Il y a quelques années, j’avais rencontré par l'intermédiaire d'une connaissance commune, Nicole Messica dont l’histoire de la découverte d'une ancienne synagogue médiévale en Bourgogne m'avait passionnée. Je lui ai tout suite dit que je voulais écrire un article à son sujet.
Après la parution de l’article sur la plateforme de Torah-Box ("L'histoire de la synagogue de Chablis"), les relations auraient pu en rester là.
Mais pour tout vous avouer, j’ai gardé contact avec elle : en plus d’une personnalité attachante et d'un parcours hors du commun, j’étais curieuse de savoir quelle serait la suite de son aventure.

 
Petit retour en arrière et rappel d’une histoire, sur laquelle personne n’aurait jamais parié...

 
En 1995, lors d'une balade en Bourgogne, Nicole découvre dans le village viticole de Chablis, une étroite « rue des Juifs » où une vieille bâtisse atypique, en ruines, se tient miraculeusement gisante. Ce bâtiment médiéval, cité dans le dépliant touristique de la ville, semble être l’ancienne synagogue de Chablis. Elle est à vendre ! Interpellée par ces tas de murs éventrés, laissés à l'abandon, Nicole décide d'en faire son acquisition pour la faire sortir de l'oubli. 
 
En 2001, après maintes allées et venues entre la Californie et la France, Nicole décide de s'installer à Chablis en faisant l'acquisition de l'ancien hôtel de la ville, l'Hôtel de l'Étoile qui est à vendre en liquidation judiciaire. Elle part insouciante et pleine d'espoir dans cette nouvelle aventure et fait de l'hôtel son QG pour mener à bien son projet de sauvegarde et de restauration de l'ancienne synagogue, en collaboration étroite avec la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne). Le bâtiment est de surcroît inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques de France. 
 
En 2004, Nicole rencontre William Fèvre, l’un des plus grands viticulteurs de Chablis qui s'intéresse de près au projet de restauration de la synagogue, une amitié sincère naît entre eux.
Il s'avère que le coût des travaux de restauration est d'un montant colossal : plus d'un million d'euros. Nicole n'a pas vraiment les moyens financiers pour soutenir cette restauration d'envergure... Elle prie... Elle prie !
 
En 2005 William Fèvre rachète l’édifice à Nicole. Grand visionnaire et énarque de surcroît, ce grand viticulteur Chablisien s’est promis de reconstruire cette bâtisse médiévale et de la faire revivre. Elle sera, de plus, dotée d’un Mikvé, construit aux normes halakhiques, sous la supervision du Rav Kahn de Paris. Aussitôt dit, aussitôt fait, les travaux s'accélèrent.
Nicole réalise enfin son vœu le plus cher : la Synagogue de Chablis est restaurée ! 
 
En Décembre 2005, elle organisera avec William Fèvre, la Fête des Lumières, 'Hanouka, dans la rue des Juifs, devant la synagogue en ruines, en la présence du Rav Joseph Pezner de Paris et des étudiants de la Yéchiva Brunoy. Ce qui lui vaudra une couverture médiatique par un reportage au JT de FR3 et un premier Festival de Musiques Juives naîtra en Juin 2006.
Depuis, de nombreux chefs d’État et Rabbins assistent à des rassemblements à 'Hanouka ou à Pourim. La synagogue peu à peu reprend vie : 
 
En 2019, malheureusement, Monsieur William Fèvre décède et la Synagogue est mise en vente par ses héritières.
Pendant des années, le cœur de Nicole est accroché à son souhait de ne pas laisser l’endroit sacré aux mains de n’importe quel acheteur, mais elle n'a pas les moyens de l’acquérir. Elle continue de prier…
 
En 2022, vingt ans après, alors en âge de partir à la retraite, Nicole vend finalement son hôtel à un couple de viticulteurs bien connus de la région. Elle envisage alors de retourner à Los Angeles pour vivre des jours tranquilles auprès de sa famille et de ses enfants.
Après un séjour de trois mois, Nicole constate qu’elle ne peut plus revivre la vie de son passé "Hollywoodien". "J’étais une femme matérialiste et aujourd’hui je ne le suis plus", confie-t-elle.
"Je suis devenue avec la force de l’âge une femme plus spirituelle en quête de simplicité et de retour aux sources… Quelles sources ? Je ne sais pas", dit-elle.
Un appel spirituel évidemment en corrélation avec ce projet qui ne la lâche pas. Les années passent et Nicole pense de plus en plus à faire son Alyah en Erets Israël.
Cependant, une petite voix intérieure la retient : "Tu ne vas pas repartir ? Tu ne vas pas abandonner 30 ans de vie et laisser la "Synagogue" derrière toi…Maintenant qu’elle est toute restaurée ?"
 
En Septembre 2024, sa fille Diane et son mari Johann viennent lui rendre visite deux jours de la Californie où le couple réside avec leurs deux enfants.
Ils visitent le village et la synagogue. Mon gendre est ébloui par sa splendeur. "Il n’en a pas dormi de la nuit. Ils repartent le lendemain pour Los Angeles sans me dire qu’ils avaient fait une offre à l'agence immobilière", dit Nicole avec émotion.

 
En Novembre 2024, après maintes négociations et transactions notariales, l’offre est acceptée, et c’est... finalement Nicole qui fera l’acquisition de "sa" synagogue.
Mazal Tov !
La main d’Hachem est intervenue depuis le début. La rencontre avec le plus grand viticulteur de Chablis pour restaurer la bâtisse était évidemment un envoyé (Chalia'h) pour l’aider.
Toutes ces batailles, ses sacrifices, son aventure avec l’hôtel, alors qu'elle n'était pas hôtelière... Tout cela soutenu avec l’argent issu de son divorce qui a été utilisé pour mener à bien la restauration de cette synagogue…
"Quelquefois, nos souhaits se réalisent très vite, et pour moi, cela a pris 30 ans… Et je n'ai pas perdu espoir... Ne voyez-vous pas que mon histoire est la définition de la Émouna ? Hachem avait un plan pour moi", confirme Nicole les yeux brillants.
Elle poursuit : "Et puis, n'est-il pas écrit dans les textes que lorsque Machia'h viendra, même les synagogues partiront en Erets Israël... Et que la ville de Jérusalem s'étendra sur tout l'État d'Israël et qu'Israël s'étendra jusqu'aux pays de Tsarfat ?... Donc la France !" "Alors attends encore un peu", se dit-elle au plus profond de son cœur… Ce n’est pas le moment de partir…
"C’est dans cet état d’esprit que je me suis décidée, convaincue de rester finalement à Chablis et à racheter la synagogue avec mes derniers deniers obtenus par la vente de l'hôtel."
 
Le 29 janvier 2025, à 75 ans, Nicole a signé l'acte d'acquisition de la synagogue une deuxième fois et concrétisé ce qu’elle appelle son "Chablisien dream". Nicole prouve à tout son entourage et aux lecteurs qui avaient lu notre article en 2021, combien la pensée de l’homme le mène là où il veut aller.
 
Nicole est un modèle de foi, qui l’a portée pendant trente ans dans ce projet Kadoch (saint).
Elle représente également pour nous un exemple qui montre à quel point la volonté accompagne l’homme dans ses désirs et lui donne les forces d’arriver à son but et que "le désespoir n’existe pas !", comme le dit Rabbi Na"hman.
"Dans la direction où un homme veut aller, on le conduit." Talmud (Makot 10b) – "Bédérèkh chéadam rotsé leilekh, molikhin oto"
 
"Ce que femme veut… D.ieu le veut !"
"Ce que femme veut… D.ieu le veut !"
"Ce que femme veut… D.ieu le veut !"
"Ce que femme veut… D.ieu le veut !"
"Ce que femme veut… D.ieu le veut !"

De la souscription d'un Séfer Torah communautaire à une étiquette de vins Cachères...
 
L'histoire de la synagogue de Chablis, n'est pas terminée... Nicole fourmille d'idées... Maintenant que la restauration des bâtiments a été complètement achevée, nous devons redonner une âme à ce lieu et faire revivre l’endroit avec nos fêtes et nos traditions. 
 
Il faut la doter d'un Séfer Torah. "Je contemple l'idée de souscrire un Séfer Torah en souvenir de mes chers parents Sim'ha Jacqueline ben Avraham et Albert Avraham ben Haïm Messica, et bien sûr le placer dans le Ékhal qu'une synagogue de la rue Saulnier, Paris 9ème, m'a offert en donation il y a quelques mois. Je suis émue par cet acte et me sens missionnée pour aller dans cette nouvelle aventure avec ceux qui me voudront me suivre. Le coût d'un Séfer Torah est d'environ 50.000,00 € et je lance un appel aux dons aux membres de nos communautés Juives de France, des USA et d'Israël. Chacun pourra y participer en sponsorisant une lettre, un mot, une phrase, un paragraphe ou une Paracha complète à la mémoire de leurs proches disparus, confie Nicole.
 
« Et puis nous sommes dans une ville mondialement connue qui produit son prestigieux Chablis issu du cépage du Chardonnay.
Pourquoi pas un Chablis Cachère, cuvée 5786, avec l'image de la synagogue sur l'étiquette ?… »
"Ce que femme veut, D.ieu le veut !", conclut Nicole lors de notre dernier appel téléphonique.
 
Gabriella Bismuth
 
Pour participer aux appels de fonds de Nicole Messica sur l'application GOFUNDME,
 
Pour joindre Nicole Messica et participer au projet :
Tel : + 33 - 0668372020.