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Noa’h - Attention à la superficialité

Mis en ligne le Jeudi 11 Octobre 2018

La Paracha termine par le court récit du début de la vie d’Avraham Avinou. On nous parle de sa famille et de son frère Haran qui connut une mort précoce. La Torah nous raconte brièvement que ce dernier mourut devant son père. Le Midrach nous fournit les détails de cette tragédie. Il relate comment Avraham rejeta l’idolâtrie, courante à l’époque, et se mit à croire en un seul D.ieu. Il détruisit les idoles que son père vendait et celui-ci le dénonça et le livra aux mains du roi Nimrod, qui, après avoir vainement essayé de le convaincre de pratiquer leurs cultes, le jeta dans une fournaise ardente. Haran observa tout ceci, sachant bien qu’il allait devoir choisir entre le camp d’Avraham ou celui de Nimrod. Avant qu’Avraham ne soit jeté au feu, Haran prit une décision des plus pragmatiques ; si son frère survit, il se joindra à lui et s’il meurt, il suivra Nimrod. Quand Avraham sortit sain et sauf de la fournaise, Haran se déclara adepte d’Avraham. Il fut également envoyé dans les flammes et mourut.[1]

Le Midrach souligne le côté étrange de sa mort ; seuls ses organes internes furent détruits, l’extérieur de son corps resta intact. Les commentateurs expliquent qu’extérieurement, Haran paraissait vertueux, il se montrait fidèle à Avraham, mais en son for intérieur, il ne le suivait pas « Bélev Chalem » (d’un cœur entier, sincère). Ainsi, son intérieur fut détruit, car il n’était pas méritant et le côté apparent de son corps ne fut pas endommagé, car de l’extérieur, il semblait digne.[2]

Cet enseignement nous prouve que l’on peut observer la Torah et les Mitsvot de deux façons – superficiellement ou intrinsèquement. Une réelle pratique signifie que l’individu est imprégné de Torah – son mode de vie, ses aspirations sont définis uniquement par la Torah. Un respect extérieur peut être une observance très rigoureuse de toutes les Mitsvot tandis que les désirs profonds et les idéaux de la personne ne vont pas de pair avec la volonté divine. Les croyances de Haran n’étaient que superficielles, il ne fut donc protégé qu’extérieurement. En revanche, Avraham qui était profondément déterminé à accomplir le Ratson Hachem (volonté d’Hachem) à tout prix fut parfaitement protégé du feu de Nimrod.

L’inconsistance de Haran fut émulée par son fils, Loth. D’après les apparences, Loth respectait la Torah, mais plusieurs actions prouvèrent qu’au fond, il ne souhaitait pas vraiment suivre Avraham. Il préférait satisfaire ses désirs de succès matériel et d’immoralité.[3]

Haran eut un autre enfant, Sarah Iménou. Elle parvint à se défaire du vice de son père et de son frère et devint une personne dont la pratique extérieure correspondait à sa vertu intérieure. Elle est d’ailleurs appelée Yiska, dans cette Paracha[4]. Ce nom fait référence au fait qu’elle voyait par Roua’h Hakodech[5], mais aussi que tout le monde voyait sa beauté.[6] Ces deux explications se complètent ; sa grâce n’était pas uniquement physique, c’était une beauté spirituelle, qui émanait de son niveau élevé, de son inspiration divine.

On peut tirer plusieurs leçons des défauts de Haran et Loth et de la grandeur d’Avraham et Sarah. Comme Haran nous l’a montré, il est très facile d’être un « Tsadik superficiel », de s’habiller d’une certaine manière et d’agir de façon exemplaire. Mais cette superficialité est très dangereuse ; la personne n’est alors qu’une « ombre » de Eved Hachem (serviteur d’Hachem) alors qu’en réalité, elle ne sert pas du tout D.ieu, comme le décrit le prophète Yéchaya : « Ce peuple qui Me rend hommage avec sa bouche et M’honore avec ses lèvres, mais dont le cœur est loin de Moi… »[7]

De plus, le fait de mettre l’accent sur l’extérieur peut porter atteinte à l’amélioration de l’individu. L’une des méthodes les plus efficaces du Yétser Hara est d’inciter celui qui veut s’élever à se concentrer sur des changements externes, ce qui le distrait du but – d’un véritable perfectionnement.[8]

Cette faille peut affecter tout le monde. Il est fondamental de faire une réelle introspection concernant notre Avodat Hachem sur le plan extérieur et intérieur.

Puissions-nous tous mériter d’émuler Avraham et Sarah et d’intérioriser ce en quoi nous croyons.


[1] Beréchit Raba, 38:13.

[2]Entendu du Rav Moché David Cohen, au nom du Rav Acher Zelig Rubnstein, Roch Yéchivat Torah Sim’ha.

[3] Voir Lekh Lékha, 13:10; Rachi.

[4] Noa’h, 11:29; Rachi.

[5] Littéralement « Esprit saint ». C’est une forme de prophétie.

[6] Méguila, 14a ; rapporté par Rachi, Noa’h  11:29.

[7] Yéchaya, 29:13.

[8] Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas effectuer de changements extérieurs. L’aspect de l’individu est d’une grande importance, il est parfois même dicté par la Halakha. Et même lorsque cela dépasse la stricte loi, l’habillement et l’apparence sont importants. Ce que l’on veut expliquer dans cet article, c’est qu’il ne faut pas changer extérieurement aux dépens d’une amélioration profonde. L’idéal est de faire appel à un Rav compétent dans ce genre de cas.

Rav Yehonathan GEFEN - © Torah-Box

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