Paracha Balak
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Ki-Tissa

Lecture de la paracha Ki-Tissa en français

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30,11
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
30,12
"Quand tu feras le dénombrement général des enfants d'Israël, chacun d'eux paiera au Seigneur le rachat de sa personne lors du dénombrement, afin qu'il n'y ait point de mortalité parmi eux à cause de cette opération.

Quand tu élèveras

Le verbe nasso a ici le sens de : « recevoir », ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Quand tu voudras « recevoir » le total de leur compte, pour savoir combien ils sont, ne les dénombre pas « par tête », mais chacun donnera un demi-chèqel. Tu compteras les cheqalim, et ainsi sauras-tu leur nombre

Et il n’y aura pas en eux de frappe quand on les dénombrera

Car un recensement est assujetti au « mauvais œil », et la peste vient à éclater, comme nous le verrons à l’époque de David (II Chemouel 24, 10 à 15)

30,13
Ce tribut, présenté par tous ceux qui seront compris dans le dénombrement, sera d'un demi-sicle, selon le poids du sanctuaire; ce dernier est de vingt ghéra, la moitié sera l'offrande réservée au Seigneur.

Ceci donneront-ils

Il lui a montré comme la forme d’une monnaie de feu, d’un poids d’un demi-chèqel, et Il lui a dit : « Comme “ceci” donneront-ils ! » (Chemoth raba)

Passe pour le dénombrement

Ceux qui procèdent à un dénombrement ont pour habitude de faire passer les recensés l’un après l’autre, comme dans : « tout ce qui “passera” sous la houlette » (Wayiqra 27, 32), ou dans : « le petit bétail “passera” par [les mains de] celui qui [le] compte » (Yirmeya 33, 13)

Un demi-chèqel selon le chèqel du sanctuaire

Selon le poids que je t’ai prescrit de peser pour les cheqalim du sanctuaire, comme ceux dont il est question à propos des estimations pour le sanctuaire et des champs patrimoniaux (Wayiqra 27)

Vingt guéra par chèqel

Le texte t’indique maintenant combien il représente

Guéra

Le mot guéra a le même sens que ma‘a (« menue monnaie ») en araméen. Il en est de même dans : « Quiconque sera laissé dans ta maison viendra se prosterner pour une menue pièce (agoura) d’argent et un morceau de pain » (I Chemouel 2, 36)

Vingt guéra par chèqel

Le chèqel complet vaut quatre zouz. Et le zouz valait initialement cinq ma‘a. Mais on a ajouté un sixième à sa valeur, laquelle a atteint six ma‘a d’argent (Bekhoroth 50a). C’est la moitié de ce chèqel-là dont je t’ai dit qu’ils l’apporteront en « offrande prélevée à Hachem »

30,14
Quiconque fera partie du dénombrement depuis l'âge de vingt ans et au-delà doit acquitter l'impôt de l'Éternel.

Depuis l’âge de vingt ans et au-dessus

On t’apprend ici qu’à moins de vingt ans l’on n’est pas incorporable dans l’armée et que l’on ne compte pas parmi les « hommes »

30,15
Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l'impôt de l'Éternel, à l'effet de racheter vos personnes.

Pour le pardon de vos âmes

Pour que vous ne soyez pas frappés pour avoir été dénombrés. Autre explication de : « pour le pardon de vos âmes » – le texte fait ici allusion à trois « prélèvements » (Meguila 29b), l’expression : « offrande prélevée de Hachem » y figurant à trois reprises (versets 13, 14 et 15). Le premier de ces prélèvements concerne les socles. Il s’applique au recensement qui a eu lieu au début des offrandes pour le tabernacle, lorsque chacun a donné un demi-chèqel, soit un total de cent kikar, comme il est écrit : « Et l’argent produit du recensement de l’assemblée fut de cent kikar » (infra 38, 25), et de cet argent on a fait des socles, comme il est écrit : « Il y eut cent kikar d’argent pour fondre les socles du sanctuaire et les socles du voile, cent socles pour cent kikar, un kikar par socle » (infra 38, 27). Le deuxième s’applique aussi à un recensement, celui qui a eu lieu après l’édification du tabernacle et dont il est question au début du livre de Bamidbar, « au premier du deuxième mois dans la deuxième année » (Bamidbar 1, 1). Chacun a alors donné un demi-chèqel, destiné à l’achat, d’année en année, des sacrifices offerts par toute la communauté. Les pauvres et les riches y ont pris la même part. C’est au sujet de ce prélèvement-là qu’il est écrit : « pour le pardon de vos âmes », car les sacrifices étaient offerts en expiation. Le troisième s’applique à l’édification du tabernacle, comme il est écrit : « Tous ceux qui offraient une offrande prélevée d’argent et de cuivre… » (infra 35, 24). Ce troisième prélèvement n’était pas le même pour tous, mais chacun a offert selon la générosité de son cœur

30,16
Tu recevras des enfants d'Israël le produit de cette rançon et tu l'appliqueras au service de la Tente d'assignation et il servira de recommandation aux enfants d'Israël devant le Seigneur pour qu'il épargne vos personnes."

Tu le donneras pour le service de la tente d’assignation

On apprend ainsi que l’ordre de les dénombrer a été donné quand on a commencé d’apporter les offrandes destinées à la construction du tabernacle, après l’épisode du veau d’or, car l’épidémie s’attaquait à eux, comme il est écrit : « Hachem frappa le peuple » (infra 32, 35). Cela ressemble à un troupeau aimé de son maître, sur lequel s’est développée une épidémie. Lorsqu’elle a fini par cesser, il dit au berger : « Compte s’il te plaît mon troupeau, et sache combien il en reste ! » Cela lui montre qu’il l’aime. Et il est impossible que ce recensement-ci soit le même que celui dont il est question dans le livre de Bamidbar. Il est écrit, en effet, à propos de ce recensement-là : « au premier du deuxième mois… » (Bamidbar 1, 1). Or, le tabernacle a été édifié le premier jour du premier mois, comme il est écrit : « Le jour du premier mois, le premier jour du mois, tu dresseras le tabernacle… » (infra 40, 2). Et c’est avec le produit en cheqalim de ce recensement qu’ont été fabriqués les socles, comme il est écrit : « Il y eut cent kikar d’argent pour fondre les socles du sanctuaire » (infra 38, 27). D’où nous apprenons qu’il y a eu deux recensements : le premier au début de leurs offrandes, après le jour de Yom Kippour, la première année, et le second pendant la deuxième année, au mois de iyar, après que le tabernacle a été édifié. Sans doute allégueras-tu qu’il n’est pas plausible que ces deux recensements aient pu donner des résultats rigoureusement identiques, à savoir six cent trois mille cinq cent cinquante (603 550), tel étant le résultat donné ici (infra 38, 26) ainsi que dans Bamidbar : « Tous les dénombrés furent six cent mille et trois mille et cinq cents et cinquante » (1, 46). Or, ces recensements ont eu lieu dans deux années différentes, et il est impossible qu’il n’y ait pas eu, lors du premier, des hommes âgés de dix-neuf ans, et donc non dénombrés, qui auront atteint l’âge de vingt ans lors du second ! Réponse à cette question : En ce qui concerne l’âge des hommes, ils ont été recensés pendant la même année, mais cela a fait deux années en comptant par rapport à la sortie d’Egypte. Car on compte les années depuis la sortie d’Egypte à partir du mois de nissan, comme enseigné dans le traité Roch hachana (2b), et donc le tabernacle a été construit la première année et érigé la deuxième, celle qui a commencé le 1er nissan. En revanche, l’âge des gens est déterminé selon le compte des années du monde, qui commencent en tichri. Les deux recensements ont eu lieu, par conséquent, pendant la même année : le premier en tichri, après le jour de Yom Kippour où Hachem s’est réconcilié avec Israël, lui a pardonné et lui a ordonné de construire le tabernacle. Quant au second, il a eu lieu le 1er iyar

Pour le service de la tente d’assignation

Ce sont les socles qui ont été fabriqués avec cet argent

30,17
L'Éternel parla ainsi à Moïse:
30,18
"Tu feras une cuve de cuivre, avec son support en cuivre, pour les ablutions; tu la placeras entre la Tente d'assignation et l'autel et tu y mettras de l'eau.

Une cuve

Une sorte de grande cuve, pourvue de robinets qui répandaient l’eau par leurs ouvertures

Et son support

Comme le rend le Targoum Onqelos : un « piédestal » aménagé pour accueillir la cuve

Pour se laver

Ce mot se rapporte à la cuve

Et entre l’autel

L’autel des holocaustes, dont il est écrit qu’il se trouve « devant l’entrée du tabernacle de la tente d’assignation » (infra 40, 6). La cuve était légèrement décalée, et elle était placée face à l’intervalle qui séparait l’autel du tabernacle, sans être toutefois située entre eux, comme il est écrit : « Et il plaça l’autel de l’holocauste à l’entrée du tabernacle de la tente d’assignation » (infra 40, 29), ce qui veut bien dire que c’était l’autel, et non la cuve, qui était devant la tente d’assignation. Comment cela ? Légèrement décalée vers le sud, comme cela nous est enseigné dans le traité Zeva‘him (59a)

30,19
Aaron et ses fils y laveront leurs mains et leurs pieds.

Leurs mains et leurs pieds

Simultanément, comme cela nous est enseigné dans le traité Zeva‘him (19b) : « Comment procédait-on pour sanctifier [laver] ses mains et ses pieds ? On plaçait sa main droite sur son pied droit, et sa main gauche sur son pied gauche, et on les lavait. 

30,20
Pour entrer dans la Tente d'assignation, ils devront se laver de cette eau, afin de ne pas mourir; de même, lorsqu'ils approcheront de l'autel pour leurs fonctions, pour la combustion d'un sacrifice en l'honneur de l'Éternel,

A leur venue vers la tente d’assignation

Pour offrir l’encens du matin et celui du soir, ou pour asperger le sang du bœuf offert par le kohen qui a reçu l’onction, et les boucs expiatoires pour l’idolâtrie (Torath kohanim parachath Chemini et Zeva‘him 19b)

Et ils ne mourront pas

Si donc ils ne se lavent pas, ils mourront (Sanhèdrin 83a et b), car la Tora pose des principes, et d’une négation tu peux déduire une affirmation

De l’autel

Celui situé à l’extérieur, par lequel on n’a pas à entrer dans la tente d’assignation, mais seulement dans le parvis

30,21
ils se laveront les mains et les pieds, pour ne pas mourir. Ce sera une règle constante pour lui et pour sa postérité, dans toutes leurs générations."

Et ils ne mourront pas

Cette répétition a pour but de rendre passible de la peine de mort celui qui effectue le service sur l’autel extérieur sans s’être lavé les mains et les pieds. Car la précédente allusion à la peine de mort (verset 20) ne s’appliquait qu’à celui qui entre à l’intérieur du sanctuaire

30,22
L'Éternel parla ainsi à Moïse: "
30,23
Tu prendras aussi des aromates de premier choix: myrrhe franche, cinq cents sicles; cinnamone odorant, la moitié, soit deux cent cinquante; jonc aromatique, deux cent cinquante,

Des aromates de premier choix (littéralement : « de tête »)

Excellents

Du cinnamome aromatique

Etant donné que le cinnamome est une écorce d’arbre, il y en a du bon, dont l’odeur et le goût sont agréables, et il y en a qui n’est que du bois. D’où la nécessité de préciser : cinnamome « aromatique », c’est-à-dire du meilleur

Sa moitié : cinquante et deux cents

La moitié de ce qu’on en apportera sera de deux cent cinquante, soit un total de cinq cents, autant que de myrrhe. Dans ce cas, pourquoi parler ici de : « moitié » ? Il s’agit d’une loi correspondant à la volonté pure du texte, qui veut qu’on l’apporte en deux moitiés, et ce de manière à en avoir davantage en deux pesées, car on ne pèse pas chaque fois exactement, mais toujours un peu plus, comme enseigné au traité Kerithoth (5a)

Et du jonc aromatique

Du jonc qui a du parfum. Car il existe des joncs dépourvus de parfum, d’où la nécessité de préciser : « aromatique »

Deux cent cinquante

C’est l’indication du poids total

30,24
enfin casse, cinq cents sicles au poids du sanctuaire; puis de l'huile d'olive, un hîn.

Et de la casse

C’est le nom de la racine d’une plante, appelée qetsi‘a dans le langage des Sages (Ma‘asroth 2, 7)

Un hin

Soit douze log. Les Sages d’Israël sont en désaccord : Rabi Méir enseigne qu’on y faisait bouillir les racines. Rabi Yehouda lui a objecté : « Mais même pour en frotter les racines, la quantité n’y suffirait pas ! » (Horayoth 11b). Mais on commençait par les faire tremper dans de l’eau afin qu’elles n’absorbent pas d’huile. Puis on y répandait l’huile jusqu’à ce qu’elle en eût recueilli le parfum, après quoi on essuyait l’huile de sur les racines (Voir Horayoth 11b, Kerithoth 5a – Yerouchalmi Cheqalim 6, 1)

30,25
Tu en composeras une huile pour l'onction sainte, manipulant ces aromates à l'instar du parfumeur: ce sera l'huile de l'onction sainte.

Une composition (roqa‘h) aromatique (merqa‘hath)

Le mot roqa‘h est un substantif, ainsi qu’en témoigne l’accent tonique, lequel est sur l’avant-dernière syllabe. Il en est donc comme dans : rèqa‘h (« aromatique » – Chir hachirim 8, 2), règa’ (« instant » – infra 33, 5), et non comme dans : roga’ (« qui agite » – Yecha’ya 51, 15), ou dans : roqa’ (« qui déploie » – Yecha’ya 42, 5), où l’accent tonique est sur la dernière syllabe. Et tout ce qui est mélangé avec autre chose, au point de s’imprégner de son odeur ou de son goût, s’appelle merqa‘hath

Une composition aromatique

C’est une composition obtenue par savoir-faire et par mélange

Un ouvrage de parfumeur (roqèa‘h)

Le mot roqèa‘h désigne l’artiste en la matière

30,26
Tu en oindras la Tente d'assignation, puis l'arche du Statut;

Tu en oindras

Toutes les onctions se faisaient sous la forme d’un khi grec, à l’exception de celles des rois qui étaient en forme de couronne (Horayoth12a)

30,27
la table avec tous ses accessoires, le candélabre avec les siens; l'autel du parfum;
30,28
l'autel aux holocaustes avec tous ses ustensiles et la cuve avec son support.
30,29
Tu les sanctifieras ainsi et ils deviendront éminemment saints: tout ce qui y touchera deviendra saint.

Tu les consacreras

Cette onction les consacre, pour les rendre porteurs d’une « sainteté majeure ». Et en quoi leur sainteté consiste-t-elle ? « Tout ce qui y touche sera saint. » Tout ce qui peut être entreposé dans un ustensile sacré, dès qu’il y a pénétré, acquiert une sainteté personnelle. C’est ainsi qu’il deviendra inapte au service sacré s’il est sorti du sanctuaire, où s’il passe la nuit sans avoir été placé sur l’autel, ou s’il est entré en contact avec un tevoul yom (homme en état d’impureté qui s’est immergé le même jour dans le bain rituel, mais qui ne retrouvera son état de pureté qu’au coucher du soleil). Et il ne peut être racheté pour être employé à une utilisation profane. En revanche, ce qui ne peut pas être entreposé dans un ustensile sacré, on ne peut pas le rendre saint (Zeva‘him 87a). C’est ce que nous enseigne la michna (V. Zeva‘him 83b) à propos de l’autel. De ce qu’il est écrit : « tout ce qui touche à l’autel sera saint » (supra 29, 37), je déduis que cela s’applique à ce qui peut être offert sur l’autel comme à ce qui ne le peut l’être. Aussi est-il écrit : « des agneaux » (supra 29, 38) : de même que les agneaux peuvent être présentés sur l’autel, de même s’agit-il de toute chose qui peut l’être. Toutes les fois que le texte parle d’une « onction » à propos du tabernacle, des kohanim ou des rois, le Targoum Onqelos emploie le mot ribouï (« investiture dans une dignité »), car ils n’ont besoin de leur onction que pour marquer leur dignité. C’est le Roi qui en a ainsi décidé, en ordonnant que ce soit là leur manière d’inaugurer leur haute fonction. Dans les autres cas d’onction, en revanche, comme lorsqu’il s’agit de galettes de matsoth ointes d’huile (supra 29, 2) ou de personnes qui s’enduisent d’huile (‘Amos 6, 6), le mot araméen est le même qu’en hébreu

30,30
Tu en oindras aussi Aaron et ses fils et tu les consacreras à mon ministère.
30,31
Quant aux enfants d'Israël, tu leur parleras ainsi: Ceci sera l'huile d'onction sainte, en mon honneur, dans vos générations.

Pour vos générations

D’où l’enseignement de nos maîtres : Cette huile se conservera entièrement pour les temps à venir (Horayoth 11b)

Ceci (zè)

La guematria [valeur numérique des lettres] du mot zè est douze, correspondant à douze log (Kerithoth 5b)

30,32
Elle ne doit point couler sur le corps du premier venu et vous n'en composerez point une pareille, dans les mêmes proportions: c'est une chose sainte, elle doit être sacrée pour vous.

Elle ne sera pas versée (lo yissakh)

Le mot yissakh est écrit avec deux yod. Il est donc au mode passif, comme dans yitav (« qu’il te soit fait du bien » – Devarim 6, 18)

On n’en versera pas sur la chair d’un homme

De cette huile même

Et dans sa formule vous n’en ferez pas comme elle

Vous n’en ferez pas d’autre comme elle en respectant la même composition et en mêlant les mêmes quantités d’épices avec un hin d’huile. Mais il est permis de mélanger des quantités différentes d’épices, en plus ou en moins, avec un hin d’huile. Quant à l’huile qui aura été confectionnée selon cette formule-là, ce n’est pas celui qui s’en versera qui sera passible de châtiment, mais celui qui l’aura composée (Kerithoth 5a)

Et dans sa formule (ouvemathkounto)

Le mot mathkounto exprime l’idée de quantité, comme dans : « Et la quantité (mathkoneth) de briques… » (supra 5, 8). C’est le même mot qui est employé pour l’encens (verset 37)

30,33
Celui qui en imitera la composition, ou qui en appliquera sur un profane, sera retranché de son peuple."

Et qui en donnera

De celle qui a été faite par Mochè (Kerithoth 5a)

Sur un profane

Qui n’en aura pas besoin pour le sacerdoce ou pour la royauté

30,34
L'Éternel dit à Moïse: "Choisis des ingrédients: du storax, de l'ongle aromatique, du galbanum, divers ingrédients et de l'encens pur; le tout à poids égal.

Du storax (nataf)

Il s’agit du baume (tsari). Et comme ce n’est qu’une résine qui « coule goutte à goutte » (hanotef) des baumiers (Kerithoth 6a), on l’appelle nataf, et en français : « gomme ». Quant au tsari, on l’appelle : « theriake »

Et de l’ongle aromatique (tsiporèn)

C’est la racine d’une plante aromatique, lisse et brillante comme l’ongle (Kerithoth 6a). Dans la langue de la michna on l’appelle tsiporèn (« ongle »), et le Targoum Onqelos la rend par toufra (« ongle »)

Et du galbanum

C’est une essence qui dégage une mauvaise odeur et que l’on appelle : « galbana ». Le texte l’a inclus dans la composition de l’encens afin de nous apprendre à ne pas tenir pour indigne de nous, dans nos réunions de jeûnes et de prières, la présence de pécheurs d’Israël, lesquels doivent au contraire être comptés comme étant des nôtres (Kerithoth 6b)

Des épices

D’autres essences

Et de l’oliban pur

D’où l’enseignement suivant de nos maîtres : Onze variétés d’essences ont été prescrites à Mochè au Sinaï. En effet, le minimum du pluriel de : « épices » est deux, plus les trois espèces constituées par « le storax, l’ongle aromatique et le galbanum », cela fait cinq. La répétition dans le même verset du mot : « épices », cela fait dix. Et : « de l’oliban », cela fait onze. En voici la liste : le baume, l’ongle aromatique, le galbanum, l’oliban, la myrrhe, la casse, le spic à nard et le safran. Le spic et le nard ne forment qu’une seule espèce, car le nard ressemble au spic. Le costus, l’écorce aromatique et le cinnamome, cela fait onze. La soude de vesce n’était pas brûlée comme encens, mais elle servait à polir et à blanchir l’ongle aromatique afin de l’embellir (Kerithoth 6b)

Ce sera poids (bad) à poids

Les quatre espèces énumérées ici seront à poids égaux, le poids de l’une sera le même que celui de l’autre. C’est ce que l’on nous apprend : « Le baume, l’ongle aromatique, le galbanum et l’oliban, leur poids est de soixante-dix manè chacun. » (Kerithoth 6a). Le mot bad me semble avoir le sens de : « seul » : ils seront « seul à seul », l’un égal à l’autre

30,35
Tu en composeras un parfum, manipulé selon l'art du parfumeur; mixtionné, ce sera une chose pure et sainte.

Mélangé (memoula‘h)

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Il fallait soigneusement mélanger l’une à l’autre les poudres obtenues par pilage. Le mot memoula‘h possède, à mon avis, la même signification que dans : « les matelots (hamala‘him) eurent peur » (Yona 1, 5), ou dans : « tes marins (malla‘hayikh) et tes pilotes » (Ye‘hezqel 27, 27). On les appelle ainsi parce qu’ils « retournent » les eaux avec les rames quand ils font avancer le bateau. C’est comme celui qui retourne à la cuiller des œufs battus pour les mélanger avec de l’eau. Tout ce que l’on veut très bien mélanger, on le « retourne » avec le doigt ou une cuiller

Mélangé

Il sera « mélangé », il sera « pur », il sera « chose sainte »

30,36
Tu le réduiras en poudre fine et tu en poseras devant le Statut, dans la Tente d'assignation, où je communiquerai avec toi; ce sera pour vous une chose éminemment sainte.

Tu en donneras…

Il s’agit de l’encens que l’on faisait brûler chaque jour sur l’autel intérieur qui se trouvait dans la tente d’assignation

Là où je te rencontrerai

Toutes les rencontres que je te fixerai, je le ferai à cet endroit-là

30,37
Ce parfum que tu composeras, vous n'en ferez point un semblable pour votre usage: ce sera pour toi une chose sacrée, réservée au Seigneur.

Dans sa formule

Selon la quantité des épices qui le composent

Il te sera chose sainte pour Hachem

En ce que tu n’en feras qu’à mon intention

30,38
Quiconque en fera un pareil pour en aspirer l'odeur, sera retranché de son peuple."

Pour en sentir

Mais tu peux en faire selon sa formule avec tes épices s’il s’agit de le vendre pour les besoins de la communauté (Kerithoth 5a)

31,1
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
31,2
"Vois, j’ai désigné expressément Beçalêl, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda,

J’ai appelé par nom

Pour faire mon travail, Betsalel

31,3
et je l’ai rempli d’une inspiration divine, d’habileté, de jugement, de science, et d’aptitude pour tous les arts.

De sagesse

Ce que l’on a recueilli des autres et que l’on a appris

Et d’intelligence

Ce que l’on a compris par sa propre intelligence à partir de ce qu’on a appris

Et de connaissance

L’esprit saint

31,4
Il saura combiner les tissus; mettre en œuvre l’or, l’argent et le cuivre,

Pour réfléchir des réflexions

Le « tissage » d’une œuvre d’artiste

31,5
mettre en œuvre et enchâsser la pierre, travailler le bois, exécuter toute espèce d’ouvrage.

Et dans l’artisanat (ouva‘harocheth)

Il s’agit de l’artisanat, comme dans : « un habile artisan (‘harach) » (Yecha’ya 40, 20). Le Targoum Onqelos traduit avec précision selon chaque cas : l’artisan qui travaille la pierre s’appelle ouman, celui qui travaille le bois s’appelle nagar (« menuisier »)

A enchâsser

Pour la fixer dans le chaton afin de le remplir, le chaton étant confectionné à la mesure de la pierre dans toute son épaisseur

31,6
De plus, je lui ai adjoint Oholiab, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dan ainsi que d’autres esprits industrieux que j’ai doués d’habileté. Ils exécuteront tout ce que je t’ai prescrit:

Et dans le cœur de tout sage de cœur…

Il y a parmi vous d’autres « sages de cœur ». Tous ceux à qui j’ai donné de la sagesse « feront tout ce que je t’ai ordonné »

31,7
la Tente d’Assignation, l’arche destinée aux Statuts, le propitiatoire qui doit la couvrir et toutes les pièces de la Tente;

Et l’arche pour le témoignage

Dont on aura besoin pour les tables du témoignage

31,8
la table avec ses accessoires, le candélabre d’or pur avec tous ses ustensiles et l’autel du parfum;

Pure

Parce que faite d’or « pur » (Mena‘hoth 29a)

31,9
l’autel de l’holocauste et tous ses ustensiles, la cuve et son support;
31,10
les tapis d’emballage, les vêtements sacrés du pontife Aaron et ceux que ses fils doivent porter lorsqu’ils fonctionnent;

Et les vêtements du service

Il n’est pas possible, à mon avis, selon le sens littéral du texte, qu’il puisse s’agir ici des vêtements sacerdotaux. Il est écrit, en effet, dans la suite du verset : « et les vêtements de sainteté pour Aharon le pontife, et les vêtements de ses fils pour exercer le pontificat ». Ces « vêtements du service » sont, en fait, les habits d’azur, de pourpre et d’écarlate dont il est question dans le chapitre des « étapes » : « ils donneront sur lui un vêtement d’azur » (Bamidbar 4, 12), « ils donneront sur lui un vêtement de pourpre » (Bamidbar 4, 13), « ils donneront sur eux un vêtement d’écarlate » (Bamidbar 4, 8). Cette explication s’impose avec d’autant plus de force qu’il est écrit : « Et de l’azur et de la pourpre et de l’écarlate, ils firent les vêtements hasrad pour servir dans le sanctuaire » (infra 39, 1), sans que le lin ne figure dans cette énumération. Or, en ce qui concerne les vêtements sacerdotaux, il n’est jamais question à leur sujet de pourpre ou d’écarlate sans qu’il soit fait également mention de lin

Les vêtements du service (serad)

Il en est qui expliquent le mot serad, conformément au Targoum Onqelos, comme traduisant l’idée de travail et de service. Il n’existe pas d’autre exemple de ce mot dans le texte. Il s’agit à mon avis d’un mot araméen, comme celui employé par le Targoum Onqelos pour parler des « tentures » (supra 27, 9), qu’il rend par : seradin, ou du « grillage » (supra 27, 4), qu’il rend par : serada. Car ces vêtements avaient été tissés à l’aiguille, ils étaient faits de trous juxtaposés, en français médiéval : « lacediz »

31,11
l’huile d’onction et le parfum aromatique pour le sanctuaire. Ils se conformeront, en tout, à ce que Je t’ai ordonné."

Et l’encens des épices pour la sainteté

Pour l’usage de l’encens du Temple, lequel est saint

31,12
L’Éternel parla ainsi à Moïse:
31,13
"Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes: Toutefois, observez mes sabbats car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, l’Éternel qui vous sanctifie.

Et toi

« Et toi », bien que je t’aie chargé de leur donner des ordres pour la construction du tabernacle, ne tiens pas pour une chose vénielle le fait de repousser le Chabath et de le transgresser pour exécuter ce travail

Toutefois (akh) vous garderez mes Chabath

Bien que vous poursuiviez votre travail avec empressement et zèle, ne « repoussez » pas le Chabath à cause de lui. Toutes les fois que sont employés les termes : akh (« toutefois ») ou raq (« seulement »), il s’agit d’exclusions (Yerouchalmi Berakhoth 9, 5). Il s’agit ici d’exclure le Chabath, pour ne pas y exécuter le travail de la construction du tabernacle

Car il est un signe entre moi et entre vous

Il s’agit d’un signe éminent entre nous, témoignant que je vous ai choisis pour vous donner en héritage mon jour de repos afin que vous en fassiez le vôtre

Pour savoir

Pour que, par lui, les nations sachent « que je suis Hachem qui vous sanctifie »

31,14
Gardez donc le sabbat, car c’est chose sainte pour vous! Qui le violera sera puni de mort; toute personne même qui fera un travail en ce jour, sera retranchée du milieu de son peuple.

Mourir

S’il y a eu des témoins et « avertissement »

Sera retranchée

S’il n’y a pas eu « avertissement »

Celui qui le profane

Celui qui s’y conduit d’une manière « profane », alors qu’il est saint

31,15
Six jours on se livrera au travail; mais le septième jour il y aura repos, repos complet consacré au Seigneur. Quiconque fera un travail le jour du sabbat sera puni de mort.

Un Chabath de repos

Un repos de parfait repos, et non un repos sous forme d’une oisiveté momentanée

Un Chabath de repos (chabath chabathon)

Cette répétition est destinée à nous apprendre que tout travail y est interdit, y compris celui consistant à préparer de la nourriture. Il en est de même de Yom Kippour, à propos duquel il est écrit : « Il est “un Chabath de repos (chabathon)” pour vous » (Wayiqra 23, 32), et où tout travail est interdit. Il n’en est pas de même des autres jours de fête, à propos desquels il est écrit : « le premier jour sera “de repos (chabathon)”, et le huitième jour sera “de repos (chabathon)” » (Wayiqra 23, 39), et où il est interdit d’effectuer aucun travail « de service », mais permis de préparer de la nourriture

Chose sainte pour Hachem

L’observance de sa sainteté doit être faite en mon Nom et en exécution de mes commandements

31,16
Les enfants d’Israël seront donc fidèles au sabbat, en l’observant dans toutes leurs générations comme un pacte immuable.
31,17
Entre moi et les enfants d’Israël c’est un symbole perpétuel, attestant qu’en six jours, l’Éternel a fait les cieux et la terre, et que, le septième jour, il a mis fin à l’œuvre et s’est reposé."

Et Il s’est reposé (wayinafach)

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Le mot nofèch, tel qu’il est employé ici, se rapporte toujours à l’idée d’une « âme » (nèfèch) : On reprend son âme et son souffle en se reposant de la fatigue du travail. Celui dont il est écrit : « Il ne se fatigue ni ne se lasse » (Yecha’ya 40, 28) et dont toute l’œuvre s’est accomplie par Sa simple parole, a cependant inscrit dans la Tora le mot de : « repos » à Son propre sujet. C’est pour rendre accessible à l’oreille humaine ce qu’elle est apte à comprendre

31,18
Dieu donna à Moïse, lorsqu’il eut achevé de s’entretenir avec lui sur le mont Sinaï, les deux tables du Statut, tables de pierre, burinées par le doigt de Dieu.

Il donna à Mochè…

La Tora ne suit pas un ordre chronologique rigoureux (Pessa‘him 6b), et l’épisode du veau d’or a précédé de longtemps l’ordre donné de construire le tabernacle (chapitre 25 et suivants). C’est en effet le 17 tamouz qu’ont été brisées les tables de la loi, et c’est à Yom Kippour que le Saint béni soit-Il s’est réconcilié avec Israël. On a commencé le lendemain d’apporter les offrandes pour le tabernacle, lequel a été érigé le 1er nissan. (Il convient toutefois de bien prêter attention à ceci : Peut-être les événements sont-ils présentés dans l’ordre chronologique, et l’ordre donné par Hachem à Mochè lui a-t-il été communiqué pendant la première période de quarante jours, celle qui a précédé l’épisode du veau d’or. Ils ont fait le veau d’or avant que Mochè ne fût descendu de la montagne, et celui-ci aura pu ne transmettre à Israël l’ordre de construire le tabernacle que le lendemain de Yom Kippour, lorsque le Saint béni soit-Il s’est réconcilié avec Israël. C’est ce que l’on trouve explicitement dans le Zohar (parachath Wayaqhél), où il est enseigné, à propos de l’ordre du Saint béni soit-Il, qu’il est écrit : « de tout homme » (supra 25, 2), c’est-à-dire y compris du « ramassis » (supra 12, 38), ainsi que l’ont enseigné nos maîtres à propos de : « un homme, un homme de son travail qu’ils font, eux » (infra 36, 4). Et lorsque Mochè transmettra effectivement l’ordre, il précisera : « Prenez de ce qui est avec vous… » (infra 35, 5), et non de ce qui appartient au « ramassis », car c’est lui qui a été la cause de la dévastation.

Lorsqu’il acheva (kekhalotho)

Le mot kekhalotho est écrit sans waw, et peut donc être lu : kekhalatho (« comme sa nouvelle épouse ») : La Tora lui a été remise en cadeau, comme l’épouse à l’époux (Nedarim 38a). Car il ne pouvait pas, dans un temps aussi limité, l’étudier dans tous ses détails. Autre explication : De même que la fiancée, [le jour du mariage], est parée des vingt-quatre ornements énumérés dans le livre de Yecha’ya (3, 18 et suivants), de même l’homme érudit doit-il être instruit dans les vingt-quatre livres de la Bible

De parler avec lui

Des statuts et des ordonnances énumérés dans la sidra Michpatim

De parler avec lui

Le mot : « avec » nous apprend que Mochè écoutait de la bouche du Tout-Puissant, puis qu’ils répétaient la halakha tous les deux ensemble

Des tables (lou‘hoth)

Le mot lou‘hoth est écrit sans waw, comme s’il était au singulier. Cela signifie qu’elles étaient toutes les deux d’égale dimension

32,1
Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'attroupa autour d'Aaron et lui dit: "Allons! fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu."

Que Mochè tardait (bochéch) à descendre

Il s’agit, ainsi que le rend le Targoum Onqelos, d’un mot contenant une idée de « retard », comme dans : « Pourquoi son char tarde-t-il (bachach) à venir ? » (Choftim 5, 28), « Ils attendirent jusqu’à ce qu’il fût tard (boch) » (Choftim 3, 25). Lorsque Mochè était monté sur la montagne, il leur avait annoncé : « Je serai de retour après quarante jours, dans les six premières heures. » Mais ils croyaient, eux, que le jour de son ascension faisait partie du décompte. Or, il avait parlé, lui, de jours complets, à savoir quarante jours avec les nuits qui les précédaient. La nuit qui a précédé le jour où il est monté, à savoir le 7 siwan, n’en faisait pas partie, de sorte que le quarantième tombait le 17 tamouz. Le 16 est venu le Satan qui a jeté la confusion dans le monde. Il lui a donné l’apparence de ténèbres, d’obscurité, de brume et de désordre, de sorte qu’ils se sont dit : « Mochè est sûrement mort, pour que le monde soit ainsi déréglé ! » Il leur a alors annoncé : « Mochè est mort, puisque six heures se sont écoulées et qu’il n’est pas arrivé… » C’est ce que nous enseigne le traité Chabath (89a). Et il n’est pas possible de soutenir que leur erreur ne serait provenue que d’une confusion due à la présence de nuages, qui les aurait empêchés de faire la distinction entre le matin et l’après-midi. Mochè n’est redescendu, en effet, que le lendemain, comme il est écrit : « Ils se levèrent de bon matin à partir du lendemain, ils élevèrent des holocaustes… » (verset 6)

Qui marchent devant nous

Ils visaient à de nombreuses divinités

Car celui-ci

Le Satan leur a montré une forme ressemblant à Mochè, que l’on portait en l’air dans le firmament céleste (Chabath 89a)

Qui nous a fait monter du pays d’Egypte

Et qui nous montrait la route par laquelle nous devions « monter ». Nous avons besoin maintenant de divinités « qui marchent devant nous »

32,2
Aaron leur répondit: "Détachez les pendants d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et me les apportez."

Aux oreilles de vos femmes

Aharon s’est dit : « Les femmes et les enfants tiennent à leurs bijoux. Peut-être la chose traînera-t-elle en longueur, de sorte que Mochè aura le temps de revenir. » Mais ils n’ont pas attendu, et ils les ont enlevés

Enlevez (parqou)

C’est un impératif, de la racine paroq au singulier, tout comme barekhou vient de la racine barokh

32,3
Tous se dépouillèrent des pendants d'or qui étaient à leurs oreilles et les apportèrent à Aaron.

Tout le peuple s’enleva

Dans le sens de : « se décharger » d’un fardeau. Lorsqu’ils les ont ôtés de leurs oreilles, ils se sont trouvés « déchargés » de leurs pendants. En français médiéval : « descharger »

Les anneaux (eth nizmei)

L’article défini eth équivaut à min (« de »), comme dans : « Quand je sortirai de (eth) la ville… » (supra 9, 29), équivalant à min (« de ») la ville

32,4
Ayant reçu cet or de leurs mains, il le jeta en moule et en fit un veau de métal; et ils dirent: "Voilà tes dieux, ô Israël, qui t'ont fait sortir du pays d'Égypte!"

Il le forma (wayyatsar) dans le moule (ba‘hèret)

On peut traduire wayyatsar de deux manières. On peut d’abord expliquer ce mot comme voulant dire : « attacher », et ba‘hèret dans le sens d’une : « écharpe », comme dans : « et les robes et les écharpes (‘haritim) » (Yecha’ya 3, 22), ou dans : « il enveloppa (wayyatsar) deux kikar d’argent dans deux châles de tissu (‘haritim) » (II Melakhim 5, 23). La deuxième manière de traduire consiste à donner à wayyatsar le sens de : « donner forme », et à ba‘hèret celui d’un outil utilisé par les orfèvres pour graver et découper des formes dans l’or, semblable au stylet du scribe qui grave (‘horet) des signes sur des tablettes et des planchettes, comme dans : « … et écris sur lui avec le stylet (be‘hèret) d’un homme » (Yecha’ya 8, 1). Le Targoum Onqelos rend ce mot par bezifa, qui porte une connotation de « contrefaçon » (ziyouf). Il s’agit d’un outil servant à graver dans l’or des lettres et des dessins – en français médiéval : « nielle » – et que l’on utilise pour contrefaire les sceaux

Un veau en métal

Dès qu’il l’eut jeté au feu dans le creuset, sont venus les sorciers du « ramassis » qui était monté avec eux depuis l’Egypte, et ils en ont fait un veau par des procédés magiques. D’aucuns disent qu’il s’est agi de Mikha (V. Choftim 17), qui s’était extrait des fondations de la maison sous laquelle il avait été englouti en Egypte. Il était porteur du Nom divin, ainsi que d’une plaque sur laquelle Mochè avait écrit : « Monte, bœuf ! Monte, bœuf ! » afin de faire remonter du fond du Nil le cercueil de Yossef [lequel est comparé au bœuf – Devarim 33, 17]. Il l’a jetée dans le creuset, et il en est sorti un veau (Sanhèdrin 101a)

En métal (massèkha)

Ce mot a le même sens que mathkhéth (« Et la pluie ne se déversa pas (lo nitakh) » – V. supra 9, 33). Autre explication : On y a employé cent vingt-cinq qantarim d’or, soit la valeur numérique du mot massèkha

Ceux-là sont tes dieux

Il n’est pas écrit : « Ceux-là sont “nos” dieux ». D’où nous apprenons que ce sont les membres du « ramassis » qui était monté depuis l’Egypte qui se sont ligués contre Aharon, et ce sont eux qui l’ont fabriqué. Ils ont ensuite entraîné Israël à suivre l’idole

32,5
Ce que voyant, Aaron érigea devant lui un autel et il proclama: "A demain une solennité pour l'Éternel!"

Aharon vit

Il vit qu’il portait un souffle de vie, comme il est écrit : « …sous forme d’un bœuf mangeant de l’herbe » (Tehilim 106, 20). Et il vit que l’entreprise de Satan avait réussi et que lui-même n’avait plus d’argument pour les repousser totalement

Il érigea un autel

Pour retarder l’échéance

Il dit : Une fête pour Hachem demain

Et non aujourd’hui. Peut-être Mochè sera-t-il de retour avant qu’ils l’adorent – tel est le sens littéral. Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : Aharon a vu beaucoup de choses. Il a vu que son neveu ‘Hour, le fils de sa sœur, les avait admonestés et qu’ils l’ont tué. D’où les mots wayivèn mizbéa‘h lefanaw (« il érigea un autel devant lui »), que l’on peut lire également : wayavèn mizavoua‘h lefanaw (« il comprit en le voyant égorgé devant lui »). Il a encore vu et dit ceci : « Mieux vaut que la faute retombe sur moi que sur eux ! » Il a encore vu et dit ceci : « Si ce sont eux qui construisent l’autel, l’un apportera du gravier, l’autre une pierre, de sorte que leur travail se fera en un clin d’œil. Mais si je le construis moi-même en temporisant, Mochè aura le temps de revenir » (Wayiqra raba 10)

Une fête pour Hachem

Dans son propre cœur, c’était pour le ciel. Il était sûr que Mochè allait revenir et qu’ils adoreraient Hachem

32,6
Ils s'empressèrent, dès le lendemain, d'offrir des holocaustes, d'amener des victimes rémunératoires; le peuple se mit à manger et à boire, puis se livra à des réjouissances.

Ils se levèrent de bon matin

Le Satan a excité leur zèle afin qu’ils pèchent

Pour s’amuser (letsa‘héq)

Le mot letsa‘héq (« pour s’amuser ») contient une connotation de débauche sexuelle, comme il est écrit : « pour se rire (letsa‘héq) de moi » (Beréchith 39, 17), et aussi une connotation de meurtre, comme il est écrit : « Que les jeunes gens se lèvent et qu’ils s’amusent (wissa‘haqou) devant nous ! » (II Chemouel 2, 14). Ici aussi, ‘Hour ayant été assassiné

32,7
Alors l'Éternel dit à Moïse: "Va, descends! car on a perverti ton peuple que tu as tiré du pays d'Égypte!

Parla

Il a employé des paroles dures, comme dans : « il leur parla durement » (Beréchith 42, 7)

Va

De ta grandeur. Je ne t’avais conféré ta dignité que dans leur intérêt. A ce moment-là, Mochè a été excommunié par décret du tribunal céleste (Berakhoth 32a)

S’est corrompu ton peuple

Il n’est pas écrit : « S’est corrompu le peuple », mais : « “ton” peuple ». Il s’agit du « ramassis » que tu as accueilli de ta propre initiative et que tu as converti sans me consulter, en disant : « Il est bon que des convertis s’attachent à la chekhina ! » Ce sont ces gens-là qui se sont corrompus et ont corrompu les autres 

32,8
De bonne heure infidèles à la voie que je leur avais prescrite, ils se sont fait un veau de métal et ils se sont courbés devant lui, ils lui ont sacrifié, ils ont dit: ‘Voilà tes dieux, Israël, qui t'ont fait sortir du pays d'Égypte!’"
32,9
L'Éternel dit à Moïse: "Je vois que ce peuple est un peuple rétif.

A la nuque dure

Ils opposent leur nuque dure à ceux qui les réprimandent et ils refusent d’écouter

32,10
Donc, cesse de me solliciter, laisse s'allumer contre eux ma colère et que je les anéantisse, tandis que je ferai de toi un grand peuple!"

Laisse-moi

Il dit : « Laisse-moi ! » alors que nous n’avons pas encore entendu Mochè prier pour eux. Il lui a, en fait, « ouvert une porte » et lui a fait savoir que c’est de lui que dépendait la chose : Il ne les détruirait pas s’il priait pour eux (Chemoth raba)

32,11
Mais Moïse implora l'Éternel son Dieu, en disant:"Pourquoi, Seigneur, ton courroux menace-t-il ton peuple, que tu as tiré du pays d'Égypte avec une si grande force et d'une main si puissante?

Pourquoi

Seules sont compréhensibles la jalousie du sage envers un sage et celle d’un héros envers un héros (‘Avoda zara 55a)

32,12
Faut-il que les Égyptiens disent: ‘C'est pour leur malheur qu'il les a emmenés, pour les faire périr dans les montagnes et les anéantir de dessus la face de la terre!’ Reviens de ton irritation et révoque la calamité qui menace ton peuple.

Et révoque

Conçois en leur faveur une autre résolution, celle de leur faire du bien 

Le mal

Que tu avais résolu pour eux

32,13
Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, à qui tu as juré par toi-même leur disant: Je ferai votre postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel; et tout ce pays que j'ai désigné, je le donnerai à votre postérité, qui le possédera pour jamais!"

Souviens-toi d’Avraham

S’il est vrai qu’ils ont transgressé les Dix Commandements, Avraham leur ancêtre a traversé avec succès dix épreuves et il n’a toujours pas reçu sa récompense. Donne-la lui, et que les « dix » compensent les « dix » ! (Chemoth raba)

D’Avraham

S’ils méritent la mort par le feu, souviens-toi d’Avraham qui fut prêt à mourir pour toi par le feu à Our Kasdim ! S’ils méritent la mort par l’épée, souviens-toi de Yits‘haq qui a tendu son cou lors du sacrifice sur le mont Moria ! S’ils méritent l’exil, souviens-toi de Ya‘aqov qui s’est exilé à ‘Haran (Chemoth raba). Et si leurs mérites sont insuffisants à les sauver, que me dis-tu ? « Et je ferai de toi une grande nation » (verset 10) ! Mais si un siège planté sur trois pieds ne résiste pas devant toi à l’heure de ta colère, comment un siège posé sur un seul pied le pourrait-il ? (Berakhoth 32a)

Auxquels tu as juré par toi-même

Ce n’est pas par quelque chose qui est appelé à disparaître, comme par les cieux, la terre, les montagnes ou les collines, que tu le leur as juré, mais par toi-même qui subsisteras et dont le serment subsistera à jamais, comme il est écrit : « Je jure par moi-même, parole de Hachem » (Beréchith 22, 16). Et il a été dit à Yits‘haq : « J’accomplirai le serment que j’ai juré à Avraham ton père » (Beréchith 26, 3). Et il a été dit à Ya‘aqov : « Je suis Qél Chaqqaï, fructifie et multiplie » (Beréchith 35, 11). C’est par Qél Chaqqaï qu’Il lui a prêté serment

32,14
L'Éternel révoqua le malheur qu'il avait voulu, infliger à son peuple.
32,15
Moïse redescendit de la montagne, les deux tables du Statut à la main, tables écrites sur leurs deux faces, d'un côté et de l'autre.

De leurs deux côtés

Les lettres pouvaient, de manière miraculeuse, être lues des deux côtés (Chabath 104b)

32,16
Et ces tables étaient l'ouvrage de Dieu; et ces caractères, gravés sur les tables, étaient des caractères divins.

Etaient l’ouvrage de Eloqim

Au sens littéral : C’est Lui, dans Sa gloire, qui les a faites. Autre explication : C’est comme si un homme dit à un autre : Toute l’activité de telle personne consiste à effectuer tel travail ! De la même manière, tout le plaisir du Saint béni soit-Il est dans la Tora

Gravée (‘harouth)

Les mots ‘harouth et hèret possèdent le même sens de : « graver », en français : « entailler »

32,17
Josué, entendant la clameur jubilante du peuple, dit à Moïse: "Des cris de guerre au camp!"

Dans sa clameur (beré‘o)

Tel est le sens de ce mot. Ils poussaient des cris, se réjouissaient et s’amusaient

32,18
Moïse répondit: "Ce n'est point le bruit d'un chant de victoire, ce n'est point le cri annonçant une défaite; c'est une clameur affligeante que j'entends!"

Ce n’est pas un bruit d’exclamations de victoire

Ce bruit ne ressemble pas à celui que poussent les héros qui crient victoire, ni à celui des vaincus qui crient : « Malheur ! » ou : « Sauve qui peut ! 

C’est un bruit d’exclamations (‘annoth)

C’est un bruit de blasphème et d’outrage qui jettent le tourment (me‘anin) dans l’âme de qui les entend quand ils lui sont adressés

32,19
Or, comme il approchait du camp, il aperçut le veau et les danses. Le courroux de Moïse s'alluma; il jeta de ses mains les tables et les brisa au pied de la montagne.

Il jeta de ses mains…

Il s’est dit : Pour l’agneau pascal, qui n’est qu’une mitswa parmi toutes, la Tora a stipulé : « Tout fils de païen n’en mangera pas » (supra 12, 43). Or, c’est la Tora tout entière que je tiens ici tandis que tout Israël la renie ! Comment pourrais-je la leur donner ? (Chabath 87a)

Sous la montagne

Au pied de la montagne

32,20
Puis il prit le veau qu'on avait fabriqué, le calcina par le feu, le réduisit en menue poussière qu'il répandit sur l'eau et qu'il fit boire aux enfants d'Israël.

Il la répandit (wayyizèr)

Ce mot a le sens de : « disperser », comme dans : « Du soufre sera répandu (yezorè) sur sa demeure » (Iyov 18, 15), ou dans : « Car c’est en vain qu’est jeté (mezora) le filet » (Michlei 1, 17), parce qu’on y disperse du blé et des grains de légumes

Il fit boire les fils d’Israël

Il voulait les mettre à l’épreuve comme des femmes soupçonnées d’adultère (Bamidbar 5, 12 et suivants – ‘Avoda zara 44a). Trois sortes de peines de mort ont été prononcées : Lorsqu’il y avait eu des témoins et « avertissement », c’était la mort par l’épée, comme dans le cas de la « ville fourvoyée » (Devarim 13, 14 et suivants) où ils sont nombreux. Lorsqu’il y avait eu des témoins mais pas d’avertissement, c’était la mort par épidémie, comme il est écrit : « Hachem frappa le peuple » (verset 35). Lorsqu’il n’y avait eu ni témoins ni avertissement, c’était la mort par hydropisie : les eaux les mettaient à l’épreuve et leurs ventres se dilataient (Yoma 66b)

32,21
Moïse dit à Aaron: "Que t'avait fait ce peuple, pour que tu l'aies induit à une telle prévarication?"

Que t’a fait ce peuple-ci

Que de souffrances t’ont-ils infligées, qu’il t’a fallu endurer, avant que tu n’aies amené cette faute sur eux 

32,22
Aaron répondit: "Que mon seigneur ne se courrouce point; toi-même tu sais combien ce peuple est prompt au mal.

Qu’il est dans le mal

Ils marchent toujours dans une mauvaise voie et ne cessent de mettre Hachem à l’épreuve

32,23
Ils m'ont dit: ‘Fabrique-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu.’
32,24
Je leur ai répondu: ‘Qui a de l'or?’ et ils s'en sont dépouillés et me l'ont livré; je l'ai jeté au feu et ce veau en est sorti."

Je leur ai dit

Je ne leur ai dit qu’une chose : « Qui a de l’or ? », et eux se sont dépêchés « de se l’enlever et de me le donner »

Je l’ai jeté dans le feu

Sans savoir qu’il en sortirait ce veau, et « il est sorti »

32,25
Moïse vit que le peuple était livré au désordre; qu'Aaron l'y avait abandonné, le dégradant ainsi devant ses ennemis

Etait livré au désordre (perou‘a)

Le mot perou‘a comporte une connotation de dégarnissement : son opprobre et sa honte ont été révélés, comme dans : « Il découvrira (oufara’) la tête de la femme » (Bamidbar 5, 18)

Pour une honte de ceux qui se dressent contre eux

Cette chose constituera une ignominie dont parleront tous ceux qui se dresseront contre eux

32,26
et Moïse se posta à la porte du camp et il dit: "Qui aime l'Éternel me suive!" Et tous les Lévites se groupèrent autour de lui.

Qui est pour Hachem

Qu’il vienne vers moi 

Tous les fils de Léwi

D’où nous apprenons que toute la tribu était restée loyale (Yoma 66b)

32,27
Il leur dit: "Ainsi a parlé l'Éternel, Dieu d'Israël: ‘Que chacun de vous s'arme de son glaive! passez, repassez d'une porte à l'autre dans le camp et immolez, au besoin, chacun son frère, son ami, son parent!’

Ainsi a dit…

Et où l’a-t-Il dit ? Dans : « Qui sacrifie aux dieux sera voué à la destruction » (supra 22, 19), comme enseigné dans la Mekhilta

Son frère

Issu de la même mère, et donc un yisrael [et non un léwi] (Yoma 66b)

32,28
Les enfants de Lévi se conformèrent à l'ordre de Moïse; et il périt dans le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes.
32,29
Moïse dit: "Consacrez-vous dès aujourd'hui à l'Éternel, parce que chacun l'a vengé sur son fils, sur son frère et que ce jour vous a mérité sa bénédiction."

Emplissez votre main

Vous qui les tuez, c’est par cela que vous entrerez en fonctions en tant que kohanim de Hachem. [Sur la signification de l’expression : « emplissage de la main », voir Rachi sous supra 28, 41.

Chaque homme

Parmi vous est entré en fonctions en tuant son fils et son frère

32,30
Puis le lendemain, Moïse dit au peuple: "Pour vous, vous avez commis un grand péché! Et maintenant, je vais monter vers le Seigneur, peut-être obtiendrai-je grâce pour votre péché."

Ferai-je pardonner pour votre péché

Je placerai face à votre faute de quoi la racheter, l’effacer et la masquer, afin de créer une séparation entre la faute et vous

32,31
Moïse retourna vers le Seigneur et dit: "Hélas! Ce peuple est coupable d'un grand péché, ils se sont fait un dieu d'or;

Des dieux d’or

C’est toi qui en as été la cause, puisque tu les a comblés en or et en tout ce qu’ils désiraient. Comment auraient-ils pu ne pas pécher ? Cela ressemble à un roi qui aura donné à son fils à boire et à manger, l’aura couvert de bijoux, qui lui aura suspendu une bourse à son cou, et qui l’aura aposté devant un lieu de débauche. Comment ce fils pourra-t-il ne pas pécher ? (Berakhoth 32a, Yoma 86b)

32,32
et pourtant, si tu voulais pardonner à leur faute!... Sinon efface-moi du livre que tu as écrit."

Et maintenant

Ce sera bien. Je ne te dirai pas : « Efface-moi ! 

Et sinon efface-moi

Le texte s’exprime ici, comme c’est souvent le cas, de manière elliptique

De ton livre

De la Tora tout entière, afin que l’on ne dise pas de moi que je n’ai pas été capable de solliciter pour eux la miséricorde divine (Berakhoth 32a)

32,33
Le Seigneur répondit à Moïse: "Celui qui a prévariqué envers moi, c'est lui que j'effacerai de mon livre.
32,34
Et maintenant va, conduis ce peuple où je t'ai dit; mon envoyé te précédera. Mais le jour où j'aurai à sévir, je leur demanderai compte de ce péché."

Vers le lieu dont je t’ai parlé (dibarti lakh)

Nous avons ici, au lieu de élèkha, la préposition lakh après le verbe dibarti (« j’ai parlé »), comme dans : « pour lui parler (ledabèr lo) au sujet de Adoniyahou » (I Melakhim 2, 19)

Voici

Et non moi-même

Et le jour où je me souviendrai…

Aujourd’hui je t’ai entendu et ne les détruirai pas tous définitivement. Mais toutes les fois que je me souviendrai de leurs fautes, je me souviendrai un peu de cette faute-ci en plus de leurs autres. Il n’est pas de punition qui frappe Israël qui ne contienne une part de punition pour le veau d’or (Sanhèdrin 102a)

32,35
Ainsi l'Éternel châtia le peuple, comme auteur du veau qu'avait fabriqué Aaron.

Hachem frappa le peuple

Une mort infligée par le ciel, lorsqu’il y avait eu des témoins mais pas d’avertissement (Yoma 66b)

33,1
L'Éternel dit à Moïse: "Va, pars d'ici avec le peuple que tu as conduit hors du pays d'Égypte et allez au pays que j'ai promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, disant: ‘Je le donnerai à votre postérité.’

Va

Erets Yisrael est le plus élevé de tous les pays (Qiddouchin 69b). Aussi est-il écrit : « Monte ! » Autre explication : Par opposition avec ce qu’Il lui avait dit lorsqu’Il était en colère, à savoir : « Va, descends ! », Il lui dit lors de la réconciliation : « Va, monte ! »

Toi et le peuple

Il n’est plus écrit ici : « Et “ton” peuple »

33,2
J'enverrai devant toi un ange, par lequel j'expulserai le Cananéen, l'Amorréen, le Héthéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen.

Je chasserai le Kena‘ani…

Soit six peuples, le Guirgachi s’étant levé et enfui spontanément devant eux (Yerouchalmi Chevi‘ith 6, 1)

33,3
Vers ce pays ruisselant de lait et de miel, non, je ne monterai point au milieu de toi, peuple réfractaire que tu es, car je pourrais t'anéantir pendant le voyage."

Vers un pays ruisselant de lait et de miel

C’est là que je te demande de les faire monter

Car je ne monterai point au milieu de toi

Voilà pourquoi je te dis : « J’enverrai devant toi un ange » (verset 2)

Car tu es un peuple à la nuque dure

Et donc lorsque je réside parmi vous et que vous vous rebellez contre moi, je fais éclater grandement ma colère contre vous

Que je ne te détruise (akhèlkha)

Du verbe kalo (« détruire »)

33,4
Le peuple, ayant eu connaissance de cette fâcheuse parole, prit le deuil et nul ne se para de ses ornements.

Cette mauvaise parole

La nouvelle que la chekhina ne résiderait ni ne cheminerait avec eux

Et pas un homme ne mit ses ornements

Les couronnes qui leur avaient été données au ‘Horev lorsqu’ils avaient dit : « Nous ferons et nous écouterons » (Chabath 88a)

33,5
L'Éternel dit à Moïse: "Dis aux enfants d'Israël: ‘Vous êtes un peuple réfractaire; si un seul instant je m'avançais au milieu de vous, je vous anéantirais. Donc, déposez vos ornements et j'aviserai à ce que je dois vous faire.’ "

En un instant

Si je devais monter au milieu de toi et que vous vous rebelliez contre moi par la dureté de votre nuque, je m’irriterais contre vous en un seul instant, ce qui définit la durée de ma colère, comme il est écrit : « Cache-toi juste un instant, jusqu’à ce que passe ma colère ! » (Yecha’ya 26, 20), et je vous détruirais. Mieux vaut donc pour vous que j’envoie un ange

Et maintenant

Soyez frappés immédiatement de cette punition : le retrait de vos ornements

Et je saurai ce que je te ferai

Pour punition du reste de la faute. Je sais ce que j’ai l’intention de faire

33,6
Les enfants- d'Israël renoncèrent à leur parure, à dater du mont Horeb.

De leur ornement depuis le mont ‘Horev

Les ornements qu’ils détenaient depuis le mont ‘Horev

33,7
Pour Moïse, il prit sa tente pour la dresser hors du camp, loin de son enceinte et il la nomma Tente d'assignation; de sorte que tout homme ayant à consulter le Seigneur devait se rendre à la Tente d'assignation, située hors du camp.

Et Mochè

A partir de cette faute et ensuite

Prit (yiqa‘h) la tente

Le mot yiqa‘h exprime l’idée d’un présent permanent. Il prenait sa tente et la plantait hors du camp, en disant : « Le retrait du Maître vaut retrait pour le disciple. 

Loin (har‘héq)

Deux mille coudées, ainsi qu’il est écrit : « Il y aura une distance (ra‘hoq) entre vous et lui d’une mesure de deux mille coudées » (Yehochou‘a 3, 4)

Et il l’appela

Il l’a appelée : « tente d’assignation », comme étant un lieu de rencontre pour ceux qui recherchaient la Tora

Quiconque cherche Hachem

D’où l’on apprend que celui qui consulte un sage est comme s’il recherche la face de la chekhina

Sortira (yétsé) vers la tente d’assignation

Le mot yétsé (« sortira ») équivaut à yotsé (« sort »). Autre explication : « Quiconque cherche Hachem », y compris les anges de service lorsqu’ils demandaient le lieu où se trouvait la chekhina, leurs compagnons leur répondaient : elle est dans la tente de Mochè

33,8
Et chaque fois que Moïse se retirait vers la Tente, tout le peuple se levait, chacun se tenait au seuil de sa propre tente et suivait Moïse du regard jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la Tente.

Ce sera

Le mot exprime l’idée d’un présent permanent

Lorsque Mochè sort

Du camp pour aller vers la tente

Tout le peuple se lèvera

Se tenant debout en sa présence et ne se rasseyant que lorsqu’il est hors de leur vue

Ils regarderont derrière Mochè

En l’admirant (Qiddouchin 33b). « Heureux cet homme né d’une femme qui est à ce point certain que la chekhina franchira à sa suite l’entrée de sa tente ! 

33,9
Quand Moïse y était entré, la colonne de nuée descendait, s'arrêtait à l'entrée de la Tente et Dieu s'entretenait avec Moïse.

Il parlera (wedibèr) avec Mochè

Le mot wedibèr (« il parlera ») équivaut à oumedabèr (« et il parle »). Le Targoum Onqelos traduit par : « Et Il se parle Lui-même » avec Mochè, ce qui est une expression de respect à l’égard de la chekhina, comme dans : « Il entendait la voix lui parlant (middabèr) de sur le propitiatoire » (Bamidbar 7, 89), où le texte ne porte pas medabèr. Le mot middabèr signifie que la voix se parle à elle-même, et que l’homme ordinaire l’entend tout naturellement. Le mot medabèr, en revanche, signifie que le roi parle directement à l’homme ordinaire

33,10
Et tout le peuple voyait la colonne nébuleuse arrêtée à l'entrée de la Tente et tout le peuple, aussitôt se prosternait, chacun devant sa tente.

Ils se prosterneront

Vers la chekhina

33,11
Or, l'Éternel s'entretenait avec Moïse face à face, comme un homme s'entretient avec un autre; puis Moïse retournait au camp. Mais Josué, fils de Noun, son jeune serviteur, ne quittait pas l'intérieur de la Tente.

Et Hachem parlera avec Mochè face à face

Traduction du Targoum Onqelos : Hachem « se parlait » avec Mochè

Il retournera vers le camp

Après que Hachem lui avait parlé, Mochè retournait au camp et il enseignait aux Anciens ce qu’il avait appris. Mochè s’est comporté de cette manière-là depuis Yom Kippour jusqu’à la date de l’érection du tabernacle, mais pas plus tard. Car les tables de la loi ont été brisées le 17 tamouz, et le 18 il a brûlé le veau d’or et jugé ceux qui avaient commis la faute (Ta‘anith 28b). Il est remonté le 19, comme il est écrit : « Ce fut, à partir du lendemain, que Mochè dit au peuple… » (supra 32, 30). Il a passé là-haut quarante jours et a imploré la miséricorde divine, comme il est écrit : « Je me suis laissé tomber devant Hachem… » (Devarim 9, 18). Le 1er eloul il lui a été dit : « Tu monteras au matin vers le mont Sinaï » (infra 34, 2) pour recevoir les secondes tables. Et il y a passé quarante jours, comme il est écrit à leur sujet : « Et moi, je me suis tenu dans la montagne comme les premiers jours, quarante jours et quarante nuits » (Devarim 10, 10). De même que les premiers ont été favorisés par la grâce divine, de même les derniers l’ont-ils été. D’où l’on peut déduire que les jours intercalaires se sont passés dans la colère. Le 10 tichri, le Saint béni soit-Il s’est réconcilié avec Israël dans la joie et d’un cœur entier. Il a dit à Mochè : « J’ai pardonné, selon ta parole » (Bamidbar 14, 20) et lui a transmis les secondes tables. Il est alors redescendu et a commencé de leur donner des instructions pour la construction du tabernacle, à laquelle ils ont travaillé jusqu’au 1er nissan. Une fois qu’il a été érigé, Il ne lui a plus parlé ailleurs que dans la tente d’assignation

Il retournera vers le camp

Le Targoum Onqelos traduit par un présent permanent. Il en est de même dans tout le chapitre : « Tout le peuple verra » (verset 10), « ils se tiendront » (verset 8), « ils regarderont » (verset 8), « ils se prosterneront » (verset 10) Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : « Hachem parlera avec Mochè » afin qu’il retourne au camp, en lui disant : « Je suis en colère, comme tu es en colère. Qui alors les rapprochera de moi ? 

33,12
Moïse dit au Seigneur: "Considère que tu me dis: ‘Fais avancer ce peuple’, sans me faire savoir qui tu veux m'adjoindre. D'ailleurs, tu avais dit: ’Je t'ai distingué spécialement et certes tu as trouvé faveur à mes yeux.’

Vois

Vois ! Applique tes yeux et ton cœur à tes propres paroles ! « Tu me dis : “[…], et toi tu ne m’as pas fait savoir.” » Et de ce que tu m’as dit : « Voici, moi-même j’envoie un ange devant toi pour te garder en chemin… » (supra 23, 20), ce n’est pas là une « connaissance » dont je puisse me satisfaire

Et toi tu as dit : Je te connais par nom

« Je t’ai distingué des autres humains en t’attribuant une importance accrue. » Car tu m’as dit : « Voici, moi-même je viens vers toi dans l’épaisseur de la nuée […], et qu’en toi aussi ils croient toujours » (supra 19, 9)

33,13
Eh bien! de grâce, si j'ai trouvé faveur à tes yeux, daigne me révéler tes voies, afin que je te connaisse et que je mérite encore ta bienveillance. Songe aussi que c'est ton peuple, cette nation!"

Et maintenant

S’il est vrai que « j’ai trouvé faveur à tes yeux, fais-moi connaître donc tes voies » ! Fais-moi connaître la récompense que tu réserves à ceux qui ont trouvé faveur à tes yeux 

Que je te connaisse afin que je trouve faveur à tes yeux

Et je saurai ainsi la mesure de tes bienfaits. Je saurai en quoi consiste le fait de « trouver faveur » à tes yeux. Voici le sens de : « afin que je trouve faveur à tes yeux » : afin que je reconnaisse combien grande est la récompense promise à ceux qui ont « trouvé faveur »

Et vois que cette nation est ton peuple

Afin que tu ne dises pas : « Je ferai de toi une grande nation » (supra 32, 10) tandis qu’eux tu les abandonneras. Vois qu’ils sont ton peuple depuis un passé reculé ! Et si tu devais les rejeter, je ne pourrais me contenter de la pérennité de mes propres descendants. Le payement de ma récompense, fais-le-moi connaître par la préservation de ce peuple-là. Nos maîtres ont donné de ce verset une interprétation midrachique dans le traité Berakhoth (7a). Quant à moi, je ne suis venu que pour fixer le sens du texte tel qu’il est, et dans l’ordre où il se présente

33,14
Dieu répondit: "Ma face vous guidera et je te donnerai toute sécurité."

Il dit : Ma face (panaï) ira

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Je n’enverrai plus d’ange, mais j’irai moi-même, comme dans : « Et ta propre personne (oufanèkha) ira au combat » (I Chemouel 17, 11)

33,15
Moïse lui dit: "Si ta face ne nous guide, ne nous fais pas sortir d'ici.

Il lui dit

C’est cela que je désire, car si c’est par l’intermédiaire d’un ange, « ne nous fais pas monter d’ici ! 

33,16
Et comment serait-il avéré que j'ai obtenu ta bienveillance, moi ainsi que ton peuple, sinon parce que tu marches avec nous? Nous serons ainsi distingués, moi et ton peuple, de tous les peuples qui sont sur la face de la terre."

Et par quoi sera-t-il donc connu

Comment sera-t-il connu que « j’ai trouvé faveur », si ce n’est « parce que tu marches avec nous » ? Je te demande encore une chose : Ne fais plus résider ta chekhina sur les nations idolâtres ! (Berakhoth 7a)

Et que nous avons été distingués (weniflinou) moi et ton peuple

Par cela nous serons distincts de tous les peuples, comme dans : « Hachem distinguera (wehifla) entre le bétail d’Israël et entre le bétail d’Egypte… » (supra 9, 4)

33,17
L'Éternél dit à Moïse: "Cette chose-là même, que tu as demandée, je l'accorde, parce que tu as trouvé faveur à mes yeux et que je t'ai spécialement distingué."

Aussi cette chose-là

De ne plus faire résider ma chekhina sur les nations idolâtres, « je la ferai ». Quant aux paroles prononcées par Bil‘am, elles n’ont pas été émises sous l’influence de la chekhina, mais alors qu’il était « tombé et les yeux ouverts » (Bamidbar 24, 4 et 16), tout comme : « Et à moi la parole a été soutirée » (Iyov 4, 12), comme ce que l’on entend par l’intermédiaire d’un messager

33,18
Moïse reprit: "Découvre-moi donc ta Gloire."

Il dit : Fais-moi voir…

Mochè a vu que le moment était favorable et que ce qu’il disait était bien accueilli. Il a encore demandé qu’Il lui fasse voir l’image de Sa gloire

33,19
Il répondit: "C'est ma bonté tout entière que je veux dérouler à ta vue, et, toi présent, je nommerai de son vrai nom l'Éternel; alors je ferai grâce à qui je devrai faire grâce et je serai miséricordieux pour qui je devrai l'être."

Il dit : Moi

Le moment est venu pour toi de contempler de ma gloire ce que je te permettrai d’en voir. Car je veux et je dois t’enseigner la manière de prier. Lorsqu’il t’a fallu implorer miséricorde pour Israël, tu m’as rappelé les mérites des patriarches. Crois-tu que si les mérites des patriarches devaient venir à s’épuiser, il n’y aurait plus rien à espérer ? Je ferai passer, moi, toute la mesure de ma bonté devant toi, sur le rocher, tandis que tu seras dissimulé dans la caverne

J’appellerai par le Nom de Hachem devant toi

Pour t’enseigner la manière d’implorer miséricorde, même si les mérites des patriarches devaient venir à s’épuiser. Et de la manière dont tu me verras enveloppé et proclamant les treize attributs divins, enseigne à Israël de faire de même ! Et c’est parce qu’ils rappelleront que je suis miséricordieux et gracieux qu’ils seront exaucés, car ma miséricorde est inépuisable (Roch hachana 17b)

Je ferai faveur à qui je ferai faveur

Les fois où je voudrai faire faveur

Je ferai miséricorde

Au moment où je voudrai faire miséricorde. Il ne lui promet ici d’exaucer qu’à certains moments, et pas à d’autres. Mais Il lui dira en fait, au moment d’agir : « Voici, moi-même je contracte une alliance » (infra 34, 10), lui donnant l’assurance que leurs prières ne seront jamais vaines (Roch hachana 17b)

33,20
Il ajouta: "Tu ne saurais voir ma face; car nul homme ne peut me voir et vivre."

Il dit : Tu ne pourras pas…

Même quand « je ferai passer toute ma bonté sur ta face », je ne t’autoriserai pas à « voir ma face »

33,21
Le Seigneur ajouta: "Il est une place près de moi: tu te tiendras sur le rocher;

Voici un endroit avec moi

Sur la montagne où je parle continûment avec toi, il y a une place que j’ai toute prête à ton usage, dans laquelle je t’abriterai pour qu’il ne t’arrive aucun dommage, et d’où tu verras ce que tu auras le droit de voir – tel est le sens littéral. Quant à l’interprétation midrachique, elle est la suivante : Il s’agit de l’endroit où se trouve la chekhina. Hachem dit : « L’endroit est avec moi » et non : « Je suis dans l’endroit ». Car le Saint béni soit-Il est le lieu du monde, et ce n’est pas le monde qui est Son lieu

33,22
puis, quand passera ma gloire, je te cacherai dans la cavité du roc et je t'abriterai de ma main jusqu'à ce que je sois passé.

Quand passera mon honneur

Quand je passerai devant toi

Dans la crevasse (niqrath) du rocher

Comme dans : « Crèveras-tu (tenaqér) les yeux de ces hommes-là ? Nous ne monterons pas » (Bamidbar 16, 14), ou dans : « Les corbeaux de la vallée crèveront (yiqqerouha) l’œil qui se moque de son père » (Michlei 30, 17), ou dans : « J’ai creusé (qarti) et bu les eaux… » (II Melakhim 19, 24, Yecha’ya 37, 25). Tous ces mots sont issus de la même racine

La « crevasse du rocher »

La « crevasse du rocher » signifie donc un endroit creusé dans le rocher

Je te couvrirai de ma paume

Nous apprenons à partir d’ici que les forces destructrices avaient reçu le droit de détruire. Traduction du Targoum Onqelos : « Je protégerai par ma parole », ce qui est une manière respectueuse de parler du Tout-Puissant, qui n’avait pas besoin de le protéger effectivement de la paume

33,23
Alors je retirerai ma main et tu me verras par derrière; mais ma face ne peut être vue."

Je retirerai ma paume

Traduction du Targoum Onqelos : « Je retirerai la conduite de ma gloire », c’est-à-dire que je cesserai de faire marcher ma gloire devant toi pour partir de-là vers ailleurs

Tu verras ce qui est derrière moi

Il lui a montré le nœud des tefilin (Berakhoth 7a)

34,1
Le Seigneur dit à Moïse: "Taille toi-même deux tables de pierre semblables aux précédentes; et je graverai sur ces tables les paroles qui étaient sur les premières tables, que tu as brisées.

Sculpte (pessal) -toi

Il lui a montré depuis sa tente l’extraction du saphir et Il lui a dit : « Les débris [de la taille] (pessoleth) seront “pour toi” ! » C’est ainsi que Mochè est devenu très riche

Sculpte-toi

C’est toi qui a brisé les premières, à toi d’en sculpter d’autres ! Cela ressemble à un roi qui a entrepris un long voyage et a confié sa fiancée à des servantes. La mauvaise conduite des servantes a fait courir des rumeurs défavorables sur le compte de la fiancée. Aussi le chaperon a-t-il déchiré sa ketouba en se disant : « Si jamais le roi m’ordonne de la mettre à mort, je pourrai lui opposer qu’elle n’était pas encore devenue sa femme. » Le roi a constaté, après enquête, que l’inconduite n’avait été le fait que des servantes, et il s’est donc réconcilié avec sa fiancée. Le garçon d’honneur lui a alors dit : « Ecris-lui une autre ketouba, car la première a été déchirée ! » Le roi lui a répondu : « C’est toi qui l’as déchirée ! Achète-toi une autre feuille de papier, et j’y écrirai de ma propre main ! » Il en a été de même ici, où le roi c’est le Saint béni soit-Il, et les servantes ce sont le « ramassis ». Le garçon d’honneur c’est Mochè, et la fiancée du Saint béni soit-Il c’est Israël. Voilà pourquoi il est écrit : « Sculpte-toi… 

34,2
Sois prêt pour le matin; tu monteras, au matin, sur le mont Sinaï et tu m'y attendras au sommet de la montagne.

Prêt (nakhon)

Tel est le sens du mot nakhon

34,3
Nul n'y montera avec toi et nul, non plus, ne doit paraître sur toute la montagne; qu'on ne laisse même paître aux environs de cette montagne ni menu ni gros bétail."

Et pas un homme ne montera avec toi

Si le « mauvais œil » a eu prise sur les premières tables, c’est parce qu’elles avaient été données dans le bruit et dans le tumulte des foules. Rien n’est plus beau que la discrétion

34,4
Ayant taillé deux tables de pierre pareilles aux précédentes, Moïse se leva de bonne heure et monta sur le mont Sinaï, comme le lui avait commandé l'Éternel, après avoir pris en main les deux tables de pierre.
34,5
L'Éternel descendit dans la nuée, s'arrêta là, près de lui et proclama nominativement l'Éternel.

Il appela par le Nom de Hachem

Traduction du Targoum Onqelos : Il invoqua le Nom de Hachem

34,6
La Divinité passa devant lui et proclama: "ADONAÏ est l’Étre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d'équité;

Hachem Hachem

C’est l’attribut de la miséricorde divine énoncé deux fois : une première avant que l’homme ne pèche, et une seconde après qu’il a péché et qu’il s’est repenti (Roch hachana 17b)

Qél

C’est aussi l’attribut de la miséricorde divine, ainsi qu’il est écrit : « Qéli, Qéli, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Tehilim 22, 2). On ne peut pas, lorsqu’on s’adresse à l’attribut de justice, lui demander : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Voilà ce que j’ai trouvé dans la Mekhilta

Long à la colère

Il retient longtemps sa colère et ne se hâte pas de punir. Peut-être se repentira-t-il 

Et plein de bonté

Pour ceux qui ont besoin de bonté, faute de posséder de nombreux mérites (Roch hachana 17a)

Et de vérité

Pour bien récompenser ceux qui accomplissent Sa volonté

34,7
il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais il ne les absout point: il poursuit le méfait des pères sur les enfants, sur les petits-enfants, jusqu'à la troisième et à la quatrième descendance."

Il conserve de la bonté

Les actes de bonté que l’homme accomplit devant Lui

A des milliers

A deux mille générations

Le crime (‘awon)

Les ‘awonoth sont les actes commis délibérément. Les actes de rébellion (pecha‘im) ce sont les actes d’insoumission que l’homme accomplit pour exciter Sa colère (Yoma 36b)

Et absoudre

Cela signifie, au sens littéral, qu’Il ne fait pas entièrement rémission de la faute, mais qu’il la punit petit à petit. Quant à nos maîtres, ils ont interprété l’expression comme voulant dire qu’Il absout ceux qui se repentent et qu’Il n’absout pas ceux qui ne se repentent pas (Yoma 86a)

Il se souvient du crime des pères sur les fils

Lorsqu’ils persévèrent dans la conduite de leurs pères (Berakhoth 7a). Il a en effet déjà été précisé ailleurs : « pour ceux qui me haïssent » (supra 20, 5)

Et sur la quatrième

Il s’agit de la quatrième génération. C’est donc que la mesure du bien est plus ample que la mesure du châtiment, et ce cinq cents fois. Il est écrit en effet à propos de la mesure du bien : « Il conserve de la bonté à des milliers. 

34,8
Aussitôt Moïse s'inclina jusqu'à terre et se prosterna;

Mochè se hâta

Quand Mochè a vu passer la chekhina et entendu la voix de l’appel, il s’est aussitôt prosterné

34,9
et il dit: "Ah! si j'ai trouvé faveur à tes yeux, Seigneur, daigne marcher encore au milieu de nous! Oui, ce peuple est indocile, mais tu pardonneras notre iniquité et nos péchés et nous resterons ton héritage."

Que mon Maître marche donc au milieu de nous

Ainsi que tu l’as promis, puisque tu pardonnes la faute. Et si c’est « un peuple à la nuque dure » et que tu dises, parce qu’ils se sont révoltés contre toi : « … de peur que je ne te détruise en chemin » (supra 33, 3), toi, « tu pardonneras nos crimes ». Il arrive que la préposition ki (« car ») soit employée dans le sens de im (« si »)

Tu nous recueilleras en héritage

Et tu nous constitueras pour toi-même en héritage personnel. C’est la même prière que dans : « N’est-ce pas parce que […] nous avons été distingués moi et ton peuple ? » (supra 33, 16), où je te supplie de ne plus faire résider ta chekhina sur les nations idolâtres

34,10
Il répondit: "Eh bien! je renouvelle le pacte: à la face de tout ton peuple, je ferai des prodiges qui n'ont encore été opérés dans aucun pays, chez aucune nation; et tout le peuple qui t'entoure verra combien est imposante l'oeuvre de l'Éternel, que j'accomplirai par toi."

Je contracte une alliance

A ce sujet

Je ferai des prodiges (niflaoth)

Le mot niflaoth est à prendre dans le même sens que weniflinou (« nous avons été distingués » – supra 33, 16) : Vous serez en cela différents de tous les autres peuples que ma chekhina ne résidera pas sur eux

34,11
Mais prends garde à ce que je te commande aujourd'hui. Voici, j'écarterai de devant toi l'Amorréen, le Cananéen, le Héthéen, le Phérézeen, le Hévéen et le jébuséen.

Le Emori…

Six peuples seulement sont énumérés ici, car le Guirgachi s’était levé et s’était enfui de devant eux

34,12
Garde-toi de contracter alliance avec l'habitant du pays que tu vas occuper: il deviendrait un danger au milieu de toi.
34,13
Au contraire, vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs monuments, vous abattrez leurs bosquets.

Leurs arbres d’achéra

Ce sont des arbres dont ils se font des idoles (‘Avoda zara 48a)

34,14
Car tu ne dois pas te courber devant une divinité étrangère, parce que l'Éternel a nom JALOUX, c'est un Dieu jaloux!

« Jaloux » (qanna) est son nom

Il est plein d’ardeur (meqannè) pour punir et Il n’y renonce pas. Le mot qina (« jalousie ») a toujours le sens d’une affirmation de Sa supériorité et de punition de ceux qui lui sont infidèles

34,15
Garde-toi de faire alliance avec l'habitant de ce pays: prostitué au culte de ses dieux, il leur sacrifierait et il te convierait à ses sacrifices et tu en mangerais.

Tu mangeras de son sacrifice

En croyant que ce n’est pas punissable. Mais moi je te le compterai comme si tu adhérais à leur culte, car tu en viendras à « prendre parmi ses filles pour tes fils » (‘Avoda zara 8a)

34,16
Puis, tu choisirais parmi ses filles des épouses à tes fils; et ses filles, s'abandonnant au culte de leurs dieux, entraîneraient tes fils dans leur culte.
34,17
Tu ne te fabriqueras point des dieux de métal.
34,18
Observe la fête des Azymes: sept jours tu mangeras des azymes, comme je te l'ai prescrit, à l'époque du mois de la germination, car c'est dans ce mois que tu es sorti de l'Égypte.

Du mois du aviv

Le mois de la maturation, quand la récolte commence à mûrir

34,19
Toutes prémices des entrailles sont à moi: tout ce qui, dans ton bétail, naîtrait mâle, premier-né de la vache ou de la brebis.

Toute ouverture de matrice est à moi

Chez l’homme

Et tout bétail qui sera mâle…

Et tout bétail qui naîtra mâle parmi les premiers-nés du bœuf ou du mouton, ce sera un mâle qui « ouvrira la matrice »

Ouverture (pètèr)

Le mot pètèr a le sens d’une « ouverture », comme dans : « Ouvrir (potèr) les eaux est le commencement de la querelle » (Michlei 17, 14). La lettre taw du mot tizakhar est la marque du féminin, comme s’appliquant à la mère qui « met au monde un mâle »

34,20
Le premier-né de l'âne, tu le rachèteras par un agneau, sinon tu lui briseras la nuque; tout premier-né de tes fils, tu le rachèteras et ils ne paraîtront point devant moi sans offrande.

Et l’ouverture d’un âne

Et non celle des autres animaux impurs (Bekhoroth 6a)

Tu le rachèteras par un mouton

On donne le mouton au kohen, dans la main duquel il devient profane. Quant au premier-né de l’âne, son maître peut le faire travailler (Bekhoroth 9b)

Tu lui briseras la nuque

On lui brise la nuque avec une hachette. Il a fait perdre de l’argent au kohen, aussi subira-t-il lui-même une perte d’argent (Bekhoroth10b)

Tout premier-né de tes fils tu le rachèteras

La valeur de rachat est fixée à cinq sèla’, comme il est écrit : « Et son rachat, tu rachèteras à partir de l’âge d’un mois… » (Bamidbar 18, 16)

Et on ne paraîtra pas devant moi à vide

Au sens littéral, ces mots constituent une donnée indépendante de la première partie du verset et ne se rapportent pas à la législation sur le premier-né. Car il n’y a pas, pour le premier-né, matière à « paraître devant la face ». Il s’agit d’une stipulation distincte : Lorsque vous monterez en pèlerinage pour « paraître », vous ne « paraîtrez pas devant moi à vide », et vous devrez apporter l’holocauste qui accompagne la présentation devant Hachem (‘Haguiga 7a). Selon une interprétation de la barayetha, ce texte complète celui, identique, de Chemoth 23, 15 et permet un raisonnement faisant appel à deux textes qui contiennent le même mot (guezéra chawa) : « à vide », pour enseigner que les cadeaux offerts au serviteur libéré (Devarim 15, 13) doivent être de la valeur de cinq sèla’ de chaque espèce suivante : menu bétail, aire et pressoir (Devarim 15, 14), soit autant que pour le rachat du premier-né, comme enseigné dans le traité Qiddouchin (17a)

34,21
Six jours tu travailleras et le septième jour tu chômeras; labourage et moisson seront interrompus.

Du labourage et de la moisson tu te reposeras

Pourquoi cette mention du « labourage » et de la « moisson » ? Ces termes visent, selon certains de nos maîtres, le labourage effectué dans l’année qui précède l’année sabbatique et dont les fruits seront produits pendant cette année-là, et la moisson de ce qui a poussé pendant l’année sabbatique et qui sera recueilli l’année suivante. Cela vient t’apprendre qu’il faut ajouter une part de temps profane à celui qui est sacré. Et en voici le sens : « Six jours tu travailleras et le septième jour tu te reposeras », et même pendant les six jours pendant lesquels je te permets de travailler, il y a une année où sont interdits le labourage et la moisson. Et l’on n’a pas besoin de ce verset pour interdire le labourage et la moisson pendant l’année sabbatique elle-même étant donné qu’il est écrit ailleurs : « Tu n’ensemenceras pas ton champ… » (Wayiqra 25, 4). Selon une autre opinion, c’est du Chabath qu’il est question ici, et le texte parle du « labourage » et de la « moisson » pour t’enseigner que, de même que le labourage est une faculté, de même la moisson est-elle une faculté, et ce à l’exception de celle du ‘omer qui est une mitswa et qui donc « repousse » le Chabath (Roch hachana 9a)

34,22
Tu auras aussi une fête des Semaines, pour les prémices de la récolte du froment; puis la fête de l'Automne, au renouvellement de l'année.

Pour les prémices de la récolte du froment

Où tu offres les deux pains de froment (Wayiqra 23, 17)

Pour les prémices

C’est la première oblation provenant de la nouvelle récolte de froment, car celle du ‘omer apportée à Pessa‘h est constituée par de l’orge

Et la fête de la récolte (haassif)

A l’époque où tu fais entrer ta récolte depuis le champ dans la maison. Le mot assif veut dire : « faire entrer dans la maison », comme dans : « Tu le recueilleras (waassafto) vers le milieu de ta maison » (Devarim 22, 2)

Au détour de l’année

Qui a lieu au retour de l’année, au début de l’année suivante

Au détour (teqoufath)

Le mot teqoufa a le sens de : « tourner » et de : « faire cercle »

34,23
Trois fois l'année, tous tes mâles paraîtront en présence du Souverain, de l'Éternel, Dieu d'Israël.

Tout ton mâle

Tous les mâles qu’il y aura chez toi. Beaucoup de mitswoth de la Tora ont été dites et répétées, et ce jusqu’à trois ou quatre fois. C’est pour rendre condamnable et punissable la violation de chacun des interdits et le non-accomplissement de chacune des obligations qui sont énoncés à leur sujet

34,24
Car je déposséderai des peuples à cause de toi et je reculerai ta frontière: et cependant nul ne convoitera ton territoire, quand tu t'achemineras pour comparaître devant l'Éternel ton Dieu, trois fois l'année.

Je déposséderai

Comme le rend le Targoum Onqelos : « J’expulserai », comme dans : « Commence, “dépossède”, pour prendre possession de son pays » (Devarim 2, 31), ou dans : « Il “déposséda” le Emori » (Bamidbar 21, 32), dans le sens d’une « expulsion »

J’élargirai tes limites

De sorte que tu seras loin du sanctuaire et que tu ne pourras paraître constamment devant moi. Voilà pourquoi je te fixe ces trois fêtes de pèlerinage

34,25
Tu ne feras point couler; en présence du pain levé, le sang de ma victime, ni ne différeras jusqu'au matin le sacrifice de cette victime pascale.

Tu n’égorgeras pas…

Tu n’égorgeras pas le sacrifice de Pessa‘h alors que le ‘hamets est encore présent. L’interdiction s’adresse à celui qui égorge l’animal ou qui asperge le sang ou à l’un des membres d’un groupe de consommateurs (Pessa‘him 63b)

Et ne passera pas la nuit

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Le passage de la nuit n’a pas d’effet invalidant s’il est resté au sommet de l’autel, et on ne peut parler de : « passage de la nuit » que l’aurore venue (Zeva‘him 87a)

Le sacrifice de la fête du pessa‘h

Les graisses. D’où la règle applicable à tous les cas où l’on brûle graisses et parties de la chair

34,26
Les prémices nouvelles de ta terre, tu les apporteras dans la maison de l'Éternel ton Dieu. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère."

Le commencement des prémices de ton sol

Appartenant aux sept variétés énumérées à l’éloge de ton pays (Bikourim 1, 3) : « Un pays de froment et d’orge, et de vigne […] et de miel » (Devarim 8, 8), le miel désignant ici celui qui s’écoule des dattes

Tu ne feras pas cuire un chevreau

Il s’agit de l’interdiction de mélanger la viande et le lait. Elle est écrite à trois reprises dans la Tora : une première fois pour en prohiber la consommation, une deuxième fois pour défendre qu’on en tire profit, et une troisième fois pour en proscrire la cuisson (‘Houlin 115b)

Un chevreau

Est visée ici toute espèce de jeune animal tendre, y compris un veau ou un agneau (‘Houlin 113b). Comme il était nécessaire, dans beaucoup de textes, de préciser : « chevreau de chèvres », on en déduit que le mot : « chevreau » employé sans autre précision désigne tous les jeunes animaux

Dans le lait de sa mère

A l’exclusion des oiseaux, lesquels n’ont pas de lait, où l’interdiction ne figure pas dans la Tora, mais résulte de la loi orale (‘Houlin 113a)

34,27
L'Éternel dit à Moïse: "Consigne par écrit ces paroles; car c'est à ces conditions mêmes que j'ai conclu une alliance avec toi et avec Israël."

Ces paroles-là

Mais tu n’as pas le droit de mettre par écrit la loi orale (Guitin 60b)

34,28
Et il passa là avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits, ne mangeant point de pain, ne buvant point d'eau; et Dieu écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix commandements.
34,29
Or, lorsque Moïse redescendit du mont Sinaï, tenant en main les deux tables du Statut, il ne savait pas que la peau de son visage était devenue rayonnante lorsque Dieu lui avait parlé.

Ce fut

Lorsqu’il a rapporté les deuxièmes tables, le jour de Yom Kippour

Rayonnait (qaran)

Ce mot a le même sens que : « corne » (qèrèn). Car la lumière rayonne et saillit comme une sorte de corne. Et depuis quand Mochè a-t-il été gratifié de l’octroi des rayons de splendeur ? Nos maîtres expliquent que c’est depuis qu’il s’était trouvé dans la caverne, où le Saint béni soit-Il avait placé Sa paume sur son visage, comme il est écrit : « Je te couvrirai de ma paume » (supra 33, 22)

34,30
Aaron et tous les enfants d'Israël regardèrent Moïse et voyant rayonner la peau de son visage, ils n'osèrent l'approcher.

Ils eurent peur de s’approcher de lui

Vois comme elle est grande, la puissance du péché ! Que dit-on, aussi longtemps qu’ils ne s’étaient pas adonnés au péché ? « Et la vision de l’honneur de Hachem était comme un feu dévorant au sommet de la montagne, aux yeux des fils d’Israël » (supra 24, 17). Or, ils n’avaient pas eu peur et ils n’avaient pas tremblé. Mais après qu’ils eurent confectionné le veau d’or, ils ont reculé et ont tremblé même devant les rayons de splendeur de Mochè

34,31
Moïse les appela, Aaron et tous les phylarques de la communauté se rapprochèrent de lui et Moïse leur parla.

Les princes dans la communauté

Comme s’il était écrit : « les princes “de” la communauté »

Mochè leur parla

Comme envoyé de Hachem. Tous les verbes de ce paragraphe sont au présent permanent

34,32
Ensuite s'avancèrent tous les enfants d'Israël et il leur transmit tous les ordres que l'Éternel lui avait donnés sur le mont Sinaï.

Et après quoi s’approchèrent

Après avoir enseigné aux Anciens, il recommençait l’enseignement du passage ou de la halakha en question à l’intention d’Israël. Nos maîtres dans la michna ont enseigné : Dans quel ordre s’effectuait l’enseignement ? Mochè recevait l’enseignement de la bouche du Tout-Puissant. Entrait Aharon, à qui Mochè répétait son chapitre. Aharon s’écartait et il s’asseyait à la gauche de Mochè. Entraient ses fils, à qui Mochè répétait leur chapitre, puis ils s’écartaient. El‘azar s’asseyait à la droite de Mochè, et Ithamar à la gauche de Aharon. Entraient les Anciens, à qui Mochè répétait leur chapitre, puis ils s’écartaient et s’asseyaient sur les côtés. Entrait tout le peuple, à qui Mochè répétait son chapitre. C’est ainsi que le peuple recevait l’enseignement une fois, les Anciens le recevaient deux fois, les fils de Aharon trois, et Aharon quatre fois (‘Erouvin 54b)

34,33
Moïse, ayant achevé de parler, couvrit son visage d'un voile.

Il mit un masque (maswè) sur son visage

Le mot maswè (« masque ») est à traduire comme le fait le Targoum Onqelos par : « réceptacle du nez ». On trouve ce mot araméen dans le Talmud : « Son cœur percevait (sawi) » (Ketouvoth 62b), ou encore dans : « Il regardait (messawè) son visage » (Ketouvoth 60a), dans le sens de : « contempler ». Il en est de même ici où le maswè est un vêtement placé au-dessus du visage et du niveau des yeux. Par égard pour les « cornes » de splendeur, il mettait ce masque contre son visage afin que tous ne s’en « nourrissent » pas. Il l’enlevait « jusqu’à sa sortie » au moment où il s’adressait à Israël et au moment où Hachem lui parlait. Et à sa sortie, il s'éloignait sans le masque

34,34
Or, quand Moïse se présentait devant l'Éternel pour communiquer avec lui, il ôtait ce voile jusqu'à son départ; sorti de ce lieu, il répétait aux Israélites ce qui lui avait été prescrit

Il parlera aux fils d’Israël

Et ils voyaient alors les « cornes » de splendeur sur son visage. Et quand il les quittait

34,35
et les Israélites remarquaient le visage de Moïse, dont la peau était rayonnante; puis Moïse remettait le voile sur son visage, jusqu'à ce qu'il rentrât pour communiquer avec le Seigneur.

… Mochè remettra le masque sur son visage jusqu’à ce qu’il vînt pour parler avec Lui

Et quand il venait pour parler avec Lui, il l’enlevait de son visage

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