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Yitro

Lecture de la paracha Yitro en français

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18,1
Jéthro, prêtre de Madian, beau père de Moïse, apprit tout ce que Dieu avait fait pour Moïse et pour Israël son peuple, lorsque l'Éternel avait fait sortir Israël de l'Égypte.

Yithro entendit

Qu’a-t-il entendu qui l’ait incité à venir ? Le passage de la mer des Joncs et la guerre de ‘Amaleq (Zeva‘him 116a)

Yithro

Il portait sept noms : Re‘ouel, Yèthèr, Yithro, ‘Hovav, ‘Hèvèr, Qeini et Poutiel (Mekhilta). Yèthèr, parce qu’il a ajouté (yathar) un paragraphe à la Tora : « Et toi distingue d’entre tout le peuple… » (verset 21). Yithro, parce que, lorsqu’il s’est converti et a accompli les mitswoth, on lui a ajouté une lettre à son nom. ‘Hovav, parce qu’il chérissait (‘havav) la Tora. Et ‘Hovav s’identifie à Yithro, comme il est écrit : « Parmi les enfants de ‘Hovav, beau-père de Mochè… » (Choftim 4, 11). D’aucuns disent que Re‘ouel était le père de Yithro. Comment se fait-il, alors, que le texte dise : « Elles vinrent vers Re‘ouel leur père » (supra 2, 18) ? C’est parce que les jeunes enfants appellent leur grand-père : « papa » (Sifri)

Beau-père de Mochè

Ici, c’est Yithro qui se flatte de sa parenté avec Mochè : « Je suis le beau-père du roi ! », alors que dans le passé c’est Mochè qui se targuait de la grandeur de son beau-père (supra 4, 18) : « Mochè alla, il retourna chez Yèthèr son beau-père » (Mekhilta)

A Mochè et à Israël

Mochè compte autant que tout Israël

Tout ce que Eloqim fit

Pour eux, par la tombée de la manne, par le puits et par la défaite de ‘Amaleq

Que Hachem fit sortir Israël d’Egypte

Ce bienfait-là est le plus grand de tous (Mekhilta)

18,2
Alors Jéthro, beau-père de Moïse, emmena Séphora, épouse de Moïse, qui la lui avait renvoyée.

Après son renvoi

Lorsque le Saint béni soit-Il a dit à Mochè en Midyan : « Va, retourne en Egypte » (supra 4, 19), Mochè emmena avec lui sa femme et ses fils. Aharon vint à sa rencontre, il le rencontra dans la montagne de ha-Eloqim et lui dit : « Qui sont ces gens ? » Mochè répondit : « C’est ma femme, que j’ai épousée en Midyan, et ce sont mes fils. » Il lui demanda : « Où les emmènes-tu ? » Il répondit : « En Egypte ! » Aharon dit alors : « Nous sommes déjà préoccupés par le sort des premiers, de ceux qui sont déjà ici, et toi tu voudrais ajouter encore ceux-là ! » Mochè a dit alors à sa femme : « Retourne chez ton père ! » Elle a pris ses deux fils et s’en est allée

18,3
Il emmena aussi ses deux fils, l’un nommé Gersom, "car, avait-il dit, je suis un émigré sur une terre étrangère";
18,4
l’autre nommé Eliézer, "parce que le Dieu de mon père m’est venu en aide et m’a sauvé du glaive de Pharaon."

Il m’a sauvé de l’épée de Pharaon

Lorsque Dathan et Aviram l’ont dénoncé pour l’affaire de l’Egyptien et qu’il a voulu mettre Mochè à mort, son cou s’est raidi comme une colonne de marbre (Mekhilta)

18,5
Jéthro, beau-père de Moïse, vint, avec les fils et la femme de celui-ci, trouver Moïse au désert où il campait, près de la montagne du Seigneur.

Vers le désert

Nous le savons bien, qu’il était dans le désert ! Le texte s’exprime ici, en fait, à l’éloge de Yithro. Il menait jusque-là une existence constellée d’honneurs, et c’est par dévouement qu’il s’est rendu dans le désert, lieu de désolation, pour écouter des paroles de Tora (Mekhilta)

18,6
Il fit dire à Moïse: "Moi ton beau-père, Jéthro, je viens à toi avec ta femme accompagnée de ses deux fils."

Il dit à Mochè

Il le lui a fait dire par un messager (Mekhilta)

Moi ton beau-père…

« Si tu ne sors pas pour moi, sors pour ta femme ! Et si tu ne sors pas pour ta femme, sors pour ses deux fils ! » (Mekhilta)

18,7
Moïse alla au-devant de son beau-père; il se prosterna, il l’embrassa et ils s’informèrent mutuellement de leur bien-être puis ils entrèrent dans la tente.

Mochè sortit

Yithro s’est vu rendre à ce moment de grands honneurs. Après que Mochè fut sorti, sont sortis à leur tour Aharon, Nadav et Avihou. Et qui, les voyant sortir, ne serait pas sorti lui aussi ? (Midrach tan‘houma)

Il se prosterna

On ne sait pas qui s’est prosterné devant qui. Mais le texte ajoute : « chaque homme à son prochain ». Qui est appelé : « homme » ? C’est Mochè, comme il est écrit (Bamidbar 12, 3) : « Et l’homme Mochè… » (Mekhilta)

18,8
Moïse conta à son beau père tout ce que l’Éternel avait fait à Pharaon et à l’Egypte à cause d’Israël; toutes les tribulations qu’ils avaient essuyées dans le voyage et comment le Seigneur les avait protégés.

Mochè relata à son beau-père

Pour attirer son cœur et le rapprocher de la Tora (Mekhilta)

Toute la tribulation

Celle de la mer et celle de ‘Amaleq (Mekhilta)

La tribulation (telaa)

Les lettres lamèd et alef font partie du radical, et le taw est ajouté pour la formation du mot. Cette lettre est fondamentale, mais il arrive qu’elle soit élidée. Il en va de même de terouma (« prélèvement »), tenoufa (« balancement », teqouma (« maintien »), tenoua (« mouvement »)

18,9
Jéthro se réjouit de tout le bien que l’Éternel avait fait à Israël, en le sauvant de la main des Egyptiens

Yithro se réjouit (wayi‘had)

Tel est le sens littéral du mot. Explication du midrach : Sa chair s’est hérissée d’épines (‘hadoudim) à cause du chagrin que lui causait la perte des Egyptiens. Comme le disent les gens : « Un converti, jusqu’à la dixième génération, ne parle pas avec dédain d’un Araméen en sa présence ! » (Sanhèdrin 94a)

Pour tout le bien

Le bien causé par la manne, par le puits et par la Tora. Et par-dessus tout, pour avoir délivré de la main des Egyptiens. Un esclave ne pouvait pas, jusque-là, fuir l’Egypte, dont les frontières étaient hermétiquement closes. Et eux ont été six cent mille à sortir (Mekhilta)

18,10
et il dit: "Loué soit l’Éternel, qui vous a sauvés de la main des Egyptiens et de celle de Pharaon, qui a soustrait ce peuple à la main des Egyptiens!

Qui vous a délivrés de la main de l’Egypte

Un peuple impitoyable (Mekhilta)

Et de la main de Pharaon

Un roi impitoyable

De dessous la main de l’Egypte

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos, c’est une expression de pouvoir absolu et de domination. La main qu’ils faisaient peser sur eux, c’était l’esclavage

18,11
Je reconnais, à cette heure, que l’Éternel est plus grand que tous les dieux, puisqu’il a été dans cette circonstance où l’on avait agi tyranniquement à leur égard."

Maintenant j’ai su

Je l’avais déjà reconnu, mais maintenant plus que jamais (Mekhilta)

Que tous les dieux

Ceci nous apprend qu’il connaissait toutes les idolâtries du monde, et qu’il n’y en avait pas une seule qu’il n’eût servie (Mekhilta)

Car dans la chose qu’ils ont accomplie délibérément Il a été sur eux

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos, c’est par l’eau qu’ils avaient prémédité de les faire périr, et c’est par l’eau qu’ils ont péri

Qu’ils ont accomplie délibérément (zadou)

Ils ont agi criminellement. Et nos maîtres ont interprété le mot zadou dans le même sens que : « Ya‘aqov préparait (wayazèd) un mets » (Beréchith 25, 29). C’est dans la marmite où ils faisaient cuire qu’ils ont été cuits eux-mêmes (Sota 11a)

18,12
Jéthro, beau-père de Moïse, offrit un holocauste et d’autres sacrifices à Dieu et Aaron et tous les anciens d'Israël vinrent partager le repas du beau-père de Moïse, en présence de Dieu

Un holocauste

Comme son nom l’indique : « qui s’élève », brûlé intégralement

Et des sacrifices

Des rémunératoires (Zeva‘him 116a)

Aharon vint…

Et Mochè, où est-il allé ? C’est pourtant lui qui était sorti en premier à sa rencontre et qui était à l’origine de tous les honneurs ! Il se tenait en fait devant eux pour les servir (Mekhilta)

Devant ha-Eloqim

D’où l’on déduit que celui qui participe à un repas où sont assis des sages en Tora est comme s’il contemplait l’éclat de la chekhina (Mekhilta)

18,13
Le lendemain, Moïse s’assit pour rendre la justice au peuple et le peuple se tint debout autour de Moïse, du matin jusqu'au soir.

Ce fut

C’était le lendemain de Yom Kippour, ainsi que nous l’apprenons dans le Sifri. Et que veut dire : « à partir du lendemain » ? Le lendemain de sa descente de la montagne. Et ce n’a pu être que le lendemain de Yom Kippour, car si cela avait eu lieu avant le don de la Tora, Mochè n’aurait pas pu dire : « Je fais connaître les statuts de ha-Eloqim et Ses Toroth » (verset 16). Et Mochè n’a jamais eu l’occasion, entre le don de la Tora et Yom Kippour, de pouvoir s’asseoir pour juger le peuple. C’est en effet le dix-sept tamouz qu’il est descendu et a brisé les tables (Ta‘anith 28b), et il est remonté tôt le lendemain pour rester quatre-vingts jours et redescendre le jour de Yom Kippour. Notre paragraphe ne figure donc pas à la place qu’aurait exigé l’ordre chronologique, et le « lendemain » dont il est question se situe dans la deuxième année. Il est écrit en effet ici : « Mochè reconduisit son beau-père… » (verset 27) et plus loin, à propos de l’ordre de marche des étendards : «Nous partons vers l’endroit… Ne nous quitte donc pas ! » (Bamidbar 10, 29 et 31). Or, si la visite avait eu lieu avant le don de la Tora, après que Mochè aurait reconduit Yithro [une première fois] et qu’il serait parti, où trouvons-nous qu’il est revenu ? Et si tu devais soutenir qu’il n’est pas question [dans Bamidbar] de Yithro, mais de ‘Hovav, et que ‘Hovav était le fils de Yithro, sache que Yithro et ‘Hovav sont une seule et même personne, comme il est écrit : « Parmi les fils de ‘Hovav, beau-père de Mochè » (Choftim 4, 11)

Mochè s’assit… le peuple se tint debout

Il était assis comme un roi, et tous se tenaient debout. La chose a déplu à Yithro, car il faisait fi de l’honneur d’Israël. C’est là-dessus qu’il l’a critiqué, comme il est écrit : « Pourquoi es-tu assis toi seul et tout le peuple est-il debout ? » (verset 14)

Depuis le matin jusqu’au soir

Est-il vraiment possible de dire une telle chose ? C’est que tout juge qui rend un jugement vrai dans toute sa vérité, ne fût-ce que pendant une heure, le texte le considère comme s’il s’était occupé de Tora toute la journée durant, et comme s’il était devenu l’associé du Saint béni soit-Il dans l’œuvre de création, à propos de laquelle il est écrit : « Il fut “soir”, il fut “matin”… » (Chabath 10a, Meguila 10b)

18,14
Le beau-père de Moïse, voyant comme il procédait à l'égard du peuple, lui dit: "Que signifie ta façon d'agir envers ce peuple? Pourquoi sièges-tu seul et tout le peuple stationne t-il autour de toi du matin au soir?"
18,15
Moïse répondit à son beau-père: "C'est que le peuple vient à moi pour consulter le Seigneur.

Parce que viendra vers moi

Le verbe doit se comprendre comme s’il était au présent, s’agissant ici d’une action continue

Pour consulter Eloqim

Comme le rend le Targoum Onqelos : « pour demander un enseignement », c’est-à-dire pour demander l’instruction de la bouche du Tout-Puissant

18,16
Lorsqu'ils ont une affaire, elle m'est soumise; alors je prononce entre les parties et je fais connaître les décrets du Seigneur et ses instructions."

Lorsqu’ils auront une affaire

Celui qui a une affaire vient vers moi

18,17
Le beau-père de Moïse lui répliqua: "Le procédé que tu emploies n'est pas bon.

Le beau-père de Mochè lui dit

Par égard pour lui, le texte l’appelle : « le beau-père du roi »

18,18
Tu succomberas certainement et toi-même et ce peuple qui t'entoure; car la tâche est trop lourde pour toi, tu ne saurais l'accomplir seul.

T’épuiser

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos. C’est une expression évoquant l’idée de « flétrir », en français médiéval : « fleistrir », comme dans : « et la feuille s’est flétrie » (Yirmeya 8, 13), « comme la feuille se flétrit pour se séparer de la vigne » (Yecha’ya 34, 4), parce qu’elle s’est racornie sous l’effet de la chaleur et sous l’action du gel. Sa force s’est affaiblie et elle s’est épuisée

Aussi toi-même

Pour inclure Aharon, ‘Hour et les soixante-dix Anciens (Mekhilta)

Car la chose est trop lourde

Son poids est plus lourd que ne peut en supporter ta force

18,19
Or, écoute ma voix, ce que je veux te conseiller et que Dieu te soit en aide! Représente, toi seul, le peuple vis-à-vis de Dieu, en exposant les litiges au Seigneur;

Je te conseillerai

Ce qu’il lui a conseillé, c’est de consulter le Tout-Puissant (Mekhilta)

Sois toi pour le peuple en face de ha-Eloqim

Messager et intermédiaire entre eux et Hachem, et lui demandant de rendre des jugements

Les affaires

Leurs différends

18,20
notifie-leur également les lois et les doctrines, instruis-les de la voie qu'ils ont à suivre et de la conduite qu'ils doivent tenir.
18,21
Mais, de ton côté, choisis entre tout le peuple des hommes éminents, craignant Dieu, amis de la vérité, ennemis du lucre et place-les à leur tête comme chiliarques, centurions, cinquanteniers et décurions.

Et toi

Par l’esprit saint qui est sur toi (Mekhilta)

Des hommes éminents

Riches, afin qu’ils n’aient pas besoin de flatter ou de faire acception de personnes (Mekhilta)

Des hommes de vérité

Ce sont des hommes qui inspirent confiance, aux paroles desquels on peut se fier et dont on écoute ce qu’ils disent

Haïssant le lucre

Qui haïssent leur propre argent dans un procès, comme le dit le dicton : « Le juge qu’il faut traîner en justice pour qu’il paye ce qu’il doit n’est pas digne d’être un juge » (Baba Batra 58b)

Des dirigeants de milliers

Ils ont été six cents chefs pour les six cent mille hommes (Sanhèdrin 18a)

Des dirigeants de centaines

Ils ont été six mille

Des dirigeants de cinquantaines

Douze mille

Des dirigeants de dizaines

Soixante mille

18,22
Ils jugeront le peuple en permanence; et alors, toute affaire grave ils te la soumettront, tandis qu'ils décideront eux-mêmes les questions peu importantes. Ils te soulageront ainsi en partageant ton fardeau.

Ils jugeront

Selon la traduction du Targoum Onqelos, c’est l’expression d’un ordre

Il sera allégé (wehaqél) de ce qui est sur toi

Ceci a pour but d’alléger ce qui est sur toi. Le mot wehaqél exprime l’idée d’un présent permanent, tout comme : « Il alourdit (wehakhbéd) son cœur » (supra 8, 11), ou comme : « en frappant (wehakoth) Moav » (II Melakhim 3, 24)

18,23
Si tu adoptes cette conduite, Dieu te donnera ses ordres et tu pourras suffire à l'œuvre; et de son côté, tout ce peuple se rendra tranquillement où il doit se rendre."

Eloqim t’ordonneras

Consulte le Tout-Puissant ! S’Il t’ordonne de faire ainsi, tu pourras te maintenir. Et s’Il s’y oppose, tu ne pourras pas te maintenir (Mekhilta)

Et aussi tout ce peuple-là

Aharon, Nadav, Avihou et les soixante-dix Anciens qui t’assistent (Mekhilta)

18,24
Moïse écouta l'avis de son beau-père et effectua tout ce qu'il avait dit.
18,25
Il choisit des hommes de mérite entre tout Israël et les créa magistrats du peuple: chiliarques, centurions, cinquanteniers et décurions.
18,26
Ils jugeaient le peuple en permanence; les cas difficiles, ils les rapportaient à Moïse et les causes simples, ils les décidaient eux-mêmes.

Ils jugeront

Traduction du Targoum Onqelos : wedaynim

Ils l’amèneront

Traduction du Targoum Onqelos : méythan

Ils jugeront (yichpoutou) eux-mêmes

Comme yichpetou. Tout comme : (Ruth 2, 8) lo tha‘avouri (« tu ne t’en iras pas ») équivaut à lo tha‘avori. Traduction du Targoum Onqelos : daynin. Ce qui est écrit plus haut, [au verset 22], constitue des ordres, d’où la traduction du Targoum Onqelos par : widounoun (« qu’ils jugent ! »), yaythoun (« qu’ils amènent ! »), yadounoun (« qu’ils jugent ! »), tandis qu’il s’agit ici de ce qui est réalisé effectivement

18,27
Moïse reconduisit son beau-père, qui s'en retourna dans son pays.

Il alla pour lui vers son pays

Pour convertir les membres de sa famille (Mekhilta)

19,1
A la troisième néoménie depuis le départ des Israélites du pays d'Égypte, le jour même, ils arrivèrent au désert de Sinaï.

En ce jour-ci

Le premier du mois. Le texte aurait dû porter : « ce jour-“là” » (hahou) ! Pourquoi : « ce jour-“ci” » (hazè) ? Pour que les paroles de la Tora te soient toujours aussi neuves que si elles t’avaient été données aujourd’hui même (Chabath 86b)

19,2
Partis de Refidim, ils entrèrent dans le désert de Sinaï et y campèrent, Israël y campa en face de la montagne.

Ils partirent de Refidim

Pourquoi le texte s’impose-t-il de répéter d’où ils sont partis ? Il a pourtant déjà été indiqué plus haut qu’ils ont campé à Refidim (supra 17, 1), de sorte qu’il est évident qu’ils en sont partis ! C’est pour assimiler leur départ de Refidim à leur venue dans le désert de Sinaï : De même que celle-ci s’est faite dans le repentir, de même celui-là s’est-il fait dans le repentir (Mekhilta)

Israël y campa

Comme un seul homme, d’un seul cœur [d’où l’emploi du singulier], tandis que les autres étapes ont eu lieu dans des récriminations et des querelles (Mekhilta)

En face (nèguèd) de la montagne

A l’est. Toutes les fois que l’on trouve le mot nèguèd (« en face »), il s’agit de la face est (Mekhilta)

19,3
Pour Moïse, il monta vers le Seigneur et le Seigneur, l'appelant du haut de la montagne, lui dit: "Adresse ce discours à la maison de Jacob, cette déclaration aux enfants d'Israël:

Et Mochè monta

Le deuxième jour. Et toutes ses montées ont eu lieu de bon matin, comme il est écrit : « Mochè se leva de bon matin » (infra 34, 4)

Tu diras ainsi

Dans ce langage et dans cet ordre (Mekhilta)

A la maison de Ya‘aqov

Ce sont les femmes. Tu leur parleras avec douceur

Et tu raconteras (wethaguéd) aux fils d’Israël

Il a commenté à l’intention des hommes les punitions et les détails, employant à cet effet des paroles aussi dures que des tendons (guidin) (Chabath 87a, Mekhilta)

19,4
‘Vous avez vu ce que j'ai fait aux Égyptiens; vous, je vous ai portés sur l'aile des aigles, je vous ai rapprochés de moi.

Vous

Ce n’est pas par tradition que vous l’avez appris, ni par des paroles que je vous le transmets, ni par des témoins que je vous en fais attester, mais vous-mêmes « avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte ». Ils se sont rendus coupables envers moi de bien des fautes avant de s’en prendre à vous, mais je ne les ai punis que pour les torts qu’ils vous ont causés (Mekhilta)

Je vous ai portés

C’est le jour où Israël est arrivé à Ra‘amsés. Car ils étaient éparpillés dans tout le pays de Gochèn, et en un instant, quand le moment est venu pour eux de partir, ils ont tous été rassemblés à Ra‘amsés. Le Targoum Onqelos le rend par : « je vous ai fait mettre en route », par égard au respect dû au Tout-Puissant (Mekhilta)

Sur des ailes d’aigles

Comme un aigle qui porte ses petits sur ses ailes. Car tous les autres oiseaux déplacent leur progéniture en la soulevant entre leurs pattes, de crainte d’un autre volatile pouvant voler au-dessus d’eux. L’aigle, en revanche, qu’aucun autre oiseau ne peut dominer, n’a peur que de l’homme et des flèches qu’il pourrait lui lancer. C’est pourquoi il installe ses petits sur ses ailes, en se disant : « Mieux vaut que ce soit moi que transperce la flèche plutôt que mes enfants ! » J’ai agi de la même manière : « l’ange de ha-Eloqim partit… » (14, 19), « [la colonne de nuée] vint entre le camp des Egyptiens et entre le camp d’Israël » (14, 20). Les Egyptiens lançaient des flèches et des projectiles de pierre, et c’est la nuée qui les recevait

Je vous ai amenés à moi

Ainsi que le rend le Targoum Onqelos

19,5
Désormais, si vous êtes dociles à ma voix, si vous gardez mon alliance, vous serez mon trésor entre tous les peuples! Car toute la terre est à moi,

Et maintenant

Si vous l’acceptez dès maintenant, cela vous sera agréable ensuite, car tous les débuts sont difficiles (Mekhilta)

Vous gardez mon alliance

Que je conclus avec vous pour l’observance de la Tora

Un trésor

Un trésor bien-aimé, comme dans : « et le trésor des rois » (Qohèleth 2, 8) constitué par les objets de valeur et les pierres précieuses amassés par les rois. De même serez-vous pour moi un trésor plus cher que les autres peuples. Mais ne dites pas que vous seuls m’appartenez, et que je n’en ai pas d’autres que vous ! Qu’ai-je d’autre qui puisse rendre évident l’amour que je vous porte ? « Car à moi est toute la terre ». Mais à mes yeux et devant moi ils ne comptent pas

19,6
mais vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte.’ Tel est le langage que tu tiendras aux enfants d'Israël."

Et vous

Des princes, comme dans : « Et les fils de David étaient pontifes (kohanim) » (II Chemouel 8, 18)

Celles-là sont les paroles

Rien de moins ni rien de plus

19,7
Moïse, de retour, convoqua les anciens du peuple et leur transmit toutes ces paroles comme le Seigneur le lui avait prescrit.
19,8
Le peuple entier répondit d'une voix unanime: "Tout ce qu'a dit l'Éternel, nous le ferons!" Et Moïse rapporta les paroles du peuple au Seigneur.

Mochè rapporta les paroles du peuple…

Le lendemain, à savoir le troisième jour, car il était monté de bon matin. Mais Mochè avait-il besoin de les rapporter ? Le texte enseigne ici une règle de bonne conduite, en ce que Mochè n’a pas dit : « Du moment que celui qui m’a envoyé connaît la réponse, je n’ai pas besoin de la lui faire savoir. 

19,9
L'Éternel dit à Moïse: "Voici, moi-même je t'apparaîtrai au plus épais du nuage, afin que le peuple entende que c'est moi qui te parle et qu'en toi aussi ils aient foi constamment." Alors Moïse redit à l'Éternel les paroles du peuple.

Dans l’épaisseur de la nuée

Dans ce que la nuée avait d’épais, à savoir l’obscurité [dont il est question plus loin (infra 20, 18)]

Et qu’en toi aussi

Y compris les prophètes qui viendront après toi

Mochè raconta…

Le lendemain, qui était le quatrième jour du mois

Les paroles du peuple…

La réponse que j’ai entendue de leur part, c’est qu’ils veulent entendre de toi-même. Celui qui entend de la bouche d’un intermédiaire n’est pas comme celui qui entend de la bouche du roi lui-même. Nous voulons voir notre roi 

19,10
Et l'Éternel dit à Moïse: "Rends-toi près du peuple, enjoins-leur de se tenir purs aujourd'hui et demain et de laver leurs vêtements,

Hachem dit à Mochè

Si vraiment ils ont besoin qu’on leur parle, va vers le peuple 

Tu les consacreras

Tu les prépareras. Qu’ils se tiennent prêts aujourd’hui et demain 

19,11
afin d'être prêts pour le troisième jour; car, le troisième jour, le Seigneur descendra, à la vue du peuple entier, sur le mont Sinaï.

Ils seront prêts

Séparés de leur femme (Mekhilta)

Pour le troisième jour

Qui sera le sixième jour du mois. Le cinquième jour, Mochè a construit l’autel situé sous la montagne et les douze monuments dont il est question plus loin (infra 24, 4), la Tora n’observant pas l’ordre chronologique des événements (Mekhilta)

Aux yeux de tout le peuple

Cela nous apprend qu’il n’y avait pas d’aveugle parmi eux : ils avaient tous été guéris (Mekhilta)

19,12
Tu maintiendras le peuple tout autour, en disant: ‘Gardez-vous de gravir cette montagne et même d'en toucher le pied, quiconque toucherait à la montagne serait mis à mort.

Tu limiteras

Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite

En disant

La limite leur dira : « Gardez-vous de monter à partir d’ici ! » Et toi, tu leur donneras des instructions à ce sujet

Et d’en toucher l’extrémité

Pas même l’extrémité

19,13
On ne doit pas porter la main sur lui, mais le lapider ou le percer de flèches; homme ou bête, il cesserait de vivre. Mais aux derniers sons du cor, ceux-ci monteront sur la montagne’".

Car lapider

D’où nous apprenons que les condamnés à être lapidés étaient précipités en contrebas du lieu de la lapidation, lequel était d’une hauteur de deux tailles d’homme (Sanhèdrin 45a)

Il sera lapidé

Il sera projeté en bas, vers la terre, comme dans : « Il les a lancés dans la mer » (supra 15, 4)

Quand s’étendra le son du cor

Quand le cor « tirera » un son prolongé, ce sera signe du retrait de la chekhina et de l’arrêt de Sa voix. Et lorsque Je me serai retiré, ils auront le droit de monter

Du cor

C’est le chofar fait à partir de la corne du bélier. Le mot « bélier » se dit en arabe : « yovla ». C’était le chofar du bélier de Yits‘haq

19,14
Moïse descendit de la montagne vers le peuple, lui enjoignit la pureté et ils lavèrent leurs vêtements.

De la montagne vers le peuple

Ce qui nous apprend que Mochè n’est pas allé vaquer à ses affaires, mais qu’il s’est rendu « de la montagne vers le peuple »

19,15
II dit au peuple: "Tenez-vous prêts pour le troisième jour; n'approchez point d'une femme."

Soyez prêts dans trois jours

Pour la fin du troisième jour, c’est-à-dire le quatrième jour. Car Mochè, de son propre mouvement, a ajouté un jour supplémentaire, comme l’enseigne rabi Yossi (Chabath 87a). Et pour celui qui professe que les Dix Commandements ont été donnés le six du mois, Mochè n’a rien ajouté, de sorte que les mots : « pour trois jours » doivent être compris : « pour le troisième jour »

Ne vous avancez pas vers une femme

Pendant tous ces trois jours, afin que les femmes s’immergent rituellement le troisième jour et qu’elles soient dans un état de pureté pour recevoir la Tora. Car il aurait pu arriver, si elles avaient eu des rapports pendant ces trois jours, qu’elles laissent échapper de la semence après leur immersion et qu’elles redeviennent impures. En revanche, en attendant pendant trois jours, elles laissaient à la semence le temps de se putréfier et de perdre sa fertilité, l’empêchant de rendre impure celle qui en aurait suinté

19,16
Or, au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres et des éclairs et une nuée épaisse sur la montagne et un son de cor très intense. Tout le peuple frissonna dans le camp.

Quand c’était le matin

Cela nous apprend qu’Il les y a précédés, ce qui est contraire aux usages humains où l’on ne voit pas le maître attendre l’arrivée du disciple. Il en est de même dans : « Lève-toi ! Va dans la plaine, et là je te parlerai ! […] Je me suis levé et suis allé dans la plaine, et voilà que s’y tenait la gloire de Hachem » (Ye‘hezqel 3, 22-23)

19,17
Moïse fit sortir le peuple du camp au-devant de la Divinité et ils s'arrêtèrent au pied de la montagne.

A la rencontre de ha-Eloqim

Cela nous apprend que la chekhina est sortie à leur rencontre, comme le fiancé sort pour accueillir la fiancée. Cela correspond au verset : « Hachem est venu “du” Sinaï (missinaï) » (Devarim 33, 2), et non : « est venu “au” Sinaï (lessinaï) » (Mekhilta)

Dans le bas de la montagne

Au sens littéral : « au pied de la montagne ». Mais le midrach explique que la montagne a été arrachée à son endroit et a été renversée sur eux comme une coupole (Chabath 88a)

19,18
Or, la montagne de Sinaï était toute fumante, parce que le Seigneur y était descendu au sein de la flamme; sa fumée montait comme la fumée d'une fournaise et la montagne entière tremblait violemment.

Toute fumante (‘achan)

Le mot ‘achan n’est pas un substantif, étant donné que la lettre chin est ponctuée ici d’un pata‘h. Mais c’est un verbe [conjugué à la troisième personne du masculin singulier du passé] : « il fumait », tout comme amar (« il disait »), chamar (« il gardait »), chama’ (« il écoutait »). D’où la traduction du Targoum Onqelos : « le mont Sinaï fumait », et non : « en fumée ». Toutes les fois que le mot ‘achan, dans le texte, est ponctué d’un qamats, il s’agit d’un substantif

Une fournaise

A chaux. Serait-ce comme ce genre de fournaise et pas davantage ? Aussi le texte ajoute-t-il : « et la montagne brûlait dans le feu jusqu’au cœur du ciel » (Devarim 4, 11). Et pourquoi est-il question ici d’un four à chaux ? C’est pour que l’oreille reste accoutumée à entendre ce qu’elle a l’habitude de comprendre, le texte lui fournissant des données qui lui sont familières. Il en est ainsi de : « Il rugit comme un lion » (Hoché‘a 11, 10). Et pourtant, qui a donné sa force au lion si ce n’est Lui, alors que le texte Le compare à cet animal ? C’est donc que nous Le décrivons en le comparant à Ses créatures, afin que l’oreille reste accoutumée à entendre ce qu’elle a l’habitude de comprendre. De même dans : « Et Sa voix était comme le son des grandes eaux » (Ye‘hezqel 43, 2). Et pourtant, qui a donné leurs voix aux eaux si ce n’est Lui, alors que le texte Le compare à ce qu’Il a créé ? C’est pour que l’oreille le comprenne

19,19
Le son du cor allait redoublant d'intensité; Moïse parlait et la voix divine lui répondait."

Allait se renforçant beaucoup

Habituellement, lorsqu’un homme sonne de la trompette, le son va s’affaiblissant avec le temps. Ici, il « allait se renforçant beaucoup ». Et pourquoi cela ? Pour que l’oreille reste accoutumée à entendre ce qu’elle a l’habitude de comprendre

Mochè parla

Quand Mochè a parlé et a fait entendre les Commandements à Israël – qui n’a entendu de la bouche du Tout-Puissant que : « Moi-même suis Hachem, ton Eloqim… » et : « Tu n’auras pas d’autres dieux sur ma face » (infra 20, 2 et 3) – le Saint béni soit-Il l’a aidé en lui donnant la force d’amplifier sa voix et de la faire entendre

Répondit par un son

Il lui a répondu au sujet du son, comme dans : « qui répondra par le feu » (I Melakhim 18, 24), c’est-à-dire au sujet du feu, pour le faire descendre

19,20
Le Seigneur, étant descendu sur le mont Sinaï, sur la cime de cette montagne, y appela Moïse; Moïse monta,

Hachem descendit sur le mont Sinaï

Serait-ce qu’Il est vraiment descendu sur elle ? Aussi le texte précise-t-il : « depuis le ciel j’ai parlé avec vous » (infra 20, 19). Ceci nous apprend qu’Il a incliné les cieux supérieurs et inférieurs et qu’Il les a étendus par-dessus la montagne comme un drap sur le lit. Le trône divin est alors descendu sur eux (Mekhilta)

19,21
et le Seigneur lui dit: "Descends avertir le peuple: ils pourraient se précipiter vers le Seigneur pour contempler sa gloire et beaucoup d'entre eux périraient.

Avertis le peuple

Avertis-les pour qu’ils ne montent pas sur la montagne

De peur qu’ils ne détruisent…

Pour qu’ils ne compromettent pas leur position, dans le désir qui les porte vers Hachem, pour Le voir, et qu’ils s’approchent de la montagne

Et il en tombera beaucoup

Même s’il ne devait en tomber qu’un seul, il compterait « beaucoup » pour moi (Mekhilta)

De peur qu’ils détruisent

Toute destruction compromet l’ordonnancement d’une construction. De même, ceux qui se séparent d’un groupe humain en compromettent l’ordonnancement

19,22
Que les pontifes aussi, plus rapprochés du Seigneur, s'observent religieusement; autrement il pourrait sévir parmi eux."

Et aussi les pontifes

Y compris les premiers-nés qui étaient chargés du service (Zeva‘him 115b)

Qui s’avancent vers Hachem

Pour présenter les sacrifices. Eux non plus ne se prévaudront pas de leur privilège pour monter

Qu’ils se consacrent

Qu’ils se tiennent prêts à se tenir à leur place (voir verset 10)

De peur qu’Il ne fasse brèche

L’idée de brèche correspond à celle de « tuer » et à faire une brèche dans leurs rangs

19,23
Moïse répondit au Seigneur: "Le peuple ne saurait monter sur le mont Sinaï, puisque tu nous as avertis par ces paroles: ‘Défends la montagne et déclare-la sainte!’"

Le peuple ne pourra pas

Je n’ai pas besoin de les avertir, car cela fait trois jours qu’ils sont soumis à l’interdiction. Ils ne pourront pas monter, car ils n’en ont pas le droit

19,24
Le Seigneur lui repartit: "Descends, dis-je, puis tu remonteras accompagné d'Aaron. Mais que les pontifes et le peuple ne s'aventurent pas à monter vers le Seigneur, il pourrait sévir contre eux."

Va

Et avertis-les une seconde fois. Car on doit mettre en garde celui qui n’a pas encore agi, et répéter l’avertissement au moment de l’action (Mekhilta)

Tu monteras

Se pourrait-il qu’ils soient avec toi ? Aussi le texte précise-t-il : « tu monteras, toi ». On en conclura que tu auras une place bien délimitée, que Aharon aura une place bien délimitée, et que les pontifes auront une place bien délimitée. Mochè s’est approché de plus près que Aharon, et Aharon de plus près que les pontifes. Quant au peuple, qu’il ne franchisse pas ses barrières pour monter vers Hachem 

De peur qu’Il ne fasse brèche (yifrats) contre eux

Bien que le mot yifrats soit ponctué d’un qamats bref, il ne change pas sa forme grammaticale. Voici la règle : lorsqu’un mot ponctué d’un ‘holem est suivi d’un trait d’union, cette voyelle est remplacée par un qamats bref

19,25
Moïse redescendit vers le peuple et lui en fit part.

Il leur dit

Cet avertissement

20,1
Alors Dieu prononça toutes ces paroles, savoir:

Eloqim déclara

Le mot Eloqim s’applique à l’idée de juge, comme dans : « Ne maudis pas les èlohim » (infra 22, 27), que le Targoum Onqelos traduit effectivement par : « juges ». Car il existe des préceptes de la Tora où l’homme, s’il leur obéit, obtient une récompense, et n’est passible, sinon, d’aucune punition. J’aurais pu penser qu’il en fût de même des Dix Commandements. Aussi est-il écrit : « Eloqim déclara », en tant que juge apte à punir (Mekhilta)

Toutes ces paroles-là

Ceci nous apprend que le Saint béni soit-Il a prononcé les Dix Commandements en une seule parole, ce qui n’est pas possible à l’homme de réaliser. Dans ce cas, pourquoi le texte continue-t-il en détaillant : « Moi-même suis Hachem, ton Eloqim… » et : « Tu n’auras pas d’autres dieux… » ? C’est parce qu’Il les a repris et les a explicités chacun séparément

En disant

Ceci nous apprend qu’ils ont répondu par un « oui » à chaque commandement actif, et par un « non » à chaque interdiction (Mekhilta)

20,2
(1) "Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclavage.

Qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte

Il valait la peine que vous sortiez, afin que vous soyez soumis à ma puissance (Mekhilta). Autre explication : Tandis qu’Il s’est manifesté sur la mer comme un puissant guerrier, Il s’est montré ici comme un vieillard rempli de miséricorde, comme il est écrit : « et sous Ses pieds comme un ouvrage du brillant du saphir » (infra 24, 10) – cette expression s’applique à la période de servitude – « et comme la substance des cieux quant à la pureté » (ibid.) – ceci s’applique à celle qui a suivi la délivrance. Et comme je me suis manifesté successivement sous des apparences différentes, ne dites pas qu’il existe deux pouvoirs : C’est moi-même qui vous ai fait sortir d’Egypte, et aussi celui qui vous ai sauvés sur la mer. Autre explication : Etant donné qu’ils ont entendu de nombreux sons, comme il est écrit : « Et tout le peuple voit “les sons” » (verset 15) – des sons qui venaient tout à la fois des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre – ne dites pas qu’il existe plusieurs pouvoirs. Et pourquoi le texte emploie-t-il le singulier : « ton » Eloqim ? Pour procurer un argument à Mochè lorsqu’il prendra leur défense lors de l’affaire du veau d’or, où il dira : « Pourquoi, Hachem, ta colère s’enflammera-t-elle contre ton peuple ? » (infra 32, 11), ce qui voudra dire : « Ce n’est pas à eux que tu as ordonné : “Tu n’auras pas d’autres dieux !”, mais à moi seul ! 

De la maison des esclaves

Faut-il comprendre : « de la maison de Pharaon, dont vous étiez les esclaves » ? Ou bien : « de la maison d’esclaves, dont vous étiez vous-mêmes les esclaves » ? Le texte précise : « Il t’a racheté de la maison des serviteurs, de la main de Pharaon, roi d’Egypte » (Devarim 7, 8), ce qui permet de répondre qu’ils ont été les esclaves d’un roi, et non les esclaves d’autres esclaves

Tu n’auras pas

Pourquoi cela est-il stipulé ? Etant donné qu’il est écrit : « Tu ne te feras pas de sculpture » (verset 4), j’aurais pu en déduire que seule la fabrication est interdite. D’où aurais-je su qu’il en est de même de ce qui est déjà fait ? Aussi le texte précise-t-il : « Tu n’auras pas d’autres dieux » (Mekhilta)

D’autres dieux

Qui ne possèdent pas de caractère divin, mais que d’autres ont établis comme divinités sur eux (Mekhilta). Et il ne faut pas expliquer : « d’autres dieux » comme voulant dire : « d’autres que moi », car il serait irrespectueux envers le Tout-Puissant de comparer leur « divinité » à la sienne. Autre explication : « D’autres dieux », c’est-à-dire des dieux qui sont étrangers à ceux qui les adorent. Ils crient vers eux, mais ils ne leur répondent pas, se comportant comme s’ils étaient « autres », comme s’ils n’avaient jamais connu ceux qui les servent

Sur ma face

Aussi longtemps que je serai là. Afin que tu ne dises pas : « Seule cette génération-là s’est vu interdire l’idolâtrie » (Mekhilta)

20,3
(2) "Tu n'auras point d'autre dieu que moi.
20,4
Tu ne te feras point d'idole, ni une image quelconque de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre.

De sculpture (pèssel)

Parce qu’elle est sculptée (nifsal)

Et toute image

De tout objet dans le ciel

20,5
Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième générations, pour ceux qui m'offensent;

Un Qél jaloux

Rempli de zèle pour punir, et non enclin à oublier et à pardonner le péché d’idolâtrie (Mekhilta). Toute expression de « jalousie » correspond au français médiéval : « enprenment » et désigne celui qui est porté à réclamer des comptes

Pour ceux qui me haïssent

Comme le rend le Targoum Onqelos : « qui persévèrent dans les actions de leurs pères » (Sanhèdrin 27b)

20,6
et qui étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements.

Et qui fais du bien

Celui que fait un homme, pour récompenser jusqu’à des milliers de générations. Il en résulte que la mesure du bien est plus abondante que celle de la punition, et ce à raison d’une contre cinq cents : celle-ci s’exerce sur quatre générations, celle-là sur [deux] mille [le minimum du pluriel : « milliers » étant deux mille] (Sota 11a)

20,7
(3) "Tu n'invoqueras point le nom de l'Éternel ton Dieu à l'appui du mensonge; car l'Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge.

En vain

Le deuxième : « en vain » du verset exprime l’idée de « mensonge », ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Qu’est-ce qu’un serment vain ? C’est un serment qui modifie une réalité connue, comme l’affirmation, à propos d’une colonne de pierre, qu’elle est en or. Quant au premier : « en vain », il exprime l’idée de ce qui est oiseux, ainsi que le rend le Targoum Onqelos. Il s’agit de celui qui prête un serment inutile, comme celui d’affirmer du bois qu’il est du bois, de la pierre qu’elle est de la pierre (Chevou‘oth 29a, Mekhilta)

20,8
(4) "Pense au jour du Sabbat pour le sanctifier.

Souviens-toi (zakhor)

« Souviens-toi du jour du Chabath » et « garde le jour du Chabath » (Devarim 5, 12) ont été prononcés simultanément. Il en est de même de : « Celui qui le profanera, mourir, il sera mis à mort » (infra 31, 14) et : « Et au jour du Chabath, deux agneaux » (Bamidbar 28, 9). De même : « Tu ne te vêtiras pas d’une étoffe mixte » (Devarim 22, 11) et : « Tu te feras des tresses » (Devarim 22, 12). De même : « La nudité de la femme de ton frère, tu ne la découvriras pas » (Wayiqra 18, 16) et : « Son beau-frère viendra sur elle » (Devarim 25, 5). Comme l’écrit le verset : « Eloqim a parlé une seule fois, j’en ai entendu deux » (Tehilim 62, 12). Le mot zakhor (« souviens-toi ») est à l’infinitif, comme dans : « Mangeons (akhol) et buvons (wechatho), car demain nous mourrons » (Yecha’ya 22, 13), « Son mari alla avec elle, allant (halokh) et pleurant (ouvakho) derrière elle » (II Chemouel 3, 16). Le mot zakhor signifie : Appliquez-vous à vous souvenir toujours du jour du Chabath, de telle manière que s’il vous advient un bel objet, vous le mettrez de côté pour Chabath (Beitsa 16a)

20,9
Durant six jours tu travailleras et t'occuperas de toutes tes affaires,

Tu feras tout ton travail

Quand vient le Chabath, qu’il en soit à tes yeux comme si tout ton travail était achevé, de manière que tu penses pas à celui-ci (Mekhilta)

20,10
mais le septième jour est la trêve de l'Éternel ton Dieu: tu n'y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes murs.

Toi et ton fils et ta fille

S’agit-il ici des jeunes enfants, ou de ceux déjà grands ? Il faut considérer que ceux-ci sont déjà inclus dans l’interdiction, et donc que le texte vient ici avertir les grands pour qu’ils veillent au repos des petits. C’est ce que nous enseigne la michna : « Un enfant qui vient éteindre un feu, on ne doit pas le laisser faire, parce que c’est toi qui es responsable de son repos » (Chabath 121a)

20,11
Car en six jours l'Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment et il s'est reposé le septième jour; c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du Sabbat et l'a sanctifié.

Il s’est reposé le septième jour

Hachem parle ici, si l’on peut dire, d’un repos pour Lui-même, afin d’en dégager un enseignement a fortiori pour l’homme, dont le travail est source de peine et d’efforts, et qui est donc tenu de se reposer le Chabath

A béni… Il l’a sanctifié

Il l’a béni par la manne, dont il doublait la ration le sixième jour, et Il l’a consacré par la manne, puisqu’il n’en tombait pas le Chabath

20,12
(5) "Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l'Éternel ton Dieu t'accordera.

Afin que se prolongent tes jours

Si tu les honores, ils se prolongeront, et sinon ils se raccourciront. Les paroles de la Tora sont laconiques : L’interdiction se déduit du commandement actif, et inversement

20,13
(6) "Ne commets point d'homicide. (7) "Ne commets point d'adultère. (8) "Ne commets point de larcin. (9) "Ne rends point contre ton prochain un faux témoignage.

Tu ne commettras pas d’adultère

L’adultère ne s’entend que de la femme mariée, comme il est écrit : « mourir, ils seront mis à mort, l’homme adultère et la femme adultère » (Wayiqra 20, 10) et : « la femme adultère, celle qui prend des étrangers à la place de son mari » (Ye‘hezqel 16, 32)

Tu ne voleras pas

Il s’agit ici du vol de personnes. Quant à : « Vous ne volerez pas » (Wayiqra 19, 11), il s’agit du vol d’argent. Mais ne s’agirait-il pas ici du vol d’argent, et là-bas du vol de personnes ? Appliquons le principe selon lequel une règle doit s’expliquer selon son contexte : De même que l’interdiction de tuer et celle de l’adultère sont sanctionnées par la peine de mort prononcée par le tribunal, de même l’interdiction de voler mentionnée ici est-elle celle sanctionnée par la peine de mort prononcée par le tribunal (Sanhèdrin 86a)

20,14
(10) "Ne convoite pas la maison de ton prochain; Ne convoite pas la femme de ton prochain, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain."
20,15
Or, tout le peuple fut témoin de ces tonnerres, de ces feux, de ce bruit de cor, de cette montagne fumante et le peuple à cette vue, trembla et se tint à distance.

Et tout le peuple voit

Ceci nous apprend qu’il n’y avait pas un seul aveugle parmi eux. Et d’où sait-on qu’il n’y avait pas de muet ? De : « Tout le peuple répondit » (supra 19, 8). Et d’où sait-on qu’il n’y avait pas de sourd ? De (infra 24, 7) : « Nous ferons et nous écouterons » (Mekhilta)

Vit les sons

Il vit ce qui est normalement entendu, chose impossible ailleurs (Mekhilta)

Les sons

Qui sortaient de la bouche du Tout-Puissant

Ils tremblèrent (wayanou‘ou)

Le verbe no‘a veut dire frémir

Ils se tinrent au loin

Ils ont reculé de douze milles, autant que la longueur de leur camp (Chabath 88b). Et les anges de service sont arrivés et les ont aidés à revenir, comme il est écrit : « Les anges de tsevaqoth les ont fait bouger, les ont fait bouger » (Tehilim 68, 13)

20,16
Et ils dirent à Moïse: "Que ce soit toi qui nous parles et nous pourrons entendre mais que Dieu ne nous parle point, nous pourrions mourir."
20,17
Moïse répondit au peuple: "Soyez sans crainte! c'est pour vous mettre à l'épreuve que le Seigneur est intervenu; c'est pour que sa crainte vous soit toujours présente, afin que vous ne péchiez point."

Afin de vous mettre à l’épreuve

Pour vous grandir aux regards du monde, afin de développer votre renommée auprès des peuples et qu’ils sachent que c’est dans toute Sa gloire qu’il s’est révélé à vous

Mettre à l’épreuve (nassoth)

Le mot nassoth exprime l’idée d’élévation et de grandeur, comme dans : « Elevez un étendard (ness) sur les peuples » (Yecha’ya 62, 10), « J’élèverai mon étendard (nissi) vers les peuples » (Yecha’ya 49, 22), « et comme l’étendard (wekhaness) sur la colline » (Yecha’ya 30, 17). Un « étendard » se dit ness parce qu’il se dresse en hauteur

Et afin que Sa crainte

Parce que vous L’avez vu craint et redouté, vous saurez qu’il n’y en a pas d’autre que Lui et vous Le craindrez

20,18
Le peuple resta éloigné, tandis que Moïse s'approcha de la brume où était le Seigneur.

S’approcha du brouillard

A l’intérieur des trois séparations : les ténèbres, la nuée et le brouillard, comme il est écrit : « Et la montagne brûlait dans le feu jusqu’au cœur du ciel, obscurité, nuée, et brouillard » (Devarim 4, 11). Le brouillard, c’est l’épaisseur de la nuée, comme il est écrit : « Voici, moi-même je viens vers toi dans l’épaisseur de la nuée » (supra 19, 9)

20,19
L'Éternel dit à Moïse: "Parle ainsi aux enfants d'Israël: 'Vous avez vu, vous-mêmes, que du haut des cieux je vous ai parlé.

Ainsi diras-tu

Dans ce langage-ci

Vous

Il existe une différence entre ce que l’homme voit lui-même et ce que lui rapportent les autres, dont il arrive qu’il ait peine à le croire

Que depuis le ciel j’ai parlé avec vous

Il est pourtant écrit ailleurs : « Hachem descendit sur le mont Sinaï » (supra 19, 20). Vient donc un troisième verset pour les départager : « Depuis le ciel, Il t’a fait entendre Sa voix pour te châtier, et sur la terre Il t’a fait voir son grand feu » (Devarim 4, 36). Sa gloire est dans le ciel, Son feu et Sa puissance sont sur la terre (Mekhilta). Autre explication : Il a incliné les cieux et les cieux des cieux, et Il les a étendus par-dessus la montagne, comme il est écrit : « Il a penché le ciel et Il est descendu » (Tehilim 18, 10)

20,20
Ne m'associez aucune divinité; dieux d'argent, dieux d'or, n'en faites point pour votre usage.'

Vous ne ferez pas avec moi.

Vous ne ferez pas d’image de mes serviteurs qui me servent là-haut (Mekhilta)

De dieux d’argent

Il s’agit d’un avertissement au sujet des chérubins que tu fabriqueras pour se tenir près de moi. Ils ne devront pas être en argent, car si tu devais changer d’avis et les confectionner en argent, je les considérerais comme des divinités

Et de dieux d’or

Il s’agit d’un avertissement pour qu’il n’en soit pas fait plus de deux [chérubins] : Si tu devais en faire quatre, je les considérerais comme des divinités d’or

Vous ne ferez pas pour vous

Tu ne dois pas dire : « Je vais fabriquer des chérubins dans les maisons de prières et dans les maisons d’études, tout comme j’en fabriquerai dans le Temple éternel. » Aussi est-il écrit : « Vous ne ferez pas pour vous. 

20,21
Tu feras pour moi un autel de terre, sur lequel tu sacrifieras tes holocaustes et tes victimes rémunératoires, ton menu et ton gros bétail, en quelque lieu que je fasse invoquer mon nom, je viendrai à toi pour te bénir.

Un autel de terre

Fixé à la terre. On ne le construira pas sur des piliers ou sur un socle (Mekhilta). Autre explication : On remplira de terre la cavité intérieure de l’autel d’airain lorsqu’on fera étape

Tu feras pour moi

Un autel de terre – Fixé à la terre. On ne le construira pas sur des piliers ou sur un socle (Mekhilta). Autre explication : On remplira de terre la cavité intérieure de l’autel d’airain lorsqu’on fera étape. Tu feras pour moi – Sa fabrication, dès son début, sera faite à mon intention. Tu sacrifieras sur lui – Près de lui, comme dans (Bamidbar 2, 20) : « Et “sur” lui la tribu de Menachè » (Zeva‘him 58a). A moins que : « sur lui » soit à prendre au pied de la lettre ? Aussi le texte précise-t-il : « Tu feras tes holocaustes, la viande et le sang, sur l’autel de Hachem, ton Eloqim » (Devarim 12, 27), ce qui veut dire que l’abattage n’aura pas lieu sur le sommet de l’autel. Tes holocaustes et tes sacrifices rémunératoires – Provenant de ton menu bétail et de ton gros bétail. Les mots : « ton menu bétail et ton gros bétail » sont une explication destinée à commenter : « tes holocaustes et tes sacrifices rémunératoires » En tout endroit où je rappellerai mon Nom – Où je te permettrai de prononcer mon Nom en toutes lettres, là « je viendrai vers toi, je te bénirai ». Je ferai résider sur toi ma chekhina. D’où l’on apprend qu’il n’est permis de prononcer le Nom en toutes lettres qu’à l’endroit où réside la chekhina, à savoir le Temple. A cet endroit-là, Il a permis aux kohanim de prononcer le Nom en toutes lettres quand ils élèvent leurs mains pour bénir le peuple (Sota 38a)

Tu sacrifieras sur lui

Près de lui, comme dans (Bamidbar 2, 20) : « Et “sur” lui la tribu de Menachè » (Zeva‘him 58a). A moins que : « sur lui » soit à prendre au pied de la lettre ? Aussi le texte précise-t-il : « Tu feras tes holocaustes, la viande et le sang, sur l’autel de Hachem, ton Eloqim » (Devarim 12, 27), ce qui veut dire que l’abattage n’aura pas lieu sur le sommet de l’autel

Tes holocaustes et tes sacrifices rémunératoires

Provenant de ton menu bétail et de ton gros bétail

« ton menu bétail et ton gros bétail »

Les mots : « ton menu bétail et ton gros bétail » sont une explication destinée à commenter : « tes holocaustes et tes sacrifices rémunératoires

En tout endroit où je rappellerai mon Nom

Où je te permettrai de prononcer mon Nom en toutes lettres, là « je viendrai vers toi, je te bénirai ». Je ferai résider sur toi ma chekhina. D’où l’on apprend qu’il n’est permis de prononcer le Nom en toutes lettres qu’à l’endroit où réside la chekhina, à savoir le Temple. A cet endroit-là, Il a permis aux kohanim de prononcer le Nom en toutes lettres quand ils élèvent leurs mains pour bénir le peuple (Sota 38a)

20,22
Si toutefois tu m'ériges un autel de pierres, ne le construis pas en pierres de taille; car, en les touchant avec le fer, tu les as rendues profanes.

Et si tu me fais un autel de pierres

Rabi Yichma’el a enseigné : Toutes les fois que la Tora emploie la conjonction im (« si »), il s’agit d’une permission, sauf dans trois cas, dont : « “et si” tu me fais un autel de pierres », où elle a le sens de : « lorsque » : « et “lorsque” tu me feras un autel de pierres, tu ne le construiras pas en pierres de taille ». Car tu as l’obligation de construire un autel de pierre, comme il est écrit : « Tu construiras de pierres entières l’autel de Hachem » (Devarim 27, 6). De même : « “Si” (im) tu prêtes de l’argent à mon peuple » (infra 22, 24) exprime l’idée d’obligation, comme il est écrit : « et prêter sur gage, tu lui prêteras sur gage » (Devarim 15, 8). Là aussi le mot im indique une obligation. De même : « “Et si” tu approches à Hachem l’oblation des prémices » (Wayiqra 2, 14) s’applique à l’oblation des prémices qui est une obligation. Force est donc d’admettre que ces im ne se réfèrent pas à des éventualités mais à des certitudes, et qu’ils veulent dire : « lorsque »

En pierres de taille (gazith)

Le mot gazith exprime l’idée de « taille » : on les sculpte et on les grave avec des instruments de fer

Car (ki) tu as levé ton épée sur lui

Le mot ki exprime l’idée de : « de crainte que », « peut-être » – « de crainte que tu ne lèves ton épée sur lui »

Tu le profaneras

D’où l’on apprend que tu le profanes si tu lèves sur lui le fer. Car l’autel a été créé pour prolonger la vie de l’homme, et le fer pour l’abréger. Il ne convient donc pas que ce qui l’abrège soit levé sur ce qui la prolonge. D’autre part, l’autel a pour fonction de rétablir la paix entre Israël et son Père céleste . Ne doit donc pas y être porté ce qui la rompt et la détruit. On déduira à partir d’ici un raisonnement a fortiori : Si la Tora, à propos des pierres qui ne voient pas, n’entendent pas et ne parlent pas, stipule que l’on ne doit pas porter le fer sur elles parce qu’elles rétablissent la paix, à plus forte raison celui qui rétablit la paix entre mari et femme, entre familles et entre individus, sera-t-il à l’abri du châtiment

20,23
Tu ne dois pas non plus monter sur mon autel à l'aide de degrés, afin que ta nudité ne s'y découvre point.

Et tu ne monteras pas par des degrés sur mon autel

Quand tu construiras une rampe pour accéder à l’autel, tu ne la constitueras pas par des marches, en français médiéval : « eschelons », mais elle sera unie et en pente douce

Afin que ne se découvre pas ta nudité

Car des marches d’escalier t’obligeraient à allonger le pas. Il est vrai qu’il n’y aurait pas, dans ce cas, de véritable mise à nu puisqu’il est écrit : « Fais-leur des caleçons de lin pour couvrir la nudité de la chair » (infra 28, 42). Cependant, l’allongement des pas correspond presque à une mise à nu, et ce serait un manque de respect envers les pierres. On peut appliquer ici un raisonnement a fortiori : Si la Tora, à propos des pierres, objets inanimés insensibles à toute manifestation d’irrespect, recommande pourtant qu’on leur témoigne des égards à cause de leur utilité, à plus forte raison le devra-t-on envers son prochain, créé à l’image du Créateur, et sera-t-on attentif au respect qu’on lui doit

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