45, 9)

Et la main de tous contre lui

Ils l’auront tous en haine et le combattront

Et il demeurera à la face de tous ses frères

Il aura une nombreuse descendance

16,13
Et elle proclama ainsi le nom de l'Éternel qui lui avait parlé: "Tu es un Dieu visible!

Tu es le Qél de ma vision

Le mot roï (« de ma vision ») est ponctué d’un ‘hataf qamats (« petit qamats »), parce que c’est un substantif. C’est le Dieu de la vision, qui voit les blessures faites aux humiliés (Beréchith raba 45, 10)

N’ai-je pas vu

Elle exprime ici sa surprise. Pouvais-je penser que même ici, dans le désert, je verrais les anges de Dieu, « après en avoir vu » dans la maison d’Avram, où j’avais l’habitude de voir des anges ? Et la preuve qu’elle avait l’habitude d’en voir, c’est que Manoa‘h, lorsqu’il en a vu un pour la première fois, s’est exclamé : « nous sommes morts ! » (Choftim 13, 22), tandis que Hagar en a vu à quatre reprises, sans manifester la moindre frayeur (Beréchith raba 45, 7)

16,14
C'est pourquoi on appela cette source "la source du Vivant-qui-me-voit"; elle se trouve entre Cadès et Béred.

Le puits du vivant de ma vision

Traduction du Targoum : « le puits où l’ange vivant m’est apparu »

16,15
Agar enfanta un fils à Abram; et Abram nomma son fils, qu'avait enfanté Agar, Ismaël.

Avram appela le nom de son fils

Bien qu’Avram n’ait pas entendu les paroles de l’ange qui avait dit à Hagar : « tu appelleras son nom Yichma‘el » (verset 11), l’esprit saint qui était en lui l’a incité à attribuer ce nom à son fils

16,16
Abram était âgé de quatre-vingt-six-ans, lorsque Agar lui enfanta Ismaël.

Et Avram était âgé de quatre-vingts ans et six ans

Cette phrase est à l’éloge de Yichma‘el : il aura treize ans lorsqu’il se fera circoncire, et il ne s’y opposera pas

17,1
Abram étant âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, le Seigneur lui apparut et lui dit: "Je suis le Dieu tout-puissant; conduis-toi à mon gré, sois irréprochable,

Je suis Qél Chaqaï [écrit avec un daleth à la place du qof]

Daï veut dire « assez » : J’ai assez de puissance divine pour toutes les créatures. C’est pourquoi, « marche devant moi », et je serai pour toi un Dieu et un « patron ». Et partout où l’on trouve dans le texte le mot Chaqaï, il a ce sens de daï, « assez » de puissance divine. Reste ensuite à compléter selon le contexte

Marche devant moi

Traduction du Targoum : « Attache-toi à mon service »

Et sois intègre

C’est un ordre qui suit un autre ordre, [alors que souvent, lorsque deux verbes se suivent à l’impératif, le second n’est pas constitutif d’un ordre distinct, mais définit la conséquence de l’obéissance à l’ordre donné en premier] : « sois entier dans toutes les épreuves que je t’enverrai ». Et selon le midrach : « marche devant moi » par l’observance du commandement de la circoncision, et alors tu seras vraiment entier. Car aussi longtemps que tu conserveras ton prépuce, tu resteras imparfait devant moi (Beréchith raba 46, 4, Nedarim 32a). Autre explication : Toi, sois intègre maintenant ! Il manque à ton nom la lettre hé, représentative du chiffre « cinq », symbole de la maîtrise de l’ensemble de tes cinq membres : les deux yeux, les deux oreilles et le membre viril. Je vais ajouter cette lettre à ton nom, de sorte que la valeur numérique de l’ensemble de celles qui le composent atteindra deux cent quarante-huit, correspondant au nombre de tes membres

17,2
et je maintiendrai mon alliance avec toi, et je te multiplierai à l'infini."

J’établirai mon alliance

Une alliance d’amour, et une alliance sur la terre, laquelle te sera dévolue en héritage par l’observance de ce commandement

17,3
Abram tomba sur sa face, et Dieu lui parla de la sorte:

Avram tomba (wayipol) sur sa face

Epouvanté par la présence de Dieu. Il n’avait pas la force, aussi longtemps qu’il ne s’était pas circoncis, de supporter cette présence quand l’esprit saint se tenait sur lui. C’est ce qui est écrit à propos de Bil’am : « il tombe (nofél), mais son œil reste ouvert » (Bamidbar 24, 4). C’est ce que j’ai trouvé dans la barayetha de rabi Eli‘èzèr (Pirqé deRabi Eli‘èzèr 28)

17,4
"Moi-même, oui, je traite avec toi: tu seras le père d'une multitude de nations.
17,5
Ton nom ne s'énoncera plus, désormais, Abram: ton nom sera Abraham, car je te fais le père d'une multitude de nations.

Je t’ai établi père d’une multitude de nations (av hamon)

C’est un jeu de mots (notariqon). Ce sont les syllabes mêmes qui forment le nom d’Avraham : av hamon. La lettre reich qui se trouvait dans le nom d’Avram signifie qu’il était seulement père de Aram (Berakhoth 13a), son pays natal. Maintenant, il devient le père de toute l’humanité. Ce reich est resté à sa place. Tandis que le yod enlevé à Saraï, devenue Sara, il a élevé des protestations devant la chekhina, qui lui a donné satisfaction en l’ajoutant à Yehochou‘a (Sanhèdrin 107a), ainsi qu’il est écrit : « Mochè appela Hoché‘a, fils de Noun : Yehochou‘a » (Bamidbar 13, 16)

17,6
Je te ferai fructifier prodigieusement; je ferai de toi des peuples, et des rois seront tes descendants.

Je ferai de toi des peuples

Israël et Edom. Quant à Yichma‘el, il était déjà né. Il n’avait donc pas à faire l’objet d’une promesse

17,7
Cette alliance, établie entre moi et entre toi et ta postérité dernière, je l'érigerai en alliance perpétuelle, étant pour toi un Dieu comme pour ta postérité après toi.

J’établirai mon alliance

Et quelle est cette alliance ? C’est d’être pour toi Eloqim

17,8
Et je donnerai à toi et à ta postérité la terre de tes pérégrinations, toute la terre de Canaan, comme possession indéfinie; et je serai pour eux un Dieu tutélaire."

En possession perpétuelle

Et c’est là-bas que je serai pour vous votre Dieu. Mais celui qui habite en dehors du pays, c’est comme s’il n’avait pas de Dieu (Ketouvoth 110b)

17,9
Dieu dit à Abraham: "Pour toi, sois fidèle à mon alliance, toi et ta postérité après toi dans tous les âges.

Et toi

Ce « et » introduit un ajout au sujet précédent. « Moi, voici mon alliance avec toi » (verset 4). Et comment faut-il la garder ? « Ceci est mon alliance que vous garderez... : faire circoncire » (verset 10)

17,10
Voici le pacte que vous observerez, qui est entre moi et vous, jusqu'à ta dernière postérité: circoncire tout mâle d'entre vous.

Entre moi et entre vous

Ceux de maintenant

Et ta descendance

Ceux qui naîtront après toi

Faire circoncire

Himol (« faire circoncire ») équivaut à lehimol (« de faire circoncire »), tout comme ‘assoth (« faire ») (Wayiqra 18, 30) équivaut à la’assoth (« pour faire »), [chacune des deux formes exprimant l’infinitif]

17,11
Vous retrancherez la chair de votre excroissance, et ce sera un symbole d'alliance entre moi et vous.

Vous circoncirez (ounemaltèm)

Le mot ounemaltèm équivaut à oumaltèm. Le noun est un supplément ajouté à la racine qui peut parfois tomber, comme dans nochèkh (« mordre »), nasso (« lever »). Le mot ounemaltèm est un verbe actif, comme dans ounessathèm (« et faites-y monter » (infra 45, 19), tandis que yimmol (« soit circoncis ») (verset 12) est un passif, de même que yé’assè (« il sera fait »), ou yéakhél (« il sera mangé »)

17,12
A l'âge de huit jours, que tout mâle, dans vos générations, soit circoncis par vous; même l'enfant né dans ta maison, ou acheté à prix d'argent parmi les fils de l'étranger, qui ne sont pas de ta race.

Celui engendré dans la maison

A qui ta servante a donné naissance dans ta maison

Et celui acheté à prix d’argent

Qui a été acheté après sa naissance

17,13
Oui, il sera circoncis, l’enfant de ta maison ou celui que tu auras acheté; et mon alliance, à perpétuité, sera gravée dans votre chair.

Assurément

Il y a ici une répétition, mais il n’est pas écrit, [contrairement au verset précédent] : « à l’âge de huit jours ». C’est pour t’apprendre que certains sont circoncis après les huit jours, comme expliqué dans la guemara (Chabath 135b)

17,14
Et le mâle incirconcis, qui n'aura pas retranché la chair de son excroissance, sera supprimé lui-même du sein de son peuple pour avoir enfreint mon alliance."

Et le mâle incirconcis

Nous apprenons d’ici que c’est à l’endroit qui marque la différence entre l’homme et la femme que l’on effectue la circoncision (Chabath 108a)

Qui n’aura pas circoncis

Dès qu’il aura atteint l’âge de la responsabilité personnelle, [treize ans, et qu’il n’aura pas circoncis, la forme yimmol étant ici une forme active], son âme sera retranchée [peine de kareth]. Son père, en revanche, ne sera pas passible à cause de lui de la peine de kareth, mais de celle applicable à la non-exécution d’un commandement actif

Cette âme sera retranchée

Il n’aura pas d’enfants et il mourra avant son heure

17,15
Dieu dit à Abraham: "Saraï, ton épouse, tu ne l'appelleras plus Saraï, mais bien Sara.

Tu n’appelleras plus son nom Saraï

Mot qui signifie : « “ma” princesse », pour moi mais pas pour les autres, tandis que « Sara » tout court signifie « princesse », pour tous (Berakhoth 13a)

17,16
Je la bénirai, en te donnant, par elle aussi, un fils; je la bénirai, en ce qu'elle produira des nations et que des chefs de peuples naîtront d'elle."

Je la bénirai

Et par quelle bénédiction ? En ce qu’elle a retrouvé sa jeunesse (Beréchith raba 47, 2), ainsi qu’il est écrit : « après être flétrie, aurai-je ce bonheur ? » (infra 18, 12)

Je la bénirai

Par la faculté d’allaiter, dont elle devra fournir la preuve du retour le jour du festin organisé en l’honneur de Yits‘haq. Car on s’est alors moqué d’eux en chuchotant qu’ils faisaient passer pour leur fils un enfant trouvé. Des femmes lui ont apporté chacune son enfant sans le faire accompagner de sa nourrice, et Sara les a tous allaités, ainsi qu’il est écrit : « qui eût dit à Avraham que Sara allaiterait “des fils” [au pluriel] » (infra 21, 7). Il y est fait partiellement allusion dans Beréchith raba (53, 9)

17,17
Abraham tomba sur sa face et sourit; et il dit en son coeur "Quoi! un centenaire engendrerait encore! et à quatre-vingt-dix ans, Sara deviendrait mère!"

Avraham tomba sur sa face

Comme le rend le Targoum Onqelos : « il s’est réjoui », tandis qu’à propos de Sara, le Targoum indique : « elle s’est moquée ». D’où l’on apprend qu’Avraham a eu foi et s’est réjoui, tandis que Sara n’a pas eu foi et a raillé. Voilà pourquoi le Saint béni soit-Il s’est irrité contre Sara (infra 18, 13), mais pas contre Avraham

Un centenaire...

Il est des interrogations qui sont des affirmations, comme dans : « quoi ! Me suis-je manifesté... ? » (I Chemouel 2, 27), « vois-tu... ? » (II Chemouel 15, 27). Nous nous trouvons, ici aussi, en présence d’une affirmation. Avraham s’est dit dans son cœur : « Le Saint béni soit-Il n’aurait certes pas fait à un autre ce qu’Il va m’accorder à moi ! 

Et Sara

Serait-elle encore capable d’avoir des enfants ? Il est vrai que les premières générations pouvaient enfanter jusqu’à l’âge de cinq cents ans. Cependant, à l’époque d’Avraham, la durée de vie avait déjà été réduite et l’humanité s’était affaiblie. On constate en effet que les hommes des dix générations qui ont séparé Noa‘h d’Avraham ont eu leurs enfants plus tôt, à un âge situé entre soixante et soixante-dix ans

17,18
Abraham dit au Seigneur: "Puisse Ismaël, à tes yeux, mériter de vivre!"

Puisse Yichma‘el vivre

Pourvu que Yichma‘el vive ! Je ne suis pas digne de recevoir une telle récompense

Vivre devant toi

Puisse-t-il vivre dans ta crainte, comme dans : « marche devant moi » (verset 1), que le Targoum Onqelos rend par : « sois-moi fidèle »

17,19
Le Seigneur répondit: "Certes, Sara, ton épouse, te donnera un fils, et tu le nommeras Isaac. Je maintiendrai mon pacte avec lui, comme pacte perpétuel à l'égard de sa descendance.

Certes (aval – littéralement : « mais »)

C’est une confirmation des paroles précédentes. Comme dans : « certes (aval), nous sommes coupables » (infra 42, 21), « certes (aval) ! elle n’a pas de fils » (II Melakhim 4, 14)

Tu appelleras son nom Yits‘haq

A cause du rire (tse‘hoq) d’Avraham. D’autres disent : à cause des dix épreuves imposées à Avraham [numériquement égales à yod], des quatre-vingt-dix ans de Sara [numériquement égaux à tsadei], des huit jours de la circoncision [numériquement égaux à ‘heith] et des cent ans d’Avraham [numériquement égaux à qof]

Mon alliance

L'alliance de la Mila sera transmise à la descendance d'Itsh'a

17,20
Quant à Ismaël, je t'ai exaucé: oui, je l'ai béni; je le ferai fructifier et multiplier à l'infini; il engendra douze princes, et je le ferai devenir une grande nation.

Douze princes (nessiim)

Ils disparaîtront comme des nuages (Beréchith raba 47, 5), comme dans : « des nuages (nessiim) et du vent » (Michlei 25, 14)

17,21
Pour mon alliance, je la confirmerai sur Isaac, que Sara t'enfantera à pareille époque, l’année prochaine."
17,22
Ayant achevé de lui parler, Dieu disparut de devant Abraham.

D’au-dessus d’Avraham

C’est un euphémisme employé lorsque l’on parle de la chekhina. D’où nous apprenons que les justes sont comme la « monture » de Dieu, [étant donné que Dieu se tient, si l’on peut dire, « au-dessus » d’eux] (Beréchith raba 47, 8)

17,23
Abraham prit Ismaël son fils, tous les enfants de ses esclaves et ceux qu'il avait achetés à prix d'argent, tous les mâles de la maison d'Abraham; il retrancha la chair de leur excroissance, ce jour-là même, ainsi que Dieu le lui avait dit.

Ce jour-là même

Le jour même où il en avait reçu l’ordre (Beréchith raba 47, 9), le jour et pas la nuit. Il n’a eu peur ni des autres peuples ni des moqueurs. [Il l’a fait aussi en plein jour] afin que ses ennemis et ses contemporains ne disent pas : « Si nous l’avions vu, nous ne l’aurions pas laissé se circoncire et accomplir le commandement de Dieu ! »

Il circoncit

Le verbe est conjugué à la forme active (qal), [comme pour marquer que c’est bien les autres qu’il a circoncis]

17,24
Or, Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsque fut retranchée la chair de son excroissance.

Lorsque fut circoncise

Le verbe est conjugué à la forme passive (nif’al), comme dans : « lorsqu’ils furent créés (behibaram) » (supra 2, 4)

17,25
Ismaël, son fils, était âgé de treize ans, lorsque la chair de son excroissance fut retranchée.

Lorsque fut circoncise la chair de son excroissance

Le texte n’emploie pas, à propos d’Avraham, le mot eth, étant donné qu’il ne restait plus à retrancher qu’un mince lambeau de chair, ses activités sexuelles ayant rétréci son prépuce. Chez Yichma‘el, en revanche, qui était un enfant, il a fallu retrancher le prépuce et retourner la membrane. D’où l’emploi, chez lui, du mot eth, [le mot impliquant un ajout] (Beréchith raba 47, 8)

17,26
C'est en ce même jour que fut circoncis Abraham, ainsi qu’Ismaël son fils.

En ce même jour

Où Avraham a eu quatre-vingt-dix-neuf ans, et Yichma‘el treize ans, qu’ils ont été circoncis

17,27
Et tous les gens de sa maison, nés chez lui ou achetés à prix d'argent à l'étranger, furent circoncis en même temps.
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