Paracha Chémini
Prochaine fête : Pessah (dans 25 jours)
Contactez-nous
Projet dédié par un généreux donateur
Projet dédié par un généreux donateur
Vayikra

Lecture de la paracha Vayikra en français

Afficher le commentaire de RachiAfficher en hébreu
1,1
L'Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d'assignation, en ces termes:

Il appela Mochè

Toutes les fois que Hachem s’est adressé à Mochè en lui « parlant », en lui « disant » et en lui « ordonnant », il a commencé par « appeler », expression d’affection (Yoma 4b, Wayiqra raba), identique à celle employée par les anges de service, comme il est écrit : « Il “appela” l’un l’autre… » (Yecha’yah 6, 3). Tandis que c’est de manière fortuite et impure qu’Il se révèle aux prophètes des nations du monde, comme il est écrit : « Éloqim “survint” vers Bil‘am, il lui dit… » (Bamidbar 23, 4)

Il appela Mochè

La voix se propageait et atteignait ses oreilles, et nul en Israël ne l’entendait. J’aurais pu penser qu’il y eût eu un appel également pour signaler les interruptions dans le discours. Aussi est-il écrit : « lui parla », ce qui veut dire qu’il y a eu un « appel » lors de la prise de parole, et non pour les interruptions. Et à quoi les interruptions ont-elles servi ? À donner à Mochè le temps de réfléchir entre chaque paragraphe et le suivant et entre un sujet et l’autre. À plus forte raison un simple être humain en a-t-il besoin lorsqu’il étudie auprès d’un de ses semblables

Lui parla

À l’exclusion de Aharon. Rabi Yehouda a enseigné : La Tora contient treize « paroles » (diberoth) transmises à Mochè et à Aharon, au regard desquelles figurent treize cas où Aharon est exclu. Cela t’apprend qu’elles n’ont pas été dites à Aharon, mais à Mochè pour qu’il les dise à Aharon. Et voici ces treize exclusions : « pour parler avec Lui » (Bamidbar 7, 89), « lui parlant » (ibid.), « il lui parlait » (ibid.), « je te rencontrerai » (Chemoth 25, 22). Elles sont toutes énumérées dans Torath kohanim. J’aurais pu penser qu’ils eussent tous entendu la voix de l’appel. Aussi le mot « voix », dans ces versets, est-il suivi de « à lui » ou de « vers lui ». C’est Mochè qui a entendu, et nul autre en Israël

Depuis la tente d’assignation

Cela nous apprend que la voix s’arrêtait et qu’elle ne se manifestait pas hors de la tente. J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « “la” voix » (Bamidbar 7, 89). De quelle voix s’agit-il ? De celle dont il est question dans le livre des Tehilim : « “La voix” de Hachem éclate dans la force, “la voix” de Hachem éclate avec majesté, “la voix” de Hachem brise les cèdres » (Tehilim 29, 4). Dans ce cas, pourquoi est-il précisé : « depuis la tente d’assignation » ? Pour nous apprendre que la voix s’arrêtait. Il en est de même dans : « Et le bruit des ailes des chérubins s’entend jusqu’à la cour extérieure » (Ye‘hezqèl 10, 5). J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « Comme la voix de Qél Chaqqaï quand Il parle » (ibid.). Dans ce cas, pourquoi est-il précisé : « jusqu’à la cour extérieure » ? Parce que, dès qu’elle y parvenait, elle s’arrêtait

Depuis la tente d’assignation en disant

J’aurais pu penser : « depuis tout le Tabernacle ». Aussi est-il écrit : « de sur le kaporeth (« propitiatoire ») » (Bamidbar 7, 89). J’aurais pu penser : « de sur tout le kaporeth ». Aussi est-il écrit : « entre les deux chérubins » (ibid.)

En disant

Va leur dire des paroles sévères : « C’est à cause de vous qu’Il me parle ! » Il se trouve que jamais, pendant les trente-huit années qu’Israël a passées dans le désert après avoir été rejeté à cause de la faute des explorateurs, la parole de Hachem ne s’est pas adressée exclusivement à Mochè, comme il est écrit : « Ce fut, quand ont pris fin tous les hommes de la guerre, pour mourir… » (Devarim 2, 16), suivi de : « Hachem me parla en disant » (verset 17), comme pour marquer que « ce n’est qu’à ce moment-là qu’Il m’a adressé la parole ». Autre explication : Va leur dire mes paroles et rends-moi compte de leur acceptation, comme il est écrit : « Mochè rapporta les paroles du peuple vers Hachem » (Chemoth 19, 8)

1,2
"Parle aux enfants d'Israël et dis-leur: Si quelqu'un d'entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail, c'est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande.

Un homme

Lorsqu’il voudra présenter. Le texte parle ici des offrandes de nedava (Torath kohanim)

Un homme (adam)

Pourquoi cette précision ? De même que Adam, le premier homme, n’a rien offert de ce qui était volé, puisque tout lui appartenait, de même ne devrez-vous rien me présenter de ce qui est volé

De l’animal (behéma)

J’aurais pu penser que la ‘hayya y fût comprise. Aussi est-il écrit : « du gros bétail et du menu bétail » [de l’animal domestique exclusivement]

De l’animal

Et non de tout animal : à l’exclusion d’un animal mâle ou femelle qui aura participé à un acte de zoophilie

Du gros bétail

À l’exclusion d’un animal adoré comme divinité

Du menu bétail

À l’exclusion d’un animal consacré à l’idolâtrie

Et du menu bétail

À l’exclusion d’un animal agressif qui aura tué un homme (Temoura 29a). Lorsqu’il est indiqué plus loin : « provenant du gros bétail » (verset 3), ce qui n’aurait pas été indispensable, c’est pour exclure la teréfa (Temoura ibid.)

Vous approcherez

L’emploi du pluriel indique ici que deux personnes peuvent s’associer pour présenter une ‘ola

Votre offrande

Cela nous apprend qu’elle est aussi présentée comme nedava de la communauté. Elle devient alors une ‘ola servant de « dessert à l’autel », présentée à l’aide des excédents des contributions annuelles

1,3
Si cette offrande est un holocauste pris dans le gros bétail, il l'offrira mâle, sans défaut. Il le présentera au seuil de la Tente d'assignation, pour être agréable au Seigneur.

Mâle

Et non femelle (Torath kohanim). Et si le texte répète plus loin le mot « mâle » (verset 10), ce qui paraît constituer une redondance, c’est pour écarter l’animal dont le sexe est indéterminé ou l’hermaphrodite (Bekhoroth 41b)

Sans défaut (tamim)

Le mot tamim veut dire sans défaut corporel invalidant

Vers l’entrée de la tente d’assignation

Il s’occupera lui-même de l’amener jusqu’au parvis. Pourquoi est-il répété « il l’approchera » dans ce verset ? C’est pour t’apprendre que même si la ‘ola de Reouvén s’est confondue avec celle de Chim‘on, chacun la présentera au nom de son propriétaire. Il en va de même d’une ‘ola confondue avec un animal non consacré : on vendra cet animal à quelqu’un ayant besoin de présenter une ‘ola, de sorte qu’ils seront tous deux des ‘oloth et que chacun des propriétaires pourra présenter la sienne en tant que telle. J’aurais pu penser qu’il en fût de même dans le cas d’un animal mélangé avec des animaux impropres aux offrandes ou appartenant à une autre espèce. Aussi est-il écrit : « Il l’approchera »

Il l’approchera

Cela nous apprend qu’on l’oblige à exécuter son vœu. J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi même contre son gré. Aussi est-il écrit : « pour Son agrément ». Comment cela se peut-il ? On l’y oblige jusqu’à ce qu’il dise : « Je veux l’accomplir ! » (‘Arkhin 21a)

Devant Hachem. Il appuiera

Il n’est pas de semikha lorsqu’on sacrifie sur une bama [autel dressé hors du Tabernacle ou hors du Temple, lorsqu’il était permis d’en ériger et d’y offrir des sacrifices] (Torath kohanim)

1,4
Il appuiera sa main sur la tête de la victime, et elle sera agréée en sa faveur pour lui obtenir propitiation.

Sur la tête de l’holocauste (‘ola)

Y compris la ‘ola obligatoire en ce qui concerne la semikha, et y compris la ‘ola de brebis

De l’holocauste

À l’exclusion de la ‘ola d’oiseau

Il lui sera agréé

De quels péchés procure-t-il l’expiation ? Serait-ce de ceux passibles de kareth, de la peine de mort prononcée par le tribunal, de celle infligée par intervention du Ciel, ou de malqouth, alors que leur châtiment est expressément spécifié ! Il ne peut donc s’agir que de l’inexécution d’un commandement actif ou de la violation d’une interdiction liée à un commandement actif (Torath kohanim)

1,5
On immolera le taureau devant le Seigneur; les fils d'Aaron, les pontifes, offriront le sang, dont ils aspergeront le tour de l'autel qui est à l'entrée de la Tente d'assignation.

Il égorgera […] les pontifes approcheront

C’est à partir du moment où le sang a été recueilli que le service incombe au kohen. D’où nous apprenons que la che‘hita par un non-kohen reste valable (Zeva‘him 32a)

Devant Hachem

Dans le parvis

Ils approcheront

C’est le moment où le sang est recueilli, en tant que première étape. Mais le terme comprend également l’action de transporter. D’où nous apprenons que les deux incombent aux descendants de Aharon

Les fils de Aharon

J’aurais pu penser qu’il en fût de même des ‘hallalim (kohanim « profanés », issus d’unions interdites aux pontifes et donc inaptes à la prêtrise). Aussi est-il ajouté : « les kohanim »

Le sang

Pourquoi le mot « sang » figure-t-il à deux reprises dans le verset ? Pour inclure celui qui s’est mélangé avec le sang d’une offrande de la même espèce ou d’une espèce différente. J’aurais pu penser qu’il en fût de même dans le cas d’animaux impropres aux offrandes ou de ‘hataoth dont le sang doit être aspergé sur l’autel intérieur ou sur l’autel extérieur, dont celui-là au-dessus du trait rouge et celui-ci au-dessous. Aussi est-il écrit ailleurs (verset 11) : « “son” sang » (Zeva‘him 81a et b)

Ils aspergeront

Le kohen se tient en bas et asperge à partir du récipient la paroi de l’autel, au-dessus du trait rouge, vers les angles. D’où l’emploi du mot : « autour », le sang devant être réparti sur les quatre côtés de l’autel. Ou bien devait-il être appliqué autour comme on l’aurait fait d’un fil ? Aussi est-il écrit : « ils aspergeront », et il est impossible d’entourer par aspersion. S’il y a aspersion, n’y en a-t-il qu’une seule ? Aussi est-il écrit : « autour ». Comment cela est-il possible ? On effectue deux aspersions qui en deviennent quatre (Torath kohanim)

Qui est à l’entrée de la tente d’assignation

Et non lorsqu’elle est démontée

1,6
Alors on dépouillera la victime, et on la dépècera par quartiers.

Il dépouillera l’holocauste (‘ola)

Pourquoi la précision : « la ‘ola » ? Pour inclure toutes les ‘oloth dans l’obligation de dépouiller et de dépecer (Torath kohanim)

En ses morceaux

Et non ses morceaux en plus petits morceaux (Torath kohanim)

1,7
Les fils d'Aaron le pontife mettront du feu sur l'autel, et disposeront du bois sur ce feu;

Donneront du feu

Bien que le feu descende du ciel, c’est une mitswa d’en mettre allumé de la main de l’homme (Yoma 53a)

Les fils de Aharon le pontife

Lorsqu’il est vêtu comme il convient à sa fonction. Mais s’il officie dans les vêtements d’un kohen ordinaire, son service n’est pas valable

1,8
puis les fils d'Aaron, les pontifes, arrangeront les membres, la tête et la graisse sur le bois, disposé sur le feu qui sera sur l'autel.

Les fils de Aharon

Vêtus comme il convient à leurs fonctions. Si donc un kohen ordinaire officie dans les huit vêtements du kohen gadol, son service n’est pas valable

Les morceaux

La tête n’est pas incluse dans le dépouillement, étant donné qu’elle a déjà été tranchée lors de la che‘hita. Aussi le texte la spécifie-t-il ici distinctement

Et la graisse

Pourquoi cette précision ? Pour t’apprendre qu’on la présente avec la tête et qu’on en recouvre le point de che‘hita, ce qui est une manière d’honorer le Tout-Puissant (‘Houlin 26a et b)

Qui est sur l’autel

Les morceaux de bois ne doivent pas dépasser le brasier

1,9
On lavera dans l'eau les intestins et les jambes; alors le pontife fera fumer le tout sur l'autel comme holocauste, combustion d'une odeur agréable au Seigneur.

Un holocauste (‘ola)

C’est à titre de ‘ola qu’il le fera réduire en fumée

Un sacrifice par le feu (ichè)

Lorsqu’il lui fera la che‘hita, il devra le faire avec l’intention de le livrer au feu. Le mot ichè vient de éch (« feu »), en français médiéval : « foede »

Agréable (ni‘hoa‘h)

Une satisfaction (na‘hath) d’esprit pour moi, car j’ai parlé et ma volonté a été faite

1,10
Si l'offrande destinée à l'holocauste provient du menu bétail, des brebis ou des chèvres, on la présentera mâle, sans défaut.

Et si du menu bétail

La lettre waw (« et ») ajoute à ce qui précède. Pourquoi, dans ce cas, un nouveau paragraphe ? Pour permettre à Mochè de réfléchir entre chaque paragraphe (Zeva‘him 48a)

Du menu bétail […] des moutons ou des chèvres

Soit trois exclusions, pour écarter le vieil animal, l’animal malade et l’animal malodorant (Bekhoroth 41a)

1,11
On l'immolera au côté nord de l'autel, devant le Seigneur; et les fils d'Aaron, les pontifes, aspergeront de son sang le tour de l'autel.

Sur le flanc de l’autel

Sur le côté de l’autel

Vers le nord devant Hachem

Et non au nord d’une bama

1,12
On la dépècera par quartiers, séparant là tête et la graisse; le pontife les arrangera sur le bois, disposé sur le feu qui sera sur l'autel.
1,13
On lavera dans l'eau les intestins et les jambes; alors le pontife offrira le tout, qu'il fera fumer sur l'autel comme étant un holocauste, combustion d'une odeur agréable au Seigneur.
1,14
Si c'est un oiseau qu'on veut offrir en holocauste au Seigneur, qu'on choisisse l'offrande parmi les tourterelles ou les jeunes colombes.

Du volatile

Et non de tout volatile (Qiddouchin 24b). Étant donné qu’il est écrit : « Mâle, sans défaut » pour le gros bétail, pour les moutons et pour les chèvres, c’est donc pour les behémoth (« quadrupèdes domestiques ») que sont exigés l’absence de défaut et le sexe masculin, mais non pour les volatiles. J’aurais pu penser que ceux-ci fussent valables même s’il leur manque un membre. Aussi est-il écrit : « “du” volatile [entier] »

Des tourterelles

Grandes et non petites

Des petits de la colombe

Petits et non grands (‘Houlin 22b)

Des tourterelles ou des petits de la colombe

À l’exclusion du début du jaunissement du plumage des unes et des autres, lequel rend impropre, ce jaunissement indiquant un âge trop avancé chez les jeunes colombes et trop précoce chez les tourterelles

1,15
Le pontife la présentera à l'autel et lui rompra la tête, qu'il fera fumer sur l'autel après que son sang aura été exprimé sur la paroi de l'autel.

Il l’approchera

Il peut même ne présenter qu’une seule tourterelle (Kerithoth 9a)

Le pontife […] rompra

La meliqa ne s’effectue pas à l’aide d’un instrument, mais par le kohen lui-même : Il coupe la nuque avec son ongle et il sectionne les vertèbres jusqu’à ce qu’il atteigne l’œsophage et la trachée-artère et qu’il les tranche

Son sang sera drainé (wenimtsa)

Comme dans : « le drainage (mits) du nez » (Michlei 30, 33), « le drainage (hamets) a cessé » (Yecha’yah 16, 4). Il presse la gorge tranchée contre la paroi de l’autel, et le sang s’en exprime et s’écoule (Zeva‘him 65a)

Il rompra […] il fera fumer […] il sera drainé

Est-il possible de dire que c’est après qu’il aura fait fumer que le sang sera drainé ? En fait, de même qu’on fait fumer la tête et le corps séparément, de même en sera-t-il pour la meliqa. Au sens littéral, il faut inverser les termes de ce verset : Il rompra et fera fumer, mais le sang aura été drainé avant qu’il ait fait fumer

1,16
Il enlèvera le jabot avec ses plumes, et le jettera à côté de l'autel, à l'orient, dans le dépôt des cendres.

Son jabot (mouratho)

L’endroit des excréments, à savoir le zèfèq (« jabot »)

Avec ses entrailles (benotsatha)

Avec ses viscères. Le mot notsa désigne ce qui est répugnant, comme dans : « Car ils se sont rendus répugnants (natsou), et aussi ils errent » (Eikha 4, 15). Le Targoum Onqelos traduit par : « [il ôtera son jabot] avec son repas digéré », et le Midrach de Aba Yossi ben ‘Hanan dit également : « Il enlève l’estomac avec le jabot. » Nos Maîtres ont enseigné : on découpe autour du jabot avec un couteau comme une fenêtre, et on l’enlève avec les plumes sur la peau. Au sujet de la ‘ola d’une behéma qui ne se nourrit qu’à la mangeoire de son maître, il est écrit : « Et l’intérieur et les jambes il baignera dans l’eau […] il fera fumer » (verset 13), tandis que pour l’oiseau, qui se nourrit de ce qu’il vole, il est écrit que l’on jettera les entrailles, car il mange de ses larcins (Wayiqra raba)

Près de l’autel vers l’est

À l’est de la rampe (Torath kohanim)

Vers l’endroit des cendres

L’endroit où l’on dépose chaque matin les cendres que l’on a prélevées et celles de l’autel intérieur et de la menora. Elles étaient toutes comme « avalées » sur place

1,17
Alors le pontife ouvrira l'oiseau du côté des ailes, sans les détacher, puis le fera fumer sur l'autel, sur le bois du brasier. Ce sera un holocauste, combustion d'une odeur agréable au Seigneur.

Il le déchirera (wechissa’)

Il n’est de « déchirure » qu’à la main. Ainsi est-il écrit à propos de Chimchon : « Il le déchira (wayechass‘éhou) [sans rien en main] comme il aurait déchiré un agneau » (Choftim 14, 6)

En ses ailes

Avec ses plumes, sans qu’il ait besoin d’arracher les plumes de son jabot (Wayiqra raba)

En ses ailes

Son vrai plumage. Il n’existe pourtant personne qui ne soit écœuré par l’odeur des plumes brûlées ! Pourquoi le texte dit-il néanmoins qu’on le fera fumer ? Afin que l’autel soit rassasié et embelli par l’offrande du pauvre

Il ne séparera pas

Il ne le séparera pas entièrement en deux morceaux, mais il le découpera au dos. Il est écrit au sujet de l’oiseau : « odeur agréable », et il est écrit au sujet de la behéma : « odeur agréable » (verset 9), cela pour t’enseigner qu’il importe peu que l’offrande soit importante ou modeste, pourvu que l’on élève son cœur vers le ciel (Mena‘hoth 110a)

2,1
Si une personne veut présenter une oblation au Seigneur, son offrande doit être de fleur de farine. Elle l'arrosera d'huile et mettra dessus de l'encens;

Et une âme

Le mot « âme » n’est employé à propos d’aucune des offrandes de nedava, sauf à propos de la min‘ha. Qui est celui dont la nature le pousse à présenter une min‘ha ? Le pauvre. Le Saint béni soit-Il a dit : Je lui en tiens compte comme si c’est sa propre « âme » qu’il avait offerte (Mena‘hoth 104b)

Son offrande sera de fleur de farine

Celui qui forme le vœu de présenter une min‘ha, sans autre précision, doit le faire de fleur de farine (ibid.). Elle est la première des mena‘hoth énumérées dans le texte, et la poignée en est prise encore à l’état de fleur de farine, comme expliqué ci-après. Car il est question ici de cinq sortes de mena‘hoth, toutes présentées après cuisson avant qu’on en prenne une poignée, sauf celle-ci. Voilà pourquoi elle est appelée « min‘ha de fleur de farine »

De fleur de farine

Il n’est de fleur de farine que de froment (Torath kohanim), comme il est écrit : « de fine farine de froment » (Chemoth 29, 2). Et il n’est pas de min‘ha de moins d’un dixième de eifa, comme il est écrit : « un dixième de fleur de farine comme min‘ha » (infra 14, 21), un dixième par min‘ha

Elle versera sur elle de l’huile

Sur la totalité

Elle donnera sur elle de l’oliban

Sur une partie. Il dépose une poignée d’oliban sur un côté. Et pour quelle raison dis-tu cela ? Parce qu’une adjonction ne suit, dans la Tora, une autre adjonction [en l’occurrence la répétition de : « sur elle »], que pour opérer une restriction. Autre explication : Il dépose de l’huile sur la totalité, parce qu’elle se mélange avec la farine et est saisie avec elle dans la poignée du kohen, comme il est écrit : « de sa fleur de farine et de son huile » (verset 2), tandis que l’oliban est déposé sur une seule partie, parce qu’il ne se mélange pas avec elle et n’est pas saisi avec elle dans la poignée du kohen, comme il est écrit : « avec tout son oliban » (ibid.). Après avoir saisi une poignée de farine, on recueille tout l’oliban que l’on a mis dessus et on le fait fumer

Elle versera […] elle donnera […] elle l’apportera

Cela nous apprend que l’acte de verser et celui de mélanger faits par un non-kohen sont valables (Mena‘hoth 18b)

2,2
puis elle l'apportera aux fils d'Aaron, aux pontifes. L'un d'eux y prendra une pleine poignée de cette farine et de cette huile, indépendamment de tout l'encens; et il fera fumer ce mémorial sur l'autel, combustion d'un parfum agréable au Seigneur.

Les pontifes

C’est à partir de la « prise » d’une poignée que commence la mitswa incombant au kohen

Il y prendra

À l’endroit où se tiennent les pieds des non-kohanim. Pour t’apprendre que la « prise » d’une poignée reste valable en tout lieu du parvis, y compris dans les onze coudées où avaient le droit de se tenir les yisraélim (Middoth 5, 1)

Le plein de son poing

J’aurais pu penser que [la farine] de chaque côté. Aussi est-il écrit plus loin : « Il en prélèvera avec (littéralement : “dans”) son poing » (infra 6, 8). N’est valable que ce qui se trouve à l’intérieur du poing. Si c’est « à l’intérieur » du poing, j’aurais pu penser : même non empli. Aussi est-il écrit : « le plein ». Comment procède-t-on ? On referme trois doigts sur la paume de la main (Mena‘hoth 11a), et c’est cela le « poing » tel que l’entend la langue hébraïque

Avec tout son oliban

À part l’oliban, la poignée sera pleine

Tout son oliban

L’oliban doit fumer lui aussi (Torath kohanim)

Le plein de son poing

Si en revanche il a « pris » et que s’est introduit dans sa main un grain de sel ou un grain d’oliban, l’acte n’est pas valable (Mena‘hoth 11a)

Son mémorial

La poignée présentée au Tout-Puissant est un souvenir de la min‘ha, laquelle rappelle en faveur de ceux qui l’ont présentée le bien et la satisfaction donnée à Hachem

2,3
Le surplus de l'oblation sera pour Aaron et ses fils: portion éminemment sainte des sacrifices brûlés devant le Seigneur.

Pour Aharon et pour ses fils

Le kohen gadol a préséance pour prendre sa portion hors partage, et le kohen ordinaire prend la sienne lors du partage (Torath kohanim)

Sainteté des saintetés

Elle l’est pour eux

Parmi les sacrifices par le feu (ichei) de Hachem

Ils n’y ont droit qu’après l’offrande des ichim

2,4
Si tu veux offrir, comme oblation, des pièces de four, ce sera de la fleur de farine, en gâteaux azymes pétris avec de l'huile, ou en galettes azymes ointes d'huile.

Et lorsque tu approcheras…

Le texte enseigne ici, si l’on a formé le vœu de présenter une min‘ha cuite au four, que l’on peut présenter ou des gâteaux ou des galettes, des gâteaux pétris ou des galettes ointes. Nos maîtres sont en désaccord au sujet de leur onction. Certains soutiennent qu’on les oint et que l’on continue de le faire jusqu’à épuisement de tout le log d’huile, étant donné que toutes les mena‘hoth requièrent un log d’huile. D’autres professent qu’on les arrose en y dessinant comme un khi grec, ce qui reste de l’huile étant consommé distinctement par les kohanim. Pourquoi le mot « huile » est-il répété dans ce verset ? Pour rendre valable celle qui sort de l’olive lors de la deuxième ou de la troisième pression, la première huile n’étant nécessaire que pour la menora, comme il est écrit : « de l’huile pure […] pour le luminaire » (Chemoth 27, 20). Et nous avons appris dans le traité Mena‘hoth (76a) : Toutes les mena‘hoth que l’on cuit avant la prise d’une poignée, et dont la poignée n’est prise qu’après le découpage en morceaux, sont présentées en dix gâteaux, et là où l’on parle de galettes, on en présente dix

2,5
Si ton offrande est une oblation préparée sur la poêle, qu'elle soit de fleur de farine pétrie dans l'huile, sans levain.

Et si ton offrande est une oblation (min‘ha) préparée sur la poêle

Il s’agit de celui qui forme le vœu de présenter une min‘ha préparée sur la poêle (Mena‘hoth 63a). C’était un ustensile qui se trouvait dans le sanctuaire, à l’aide duquel on faisait cuire la min‘ha sur le feu avec de l’huile. Il n’était pas creux, mais plat. La min‘ha qu’on y faisait cuire était durcie, car l’ustensile étant plat, le feu brûlait l’huile. Toutes les mena‘hoth préparées avec un instrument requéraient trois doses d’huile : celle du dépôt, celle du pétrissage et celle versée sur l’instrument avant la confection (Mena‘hoth 74b)

Fleur de farine pétrie dans l’huile

D’où nous apprenons qu’on la pétrit alors qu’elle est encore à l’état de farine (Torath kohanim)

2,6
Qu'on la divise en morceaux, puis tu y répandras de l'huile: c'est une oblation.

Morcelle-la en morceaux

Y compris le morcellement pour toutes les mena‘hoth cuites avant la « prise » d’une poignée

Tu verseras sur elle de l’huile : elle est une oblation (min‘ha)

Y compris le versement d’une dose d’huile pour toutes les mena‘hoth. J’aurais pu penser qu’il en allât de même pour celle cuite au four. Aussi est-il écrit : « sur elle ». J’aurais donc exclu les gâteaux, mais non les galettes. Aussi est-il écrit : « elle » [cette min‘ha-ci]

2,7
Si ton offrande est une oblation faite dans le poêlon, elle doit se faire de fleur de farine avec de l'huile.

Le poêlon (mar‘hèchèth)

C’était un ustensile qui se trouvait dans le sanctuaire (Mena‘hoth 63a). Comme il était profond, l’huile s’y assemblait et n’était pas brûlée par le feu. Aussi les mena‘hoth qu’on y faisait cuire étaient-elles molles. Toute chose ramollie par un liquide semble remuer (ro‘héch) et bouger

2,8
L'oblation préparée de ces diverses manières, tu l'apporteras au Seigneur: on la présentera au pontife, qui l'approchera de l'autel,

Qui sera faite de ces choses-là

De l’une de ces matières-là (Torath kohanim)

Il l’approchera

Le propriétaire l’approchera du kohen

Il la présentera

Le kohen

Vers l’autel

Il la présentera vers l’angle sud-ouest de l’autel

2,9
puis prélèvera de cette oblation le mémorial, qu'il fera fumer sur l'autel: combustion d'odeur agréable au Seigneur;

Son mémorial

Il s’agit de la « prise » de la poignée

2,10
et le surplus de l'oblation sera pour Aaron et ses fils, comme éminemment sainte entre les sacrifices du Seigneur.
2,11
Quelque oblation que vous offriez à l'Éternel, qu'elle ne soit pas fermentée; car nulle espèce de levain ni de miel ne doit fumer, comme combustion, en l'honneur de l'Éternel.

Et tout miel

Toute sécrétion sucrée qui s’écoule d’un fruit est appelée « miel »

2,12
Comme offrande de prémices, vous en ferez hommage à l'Éternel; mais ils ne viendraient point sur l'autel en agréable odeur.

Comme offrande de commencement vous les approcherez

Que faut-il que tu apportes comme pâte levée et comme miel ? L’offrande « de commencement », composée des « deux pains » de la fête de Chavou‘oth préparés avec du levain, comme il est écrit : « vous les cuirez ‘hamets » (infra 23, 17), et les prémices de fruits contenant du miel, comme ceux des figues et des dattes

2,13
Tout ce que tu présenteras comme oblation, tu le garniras de sel, et tu n'omettras point ce sel, signe d'alliance avec ton Dieu, à côté de ton oblation: à toutes tes offrandes tu joindras du sel.

Le sel d’alliance

Une alliance a été contractée avec le sel lors des six jours de la Création, aux termes de laquelle il a été promis aux eaux d’en bas d’être présentées sur l’autel sous forme de sel et sous forme de nissoukh hamayim (« libation d’eau ») à la fête de Soukoth

Sur chacune de tes offrandes

Sur la ‘ola de behéma et d’oiseau, et sur les parties grasses de toutes les offrandes

2,14
Lorsque tu offriras au Seigneur l'oblation des prémices, c'est en épis torréfiés au feu, réduits en gruau pur, que tu offriras l'oblation de tes prémices.

Et si (weïm) tu approcheras

La conjonction im (« si ») veut dire ici : « lorsque ». Il ne s’agit pas ici d’une faculté, puisque le texte parle de la min‘ha du ‘omèr, laquelle est une obligation. Il en est de même de : « Et s’il (weïm) y a le jubilé… » (Bamidbar 36, 4)

L’oblation (min‘ha) des prémices

Le texte parle ici de la min‘ha du ‘omèr, qui est constituée, au moment de la venue à maturité de la récolte, d’épis d’orge devenus mûrs (aviv). Il est écrit ici : aviv, et ailleurs : « car l’orge était mûre (aviv) » (Chemoth 9, 31)

Torréfiés dans le feu

On les sèche au feu dans une poêle de torréfacteur, à défaut de quoi on ne pourrait les moudre dans une meule vu leur fraîcheur

Broyés en gruau

On les broie étant encore frais

Broyés (guèrès)

Le mot guèrès s’applique à la trituration et à la mouture. On les broie dans un moulin à orge, comme dans : « Il a broyé (wayagrés) avec du gravier » (Eikha 3, 16) et dans : « Mon âme est broyée (garsa) » (Tehilim 119, 20)

Gruau (karmel)

Ainsi appelé tant que le rembourrage des épis est plein, que le produit est frais et plein dans ses tiges. C’est pourquoi les épis sont appelés karmel, comme dans : « et des épis (karmel) dans sa panetière » (II Melakhim 4, 42)

2,15
Tu y verseras de l'huile et y mettras de l'encens: c'est une oblation.
2,16
Le pontife en fera fumer le mémorial, tiré du gruau et de l'huile, indépendamment de tout l'encens: combustion en l'honneur du Seigneur.
3,1
Son offrande est-elle un sacrifice rémunératoire: s'il la tire du gros bétail, que ce soit un mâle ou une femelle, il doit la présenter sans défaut devant le Seigneur.

De rémunératoires (chelamim)

Car ils rétablissent la paix (chalom) dans le monde. Autre explication : Parce qu’ils contiennent la paix pour l’autel, pour les kohanim et pour les propriétaires, [tous y étant parties prenantes]

3,2
Il appuiera sa main sur la tête de sa victime, qu'on immolera à l'entrée de la Tente d'assignation; puis les fils d'Aaron, les pontifes, aspergeront de son sang le tour de l'autel.
3,3
On présentera, de cette victime rémunératoire, comme combustion au Seigneur, la graisse qui recouvre les intestins, toute la graisse qui y adhère;

Et tout le suif

Pour inclure le suif qui recouvre l’estomac, telle est l’enseignement de Rabi Yichma’el. Quant à Rabi ‘Aqiva, il enseigne que cela inclut le suif qui recouvre les intestins grêles (‘Houlin 49b)

3,4
les deux rognons avec la graisse qui y adhère du côté des flancs, puis la membrane qui tient au foie et qu'on ôtera avec les rognons.

Les flancs (kessalim)

En français : « flancs ». Le suif des reins se trouve, du vivant de l’animal, à hauteur des flancs, lesquels sont en dessous. Il s’agit du suif qui se trouve sous la hanche que l’on appelle en français médiéval : « lonbels ». De couleur blanche, il est visible au-dessus de la partie supérieure des flancs, tandis que de la chair le recouvre à sa partie inférieure

L’enveloppe

Il s’agit d’une membrane servant de couverture que l’on appelle en français médiéval : « ebres », et en araméen le diaphragme

Sur le foie

Il prendra également avec une petite partie du foie, et il est écrit ailleurs : « … et l’enveloppe provenant du foie » (infra 9, 10)

Sur le foie en plus des rognons

On enlèvera la membrane indépendamment du foie et des rognons

3,5
Et les fils d'Aaron feront fumer ces graisses sur l'autel, près de l'holocauste déjà placé sur le bois du brasier: combustion d'une odeur agréable au Seigneur.

Sur l’holocauste (‘ola)

Indépendamment de la ‘ola. D’où nous apprenons que la ‘ola perpétuelle précède toute autre offrande sur l’autel

3,6
Si c'est du menu bétail qu'il veut offrir un sacrifice rémunératoire au Seigneur, il l'offrira mâle ou femelle, sans défaut.
3,7
Son offrande consiste-t-elle en une brebis, il la présentera devant le Seigneur,

Une brebis

Car les parties grasses de la brebis font l’objet de prescriptions qui ne s’appliquent pas à celles des chèvres : la queue de la brebis est présentée. D’où leur séparation en deux paragraphes

3,8
appuiera sa main sur la tête de sa victime et l'immolera devant la Tente d'assignation; puis les fils d'Aaron aspergeront de son sang le tour de l'autel.

Ils aspergeront

Deux aspersions qui en deviennent quatre. On arrose avec un récipient, mais on n’applique avec le doigt que pour le ‘hatath

3,9
On présentera, de cette victime rémunératoire, comme combustion au Seigneur, le morceau de choix: la queue, qu'on enlèvera tout entière à l'a hauteur de la vertèbre; puis la graisse qui recouvre les intestins, toute la graisse qui y adhère,

Son suif

Sa meilleure partie. Et quelle est-elle ? La queue tout entière

À la hauteur de la croupe (hé‘atsè)

Au-dessus des reins, lesquels « tiennent conseil » (yo‘atsoth) (Berakhoth 61a)

3,10
les deux rognons avec la graisse qui y adhère du côté des flancs, puis la membrane du foie, qu'on ôtera avec les rognons.
3,11
Et le pontife les fera fumer sur l'autel, comme aliment de combustion en l'honneur du Seigneur.

Un pain sacrifice par le feu (ichè) pour Hachem

Un aliment de combustion au nom du Très Haut

Un pain

Le mot lè‘hèm signifie : « aliment », comme dans : « Détruisons l’arbre dans son aliment (bela‘hmo) » (Yirmeya 11, 19), « Le roi Balchatsar organisa un grand festin (lè‘hèm) » (Daniel 5, 1), « pour la joie on organise un festin (lè‘hèm) » (Qohèleth 10, 19)

3,12
Que si son offrande est une chèvre, il la présentera devant le Seigneur,
3,13
appuiera sa main sur la tête de l'animal et l'immolera devant la Tente d'assignation; puis les fils d'Aaron aspergeront de son sang le tour de l'autel.
3,14
Il en prélèvera la partie à offrir, comme combustion en l'honneur du Seigneur: la graisse qui recouvre les intestins, toute la graisse qui y adhère;
3,15
les deux rognons avec leur graisse du côté des flancs, et la membrane du foie, qu'il retirera avec les rognons.
3,16
Le pontife les fera fumer sur l'autel: c'est un aliment de combustion dont le parfum sera agréé, toute graisse étant pour le Seigneur.
3,17
Loi perpétuelle pour vos générations, dans toutes vos demeures: toute graisse et tout sang, vous vous abstiendrez d'en manger."

Statut pour toujours

Tout ce verset est parfaitement expliqué dans Torath kohanim

4,1
L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
4,2
"Parle ainsi aux enfants d'Israël: lorsqu'un individu, violant par mégarde une des défenses de l'Éternel, aura agi contrairement à l'une d'elles;

De toutes les mitswoth de Hachem

Nos Maîtres ont expliqué qu’il n’y a lieu à ‘hatath que pour une violation dont l’accomplissement délibéré fait l’objet d’une interdiction et rend passible de kareth, et dont l’accomplissement par mégarde est sanctionné par un ‘hatath

De l’une d’elles

D’une partie de l’une d’elles. Exemple : celui qui, le Chabath, écrira du nom Chim‘on les lettres chin et mem (Chem), de Na‘hor les lettres noun et ‘het (Noa‘h), et de Daniel les lettres dalet et noun (Dan) (Chabath 103a)

4,3
si c'est le pontife-oint qui a péché, au détriment du peuple, il offrira au Seigneur, pour le péché qu'il a commis, un jeune taureau sans défaut, comme expiatoire.

Si le pontife qui a été oint péchera pour la culpabilité du peuple

Selon le Midrach, il n’est coupable qu’en cas d’ignorance de la loi, accompagnée d’une action effectuée par mégarde, comme il est écrit : « pour la culpabilité du peuple », et plus loin : « qu’une chose a été cachée aux yeux de l’assemblée, et qu’ils ont fait… » (verset 13). Quant au sens simple, selon la Aggada, lorsque le kohen gadol commet un péché, elle retombe sur le peuple, car ils dépendent de lui en ce qui concerne la kappara et la prière, et le voilà devenu fautif (Torath kohanim)

Un taureau

J’aurais pu penser : même âgé. Aussi est-il écrit : ben [littéralement : « fils » du gros bétail]. Si c’est un jeune, j’aurais pu penser : tout petit (qatan). Aussi est-il écrit : « taureau » (par). Comment cela ? Un taureau de trois ans (Torath kohanim)

4,4
présentera ce taureau à l'entrée de la Tente d'assignation, devant le Seigneur, appuiera sa main sur la tête du taureau, et l'immolera devant le Seigneur.
4,5
Puis le pontife-oint prendra du sang de ce taureau et l'apportera dans la Tente d'assignation;

Vers la tente d’assignation

Le tabernacle. Dans le Temple, c’est sur le parvis

4,6
le pontife trempera son doigt dans le sang, et il en fera aspersion sept fois devant l'Éternel, vers le voile du sanctuaire;

Face au voile du sanctuaire

Face à l’endroit de sa sainteté, tout juste au milieu des deux barres [situées sur l’arche]. Le sang n’avait pas à toucher le voile, et s’il le touchait c’était sans conséquence

4,7
le pontife mettra aussi de ce sang sur les cornes de l'autel où l'on brûle les parfums devant le Seigneur, et qui est dans la Tente d'assignation; et le reste du sang du taureau, il le jettera dans le réceptacle de l'autel aux holocaustes, situé à l'entrée de la Tente d'assignation.

Et tout le sang

Les restes du sang (Zeva‘him 25a)

4,8
Alors il prélèvera toute la graisse du taureau expiatoire: la graisse qui s'étend sur les intestins, toute la graisse qui y adhère;

Et tout le suif du taureau

Le texte aurait dû écrire : « “son” suif ». Pourquoi : « du taureau » ? C’est pour inclure le taureau de Yom Kippour quant aux rognons, aux suifs et à la membrane du foie

Expiatoire (‘hatath)

Y compris les boucs servant d’expiation au péché d’idolâtrie quant aux rognons, aux suifs et à la membrane du foie

Il en prélèvera

De ce qui est attaché. Il n’en découpera pas avant d’avoir retiré le suif (Torath kohanim)

4,9
les deux rognons, avec la graisse adjacente du côté des flancs; et la membrane du foie, qu'il détachera avec les rognons.
4,10
Ces portions, prélevées comme sur la victime d'un sacrifice rémunératoire, le pontife les fera fumer sur l'autel aux holocaustes.

Comme il a été prélevé

Des mêmes parties grasses spécifiées pour « le bovin sacrifice des chelamim ». Mais qu’est-il spécifié pour les chelamim qui ne l’ait pas été ici ? Il s’agit uniquement de procéder à une comparaison avec les chelamim : De même que ceux-ci doivent être offerts avec une intention appliquée à l’acte, de même le ‘hatath doit-il être présenté avec une intention appliquée à l’acte (Zeva‘him 3b). De même que les chelamim rétablissent la paix dans le monde, de même celui-ci rétablit-il la paix dans le monde. Dans le traité Zeva‘him (49b), on utilise ce verset pour édicter que l’on ne peut déduire d’une autre déduction une loi concernant les offrandes

4,11
Mais la peau du taureau et toute sa chair, conjointement avec sa tête et ses jambes, ses intestins avec sa fiente,

En plus de sa tête et en plus de ses jambes

Comme « sur le foie, en plus des rognons » (supra 3, 4). Toutes ces prépositions ‘al (litt. : « sur ») sont destinées à ajouter, comme « milevad » (« mis à part »)

4,12
bref, le taureau entier, on le transportera hors du camp, en lieu pur, au déversoir des cendres, et on le consumera sur du bois, par le feu: c'est au déversoir des cendres qu'il doit être consumé.

Vers un endroit pur

Il existe hors de la ville un lieu destiné à l’impureté où l’on jette les pierres « affectées » et qui sert de cimetière. Il fallait donc préciser : « hors du camp », loin de la ville, un lieu qui soit pur

Le dehors du camp

Hors des trois camps. En ce qui concerne le Temple, c’est hors de la ville, comme expliqué par nos Maîtres dans les traités Yoma (68a) et Sanhèdrin (42b)

Vers le déversoir des cendres

Le lieu où l’on déverse les cendres retirées de l’autel, comme il est écrit : « il fera sortir la cendre vers le dehors du camp » (infra 6, 4)

Sur le déversoir des cendres il sera brûlé

Cette répétition a pour seul but d’enseigner qu’il en sera ainsi même s’il n’y a pas de cendres [au déversoir] (Torath kohanim)

4,13
Si toute la communauté d'Israël commet une erreur, de sorte qu'un devoir se trouve méconnu par l'assemblée, que celle-ci contrevienne à quelqu'une des défenses de l'Éternel et se rende ainsi coupable;

La communauté d’Israël

À savoir le Sanhèdrin (Torath kohanim)

Une chose a été cachée

Ils ont commis une erreur en présentant comme permis un acte interdit par la Tora sous peine de kareth

De l’assemblée

La communauté a agi selon leur enseignement (Torath kohanim)

4,14
lorsqu'on aura connaissance du péché qu'on aura commis, l'assemblée offrira un jeune taureau comme expiatoire, qu'on amènera devant la Tente d'assignation.
4,15
Les anciens de la communauté appuieront leurs mains sur la tête du taureau, devant l'Éternel, et on immolera le taureau devant l'Éternel.
4,16
Puis le pontife-oint apportera du sang de ce taureau dans la Tente d'assignation;
4,17
le pontife teindra son doigt de ce sang et en fera sept aspersions devant l'Éternel, dans la direction du voile;

Face au voile

Alors qu’il est écrit plus haut : « face au voile du sanctuaire » (verset 6). Cela ressemble à un roi contre lequel le pays est entré en rébellion. Si cette rébellion ne touche qu’une partie du royaume, la cour royale conserve le pouvoir. Mais si elle touche tout le pays, la monarchie est renversée. De même ici, lorsque le « kohen qui a été oint » a péché, le sanctuaire conserve son caractère sacré. Mais lorsque, Hachem nous en préserve, c’est toute la communauté qui a péché, la sainteté disparaît (Zeva‘him 41b)

4,18
appliquera de ce sang sur les cornes de l'autel qui est devant le Seigneur, dans la Tente d'assignation; et le reste du sang, il le répandra dans le réceptacle de l'autel aux holocaustes, qui est à l'entrée de la Tente d'assignation.

La base de l’autel de l’holocauste (‘ola) qui est à l’entrée de la tente d’assignation

C’est le réceptacle occidental, qui se trouve face à l’entrée (Torath kohanim)

4,19
Puis, il en enlèvera toute la graisse qu'il fera fumer sur l'autel,

Et il en prélèvera tout son suif

Il est vrai que la membrane et les deux rognons ne sont pas mentionnés ici. On les déduit cependant du verset suivant : « Il fera pour le taureau comme il a fait pour le taureau du ‘hatath ». Et pourquoi ne sont-ils pas mentionnés ? On a enseigné à l’école de Rabi Yichma’el : Cela ressemble à un roi qui s’est irrité contre son ami, mais dont l’amour qu’il lui porte lui fait abréger la description de sa faute

4,20
procédant pour ce taureau comme il l'a fait pour le taureau expiatoire: ainsi procédera-t-il à son égard. Et le pontife obtiendra propitiation pour eux, et il leur sera pardonné.

Il fera pour le taureau comme il a fait pour le taureau expiatoire (du ‘hatath)

Comme expliqué pour le taureau du « kohen qui a été oint », cela inclut la membrane et les deux rognons mentionnés là-bas (verset 9) et non ici. Et aussi pour répéter l’obligation pour les différents services, et enseigner que s’il manque une seule des aspersions, l’offrande n’est pas valable. Car nous trouvons, en ce qui concerne les aspersions sur l’autel extérieur, qu’une seule suffit à obtenir kappara. Aussi fallait-il préciser ici que l’absence d’une seule empêche l’expiation

4,21
Et il fera transporter le taureau hors du camp, et il le brûlera comme il a brûlé le taureau précédent. C'est un expiatoire public.
4,22
Si un prince a péché en faisant, par inadvertance, quelqu'une des choses que l'Éternel son Dieu défend de faire, et se trouve ainsi en faute;

Quand (achèr) un prince péchera

Le mot achèr (« quand ») est apparenté à achrei (« heureux ») : Heureuse la génération dont le prince prend à cœur de présenter une kappara pour ses fautes commises par mégarde, à plus forte raison doit-il regretter ses fautes délibérées ! (Horayoth 10b)

4,23
s'il vient à connaître le péché qu'il a commis, il apportera pour offrande un bouc mâle sans défaut.

Ou (o) s’il a pris connaissance

La préposition o (« ou ») équivaut souvent à im (« si »), et inversement, comme dans : « Ou (o) il était connu que le bovin était agressif » (Chemoth 21, 36)

Il a pris connaissance

Lorsqu’il a commis le péché, il pensait que la chose était permise, et c’est ensuite qu’il a su qu’elle était interdite

4,24
Il appuiera sa main sur la tête de ce bouc, et l'égorgera à l'endroit où l'on égorge l'holocauste, devant l'Éternel: c'est un expiatoire.

À l’endroit où l’on égorgera l’holocauste (‘ola)

Au nord, comme indiqué pour la ‘ola (Zeva‘him 49a)

C’est un expiatoire (‘hatath)

Présenté avec une intention appliquée à l’acte, il est valable, sans cette intention il ne l’est pas (Zeva‘him 10b)

4,25
Le pontife prendra, avec son doigt, du sang de l'expiatoire, qu'il appliquera sur les cornes de l'autel aux holocaustes, et il répandra le reste du sang dans le réceptacle du même autel.

Et son sang

Les restes du sang

4,26
Il en fera fumer toute la graisse sur l'autel, comme la graisse de la victime rémunératoire. Le pontife lui obtiendra ainsi propitiation pour sa faute, et elle lui sera remise.

Comme le suif du sacrifice des rémunératoires (chelamim)

Comme les parties grasses indiquées pour la chèvre (versets 7 et 9) dont il est question à propos des chelamim

4,27
Si un individu d'entre le peuple pèche par inadvertance, en faisant une des choses que l'Éternel défend de faire, et se trouve ainsi en faute;
4,28
s'il vient à connaître le péché qu'il a commis, il apportera pour son offrande une chèvre sans défaut, une femelle, à cause du péché qu'il a commis.
4,29
appuiera sa main sur la tête de l'expiatoire, et l'égorgera au même lieu que l'holocauste.
4,30
Le pontife prendra de son sang avec le doigt, et l'appliquera sur les cornes de l'autel aux holocaustes; le reste du sang, il le jettera dans le réceptacle de l'autel.
4,31
Il enlèvera toute la graisse, de même que la graisse a été enlevée de la victime rémunératoire; et le pontife la fera fumer sur l'autel, comme odeur agréable au Seigneur. Le pontife fera ainsi expiation pour lui, et il lui sera pardonné.

Comme a été ôté le suif de sur le sacrifice des rémunératoires (chelamim)

Comme les parties grasses dont il est question au sujet des chelamim

4,32
Si c'est un agneau qu'il présente comme son offrande expiatoire, il l'offrira femelle sans défaut.
4,33
Il appuiera sa main sur la tête de l'expiatoire, et on l'égorgera, à titre d'expiatoire, à l'endroit où l'on égorge l'holocauste.

Il l’égorgera comme expiatoire (‘hatath)

Sa che‘hita doit être effectuée avec une intention appliquée au ‘hatath

4,34
Le pontife prendra, avec son doigt, du sang de l'expiatoire, qu'il appliquera sur les cornes de l'autel aux holocaustes; et le reste du sang, il le jettera dans le réceptacle de l'autel.
4,35
Il enlèvera toute la graisse, comme on enlève la graisse de l'agneau dans le sacrifice rémunératoire, et le pontife la fera fumer sur l'autel parmi les combustions destinées au Seigneur. Le pontife lui obtiendra ainsi l'expiation du péché commis, et il lui sera pardonné.

Comme sera ôté le suif de la brebis

Où la queue s’ajoute aux parties grasses. De même le ‘hatath, lorsqu’il est présenté sous la forme d’une brebis, doit-on ôter la queue avec les parties grasses

Sur les sacrifices par le feu (ichei) de Hachem

Sur tous les brasiers consacrés à Hachem. En français médiéval : « foeiles »

5,1
"Si une personne commet un péché, en ce qu'adjurée par la voix d'un serment, quoique témoin d'un fait qu'elle a vu ou qu'elle connaît, elle ne le déclare point et se trouve ainsi chargée d'une faute;

Et elle a entendu la voix d’une imprécation

Dans une affaire où elle est appelée à témoigner. On l’a adjurée de témoigner si la matière d’un témoignage lui est connue

5,2
ou si quelqu'un touche à quelque objet impur, soit au cadavre d'une bête sauvage immonde, soit à celui d'un animal domestique immonde, ou à celui d'un reptile immonde, et que, sans s'en apercevoir, il se trouve ainsi souillé et coupable;

Ou une âme qui touchera…

Et après être devenue impure, elle a consommé la viande des offrandes ou a pénétré dans le sanctuaire. Il s’agit d’un acte dont l’accomplissement délibéré rend passible de kareth, comme expliqué dans le traité Chevou‘oth (24b)

Cela lui est resté caché

L’impureté

Et coupable

Par la consommation de la viande des offrandes ou par l’entrée dans le sanctuaire

5,3
ou s'il touche à une impureté humaine (quel que soit le degré de souillure qu'elle occasionne), et que, ne l'ayant pas su, il l'ait ensuite appris et soit devenu coupable;

À l’impureté d’un homme

Il s’agit de l’impureté d’un cadavre

Pour toute son impureté

Y compris l’impureté « par le toucher » avec des zavim et des zavoth (homme et femmes en état de « flux ») (V. infra 15, 2)

Par laquelle il se sera rendu impur

Y compris celui qui a un rapport sexuel avec une femme nidda

Par laquelle

Y compris celui qui avale la nevéla d’un oiseau pur

Et cela lui est resté caché

Il ne le savait pas, ayant oublié l’impureté

Et il est coupable

Par la consommation de la viande des offrandes ou par l’entrée dans le sanctuaire

5,4
ou si quelqu'un, par un serment échappé à ses lèvres, s'est imposé un acte pénible ou agréable, selon le serment que peut proférer un homme, mais qu'il l'ait oublié, et se soit ensuite reconnu coupable sur l'un de ces points,

Par les lèvres

Et non seulement en son cœur

Pour faire du mal

À elle-même

Ou pour faire du bien

À elle-même, comme : « je mangerai » ou : « je ne mangerai pas », « je dormirai » ou : « je ne dormirai pas »

Pour tout ce que prononcera

Y compris ce qui est dans le passé

Et cela lui est resté caché

Et il a violé son serment. Tous ces cas sont expiés par une offrande ‘olè weyoréd (à la mesure des moyens de celui qui la présente), comme expliqué ici. Mais pour un serment contenant la dénégation d’une obligation en argent, il n’y a pas lieu à cette offrande-là, mais à un acham (Chevou‘oth 26a)

5,5
dès qu'il sera ainsi en faute à cet égard, il devra confesser son péché.
5,6
Il offrira pour son délit au Seigneur, à cause du péché qu'il a commis, une femelle du menu bétail, brebis ou chèvre, comme expiatoire; et le pontife lui procurera l'expiation de son péché.
5,7
Que si ses moyens ne suffisent pas pour l'achat d'une menue bête, il offrira, pour la faute qu'il a commise, deux tourterelles ou deux jeunes colombes au Seigneur: l'une comme expiatoire, l'autre comme holocauste.
5,8
II les présentera au pontife, qui offrira en premier lieu l'expiatoire: il lui rompra la tête à l'endroit de la nuque, mais sans la détacher,

Il approchera ce qui est pour l’expiatoire (‘hatath) en premier

Le ‘hatath a priorité sur la ‘ola. À quoi cela ressemble-t-il ? À un défenseur qui vient plaider sa cause. Après qu’il a fini de plaider vient le cadeau (Zeva‘him 7b)

Et il ne séparera pas

Il ne rompra que l’un des deux conduits [de l’œsophage et de la trachée-artère]

La nuque

C’est la surface de la tête [l’occiput] qui s’incline vers le cou

Vis-à-vis de sa nuque

Le côté vers la nuque qui forme la longueur de tout l’arrière du cou

5,9
puis fera jaillir du sang de l'expiatoire sur la paroi de l'autel; le reste du sang sera exprimé dans le réceptacle de l'autel. Ceci est un expiatoire.

Il fera jaillir du sang de l’expiatoire (‘hatath)

Pour la ‘ola, on exige uniquement « l’expression » du sang, tandis qu’il faut hazaa et « expression » pour le ‘hatath. On saisit la nuque et l’on asperge, et le sang jaillit vers l’autel

C’est un expiatoire (‘hatath)

Présenté avec une intention appliquée à l’acte, il est valable. Sans cette intention, il ne l’est pas

5,10
Le second oiseau, il en fera un holocauste selon le rite. Ainsi le pontife lui obtiendra propitiation pour le péché qu'il a commis, et il lui sera pardonné.

Selon l’ordonnance

Selon la loi édictée plus haut (supra 1, 14) pour la ‘ola d’oiseau présentée comme nedava

5,11
Si ses moyens ne vont pas jusqu'à deux tourterelles ou deux jeunes colombes, il apportera comme offrande, pour son péché, un dixième d'êpha de fleur de farine à titre d'expiatoire; il n'y emploiera point d'huile et n'y mettra point d'encens, car c'est un expiatoire.

Car elle est un expiatoire (‘hatath)

Et il ne serait pas justifié d’embellir une telle offrande

5,12
Il le présentera au pontife; le pontife en prendra une pleine poignée comme mémorial, et la fera fumer sur l'autel parmi les combustions du Seigneur: c'est un expiatoire.

Elle est un expiatoire (‘hatath)

Si la « prise d’une poignée » et « l’enfumage » ont été effectués avec une intention appliquée à l’acte, il est valable. Sans cette intention, il ne l’est pas

5,13
Le pontife lui obtiendra propitiation du péché qu'il a commis sur l'un de ces chefs, et il lui sera pardonné. Le reste appartiendra au pontife, comme pour l'oblation."

Sur son péché qu’il a commis

Le texte change ici sa formulation, en ce que pour les riches et pour les pauvres il a employé l’expression : « “de” son péché (mé‘hatatho) qu’il a commis » (verset 10), et ici pour les très pauvres l’expression : « “sur” son péché (‘al ‘hatatho) qu’il a commis ». Nos Maîtres en ont déduit que, s’il a péché étant riche et prélevé de l’argent pour un agneau ou une chèvre, et qu’il se soit appauvri, il emploiera une partie de cet argent à deux tourterelles. S’il a prélevé de l’argent pour deux tourterelles et qu’il se soit appauvri, il emploiera une partie de cet argent à un dixième de eifa de farine. D’où l’expression : mé‘hatatho. S’il a prélevé de l’argent pour un dixième de eifa de farine et qu’il se soit enrichi, il ajoutera à cette somme de quoi présenter une offrande du riche. D’où l’expression : ‘al ‘hatatho (Kerithoth 27b)

De l’une de ces choses-là

De l’une des trois kapparoth dont il est question ici : celle du riche, celle du pauvre et celle du très pauvre (Torath kohanim). Et que nous apprend le texte ? J’aurais pu penser que les péchés les plus graves fussent expiés par un agneau ou par une chèvre, les légers par un oiseau, et les très légers par un dixième de eifa de farine. Aussi est-il écrit : « de l’une de ces choses-là », pour mettre à égalité les légers et les graves quant à l’agneau et à la chèvre si ses moyens le lui permettent, et rendre les graves égaux aux légers quant au dixième de eifa pour les très pauvres

Il sera au pontife comme l’oblation (min‘ha)

Pour nous apprendre, à propos de la « min‘ha du pécheur » (min‘hath ‘hotè), que les restes sont consommés également par le kohen. C’est là l’explication littérale. Nos Maîtres ont expliqué l’expression : « il sera au kohen » comme signifiant que si le pécheur est un kohen, ce sera comme pour une autre min‘ha de nedava du kohen, laquelle doit être entièrement consumée et ne peut être consommée (infra 6, 16)

5,14
L'Éternel parla ainsi à Moïse:
5,15
"Si quelqu'un commet une faute grave en détournant, par mégarde, un des objets consacrés au Seigneur, il offrira pour ce délit, au Seigneur, un bélier sans défaut, choisi dans le bétail, valant en argent deux sicles, au poids du sanctuaire, comme offrande délictive.

Commettra une infidélité (ma‘al)

La notion de me‘ila implique toujours une idée de substitution, comme dans : « Ils ont été infidèles (wayim‘alou) au Éloqim de leurs pères et se sont prostitués aux divinités des peuples du pays » (I Divrei haYamim 5, 25). De même au sujet de la femme soupçonnée d’adultère : « … et commettra envers lui une infidélité (ma‘al) » (Bamidbar 5, 12)

Et péchera par mégarde parmi les choses saintes de Hachem

Il a tiré profit d’une chose sainte. Mais où est-il écrit que c’est interdit ? Il est écrit ici : « péché », et il est écrit plus loin, à propos du prélèvement de la terouma : « … et ils ne porteront pas sur lui de “péché” » (infra 22, 9). De même qu’il s’agit là-bas d’une interdiction du « péché », de même ici. Serait-ce que, seule la consommation étant interdite là-bas, il en soit de même ici ? Aussi le texte emploie-t-il à deux reprises le terme « d’infidélité » (tim‘ol et ma‘al), afin d’inclure toute forme de jouissance

Parmi les choses saintes de Hachem

Réservées exclusivement à Hachem, à l’exclusion des qodachim qalim, [dont une partie est octroyée aux propriétaires]

Un bélier (ayil)

Ce terme implique une idée de vigueur, comme dans : « et il a emmené les puissants (eilei) du pays » (Ye‘hezqèl 17, 13). Ici aussi : un animal vigoureux, âgé de deux ans

Selon l’évaluation en chèqels d’argent

D’une valeur de deux sèla’

5,16
Quant au tort qu'il a fait au sanctuaire, il le réparera, ajoutera un cinquième en sus et le remettra au pontife; puis le pontife fera propitiation pour lui par le bélier délictif, et il lui sera pardonné.

Et ce du sanctuaire en quoi il a péché

Le capital et un cinquième vont au sanctuaire (Kerithoth 26b)

5,17
Si un individu, commettant un péché, contrevient à une des défenses de l'Éternel, et que, incertain du délit, il soit sous le poids d'une faute,

Et il ne savait pas et il est coupable […] il apportera

Il s’agit ici de quelqu’un qui a été pris d’un doute relativement à un péché passible de kareth, et qui ne sait pas s’il l’a ou non commis. Par exemple : deux sortes de suifs – l’une permise l’autre interdite – lui ont été présentées. Il a pensé qu’elles étaient toutes deux permises et a mangé de l’une d’elles. Sur quoi on lui a appris que l’une des deux sortes était interdite, mais il ne sait pas si c’est d’elle qu’il a mangé. Il présentera un acham « conditionnel » (acham talouï), lequel le protégera aussi longtemps qu’il ne sera pas certain d’avoir péché. Et s’il acquiert ensuite une certitude, il présentera un ‘hatath

Et il ne savait pas et il est coupable

Rabi Yossi haguelili a enseigné : Le présent contexte punit celui qui a péché sans savoir. À plus forte raison punit-il celui qui a péché sciemment (Torath kohanim). Rabbi Yossi a enseigné : Si tu désires savoir la récompense promise aux justes, va l’apprendre chez Adam, à qui n’a été imposée qu’une seule interdiction et qui l’a transgressée ! Et vois combien de morts ont été infligées à lui ainsi qu’à ses descendants ! Et quelle mesure est-elle la plus abondante, celle du bien ou celle de la punition ? Nous dirons que c’est celle du bien. Si donc la mesure de la punition, qui est petite, a entraîné tant de fois la mort pour lui et ses descendants, à plus forte raison celle du bien, qui est plus abondante, procure-t-elle de bienfaits à celui qui s’abstient de ce qui est pigoul et de ce qui est nothar et à celui qui jeûne à Yom Kippour, à lui, à ses descendants, et aux descendants de ses descendants jusqu’aux générations ultimes (ibid.). Rabi ‘Aqiva a enseigné : Il est écrit : « Conformément à deux témoins ou à trois témoins, sera mis à mort le mort » (Devarim 17, 6). Si la déposition de deux témoins est valable, pourquoi le texte spécifie-t-il également le cas de trois ? C’est pour inclure le troisième témoin et rendre son statut aussi rigoureux que celui des deux premiers pour ce qui est de la punition et du faux témoignage. Si donc le texte punit celui qui se joint aux pécheurs de la même peine que celle dont sont passibles les pécheurs eux-mêmes, à plus forte raison récompense-t-il celui qui se joint à ceux qui accomplissent des bonnes actions à l’égal de ce qui est promis à ces derniers (ibid.). Rabi El‘azar ben ‘Azaria a enseigné : Il est écrit : « Quand tu moissonneras ta moisson dans ton champ, tu “oublieras” une gerbe dans le champ… » suivi de : « afin que te bénisse Hachem… » (Devarim 24, 19). Le texte octroie ainsi une bénédiction à celui qui accomplit une bonne action à son insu. Tu diras dès lors : Si un sèla’ s’est échappé du pan de l’habit de quelqu’un et est tombé, et qu’un pauvre le découvre et s’en nourrit, le Saint béni soit-Il lui réservera une bénédiction (ibid.)

5,18
il apportera au pontife un bélier sans défaut, choisi dans le bétail, selon l'évaluation de l'offrande délictive; le pontife lui obtiendra grâce pour l'erreur qu'il a commise et qu'il ignore, et il lui sera pardonné.

Selon l’évaluation pour l’offrande pour délit (acham)

Selon l’évaluation spécifiée ci-dessus (verset 15)

Qu’il a commise par mégarde

Si en revanche il acquiert ensuite une certitude, il ne lui sera pas fait kappara par le acham, mais il devra présenter un ‘hatath. À quel cas celui-ci ressemble-t-il ? À la génisse dont on a brisé la nuque (Devarim 21, 1 et suivants). Si le meurtrier est découvert par la suite, il sera néanmoins mis à mort

5,19
C'est une offrande délictive, l'homme étant coupable d'un délit envers l'Éternel."

C’est une offrande pour délit (acham) ; être coupable

Le premier acham du verset porte deux qamats, car c’est un substantif, et le dernier un qamats et un pata‘h, car c’est un verbe. Et si tu devais alléguer que ce verset est superflu, tu en trouveras l’explication dans Torath kohanim

Etre coupable

Pour inclure le acham chif‘ha ‘haroufa (« envers la servante affranchie »), consistant également en un bélier de deux ans. J’aurais pu penser qu’il fallût également inclure le acham du nazir et le acham du metsora’. Aussi est-il écrit : « il » – celui-là seulement

5,20
L'Éternel parla ainsi à Moïse:
5,21
"Si un individu pèche et commet une faute grave envers le Seigneur, en déniant à son prochain un dépôt, ou une valeur remise en ses mains, ou un objet ravi, ou en détenant quelque chose à son prochain;

Une âme

Rabi ‘Aqiva a enseigné : Que veulent dire les mots : « et commettra une infidélité envers Hachem » ? Lorsque l’on prête ou que l’on emprunte ou que l’on effectue des transactions commerciales, on ne le fait que devant témoins et contrat écrit à l’appui. Aussi celui qui nie son obligation contredit-il les témoins et le contrat. Celui qui, en revanche, confie à autrui un objet à garder ne veut pas qu’une autre personne en ait connaissance, hormis le troisième d’entre eux, [à savoir Hachem]. C’est pourquoi, s’il y a ensuite dénégation, c’est Lui qui est désavoué

Ou pour un dépôt entre ses mains

De l’argent qu’on lui a remis pour en réaliser un investissement ou à titre de prêt

Ou pour un objet ravi

Il lui a volé quelque chose

Ou qu’il a extorqué

C’est le salaire du loueur d’ouvrage

5,22
ou si, ayant trouvé un objet perdu, il le nie et a recours à un faux serment; enfin, pour un des méfaits quelconques dont l'homme peut se rendre coupable,

Il l’a dénié

Il a dénié l’une de toutes ces choses

De toutes les choses qu’un homme fera pour pécher

En prêtant un faux serment pour nier une somme d’argent

5,23
lorsqu'il aura ainsi péché et reconnu sa faute, il restituera la chose ravie, ou détenue par lui, ou le dépôt qui lui a été confié, ou l'objet perdu qu'il a trouvé.

Lorsqu’il péchera et sera coupable

Lorsqu’il aura conscience qu’il doit se repentir et qu’il saura et avouera qu’il a péché et qu’il est coupable

5,24
De même, tout ce qu'il aurait nié sous un faux serment, il le paiera intégralement, et il y ajoutera le cinquième. Il devra le remettre à qui il appartient, du jour où il reconnaîtra sa faute.

Avec son principal

Il s’agit du capital, du principal de l’argent

Et son cinquième (littéralement : « ses cinquièmes »)

La Tora ajoute de nombreux cinquièmes au même capital. S’il nie le cinquième et jure l’avoir payé et qu’il le reconnaît ensuite, il paiera un nouveau cinquième, et ainsi de suite jusqu’à ce que le capital sur lequel il a prêté serment se réduise à moins d’une perouta (Baba Qama 108a)

À celui à qui cela appartient

À celui à qui appartient le capital (Baba Qama 103b)

5,25
Puis, il offrira pour son délit, à l'Éternel, un bélier sans défaut, choisi dans le bétail, selon le taux de l'offrande délictive, et qu'il remettra au pontife;
5,26
et le pontife lui fera trouver grâce devant l'Éternel, et il recevra son pardon pour celui de ces faits dont il se sera rendu coupable."

Inscription Torah-Box.com

Pour accéder à l'intégralité du site Torah-Box.com, inscrivez-vous gratuitement en moins d'une minute.

Torah-Box Magazine

Torah-Box Magazine n°70 - Tsav

Paracha de la semaine

Chémini

Allumage des bougies Allumage des bougies à Paris

Vendredi 29 Mars 2019 à 18:58 *
Sortie du Chabbath à 20:06 *
changer de ville
* Horaires données a titre indicatif,
vérifiez les horaires de votre communauté.

8 Divrei-Torah

sur Chémini

Prochaine fête

8 Divrei-Torah

sur Pessah

Haut de page