Paracha Tsav
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Bo

Lecture de la paracha Bo en français

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10,1
L'Éternel dit à Moïse: "Rends toi chez Pharaon; car moi même j'ai appesanti son cœur et celui de ses serviteurs, à dessein d'opérer tous ces prodiges autour de lui

Hachem dit à Mochè : Viens vers Pharaon

Et mets-le en garde

Afin que je mette (littéralement : « moi mettre »)

Afin que moi, je mette [le suffixe en i est le sujet de l’infinitif]

10,2
et afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que j'ai fait aux Égyptiens et les merveilles que j'ai opérées contre eux; vous reconnaîtrez ainsi que je suis l'Éternel."

Ce que j’ai accompli (hith‘alalti)

Je me suis joué, comme dans : « parce que tu t’es jouée (hith‘alalt) de moi » (Bamidbar 22, 29) ; « comme il s’est joué (hith‘alél) d’eux » (I Chemouel 6, 6), à propos de l’Egypte. Le mot hith‘alalti ne peut pas avoir le sens d’action ou d’exploit, car le texte aurait dû porter, dans ce cas : ‘olalti, comme dans : « tu leur as fait (‘olél) comme tu m’as fait (‘olalta) » (Eikha 1, 22) et : « ce qui m’a été fait (‘olal) » (Eikha 1, 12)

10,3
Moïse et Aaron se rendirent chez Pharaon et lui dirent "Ainsi parle l'Éternel, Dieu des Hébreux: ‘Jusqu'à quand refuseras tu de fléchir devant moi? Laisse partir mon peuple, pour qu'il m'adore!

De t’humilier (lé‘anoth)

C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Le mot lé‘anoth est de la même racine que ‘ani (« pauvre ») : « Jusqu’à quand refuseras-tu de te faire pauvre et humble devant moi ? »

10,4
Que si tu refuses de laisser partir mon peuple, je susciterai demain des sauterelles dans ton territoire.
10,5
Elles déroberont la vue de la terre et l'on ne pourra plus apercevoir la terre; elles anéantiront le reste des ressources que vous a laissées la grêle, elles dévoreront toutes les plantes qui croissent pour vous dans les champs.

L’œil de la terre

Ce qui de la terre apparaît au regard

Et l’on ne pourra pas…

Celui qui voit « ne pourra plus voir la terre ». Le texte s’exprime de manière elliptique [le sujet étant sous-entendu]

10,6
Elles rempliront tes maisons et les maisons de tous tes serviteurs et celles de toute l'Égypte: telles n'en virent point tes aïeux, ni les pères de tes aïeux, depuis le jour où ils occupèrent le pays jusqu'à ce jour.’ " Et il se retira et sortit de devant Pharaon.
10,7
Les serviteurs de Pharaon lui dirent: "Combien de temps celui-ci nous portera-t-il malheur? Laisse partir ces hommes, qu'ils servent l'Éternel leur Dieu: ignores-tu encore que l'Égypte est ruinée?"

Ne sais-tu pas encore

N’as-tu pas encore reconnu « que l’Egypte est perdue ? » (voir Rachi supra 9, 30)

10,8
Moïse et Aaron furent rappelés auprès de Pharaon, qui leur dit: "Allez servir l'Éternel votre Dieu; quels sont ceux qui iront?"

On fit revenir

Ils ont été ramenés [forme hof‘al] par un messager dépêché auprès d’eux, chargé de les réintroduire auprès de Pharaon

10,9
Moïse répondit: "Nous irons jeunes gens et vieillards; nous irons avec nos fils et nos filles, avec nos brebis et nos bœufs, car nous avons à fêter l'Éternel."
10,10
Il leur répliqua: "Ainsi soit l'Éternel avec vous, comme je compte vous laisser partir avec vos enfants! Voyez comme vos intentions sont mauvaises!

Comme je renverrai vous et vos enfants

Quand bien même je laisserais partir aussi le petit et le gros bétail, comme vous l’avez dit

… Car le mal (ra‘a) est face à vos visages

Comme le rend le Targoum Onqelos : « Voyez, le mal que vous avez l’intention de me faire se retourne contre vous ! » J’ai entendu l’explication suivante du midrach : Il existe une étoile appelée ra‘a. Pharaon leur a dit : « Je sais par mes connaissances astrologiques qu’une étoile va s’avancer à votre rencontre (littéralement : “devant vous”) dans le désert et qu’elle est annonciatrice de sang et de tueries ». Lorsque Israël a commis le péché du veau d’or et que le Saint béni soit-Il a voulu les tuer, Mochè a dit dans sa prière : « Pourquoi les Egyptiens diront-ils : C’est pour le mal (ra‘a) qu’Il les a fait sortir… ? » (infra 32, 12). C’est ce que leur avait dit Pharaon : « Voyez comme ra‘a est devant vous ! » Aussitôt « Hachem révoqua le mal (ra‘a) » (infra 32, 14) et Il changea le sang [dont cette étoile constituait l’emblème] en sang de la circoncision. En effet, Yehochou‘a les a circoncis, et c’est ce que veut dire le texte : « J’ai retiré aujourd’hui de dessus de vous la honte de l’Egypte » (Yehochou‘a 5, 9). Car ils vous disaient : « Nous voyons du sang sur vous dans le désert ! »

10,11
Non pas!... Allez, je vous prie, vous autres hommes et servez l'Éternel, puisque c'est là ce que vous désirez." Et on les chassa de devant Pharaon.

Non ainsi

Non comme vous l’avez dit, en emmenant avec vous vos enfants, mais « allez donc les hommes, et servez Hachem »

Car c’est ce que vous réclamez

Car ce service est bien cela que vous réclamiez jusqu’ici : « Allons, sacrifions à notre Eloqim ! » (supra 5, 8). Or, il n’est pas d’usage que les enfants offrent des sacrifices

On les chassa

Le texte s’exprime de manière elliptique, le sujet de l’action étant sous-entendu

10,12
L'Éternel dit à Moïse." Étends ta main sur le pays d'Égypte pour les sauterelles, afin qu'elles envahissent le pays d'Égypte et qu'elles dévorent tout l'herbage de la terre, tout ce qu'a épargné la grêle."

Pour la sauterelle

En vue de la plaie des sauterelles

10,13
Moïse étendit sa verge sur le pays d'Égypte; alors l'Éternel dirigea un vent d'est sur le pays tout ce jour-là, puis toute la nuit. Le matin venu, le vent d'est avait amené les sauterelles.

Le vent d’est

C’est un vent d’est qui a amené les sauterelles, en soufflant en direction de l’Egypte. L’Egypte se trouve en effet au sud-ouest d’Erets Yisraèl, comme expliqué ailleurs (Bamidbar 34, 3)

10,14
Elles se répandirent, les sauterelles, par tout le pays d'Égypte et elles s'abattirent sur tout le territoire égyptien. C'était prodigieux: pareille quantité de sauterelles ne s'était pas encore vue, pareille quantité ne devait plus se voir.

Et après elle il n’y en aura pas ainsi

Quant à l’invasion de sauterelles qui a eu lieu à l’époque de Yoél, et dont il est écrit : « comme elle il n’y en eut jamais » (Yoél 2, 2), nous apprenons [de ce dernier verset] qu’elle a surpassé en gravité celle de l’époque de Mochè en ce qu’elle comportait plusieurs espèces à la fois, appelées arbè, yèlèq, ‘hassil et gazam (voir Yoél 2, 25). Tandis que celle de Mochè ne comportait qu’une seule espèce [arbè], et c’est comme telle qu’il n’y en a eu et qu’il n’y en aura jamais de pareille

10,15
Elles dérobèrent si complètement la vue du sol, qu'il en fut obscurci; elles dévorèrent tout l'herbage de la terre: et tous les fruits d'arbre, épargnés par la grêle et il ne resta plus de verdure soit aux arbres, soit en herbe des champs, dans tout le pays d'Égypte.

Toute l’herbe

Toutes feuilles vertes. En français : « verdure »

10,16
Pharaon, en toute hâte, manda Moïse et Aaron et leur dit: "J'ai péché contre l'Éternel votre Dieu et contre vous.
10,17
Eh bien! De grâce, pardonnez ma faute, cette fois seulement et suppliez l'Éternel votre Dieu qu'il me délivre, à tout prix, de ce fléau."
10,18
Moïse se retira de chez Pharaon et sollicita le Seigneur.
10,19
Et le Seigneur fit tourner le vent, qui souffla de l'ouest avec une grande violence, emporta les sauterelles et les noya dans la mer des joncs: il ne resta plus une sauterelle sur tout le territoire de l'Égypte.

Un vent de mer

Un vent d’ouest

Vers la mer des Joncs

La mer des Joncs se situant en partie à l’ouest, face à la limite sud, et aussi à l’est d’Erets Yisraèl, c’est à mon avis un vent d’ouest qui a poussé les sauterelles vers la mer des Joncs qui lui faisait face. Nous voyons en effet, à propos des frontières, que la mer des Joncs fait face à l’est, ainsi qu’il est écrit : « Je fixerai tes limites depuis la mer des Joncs jusqu’à la mer des Philistins » (infra 23, 31), c’est-à-dire de l’est vers l’ouest. Car la mer des Philistins est à l’ouest, ainsi qu’il est écrit à propos des Philistins : « les habitants de la bande côtière, les Keréthim » (Tsefania 2, 5)

Il ne resta pas une unique sauterelle

Pas même de celles qu’ils avaient conservées dans du sel (Chemoth raba)

10,20
Mais l'Éternel endurcit le cœur de Pharaon et il ne renvoya pas les enfants d'Israël.
10,21
L'Éternel dit à Moïse: "Dirige ta main vers le ciel et des ténèbres se répandront sur le pays d'Égypte, des ténèbres opaques."

On touchera les ténèbres

Les ténèbres seront plus opaques que celles de la nuit, en ce que les ténèbres de la nuit s’épaissiront et deviendront encore plus noires

On touchera

Le mot weyaméch est une contraction de weyaaméch, [forme hif‘il issue de èmèch (« obscurité »)]. Il arrive souvent que manque dans un mot la lettre alef. Etant donné qu’elle ne se prononce pas, le texte l’omet facilement, comme dans : « l’Arabe ne plantera pas sa tente (lo yahél) » (Yecha’ya 13, 20), au lieu de lo yaahél, ou dans : « tu m’as ceint (watazréni) de force » (II Chemouel 22, 40), au lieu de wataazréni. Le Targoum Onqelos rend weyaméch par : « se retirer », comme dans : « il ne se retirera pas (lo yamouch) » (Yehochou‘a 1, 8) : « [Il y aura des ténèbres] après que les ténèbres de la nuit se seront retirées », c’est-à-dire lorsque se rapprochera la lumière du jour. Mais cette traduction ne s’accommode pas du waw de weyaméch, ce mot venant après : « il y aura des ténèbres ». Le midrach explique ce mot comme ayant la même signification que : « tu iras tâtonnant (memachéch) en plein midi » (Devarim 28, 29), comme pour souligner que les ténèbres étaient si considérables et si épaisses qu’on pouvait les toucher

10,22
Moïse dirigea sa main vers le ciel et d'épaisses ténèbres couvrirent tout le pays d'Égypte, durant trois jours.

Trois jours

Un « trio » de jours, [le mot chelochèth étant au cas construit]. En français médiéval : « terceine ». De même, toutes les fois que l’on rencontre dans le texte l’expression chiv‘ath yamim, elle signifie en français médiéval : « seiteine »

Il y eut obscurité de ténèbres… trois jours

« Obscurité de ténèbres » est un cas construit. Personne n’a pu voir quiconque pendant ces trois jours, auxquels ont succédé trois autres jours de ténèbres redoublées (verset 23) au cours desquels « nul ne se leva de sa place ». Celui qui était assis au début de cette seconde période a été incapable de se lever, et celui qui était debout a été incapable de s’asseoir. Et pourquoi Hachem leur a-t-Il infligé la plaie des ténèbres ? Parce qu’Israël comptait en son sein des impies qui ne voulaient pas sortir [d’Egypte] et qui sont morts pendant les trois jours de ténèbres. Il ne fallait pas que les Egyptiens puissent assister à leur ruine et dire : « Eux aussi ont été frappés comme nous ! ». Autre raison : Les enfants d’Israël ont pu, pendant ces trois jours, repérer les trésors des Egyptiens. Lorsque, au moment de sortir du pays, ils les leur ont demandés et que ceux-ci leur répondaient : « Nous n’en possédons pas ! », ils leur ont rétorqué : « J’en ai vu, et à tel endroit ! » (Midrach tan‘houma, Chemoth raba)

10,23
On ne se voyait pas l'un l'autre et nul ne se leva de sa place, durant trois jours mais tous les enfants d'Israël jouissaient de la lumière dans leurs demeures.
10,24
Pharaon manda Moïse et dit: "Partez, adorez l'Éternel; seulement, que votre menu et votre gros bétail demeurent, mais vos enfants peuvent vous suivre."

Demeurent

Qu’ils soient laissés à leur place

10,25
Moïse répondit: "Toi-même, tu nous donneras des victimes et des holocaustes pour les offrir à l'Éternel notre Dieu

Toi aussi tu donneras

Non seulement notre propre bétail nous accompagnera, mais tu donneras aussi du tien

10,26
et notre bétail ne nous suivra pas moins; il n'en restera pas ici un ongle, car nous devons en prendre pour sacrifier à l'Éternel notre Dieu; or, nous ne saurons de quoi lui faire hommage que lorsque nous serons arrivés."

Un sabot

Le sabot du pied. En français : « plante »

Et nous

Nous ne savons pas de quelle importance sera le service. Peut-être exigera-t-Il plus que ce dont nous disposons

10,27
Mais l'Éternel endurcit le cœur de Pharaon, qui ne consentit point à les laisser partir.
10,28
Pharaon dit à Moïse: "Sors de devant moi! Garde-toi de reparaître à ma vue, car, le jour où tu verras mon visage, tu mourras!"
10,29
Moïse repartit: " Tu as bien dit. Je ne reverrai plus ton visage."

Tu as parlé juste

Tu as bien parlé, et tu as parlé en temps opportun : Il est exact que je ne reverrai plus ta face (Mekhilta sur 12, 31, Chemoth raba, voir aussi Targoum Onqelos)

11,1
L'Éternel avait dit à Moïse: "Il est une plaie encore que j'enverrai à Pharaon et à l'Égypte et alors il vous laissera partir de ce pays; en le faisant cette fois, il vous en repoussera d'une manière absolue.

Entièrement

Le Targoum Onqelos rend le mot kala (« entièrement ») par guemira : c’est vous tous qu’il renverra

11,2
Fais donc entendre au peuple que chacun ait à demander à son voisin et chacune à sa voisine, des vases d'argent et des vases d'or."

Parle donc

Le mot na (« donc ») signifie toujours une imploration. Transmets-leur, je t’en supplie, cet avertissement. Car il ne faudrait pas que ce juste, Avraham, puisse prétendre que [la prophétie contenue dans le verset :] « ils l’asserviront, ils l’opprimeront quatre cents ans » (Beréchith 15, 13) s’est accomplie, mais pas [celle contenue dans le verset suivant :] « et ensuite ils sortiront avec de grands biens » (Berakhoth 7a)

11,3
Le Seigneur avait fait trouver faveur à son peuple chez les Égyptiens; cet homme aussi, Moïse, était très considéré dans le pays d'Égypte, aux yeux des serviteurs de Pharaon et aux yeux du peuple.
11,4
Moïse ajouta: "Ainsi a parlé l'Éternel: ‘Au milieu de la nuit, je m'avancerai à travers l'Égypte

Mochè dit : Ainsi a parlé Hachem

Cette prophétie lui a été transmise tandis qu’il se tenait encore devant Pharaon (Chemoth raba). Car il lui a annoncé, lorsqu’il l’a quitté, qu’il ne le reverrait plus (supra 10, 29)

Vers la moitié de la nuit

A la division de la nuit, [c’est-à-dire lorsque viendra minuit]. Le mot ka‘hatsoth (« vers la moitié ») [est un infinitif précédé d’un préfixe,] comme dans : « lorsqu’a été montée (ba‘aloth) l’oblation » (I Melakhim 18, 36), ou dans : « lorsque leur colère a éclaté (ba‘haroth) contre nous » (Tehilim 124, 3). C’est là le sens littéral, tel qu’il correspond au contexte. Car le mot ‘hatsoth n’est pas un substantif, équivalent à ‘hatsi. Mais nos maîtres l’ont interprété comme si Mochè avait effectivement dit : « vers le milieu de la nuit… », à savoir : « aux environs du milieu de la nuit, tout de suite avant ou tout de suite après ». Et il n’a pas dit : ba‘hatsoth (« au milieu »), [contrairement à ce que Hachem lui avait ordonné], car il a craint que les astrologues de Pharaon, à la suite d’une erreur qu’ils auraient pu commettre, en viennent à dire : « Mochè est un menteur ! » (Berakhoth 4a, Mekhilta sur Chemoth 12, 29)

11,5
et alors périra tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis le premier né de Pharaon qui devait occuper son trône, jusqu'au premier-né de l'esclave qui fait tourner la meule; de même tous les premiers-nés des animaux.

Jusqu’au premier-né du prisonnier

[Le mot : « prisonnier » est employé plus loin (infra 12, 29) à la place de : « servante ».] Pourquoi les prisonniers ont-ils été frappés, [alors qu’ils n’avaient pas contribué à l’asservissement des Hébreux] ? C’est afin qu’ils ne puissent pas affirmer que leur propre divinité avait réparé l’humiliation qui leur avait été infligée et donc qu’elle avait puni les Egyptiens (Mekhilta)

Depuis le premier-né de Pharaon… jusqu’au premier-né de la servante

Sont ici inclus tous ceux dont la distinction était moindre que celle du premier-né de Pharaon et supérieure à celle du premier-né de la servante. Et pourquoi les fils des servantes ont-ils été frappés ? Parce qu’ils ont, eux aussi, asservi les Hébreux et se sont réjouis de leur détresse (Mekhilta)

Et tout premier-né d’animal

Parce qu’ils les adoraient en tant que divinités. Lorsque le Saint béni soit-Il punit un peuple, Il punit aussi ses divinités (Mekhilta sur Chemoth 12, 29)

11,6
Et ce sera une clameur immense dans tout le pays d'Égypte, telle qu'il n'y en a pas eu, qu'il n'y en aura plus de pareille.
11,7
Quant aux enfants d'Israël, pas un chien n'aboiera contre eux ni contre leur bétail afin que vous reconnaissiez combien l'Éternel distingue entre Misraïm et Israël.

Pas un chien ne tirera sa langue

Le mot yè‘hèrats (« pointera ») veut dire, à mon avis, « aiguisera » : « Pas un chien n’aiguisera sa langue ». De même : « Il n’a pas aiguisé (lo ‘harats) sa langue contre les enfants d’Israël » (Yehochou‘a 10, 21) ; « Alors tu émettras un son aigu (tè‘hèrats) » (II Chemouel 5, 24) ; « Une herse à dents (‘harouts) » (Yecha’ya 41, 15), c’est-à-dire aiguisée ; « Les pensées du ‘harouts » (Michlei 21, 5), c’est-à-dire de l’homme perspicace et vif ; « Et la main des ‘haroutsim enrichit » (Michlei 10, 4), c’est-à-dire la main des gens perspicaces, des commerçants habiles

Que Hachem distingue

Qu’Il fait une différence

11,8
Tous ces courtisans qui t'entourent descendront jusqu'à moi et se prosterneront à mes pieds en disant: 'Pars, toi et tout le peuple qui t'obéit!' Et alors je partirai.’ " Et il sortit, tout courroucé, de devant Pharaon.

Tous tes serviteurs descendront

Il marque ici sa déférence envers l’institution royale. Plus tard, c’est Pharaon lui-même qui descendra pendant la nuit et dira : « Levez-vous ! Sortez du milieu de mon peuple » (infra 12, 31). Mais Mochè ne lui annonce pas ici : « C’est toi qui descendras vers moi et qui te prosterneras vers moi ! » (Zeva‘him 102a)

Qui est à tes pieds

Qui suit tes conseils et tes voies

Et après quoi je sortirai

Avec tout le peuple, de ton pays

Il sortit d’avec Pharaon

Lorsqu’il eut fini de lui parler, il sortit de chez lui

Enflammé de colère

Parce qu’il lui avait dit : « Garde-toi de recommencer de voir ma face ! » (supra 10, 28)

11,9
L'Éternel avait dit à Moïse: "Pharaon ne vous cédera point, afin que mes miracles se multiplient dans le pays d'Égypte."

Afin de multiplier mes prodiges

[« Mes prodiges » au pluriel, et donc tout la fois] la mort des premiers-nés, le partage de la mer des Joncs et la submersion des Egyptiens

11,10
Or, Moïse et Aaron avaient exécuté tous ces miracles à la vue de Pharaon mais l'Éternel endurcit le cœur de Pharaon et il ne renvoya point les Israélites de son pays.

Et Mochè et Aharon firent…

Le texte a déjà indiqué cela à propos de tous les miracles. Il le répète cependant ici pour le relier à ce qui sera écrit au chapitre suivant, [afin de justifier le fait que les commandements qui figureront dans ce chapitre seront donnés à Aharon tout comme à Mochè (voir commentaire de Rachi au verset suivant)]

12,1
L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, dans le pays d'Égypte, en ces termes:

Hachem dit à Mochè et à Aharon

Etant donné que Aharon avait travaillé durement, tout comme Mochè, à l’accomplissement des miracles, Hachem lui rend ici hommage, au moment de proclamer la première de toutes les mitswoth, en l’associant à Mochè au moment où Il va l’annoncer

Dans le pays d’Egypte

Etait-ce hors de la ville, ou bien à l’intérieur de la ville ? Le texte a indiqué plus haut : « Mochè lui dit : Quand je sortirai de la ville, j’étendrai mes paumes… » (supra 9, 29). Si, pour une prière, laquelle est de moindre importance [qu’une communication faite par Hachem], il n’a pas récité sa prière à l’intérieur de la ville, il ne peut qu’en être de même, a fortiori, pour un message d’une telle portée. Et pourquoi Hachem ne s’est-Il pas adressé à eux à l’intérieur de la ville ? Parce qu’elle était pleine d’idoles (Mekhilta)

12,2
"Ce mois-ci est pour vous le commencement des mois; il sera pour vous le premier des mois de l'année.

Ce mois-ci

Il lui a montré la lune en train de se renouveler, et lui a dit : « Lorsque la lune se renouvellera, ce sera pour vous le commencement des mois. » (Mekhilta ; Chemoth raba). Mais un texte ne doit pas dévier de son sens littéral, et c’est du mois de nissan qu’Il lui a parlé : ce mois-ci sera le premier dans l’ordre de leur dénombrement, le mois de iyar étant appelé le deuxième, celui de siwan le troisième, etc

Ce mois-ci

Mochè était dans l’embarras quant à la manière de déterminer le moment exact du renouvellement de la lune (molad) : de combien devrait-elle être visible pour pouvoir être consacrée ? Hachem la lui a montrée « du doigt » dans le ciel et lui a dit : « Tu devras la voir comme “ceci” ! » Et comment la lui a-t-Il montrée, alors qu’Il ne s’entretenait avec lui que de jour ? Il est en effet écrit : « Ce fut, “le jour” où parla Hachem à Mochè dans le pays d’Egypte » (supra 6, 28), « “le jour” où Il a ordonné » (Wayiqra 7, 38), « depuis “le jour” où Hachem a ordonné et au-delà à vos générations » (Bamidbar 15, 23). En fait, Il lui a transmis ce paragraphe peu de temps avant le coucher du soleil et Il lui a montré la lune après la tombée de la nuit (Mekhilta)

12,3
Parlez à toute la communauté d'Israël en ces termes: Au dixième jour de ce mois, que chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle, un agneau par maison.

Parlez à toute la communauté

Etait-ce à Aharon de parler ? Il est pourtant écrit : « Toi [Mochè] tu déclareras tout ce que je t’ordonnerai… » (supra 7, 2). En fait, Aharon et Mochè se témoignaient du respect l’un à l’autre, chacun recherchant l’enseignement de son frère. La parole s’émanait ainsi de tous les deux, comme s’ils s’exprimaient ensemble (Mekhilta)

Parlez à toute la communauté d’Israël en disant : Au dix de ce mois-ci

Parlez aujourd’hui, premier du mois, pour qu’ils le fassent le dixième jour (Mekhilta)

De ce mois-ci

Ils le prendront le dixième jour pour le Pessa‘h d’Egypte, mais non pour celui des générations suivantes (Pessa‘him 96a)

Un agneau pour une maison paternelle

Par famille [au sens large]. J’aurais pu penser, en cas de famille nombreuse, qu’un seul agneau dût suffire, [même au risque de ne fournir à chacun des convives qu’une quantité inférieure au volume d’une olive]. Aussi est-il écrit ensuite : « un agneau par maison », c’est-à-dire par famille au sens étroit

12,4
Celui dont le ménage sera trop peu nombreux pour manger un agneau, s'associera avec son voisin, le plus proche de sa maison, selon le nombre des personnes; chacun, selon sa consommation, réglera la répartition de l'agneau.

Si la maison sera trop peu nombreuse pour un agneau (littéralement : « de l’existence de l’agneau »)

S’ils sont trop peu nombreux pour pouvoir consommer tout l’agneau, et qu’ils risquent de laisser des restes (nothar), « il prendra, lui et son voisin… » – tel est le sens littéral du verset. Quant au midrach, il nous enseigne que les convives ont le droit, après s’être comptés pour la consommation d’un agneau, de se retirer du compte et de se reporter sur un autre agneau. Mais il faut qu’ils le fassent « du vivant de l’agneau », et non après qu’il a été égorgé (Pessa‘him 89a)

Selon le nombre (bemikhsath) d’âmes

Le compte, comme dans : « la quote-part (mikhsath) de ton évaluation » (Wayiqra 27, 23)

Selon ce qu’il mange

Selon ce que mange une personne en bonne santé, à l’exclusion du malade et du vieillard qui ne peuvent même pas manger le volume d’une olive (Mekhilta, V. Pessa‘him 91a)

Vous compterez (takhossou)

[C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos, et non comme le fait la Mekhilta : « vous égorgerez ».

12,5
L'animal doit être sans défaut, mâle, dans sa première année; vous le choisirez parmi les brebis ou les chèvres.

Intact

Sans défaut (Mekhilta)

D’un an

Il est ainsi appelé pendant toute sa première année, à savoircelle de sa naissance

Des brebis et des chèvres

Soit des unes soit des autres, car la chèvre est également appelée agneau, comme dans : « l’ovin de chèvre (littéralement : “le mouton chèvre”) » (Devarim 14, 4)

12,6
Vous le tiendrez en réserve jusqu'au quatorzième jour de ce mois; alors toute la communauté d'Israël l'immolera vers le soir.

Il sera pour vous à garde

Le mot michmèreth exprime ici l’idée d’examen. Il fallait, pendant les quatre jours qui ont précédé l’égorgement, vérifier qu’il ne comportait pas de défaut. Et pourquoi a-t-il fallu qu’ils prennent l’agneau quatre jours avant de le sacrifier, alors que cela ne leur a pas été prescrit pour les Pessa‘h suivants ? Rabi Mathia ben ‘Harach a enseigné : Il est écrit : « Et je passai près de toi, et je te vis, et voici, ton âge était l’âge des amours » (Ye‘hezqel 16, 8). Le moment est venu pour le serment que j’ai prêté à Avraham de sauver ses enfants. Or, ils n’avaient aucun commandement à accomplir pour mériter d’être délivrés, comme il est écrit : « mais tu étais nue et découverte » (ibid. verset 7). Aussi Hachem leur a-t-Il donné deux mitswoth : le sang de Pessa‘h et celui de la circoncision, lequel a été versé cette nuit-là, comme il est écrit : « je te vis gisant dans tes sangs » (ibid. verset 6), littéralement : « dans tes deux sangs ». Il est également écrit : « Et toi aussi, à cause du sang de ton alliance, je renverrai tes prisonniers hors de la fosse [c’est-à-dire : “de la prison”] où il n’y a pas d’eau » (Zekhariya 9, 11). Comme ils avaient sombré dans l’idolâtrie, Mochè leur a dit (verset 21) : « Tirez et prenez pour vous », c’est-à-dire : « Retirez vos mains des idoles et prenez l’agneau de la mitswa ! » (Pessa‘him 96a

Toute l’assemblée de la communauté d’Israël l’égorgera

La tâche d’égorger incombait-elle à toute la communauté ?! D’où l’on apprend que le mandataire de quelqu’un est considéré à l’égal de celui qui l’a chargé de mission (Mekhilta, Qiddouchin 41b)

L’assemblée de la communauté d’Israël

L’emploi de ces trois mots [« assemblée », « communauté » et « Israël »] signifie que les offrandes de Pessa‘h de la collectivité étaient égorgées en trois groupes, l’un après l’autre. Lorsque entrait le premier groupe, on fermait les portes du parvis, etc., comme expliqué dans le traité Pessa‘him (64a)

Entre les deux soirs

On appelle : « entre les deux soirs » le temps qui s’écoule après six heures (Mekhilta). Le soleil commence alors à décliner vers son couchant et à s’assombrir. Cette expression, à mon avis, désigne le temps qui s’écoule entre l’assombrissement du jour, à sept heures, et l’assombrissement de la nuit (Pessa‘him 58a). Et l’assombrissement de la nuit marque le commencement de celle-ci. Le mot ‘érèv signifie assombrissement et obscurité, comme dans : « Toute joie est assombrie (‘orva) » (Yecha’ya 24, 11)

12,7
On prendra de son sang et on en teindra les deux poteaux et le linteau des maisons dans lesquelles on le mangera.

Ils prendront du sang

C’est l’acte consistant à recueillir le sang. J’aurais pu penser qu’il fallût le faire dans la main. Aussi est-il écrit (verset 22) : « dans le sang qui sera dans le bassin… » (Mekhilta)

Sur les deux poteaux

Il s’agit des montants qui se dressent de part et d’autre de la porte

Et sur le linteau (machqof)

Il s’agit de la partie supérieure de la porte, là où elle frappe (choqéf) quand on la ferme. En français médiéval : « lintel ». Le mot machqof vient du verbe chqof qui signifie : « frapper », comme dans : « le bruit d’une feuille repoussée » (Wayiqra 26, 36), que le Targoum Onqelos rend par : chaqif, ou dans : « contusion pour contusion » (infra 21, 25), qu’il rend par : machqofi

Sur les maisons dans lesquelles ils le mangeront

A l’exclusion des poteaux et des linteaux des dépôts de fourrage et des étables, qui ne servent pas à l’habitation

12,8
Et l'on en mangera la chair cette même nuit; on la mangera rôtie au feu et accompagnée d'azymes et d'herbes amères.

La chair

Et non les tendons et les os (Mekhilta, Pessa‘him 83b)

Et des matsoth sur des herbes amères (merorim)

Toute herbe amère est appelée maror. Il leur a été ordonné de manger du maror en souvenir de (supra 1, 14) : « Ils leur rendirent la vie amère (wayemorarou) » (Pessa‘him 116b)

12,9
N'en mangez rien qui soit à demi cuit, ni bouilli dans l'eau mais seulement rôti au feu, la tète avec les jarrets et les entrailles.

Vous n’en mangerez pas à demi-cuit (na)

Tout ce qui n’est pas rôti à point est appelé na en arabe

Ni cuire

Tout cela participe de l’interdiction : « vous n’en mangerez pas » (Pessa‘him 41a)

Dans l’eau

D’où sait-on qu’il en est de même des autres liquides ? Du redoublement : « cuire, cuit », c’est-à-dire d’aucune manière (ibid.)

Si ce n’est rôti au feu

Le même verset, après avoir stipulé une interdiction (« Vous n’en mangerez pas »), y ajoute un commandement actif (« si ce n’est rôtie au feu »)

Sa tête sur ses jambes

On devra la rôtir entièrement, d’une seule pièce, y compris sa tête, ses jambes et ses entrailles. On remettra celles-ci à l’intérieur après les avoir nettoyées (Pessa‘him 74a). L’expression : « “sur” ses jambes et “sur” ses entrailles » est à prendre dans le même sens que : « selon leurs armées (littéralement : “« sur » leurs armées”) » (supra 6, 26), c’est-à-dire telles qu’elles sont. Il en est de même ici : l’animal tel qu’il est, avec tous ses organes

12,10
Vous n'en laisserez rien pour le matin; ce qui en serait resté jusqu'au matin, consumez-le par le feu.

Et ce qui en reste jusqu’au matin

Pourquoi cette répétition de : « jusqu’au matin » ? C’est pour ajouter : « matin » à : « matin » (Mekhilta). Le mot : « matin » signifie le lever du soleil, et le texte vient ici pour avancer l’interdiction jusqu’à l’aube – tel est le sens littéral du verset. Quant au midrach, il nous enseigne que l’on n’a pas le droit d’incinérer les restes le jour de Yom tov, mais le lendemain, le texte devant être compris : « Vous n’en laisserez rien jusqu’au premier matin, et ce qui en restera jusqu’au lendemain matin vous l’incinérerez » (Pessa‘him 83b)

12,11
Et voici comme vous le mangerez: la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton a la main; et vous le mangerez à la hâte, c'est la pâque en l'honneur de l'Éternel.

Vos hanches ceintes

Prêts à vous mettre en route

A la hâte

Le mot ‘hipazon désigne m’empressement et la hâte, comme dans : « et David fuyait en hâte (né‘hpaz) » (I Chemouel 23, 26), ou dans : « que les Araméens avaient jetés dans leur fuite précipitée (be‘hipazam) » (II Melakhim 7, 15

C’est Pessa‘h pour Hachem

C’est le sacrifice qui est appelé pessa‘h, qui évoque l’idée de « sauter », de « passer par-dessus ». Le Saint béni soit-Il a sauté au-dessus des maisons des enfants d’Israël, lesquels ont été épargnés, lorsque ces maisons s’intercalaient entre celles des Egyptiens. Et vous aussi, vous allez faire ce que vous demande le Ciel en vous précipitant et en sautant, à l’image du sacrifice appelé pessa‘h. Quant au mot français médiéval : « pasche », il signifie également : « passer par-dessus »

12,12
Je parcourrai le pays d'Égypte, cette même nuit; je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis l'homme jusqu'à la bête et je ferai justice de toutes les divinités de l'Égypte, moi l'Éternel!

Je passerai

Comme un roi qui « passe » d’un endroit à un autre, sauf que c’est en un seul passage et en un seul instant que tous seront frappés (Mekhilta)

Tout premier-né dans le pays d’Egypte

Y compris les premiers-nés des autres peuples dès lors qu’ils seront en Egypte (Mekhilta). Et d’où sait-on que les premiers-nés égyptiens se trouvant ailleurs qu’en Egypte ont été frappés eux aussi ? Du verset : « … qui a frappé l’Egypte en ses premiers-nés » (Tehilim 136, 10)

Depuis l’homme jusqu’à l’animal

Le châtiment commence par frapper celui qui a fait le mal en premier

Et à tous les dieux de l’Egypte

Les idoles de bois ont pourri, celles de métal ont fondu et ont coulé à terre

Je ferai des jugements

Moi-même, et non par l’intermédiaire d’un messager

12,13
Le sang, dont seront teintes les maisons où vous habitez, vous servira de signe: je reconnaîtrai ce sang et je vous épargnerai et le fléau n'aura pas prise sur vous lorsque je sévirai sur le pays d'Égypte.

Le sang sera pour vous un signe

Pour vous, et non pour les autres (Mekhilta). D’où nous apprenons qu’ils n’ont badigeonné qu’à l’intérieur

Je verrai le sang

Hachem a-t-Il besoin de voir pour savoir ? Le Saint béni soit-Il a dit : « Je saurai, en voyant le sang, que vous êtes occupés à la pratique de mes mitswoth, et je passerai alors sur vous » (Mekhilta)

Je passerai (oufassa‘hti) sur vous

J’épargnerai, comme dans : « en sautant il sauvera » (Yecha’ya 31, 5). Le verbe passa‘h signifie toujours, à mon avis : « sauter » et : « passer au-dessus ». Le mot : « je passerai » signifie qu’Il sautait des maisons des Hébreux à celles des Egyptiens, contiguës les unes aux autres, comme dans : « jusqu’à quand sauterez-vous (pos‘him) sur deux branches ? » (I Melakhim 18, 21). De même, les boiteux (pis‘him) se déplacent en sautillant. De même : « en sautant il sauvera » (Yecha’ya 31, 5). Il saute par dessus et le sauve de parmi les morts

Et il n’y aura pas contre vous de frappe

Mais il y en aura contre les Egyptiens (Mekhilta). S’il se trouve un Egyptien dans la maison d’un Hébreu, sera-t-il sauvé ? Non, car le texte précise : « et il n’aura pas contre vous », ce qui veut dire qu’il y en aura contre les Egyptiens qui seront chez vous. Et si un Hébreu se trouve dans la maison d’un Egyptien, sera-t-il frappé comme celui-ci ? Ce à quoi répond le texte : « et il n’aura pas contre vous » (Mekhilta)

12,14
Ce jour sera pour vous une époque mémorable et vous le solenniserez comme une fête de l'Éternel; d'âge en âge, à jamais, vous le fêterez.

En mémorial

Pour les générations à venir

Vous le célébrerez

Tu célébreras ce jour qui sera pour toi en mémorial, tu le célébreras comme une fête (Mekhilta). Mais on ne nous a pas encore fait savoir lequel il est. D’où la précision : « Souviens-toi de ce jour-là où vous êtes sortis d’Egypte » (infra 13, 3), destinée à nous apprendre que c’est le jour de la sortie qui sera un mémorial. Et quel est le jour de la sortie ? « Au quinzième jour du premier mois, à partir du lendemain du Pessa‘h » (Bamidbar 33, 3). Le jour de la fête est donc le quinzième jour du mois de nissan, car ils ont mangé l’agneau pascal le 14 et sont partis le lendemain matin

Pour vos générations

J’aurais pu croire, par application de la règle selon laquelle le minimum du pluriel est deux, que cela ne concernât que deux générations. Aussi est-il ajouté : « vous le célébrerez comme un statut pour toujours » (Mekhilta)

12,15
Sept jours durant, vous mangerez des pains azymes; surtout, le jour précédent, vous ferez disparaître le levain de vos maisons. Car celui-là serait retranché d'Israël, qui mangerait du pain levé, depuis le premier jour jusqu'au septième.

Sept jours (littéralement : « sept de jours » au cas construit)

En français médiéval : une « seiteine » de jours (V. Rachi sous 10, 22)

Sept jours vous mangerez des matsoth

Alors qu’il est écrit plus loin : « Six jours tu mangeras des matsoth » (Devarim 16, 8). D’où nous déduisons qu’il n’y a pas d’obligation, le septième jour, de manger des matsoth, dès lors que l’on s’abstient de ‘hamets (Pessa‘him 120a). Et d’où sait-on que cette obligation n’existe pas non plus les six premiers jours ? Par un raisonnement propre à la Tora : Lorsqu’une règle est incluse dans un principe général, puis est écartée de ce principe général, et ce en vue d’un enseignement, cette mise à l’écart est destinée à nous apprendre quelque chose non seulement sur cette règle, mais aussi sur le principe général. J’aurais pu croire ici que la consommation des matsoth étant aussi facultative les six premiers jours que le septième, il n’y eût pas non plus d’obligation le premier soir. D’où la précision : « le jour quatorze du mois, au soir, vous mangerez des matsoth » (verset 18), qui impose cette obligation (Pessa‘him 28b)

Seulement le premier jour vous ferez cesser le levain de vos maisons

Dès la veille de la fête. On l’appelle : « premier » parce qu’il est avant les sept jours. Ce qui précède est souvent appelé : « premier » (Pessa‘him 5a), comme dans : « Es-tu né le premier des hommes ? » (Iyov 15, 7), c’est-à-dire : « Es-tu né avant Adam ? ». Ou peut-être s’agit-il vraiment du premier des sept jours ? Mais le texte précise : « Tu n’égorgeras pas sur du ‘hamets le sang de mon sacrifice » (infra 34, 25), comme pour dire : « Tu n’égorgeras pas mon sacrifice alors qu’il y a encore du ‘hamets » (Mekhilta)

Cette âme-là

En possession de sa conscience, et donc hormis le cas de force majeure (Mekhilta)

D’Israël

Je pourrais croire qu’elle sera retranchée d’Israël, mais pour aller dans un autre peuple. Aussi est-il écrit : « sera retranchée cette âme-là de devant moi » (Wayiqra 22, 3), et donc de tout lieu où j’exerce mon pouvoir (Mekhilta)

12,16
Le premier jour vous aurez une convocation sainte et le septième jour encore une sainte convocation. Aucun travail ne pourra être fait ces jours-là; toutefois, ce qui sert à la nourriture de chacun, cela seul vous pourrez le faire.

Convocation (miqra) de sainteté

Le mot miqra est un verbe substantivé : Appelez-le saint, pour la nourriture, la boisson et les vêtements (Mekhilta)

Ne sera fait en eux

Pas même par d’autres (Mekhilta)

Cela à lui seul sera fait pour vous

« Pour vous » et non pour les idolâtres, « lui seul » et non les préparatifs que l’on peut faire la veille

Ce qui est mangé par toute âme

Même pour les bêtes. J’aurais pu croire qu’il en fût ainsi également pour les idolâtres. Aussi est-il écrit : « pour vous » (Chabath 24b, Beitsa 28b)

12,17
Conservez la fête des Azymes, car c'est en ce même jour que j'aurai fait sortir vos légions du pays d'Égypte; conservez ce jour-là dans vos générations, comme une institution perpétuelle.

Vous garderez les matsoth

Pour qu’elles ne lèvent pas (Mekhilta). D’où l’enseignement de nos Maîtres : si la pâte commence à gonfler, on passe sur elle les mains mouillées d’eau froide (V. Rachi sous Pessa‘him 48b). Rabi Yachiya a enseigné : On ne doit pas lire matsoth mais mitswoth et donc, de même qu’on ne laisse pas fermenter les matsoth, de même ne doit-on pas laisser « fermenter » les mitswoth. Lorsque se présente à toi l’occasion d’accomplir une mitswa, saisis-la immédiatement 

Vous garderez ce jour-là

En ne faisant aucun travail

Pour vos générations en statut pour toujours

Il n’a été question jusqu’à présent de « générations » et de « statut pour toujours » qu’à propos de la célébration de la fête (verset 14). Aussi le texte réemploie-t-il ici les mêmes mots afin que tu ne soutiennes pas que l’interdiction de travailler ne s’applique qu’à la génération présente et non à celles à venir (Mekhilta)

12,18
Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des azymes, jusqu'au vingt-et-unième jour du mois au soir.

Jusqu’au jour un et vingt

Pourquoi cette précision, alors qu’il vient d’être écrit : « Sept jours vous mangerez des matsoth » (verset 15) ? C’est parce que le texte ne parlait que de « jours », de sorte qu’il a fallu cette indication supplémentaire pour inclure les nuits (Mekhilta)

12,19
Durant sept jours, qu'il ne soit point trouvé de levain dans vos maisons; car quiconque mangera une substance levée, celui-là sera retranché de la communion d'Israël, le prosélyte comme l'indigène.

Qu’il ne soit pas trouvé de levain dans vos maisons

Et dans le reste du territoire ? Le texte précisera : « et il ne se verra pas chez toi de levain dans toutes tes limites » (infra 13, 7). Dans ce cas, pourquoi : « dans vos maisons » ? De même que ta maison est ta propriété, de même [ne devra-t-on pas voir de levain] dans le territoire qui est ta propriété, et donc à l’exclusion du ‘hamets appartenant à un non-Juif et se trouvant chez un Juif, mais sur lequel celui-ci n’a aucun droit

Car quiconque mange de ce qui est levé

Précision nécessaire pour rendre passible de la peine du retranchement celui qui mange du levain. Il est vrai que le texte a déjà stipulé (verset 15) l’interdiction de manger du ‘hamets. Mais il s’agit ici d’écarter le raisonnement de celui qui soutiendrait que l’interdiction ne porte que sur ce qui est comestible, et non sur ce qui ne l’est pas, comme le levain (Mekhilta). Et si le texte avait interdit la consommation du levain et non celle du pain levé, j’aurais dit que l’interdiction ne porte que sur ce qui est susceptible de faire lever d’autres choses, mais non sur le pain, qui ne peut faire lever rien d’autre. D’où cette double précision

Chez l’étranger et chez le citoyen du pays

Comme le miracle n’a été accompli que pour Israël, il a fallu inclure explicitement l’étranger devenu juif par conversion (Mekhilta)

12,20
Vous ne mangerez d'aucune pâte levée; dans toutes vos demeures vous consommerez des pains azymes."

De tout ce qui est levé vous ne mangerez pas

Il s’agit de l’interdiction de manger du levain (Mekhilta)

De tout ce qui est levé

Ce : « tout » inclut tout mélange

Dans toutes vos habitations vous mangerez des matsoth

Il s’agit de ce qui peut être mangé « dans vos habitations », à l’exclusion de la seconde dîme et des pains offerts en sacrifice d’actions de grâces, que l’on ne peut pas manger chez soi mais seulement à Jérusalem (Mekhilta)

12,21
Moïse convoqua tous les anciens d'Israël et leur dit: "Choisissez et prenez chacun du menu bétail pour vos familles et égorgez la victime pascale.

Tirez

Que celui qui possède un troupeau en « tire » du sien

Et prenez

Que celui qui n’en a pas en prenne sur le marché (Mekhilta)

Pour vos familles

Un agneau par maison paternelle (verset 3)

12,22
Puis vous prendrez une poignée d'hysope, vous la tremperez dans le sang reçu dans un bassin et vous teindrez le linteau et les deux poteaux de ce sang du bassin. Que pas un d'entre vous ne franchisse alors le seuil de sa demeure, jusqu'au matin.

Hysope

Sorte d’herbe qui pousse en tiges (Souka 13a)

Un bouquet d’hysope

Trois tiges constituent un bouquet

Qui sera dans le récipient (bassaf)

Dans un réceptacle, comme dans : « des écuelles (sipoth) d’argent » (II Melakhim 12, 14)

Du sang qui sera dans le récipient

Pourquoi cette répétition ? Pour que tu ne dises pas qu’il suffit de tremper une seule fois pour les trois aspersions. Aussi le verset répète-t-il : « qui sera dans le bassin », et ce afin de bien marquer que chaque aspersion doit être précédée d’un trempage (Mekhilta)

Et vous

Cela nous apprend que l’ange destructeur, une fois qu’il a reçu l’ordre de passer à l’action, ne distingue pas entre le juste et l’impie. Et la nuit appartient aux dévastateurs, comme il est écrit : « Tu amènes les ténèbres et la nuit arrive. Alors toutes les bêtes de la forêt sont en mouvement » (Tehilim 104, 20)

12,23
Lorsque le Seigneur s'avancera pour frapper l'Égypte, il regardera le sang appliqué au linteau et aux deux poteaux et il passera devant la porte et il ne permettra pas au fléau d'entrer dans vos maisons pour sévir.

Hachem sautera

Il aura pitié. Mais on peut dire aussi : « Il bondira »

Et Il ne donnera pas au destructeur

Il ne lui donnera pas le pouvoir de venir, comme dans : « Il ne lui a pas permis (littéralement : “Il ne lui a pas donné”) de me faire du mal » (Beréchith 31, 7)

12,24
Vous garderez cette loi, comme une règle invariable pour toi et pour tes enfants.
12,25
Et lorsque vous serez arrivés dans le pays que le Seigneur vous donnera, comme il l'a promis, vous conserverez ce rite.

Ce sera

L’application de la mitswa est ici suspendue jusqu’à l’entrée dans le pays (Mekhilta). Ils n’ont été tenus de fêter, dans le désert, qu’un seul Pessa‘h, et ce sur ordre divin exprès pendant la deuxième année (Bamidbar 9, 1 et suiv.)

Comme Il a parlé

Et où a-t-Il ainsi parlé ? « Je vous amènerai vers le pays » (supra 6, 8)

12,26
Alors, quand vos enfants vous demanderont: ‘Que signifie pour vous ce rite?’
12,27
vous répondrez: ‘C'est le sacrifice de la pâque en l'honneur de l'Éternel, qui épargna les demeures des Israélites en Egypte, alors qu'il frappa les Égyptiens et voulut préserver nos familles.’ " Et le peuple s'inclina et tous se prosternèrent.

Le peuple s’inclina

En reconnaissance pour l’annonce de la délivrance et de l’entrée dans le pays et pour la promesse de la naissance d’enfants

12,28
Les enfants d'Israël se mirent en devoir d'obéir: comme l'Éternel avait ordonné à Moïse et à Aaron, ainsi firent-ils.

Allèrent et firent

Avaient-ils vraiment déjà « fait » ? Ne devaient-ils pas le faire dès Roch ‘hodèch ? C’est que le mérite d’avoir accepté de faire leur est ici compté comme s’ils avaient déjà fait (Mekhilta)

Allèrent et firent

Le texte leur compte ici une double récompense, celle d’être allés et celle d’avoir fait

Comme ordonna Hachem à Mochè et Aharon

Ces mots sont à l’éloge des enfants d’Israël qui n’ont rien négligé d’aucune des prescriptions données par Mochè et Aharon. Et pourquoi cette répétition : « ainsi firent-ils » ? Pour indiquer que Mochè et Aharon, eux aussi, ont fait

12,29
Or, au milieu de la nuit, le Seigneur fit périr tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né de Pharaon, héritier de son trône, jusqu'au premier-né du captif au fond de la geôle et tous les premiers nés des animaux.

Et Hachem

Toutes les fois que le mot : « Hachem » est précédé de la conjonction waw (« et »), c’est pour marquer qu’Il a agi avec Sa cour céleste. Cette conjonction indique en effet un ajout, comme dans : « Un tel “et” Un tel » (Beréchith raba, V. Rachi sous Beréchith 19, 24)

Frappa tout premier-né

Même appartenant à un autre peuple, dès lors qu’il se trouvait en Egypte (Mekhilta)

Depuis le premier-né de Pharaon

Pharaon était lui-même un premier-né, et il a pourtant survécu, comme il est écrit : « Et pourtant à cause de ceci je t’ai maintenu » (supra 9, 16), pour te faire voir ma force, lors de la traversée de la mer des Joncs (Mekhilta)

Jusqu’au premier-né du prisonnier

Car ils s’étaient réjouis des malheurs d’Israël, et aussi pour qu’ils ne disent pas : « Ce sont nos divinités qui ont provoqué ce malheur ! » (Mekhilta). Quant au premier-né de la servante, il est inclus ici implicitement. L’énumération va en effet du plus important au plus humble, et le premier-né de la servante vaut plus que celui du prisonnier

12,30
Pharaon se leva de nuit, ainsi que tous ses serviteurs et tous les Égyptiens et ce fut une clameur immense dans l'Égypte: car il n'y avait point de maison qui ne renfermât un mort.

Pharaon se leva

De son lit

De nuit

Et non pendant la troisième heure de la journée, selon l’habitude des rois

Lui

Lui d’abord, suivi de ses serviteurs. Ceci nous apprend qu’il a fait la tournée des maisons de ses serviteurs et les a fait se lever (Mekhilta)

Car il n’y avait pas de maison où il n’y eût pas là un mort

S’il y avait là un premier-né, c’est lui qui mourait. Sinon c’était le plus âgé, que l’on appelle aussi : « premier-né » (Mekhilta), comme dans : « Moi aussi, je ferai de lui le premier-né » (Tehilim 89, 28). Autre explication : Les femmes égyptiennes, infidèles à leurs maris, mettaient au monde des enfants d’amants célibataires. Aussi chaque femme pouvait-elle avoir plusieurs premiers-nés, parfois jusqu’à cinq, tous aînés de leurs pères (Mekhilta)

12,31
Il manda Moïse et Aaron, la nuit même et dit: "Allez! Partez du milieu de mon peuple et vous et les enfants d'Israël! Allez adorer l'Éternel comme vous avez dit!

Il appela Mochè et Aharon de nuit

Ceci indique qu’il a fait la tournée des portes de la ville en criant : « Où habite Mochè ? Où habite Aharon ? » (Mekhilta)

Aussi vous

Les hommes

Aussi les fils d’Israël

Les jeunes enfants

Et allez

Faites tout ce que vous avez dit, et non ce que j’ai dit moi-même. J’annule : « je ne renverrai pas Israël » (supra 5, 2), j’annule : « Qui et qui sont ceux qui iront ? » (supra 10, 8), j’annule : « Seulement que votre menu bétail et votre gros bétail demeurent ! » (supra 10, 24). Et qu’avez-vous dit vous-mêmes ? « Toi aussi tu donneras dans notre main sacrifices et holocaustes » (supra 10, 25)

12,32
Prenez votre menu et votre gros bétail comme vous avez dit et partez! Mais, en retour, bénissez-moi."

Prenez-les

Priez pour que je ne meure pas, car je suis un premier-né (Mekhilta)

12,33
Les Égyptiens firent violence au peuple, en se hâtant de le repousser du pays; car ils disaient: "Nous périssons tous."

Nous tous sommes morts

Ils disaient : « Ce n’est pas ce qu’a décidé Mochè ! Il n’avait annoncé que la mort des premiers-nés. Or, il en meurt qui ne le sont pas, cinq ou dix par maison ! » (Mekhilta)

12,34
Et le peuple emporta sa pâte non encore levée, leurs sébiles sur l'épaule, enveloppées dans leurs manteaux.

Avant qu’elle fût levée

Les Egyptiens ne leur ont pas laissé le temps de faire lever leur pâte

Leurs pétrins (micharotham)

Ce qui leur restait (chear) de matsoth et d’herbes amères (Mekhilta)

Sur leur épaule

Bien qu’ils possédassent beaucoup d’animaux, ils ont accompli eux-mêmes les mitswoth par amour de Hachem (Mekhilta)

12,35
Les enfants d'Israël s'étaient conformés à la parole de Moïse, en demandant aux Égyptiens des vases d'argent, des vases d'or et des vêtements

Selon la parole de Mochè

Qui leur avait dit en Egypte : « et qu’un homme demande de son prochain » (supra 11, 2)

Et des vêtements

Ils leur attribuaient plus de valeur qu’à l’argent et à l’or, d’où leur mention en dernier dans le verset (Mekhilta)

12,36
et le Seigneur avait inspiré pour ce peuple de la bienveillance aux Égyptiens, qui lui prêtèrent, de sorte qu'il dépouilla les Égyptiens.

Ils empruntèrent (littéralement : « ils leur donnèrent davantage »)

Ils leur donnaient même ce qu’ils ne demandaient pas. « Tu dis : “Un !” Prends-en deux et va-t’en ! 

Ils dépouillèrent

Traduction du Targoum Onqelos : « ils vidèrent »

12,37
Les enfants d'Israël partirent de Ramsès, dans la direction de Soukkoth; environ six cent mille voyageurs, hommes faits, sans compter les enfants.

De Ra‘amsés vers Soukoth

Soit une distance de cent vingt milles, qu’ils ont franchie en une heure, comme il est écrit : « je vous ai portés sur des ailes d’aigles » (infra 19, 4)

Hommes adultes

Agés de vingt ans et plus

12,38
De plus, une tourbe nombreuse les avait suivis, ainsi que du menu et du gros bétail en troupeaux très considérables.

Un ramassis

Un mélange de convertis venus des nations

12,39
Ils firent, de la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte, des gâteaux azymes, car elle n'avait pas fermenté parce que, repoussés de l'Égypte, ils n'avaient pu attendre et ne s'étaient pas munis d'autres provisions.

Des gâteaux de matsoth

Des galettes de pain non levé (Mekhilta). La pâte qui n’a pas levé s’appelle matsa

Et aussi ils ne s’étaient pas fait de provisions

Pour le voyage (Mekhilta). Ceci à l’éloge d’Israël, pour n’avoir pas dit : « Comment pourrons-nous partir dans le désert sans provisions ? » Mais ils ont eu la foi et ils sont partis. C’est ce qui est indiqué par le prophète : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes épousailles, quand tu marchais après moi dans le désert, dans un pays non ensemencé » (Yirmeya 2, 2). Et quelle sera leur récompense ? Celle indiquée au verset suivant : « Saint est Israël à Hachem… »

12,40
Or, le séjour des Israélites, depuis qu'ils s'établirent dans l'Égypte, avait été de quatre cent trente ans.

Où ils ont demeuré en Egypte

Y compris leurs autres séjours comme étrangers dans un pays qui n’était pas le leur

Trente ans et quatre cents [430] ans

Il s’est écoulé, entre la naissance de Yits‘haq et maintenant, quatre cents ans (V. Rachi sous Beréchith 15, 13 et sous supra 6, 18). C’est à partir du jour où Avraham aurait une postérité que devait s’accomplir la promesse : « Savoir, tu sauras, que sera étrangère ta descendance sur une terre qui ne sera pas la sienne » (Beréchith 15, 13). Et trente ans ont passé entre cette annonce, faite lors de l’alliance entre les bêtes découpées, et la naissance de Yits‘haq. On ne peut pas soutenir que ce nombre d’années est celui du temps passé en Egypte. En effet, Qehath faisait partie de ceux qui sont « descendus » en Egypte. Si l’on additionne sa durée de vie [cent trente trois ans (supra 6, 18)] à celle de ‘Amram [cent trente sept ans (supra 6, 20)] et aux quatre-vingts ans qu’avait Mochè, le total est inférieur à quatre cents, et encore ne tient-on pas compte de l’âge qu’avait Qehath lors de sa venue en Egypte, ni des années de vie commune des pères et des fils. L’exil en Egypte n’a donc pas pu durer quatre cents ans, d’où la nécessité de considérer les autres « séjours » comme autant d’exils. Il en est ainsi de ‘Hèvron, « où demeurèrent (gar, dans le sens d’une résidence précaire) Avraham et Yits‘haq » (Beréchith 35, 27) ou encore du « pays de Kena‘an, le pays de leurs séjours dans lequel ils ont résidé » (supra 6, 4). D’où la nécessité d’admettre que l’annonce : « sera étrangère ta descendance sur une terre qui ne sera pas la sienne » a pris effet lorsque Avraham a eu un fils. Cependant, si tu comptes les années qui séparent la naissance de Yits‘haq de la sortie d’Egypte, tu n’en trouveras que deux cent dix. C’est l’une des anomalies qu’ont relevées et corrigées à l’intention du roi Ptolémée les soixante-dix Anciens, auteurs de la traduction des Septante (Meguila 9a)

12,41
Et ce fut au bout de quatre cent trente ans, précisément le même jour, que toutes les milices du Seigneur sortirent du pays d'Égypte.

Ce fut au bout de trente ans et quatre cents ans

Cela nous apprend que le Saint béni soit-Il, lorsque le moment est venu, ne les a retenus pas même le temps d’un clin d’œil. C’est le quinze nissan qu’Avraham a reçu la visite des anges, c’est le quinze nissan qu’est né Yits‘haq, et c’est le quinze nissan qu’a été décrété l’exil lors de l’alliance entre les bêtes découpées (Mekhilta)

12,42
C'était la Nuit prédestinée par l'Éternel, pour leur sortie du pays d'Égypte; c'est cette même nuit instituée par le Seigneur, comme prédestinée à toutes les générations des enfants d'Israël.

C’est une nuit de gardes

Le Saint béni soit-Il a veillé à la réalisation de Sa promesse de les faire sortir d’Egypte et l’a attendue

C’est cette nuit-là pour Hachem

C’est la nuit annoncée à Avraham : « Cette nuit-là, je libérerai tes enfants » (Mekhilta)

Gardes pour tous les fils d’Israël pour leurs générations

Nuit préservée des agents destructeurs (Pessa‘him 109b), ainsi qu’il est écrit : « et Il ne donnera pas au destructeur la permission de venir vers vos maisons pour frapper » (supra 12, 23)

12,43
L'Éternel dit à Moïse et à Aaron: "Ceci est la règle de l'agneau pascal. Nul étranger n'en mangera.

Ceci est le statut du pessa‘h

Ce chapitre leur a été dit le quatorze nissan

Tout fils de païen (nékhar)

Dont les actions sont étrangères (nithnakrou) à son Père céleste. Il s’agit ici du païen tout comme du juif renégat (Mekhilta)

12,44
Quant à l'esclave acheté à prix d'argent, circoncis-le, alors il pourra en manger.

Tu le circonciras

Son maître. Ceci nous apprend que le maître qui ne circoncit pas ses esclaves n’a pas le droit de manger le sacrifice pascal (Mekhilta). C’est ce qu’enseigne rabi Yehochou‘a. Quant à rabi Eli‘èzèr, il enseigne que la non-circoncision de l’esclave n’empêche pas le maître de manger le sacrifice pascal. Dans ce cas, que veut dire : « alors il en mangera » ? Il s’agit de l’esclave (Yevamoth 71a)

12,45
L'habitant et le mercenaire étrangers n’en mangeront point.

L’habitant

C’est l’étranger admis à résidence (Mekhilta)

Et l’homme à gages

C’est le païen (Mekhilta). Mais pourquoi le spécifier, puisqu’ils sont l’un et l’autre incirconcis, et qu’il est écrit plus loin (verset 48) : « et tout incirconcis n’en mangera pas » ? L’interdiction vise ici l’Arabe ou le Gabaonite, qui sont circoncis, au cas où ils seront résidents ou salariés (Yevamoth 71a)

12,46
Il sera consommé dans une même maison, tu ne transporteras rien de sa chair au dehors et vous n'en romprez pas un seul os.

Dans une seule maison il sera mangé

Dans un seul groupe. Ceux qui se sont comptés sur un agneau ne devront pas se diviser en deux groupes et se le partager. Nous disons donc en « un groupe unique ». Mais peut-être devrions-nous dire : « dans une seule maison » au sens littéral, et donc que l’on ne doit pas, si l’on a commencé de manger dans la cour et qu’il se mette à pleuvoir, rentrer à la maison ? D’où la précision : « sur les maisons dans lesquelles ils le mangeront » (verset 7), qui nous permet de déduire que l’on a le droit de manger en deux endroits différents (Mekhilta)

Tu ne feras pas sortir depuis la maison

Depuis le groupe

Et vous n’en briserez pas un os

Apte à être mangé. L’interdiction s’applique à un os sur lequel reste de la viande du volume d’une olive. S’il ne s’y trouve pas une telle quantité de viande, il n’y a pas d’interdiction

12,47
Toute la communauté d'Israël doit y prendre part.

Toute la communauté d’Israël le fera

Pourquoi cette précision ? Etant donné qu’il est écrit, pour le Pessa‘h d’Egypte : « un agneau pour une maison paternelle » (verset 3), afin qu’ils se comptent par familles, j’aurais pu penser qu’il allât de même pour le Pessa‘h des générations. D’où cette injonction : « Toute la communauté d’Israël le fera »

12,48
Si un étranger, habite avec toi et veut célébrer la pâque du Seigneur, que tout mâle qui lui appartient soit circoncis, il sera alors admis à la célébrer et deviendra l'égal de l'indigène; mais nul incirconcis n'en mangera.

Il fera Pessa‘h

J’aurais pu penser que tout converti doive faire Pessa‘h immédiatement. Aussi est-il écrit : « il sera comme le citoyen du pays ». De même que le citoyen célèbre la fête le quatorze nissan, de même le converti la célèbre-t-il

Et tout incirconcis n’en mangera pas

Y compris celui dont les frères sont morts des suites de la circoncision et qui n’est pas pour autant considéré comme rebelle à ce commandement. On ne pouvait pas déduire ce cas de : « aucun fils de païen n’en mangera » (verset 43)

12,49
Une seule et même loi régira l'indigène et l'étranger demeurant au milieu de vous."

Il y aura une loi unique

Ceci pour mettre sur le même plan le citoyen et le résident pour toutes les autres mitswoth de la Tora (Mekhilta)

12,50
Tous les Israélites obéirent: comme l'Éternel l'avait prescrit à Moïse et à Aaron, ainsi firent-ils.
12,51
Or, ce fut ce jour-là même que l’ Éternel fit sortir les Israélites du pays d'Égypte, selon leurs légions.
13,1
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
13,2
"Consacre-moi tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants d'Israël, soit homme, soit animal: c'est mon bien."

Ouverture (pètèr) de toute matrice

Celui qui ouvre la matrice en premier, comme dans : « c’est comme quand on donne libre cours (potèr) aux eaux » (Michlei 17, 14), ou dans : « ils donnent libre cours (yaftirou) à leur langue (Tehilim 22, 8)

A moi

Je me les suis acquis, en frappant les premiers-nés en Egypte

13,3
Et Moïse dit au peuple: "Qu'on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis de l'Égypte, de la maison de servitude, alors que, par la puissance de son bras, l'Éternel vous a fait sortir d'ici et que l'on ne mange point de pain levé.

Souviens-toi de ce jour-là

Ceci nous apprend que l’on doit chaque jour rappeler la sortie d’Egypte (Mekhilta)

13,4
C'est aujourd'hui que vous partez, dans le mois de la germination.

Dans le mois du aviv

Ne savions-nous pas en quel mois ils sont sortis ? Le sens de cette précision est le suivant : Voyez la faveur que Hachem vous a faite en vous libérant en cette saison, celle la plus propice, puisqu’il n’y a ni soleil, ni froid ni pluie. C’est ce que veut dire le verset : « Il fait sortir les captifs au moment propice (bakocharoth) » (Tehilim 68, 7), à savoir pendant le mois le plus propice (cachér) (Mekhilta)

13,5
Donc, lorsque l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen, du Héthéen, de l'Amorréen, du Hévéen et du Jébuséen, pays qu'il a juré à tes pères de te donner, pays ruisselant de lait et de miel, tu célébreras cette cérémonie dans ce même mois,

Vers le pays du Kena‘ani

Bien que le texte n’énumère ici que cinq peuples, ce sont tous les sept qui sont concernés. Ils entraient tous sous la dénomination générale de Kena‘ani, y compris l’un d’eux qui ne portait pas d’autre nom que Kena‘ani (Midrach tan‘houma)

Qu’Il a juré à tes pères

Il est écrit pour Avraham : « Ce jour-là, Hachem conclut avec Avram une alliance » (Beréchith 15, 18). Pour Yits‘haq : « Séjourne dans ce pays-ci » (Beréchith 26, 3). Pour Ya‘aqov : « La terre sur laquelle tu es couché » (Beréchith 28, 13)

Ruisselant de lait et de miel

Le lait ruisselle des chèvres, et le miel des dattes et des figues (Meguila 6a)

Tu serviras ce service-là

Celui de Pessa‘h (Mekhilta). Il vient pourtant d’être écrit : « Ce sera, quand vous viendrez vers le pays… vous garderez ce service-là » (supra 12, 25). Pourquoi cette répétition ? Pour un enseignement nouveau. Il a été écrit plus haut : « Ce sera, quand vos fils vous diront : Qu’est-ce que ce service-là pour vous ? » (supra 12, 26). Il s’agit là du fils mauvais, de celui qui s’exclut de la communauté. Tandis qu’il t’est spécifié ici : « Tu raconteras en ce jour-là à ton fils » (verset 8), à celui qui ne sait pas poser de questions. Le texte t’enseigne que tu es tenu de prendre l’initiative de lui livrer les récits de la aggada qui attirent le cœur (Pessa‘him 96a)

13,6
Sept jours durant, tu te nourriras d'azymes; le septième jour, fête en l'honneur de l'Éternel.
13,7
On se nourrira de pains azymes durant ces sept jours; et l'on ne doit voir chez toi ni pain levé, ni levain, dans toutes tes possessions.
13,8
Tu donneras alors cette explication à ton fils: ‘C'est dans cette vue que l'Éternel a agi en ma faveur, quand je sortis de l'Égypte.’

C’est pour cela

Afin que je puisse accomplir Ses mitswoth comme celles du sacrifice pascal, de la matsa et des herbes amères que voici

Hachem a agi pour moi

Allusion à la réponse à donner au fils méchant : « Hachem me l’a fait à moi, pas à toi ! Si tu avais été là-bas, tu n’aurais pas mérité d’être sauvé » (Mekhilta)

13,9
Et tu porteras comme symbole sur ton bras et comme mémorial entre tes yeux afin que la doctrine du Seigneur reste dans ta bouche, que d'un bras puissant, l'Éternel t'a fait sortir de l'Égypte.

Ce sera pour toi comme un signe

La sortie d’Egypte sera pour toi comme un signe sur ta main et comme mémorial entre tes yeux. Tu écriras ces chapitres et les attacheras à la tête et au bras

Sur ta main

La gauche. C’est pourquoi le mot yadekha (« ta main ») est écrit plus loin (verset 16) avec la lettre hé en finale, pour t’apprendre que c’est la main la plus faible (Mekhilta, Mena‘hoth 37a)

13,10
Tu observeras cette institution en son temps, à chaque anniversaire,

De jours en jours

D’année en année (Mena‘hoth 36b)

13,11
"Lorsque l'Éternel t'aura introduit dans le pays du Cananéen, selon ce qu'il a juré à toi et à tes pères et qu'il te l'aura livré,

Ce sera

Certains de nos maîtres ont enseigné à partir d’ici que l’on n’a pas consacré les premiers-nés venus au monde dans le désert. Et quant à celui qui enseigne qu’on les a effectivement consacrés, il explique le mot : « t’amènera » comme suit : Si vous accomplissez cette mitswa dans le désert, vous mériterez de pouvoir entrer dans le pays et vous l’accomplirez là-bas (Mekhilta)

Selon ce qu’Il a juré à toi

Et où t’a-t-Il juré ? Dans le verset : « Je vous amènerai vers le pays au sujet duquel j’ai levé ma main » (supra 6, 8)

Et qu’Il te le donnera

Qu’il soit à tes yeux comme s’Il te le donnait aujourd’hui même, et non comme s’il t’était échu par voie d’héritage de tes pères (Mekhilta)

13,12
tu céderas à l'Éternel toutes prémices des entrailles: tout premier-né des animaux qui t'appartiendront, s'il est mâle, sera à l'Éternel.

Tu feras passer

Le mot weha‘avarta (« tu feras passer ») exprime l’idée de « mise à part », comme dans : « vous ferez passer son héritage à sa fille » (Bamidbar 27, 8)

De la portée d’un animal

Il s’agit de l’animal né prématurément, que sa mère a « renvoyé » (chèguèr) et expulsé avant terme. Le texte t’enseigne ici qu’il est consacré de par son statut d’aîné et qu’il en exempte celui qui naîtra après lui. Il arrive, il est vrai, que le mot chèguèr puisse désigner un animal non prématuré, comme dans : « la portée (chegar) de tes bœufs » (Devarim 7, 13), mais tel n’est pas le cas ici puisque le texte vient de parler de « toute ouverture de matrice ». Et si tu devais soutenir que le mot vient inclure les premiers-nés des animaux impurs, on t’objectera que le texte spécifie plus loin : « Tout premier-né mâle qui naîtra parmi ton gros bétail ou ton menu bétail » (Devarim 15, 19). On peut également interpréter les mots : « tu feras passer à Hachem toute ouverture de matrice » comme visant le premier-né de l’homme

13,13
Le premier-né d'un âne, tu le rachèteras par un agneau, sinon tu lui briseras la nuque et le premier-né de l'homme, si c'est un de tes fils, tu le rachèteras.

Et toute ouverture d’un âne

Et non celle de tout autre animal impur. Il s’agit ici d’une décision spéciale de la Tora, les premiers-nés des Egyptiens étant comparés à des ânes. Et aussi parce que les ânes ont aidé les enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte, comme ayant servi en grand nombre à transporter l’or et l’argent des Egyptiens

Tu la rachèteras avec un agneau

On donne un agneau au kohen, ce qui permet d’utiliser l’âne. Quant à l’agneau, il appartient au kohen en tant qu’offrande non consacrée

Tu lui briseras la nuque

On lui brise la nuque en le frappant par-derrière pour le tuer. Du moment que le propriétaire a fait subir un préjudice au kohen, il devra lui-même subir un préjudice (Mekhilta)

Et tout premier-né de l’homme parmi tes fils

La valeur du rachat est fixée ailleurs (Bamidbar 18, 16) à cinq chèqels d’argent

13,14
Et lorsque ton fils, un jour, te questionnera en disant: "Qu'est-ce que cela?" tu lui répondras: "D'une main toute puissante, l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, d'une maison d'esclavage.

Lorsque ton fils t’interrogera demain

Il existe un « demain » qui est immédiat, et un « demain » qui est lointain, comme celui-ci et comme cet autre : « afin que vos fils ne disent pas “demain” à nos fils » (Yehochou‘a 22, 27), à propos des descendants de Gad et de Reouven (Mekhilta)

Qu’est-ce que cela

C’est l’enfant simple qui est incapable de poser une question élaborée et qui reste dans le vague : « Qu’est-ce que cela ? ». Un autre enfant demandera ailleurs : « Que sont les témoignages, et les statuts et les ordonnances ? » (Devarim 6, 20). C’est la question de l’enfant intelligent. La Tora emploie le langage de chacune des quatre catégories d’enfants : le simple, le méchant, celui qui ne sait pas poser de questions et celui qui interroge intelligemment

13,15
En effet, comme Pharaon faisait difficulté de nous laisser partir, l'Éternel fit mourir tous les premiers-nés du pays d'Égypte, depuis le premier-né de l'homme jusqu'à celui de l'animal. C'est pourquoi j'immole au Seigneur tout premier-né mâle et tout premier-né de mes fils je dois le racheter.
13,16
Et il sera écrit comme symbole sur ton bras et comme fronteau entre tes yeux, que d'une main puissante l'Éternel nous a fait sortir de l'Égypte."

Et pour fronteaux entre tes yeux

Ce sont les tefilin. On les appelle totafoth (« fronteaux ») parce qu’elles comportent quatre cases. En effet, le mot tat veut dire : « deux » en langue katpi et le mot foth veut dire : « deux » en langue afriki (Sanhèdrin 4b). Le grammairien Mena‘hem classe ce mot dans la même catégorie que : « parle (wehatéf) au midi » (Ye‘hezqel 21, 2) et que : « ne parlez (tatifou) pas » (Mikha 2, 6). Il s’agit d’une incitation à parler, tout comme le « mémorial » (verset 9) est une incitation à se souvenir : En voyant les tefilin fixées entre les yeux, on « se souviendra » du miracle et on en « parlera »

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