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Ki-Tetsé

Lecture de la paracha Ki-Tetsé en français

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21,10
Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l'Éternel, ton Dieu, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers;

Quand tu sortiras pour la guerre

Le texte parle ici d’une guerre facultative. Il ne saurait en effet être question, pendant la guerre pour Erets Yisrael, de capturer des prisonniers, étant donné qu’il est écrit : « Tu ne laisseras vivre aucune âme » (supra 20, 16)

Tu emprisonneras sa captivité

Y compris les Kena‘anis qui pourront s’y trouver, et bien qu’ils fassent partie des « sept nations »

21,11
si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu'elle te plaise, et que tu la veuilles prendre pour épouse,

Une femme

Même une femme mariée

Tu te la prendras pour femme

La Tora ne stipule ici que pour tenir compte du penchant au mal (Qiddouchin 21b). Car si le Saint béni soit-Il ne la lui avait pas permise, il l’aurait épousée malgré l’interdiction. Mais s’il l’épouse, un jour viendra où il la haïra, comme il est écrit dans la suite : « Lorsque seront à un homme deux femmes, l’une aimée et l’une haïe… » (verset 15), et un jour viendra où il engendrera avec elle un fils indocile et rebelle (verset 18). Voilà pourquoi ces [trois] paragraphes se suivent les uns les autres

21,12
tu l'emmèneras d'abord dans ta maison; elle se rasera la tête et se coupera les ongles,

Elle fera ses ongles

Elle les laissera pousser pour s’enlaidir (Sifri)

21,13
se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier. Alors seulement, tu pourras t'approcher d'elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse.

Elle ôtera le vêtement de sa captivité

Parce que ses vêtements sont beaux. Car les filles des païens s’embellissaient pendant les guerres afin d’entraîner les autres à se prostituer avec elles

Elle demeurera dans ta maison

Dans la partie de la maison dont il se sert : Il bute sur elle quand il rentre, il bute sur elle quand il sort, il la voit telle qu’elle pleure, il la voit dans sa laideur. C’est pour qu’il en soit dégoûté

Elle pleurera son père

Pourquoi tout cela ? Pour que la fille d’Israël soit dans la joie tandis qu’elle est dans la tristesse, pour que la fille d’Israël soit rendue plus belle tandis qu’elle s’enlaidit

21,14
S'il arrive que tu n'aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d'argent: tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.

Ce sera

Le texte t’annonce que viendra un jour où tu la haïras

Tu ne l’exploiteras (tith‘ammér) pas

Tu ne te serviras pas d’elle. La servitude et le service se disent en persan : ‘amraa. Voilà ce que j’ai appris dans les écrits de Rabi Mochè Hadarchan

21,15
Si un homme possède deux femmes, l'une qu'il aime, l'autre qu'il dédaigne; si l'une et l'autre lui donnent des enfants, et que le fils premier-né se trouve appartenir à la femme dédaignée,
21,16
le jour où il partagera entre ses fils l'héritage de ce qu'il possède, il ne pourra point conférer le droit d'aînesse au fils de la femme préférée, aux dépens du fils de la dédaignée qui est l'aîné.
21,17
C'est le fils aîné de la dédaignée qu'il doit reconnaître pour tel, lui attribuant une part double dans tout son avoir; car c'est lui qui est le premier fruit de sa force, à lui appartient le droit d'aînesse.

Double portion

Autant que deux frères (Baba Bathra 123a)

De tout ce qui sera trouvé être à lui

D’où l’on déduit que l’aîné, contrairement à ce qu’il recueille dans les biens présents de son père, ne reçoit pas une double part dans ce qui adviendra à celui-ci après sa mort (Bekhoroth 52a)

21,18
Si un homme a un fils libertin et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère, et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir,

Indocile (sorér)

Il s’est éloigné (sar) de la bonne voie

Et rebelle (oumorè)

Il désobéit aux ordres de son père. Même expression que dans : mamrim (supra 9, 7)

Ils le châtieront

Ils lui adressent un avertissement en présence de trois personnes et le condamnent à la peine de malqouth. Le fils indocile et rebelle n’est coupable que s’il a volé et mangé un tartimar de viande et que s’il a bu un demi log de vin, comme il est écrit : « glouton et ivrogne » (verset 20). Et il est écrit : « Ne sois pas parmi les ivrognes de vin ni parmi les gloutons de viande » (Michlei 23, 20). Et le fils indocile et rebelle est mis à mort à cause de ce qui [ne manquera pas d’arriver] un jour, car la Tora a pénétré au plus profond de sa psychologie : Un jour viendra où il dilapidera le patrimoine de son père et, cherchant en vain à assouvir ses passions, il se tiendra à la croisée des chemins et détroussera les passants. La Tora dit : « Qu’il meure innocent plutôt que de mourir coupable ! » (Sanhèdrin 70a à 71b)

21,19
son père et sa mère se saisiront de lui, le traduiront devant les anciens de sa ville, au tribunal de sa localité,
21,20
et ils diront aux anciens de la ville: "Notre fils que voici est libertin et rebelle, n'obéit pas à notre voix, s'adonne à la débauche et à l'ivrognerie."
21,21
Alors, tous les habitants de cette ville le feront mourir à coups de pierres, et tu extirperas ainsi le vice de chez toi; car tout Israël l'apprendra et sera saisi de crainte.

Et tout Israël entendra et craindra

D’où l’on déduit que le tribunal doit annoncer publiquement : « Untel a été lapidé comme étant un fils indocile et rebelle ! » (Sanhèdrin 89a)

21,22
Quand un homme, convaincu d'un crime qui mérite la mort, aura été exécuté, et que tu l'auras attaché au gibet,

Et quand il y aura à un homme un péché justiciable de mort

Le fait que ce paragraphe fasse immédiatement suite à celui sur le fils indocile et rebelle est destiné à nous enseigner que si son père et sa mère s’attendrissent sur lui, il finira mal et commettra des crimes le rendant passible de la peine de mort devant le tribunal

Tu le pendras sur un arbre

Nos maîtres ont enseigné que tous ceux qui ont été lapidés doivent être pendus, car il est écrit : « car ce qui est pendu est malédiction pour Eloqim » (verset 23) et que celui qui maudit Hachem encourt la lapidation (Wayiqra 24, 16, Sanhèdrin 45b)

21,23
tu ne laisseras pas séjourner son cadavre sur le gibet, mais tu auras soin de l'enterrer le même jour, car un pendu est chose offensante pour Dieu, et tu ne dois pas souiller ton pays, que l'Éternel, ton Dieu, te donne en héritage.

Car ce qui est pendu est malédiction (qilelath) pour Eloqim

C’est un affront fait au Roi, car l’homme est fait à Son image et [les enfants] d’Israël sont Ses enfants (Sanhèdrin 46b). Cela ressemble à deux frères jumeaux se ressemblant dont l’un sera devenu roi et dont l’autre aura été arrêté pour brigandage et pendu. Tous ceux qui le voient s’exclament : « C’est le roi qui a été pendu ! » Toutes les fois que le texte emploie le mot qelala (« malédiction »), c’est dans le sens de : « déchéance », « affront », comme dans : « Il m’a maudit d’une malédiction passionnée » (I Melakhim 2, 8)

22,1
"Tu ne dois pas voir le bœuf ou la brebis de ton frère égarés et te dérober à eux: tu es tenu de les ramener à ton frère.

Et te cacheras

En fermant les yeux comme si on ne l’avait pas vu

Tu ne verras pas […] et te cacheras

Tu ne le verras pas pour te dérober à eux, tel est le sens littéral. Et nos maîtres ont enseigné : Dans certains cas tu pourras te dérober, etc. (Baba Metsi‘a 30a)

22,2
Que si ton frère n'est pas à ta portée, ou si tu ne connais pas le propriétaire, tu recueilleras l'animal dans ta maison, et il restera chez toi jusqu'à ce que ton frère le réclame; alors tu le lui rendras.

Jusqu’à ce que le cherche ton frère

Te serait-il venu à l’idée qu’il dût restituer avant qu’on le réclame ? Cela signifie, en fait : Interroge-le [pour bien t’assurer] que ce n’est pas un imposteur 

Tu le lui rendras

Comme il faut qu’il y ait restitution, on doit éviter que l’animal ait mangé chez toi pour le montant de sa propre valeur et que tu exiges son remboursement par son propriétaire. D’où l’on apprend la règle : tout ce qui travaille et se fait nourrir travaillera et se fera nourrir, tandis que ce qui ne travaille pas et se fait nourrir sera vendu (Baba Metsi‘a 28b)

22,3
Et tu agiras de même à l'égard de son âne, de même encore à l'égard de son manteau, de même enfin à l'égard de toute chose perdue par ton frère et que tu aurais trouvée: tu n'as pas le droit de t'abstenir.

Tu ne pourras pas te cacher

En fermant tes yeux comme si tu ne l’avais pas vu

22,4
Tu ne dois pas voir l'âne ou le bœuf de ton frère s'abattre sur la voie publique et te dérober à eux: tu es tenu de les relever avec lui.

Relever

Il s’agit du fardeau : On doit recharger le fardeau qui est tombé de sur lui (Baba Metsi‘a 32a)

Avec lui

Avec son maître. Mais s’il est allé s’asseoir en disant : « C’est à toi qu’incombe la mitswa ! Recharge-le si tu veux ! », on est dispensé de le faire (ibid.)

22,5
Une femme ne doit pas porter le costume d'un homme, ni un homme s'habiller d'un vêtement de femme; car l'Éternel, ton Dieu, a en horreur quiconque agit ainsi.

Il n’y aura pas un ustensile d’homme sur une femme

De façon qu’elle ait l’air d’un homme et qu’elle se mêle aux hommes, car cela ne peut conduire qu’à la débauche

Et un homme ne revêtira pas un manteau de femme

Pour se mêler aux femmes et s’asseoir avec elles. Autre explication : On ne doit pas se raser les poils du pubis ni ceux des aisselles (Nazir 59a)

Car c’est une abomination

La Tora n’interdit que les habits qui mènent à l’abomination

22,6
Si tu rencontres en ton chemin un nid d'oiseaux sur quelque arbre ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée:

Quand tu rencontreras

A l’exclusion de ce qui s’y trouve normalement

Tu ne prendras pas la mère

Quand elle est encore au-dessus de ses petits (‘Houlin 140b)

22,7
tu es tenu de laisser envoler la mère, sauf à t'emparer des petits; de la sorte, tu seras heureux et tu verras se prolonger tes jours.

Afin qu’il te soit fait du bien

Si la Tora te promet qu’il te « sera fait du bien et que tu prolongeras tes jours » pour une mitswa facile et qui ne t’en coûte rien, il en sera ainsi à plus forte raison pour la récompense des mitswoth difficiles (‘Houlin 142a)

22,8
Quand tu bâtiras une maison neuve, tu établiras un appui autour du toit, pour éviter que ta maison soit cause d'une mort, si quelqu'un venait à en tomber.

Quand tu construiras une maison neuve

Si tu observes la mitswa de « renvoyer la mère », un jour viendra où tu construiras une maison neuve et où tu observeras la mitswa du « parapet ». Car toute mitswa crée [l’occasion d’en observer] une autre. Et tu en viendras à un vignoble (verset 9), à un champ (verset 10) et à de beaux vêtements (verset 11). Voilà pourquoi ces versets se font immédiatement suite

Un parapet

Une balustrade autour du toit (Mo‘éd qatan 11a). Le Targoum Onqelos rend ce mot par un terme signifiant : « écrin », comme un écrin protégeant son contenu

Lorsque tombera celui qui en tombe

Son destin était de tomber, mais évite néanmoins d’être la cause de sa mort, car ce sont les gens méritants qui confèrent des mérites et les coupables qui sont les instruments des punitions (Chabath 32a)

22,9
N'ensemence pas ton vignoble de graines hétérogènes, si tu ne veux frapper d'interdit la production entière: le grain que tu auras semé et le produit du vignoble.

Hybrides

Du blé, de l’orge et des pépins de raisins semés dans le même geste (Berakhoth 22a)

De peur que soit sanctifiée

Comme le rend le Targoum Onqelos : « Que devienne impure ». Tout ce dont on doit se tenir à l’écart, soit à cause de sa primauté comme ce qui est consacré, soit à cause de sa dévalorisation comme ce qui est interdit, on lui applique l’idée de « sanctification », comme dans : « Ne me touche pas, car je t’ai fait saint » (Yecha’ya 65, 5)

La plénitude

Il s’agit de la plénitude et de la multiplication créées par la semence

22,10
Ne laboure pas avec un bœuf et un âne attelés ensemble,

Tu ne laboureras pas avec un bovin et un âne

Il en va de même pour toutes les espèces existantes qui sont différentes. Et il en va de même si on les mène harnachés par paires pour transporter quelque fardeau (Baba Metsi‘a 8b)

22,11
Ne t'habille pas d'une étoffe mixte, mélangée de laine et de lin.

Une étoffe mixte (cha‘atnéz)

Dans le sens de « mélange ». Et nos maîtres ont expliqué : chou‘a (« sérancé »), tavvouï (« filé ») et nouz (« tressé ») (Yevamoth 5b, Nidda 61b)

22,12
Tu te feras des cordons en franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvres.

Des tresses tu te feras

Même en mêlant [laine et lin], raison pour laquelle les deux versets se font immédiatement suite (Yevamoth 4a)

22,13
Si un homme, ayant épousé une femme et cohabité avec elle, la prend en haine,

Il est allé vers elle

Il arrivera un jour que

22,14
invente contre elle des prétextes d'accusation et répand sur son compte un bruit calomnieux, en disant: "Cette femme, je l'ai épousée; et en m'approchant d'elle, je ne l'ai point trouvée vierge",

Il mettra contre elle des accusations

Tout péché crée [l’occasion d’en commettre] un autre : Puisqu’il a transgressé l’interdiction de haïr (Wayiqra 19, 17), un jour viendra où il médira d’elle

Cette femme-ci

D’où l’on apprend que l’on ne peut parler [en justice] qu’en présence de son adversaire (Sifri)

22,15
le père et la mère de la jeune femme se nantiront des preuves de sa virginité, qu'ils produiront devant les anciens de la ville, au tribunal.

Le père de la jeune fille

Ceux qui ont laissé pousser des mauvaises herbes subiront de la honte à cause d’elle

22,16
Et le père de la jeune femme dira aux anciens: "J'avais donné ma fille pour épouse à cet homme, et il l'a prise en haine;

Le père de la jeune fille dira

Cela nous apprend que la femme n’a pas le droit de prendre la parole [en justice] en présence du mari (Sifri)

22,17
et maintenant il invente des prétextes d'accusation, disant: "Je n'ai pas trouvé chez ta fille le signe de la virginité." Or, voici la preuve de la virginité de ma fille!" Et ils déploieront le drap devant les anciens de la ville.

Ils déploieront le linge

Cette expression est une image : Il leur faut rendre l’affaire aussi blanche qu’un linge (Sifri)

22,18
Alors, les anciens de cette même ville se saisiront de l'homme et le châtieront;

Ils le châtieront

Par la peine de malqouth (Ketouvoth 46a)

22,19
et ils le condamneront à payer cent sicles d'argent, qu'ils remettront au père de la jeune femme, parce qu'il a émis un bruit calomnieux sur une vierge d'Israël; de plus, elle restera sa femme, il ne pourra la répudier de sa vie.
22,20
Mais si cette accusation était vraie, si la jeune femme n'a pas été trouvée vierge,

Et si cette chose-là était vraie

Attestée par des témoins et après avertissement légal : elle s’est prostituée après fiançailles (Ketouvoth 44b)

22,21
on la conduira à l'entrée de la maison de son père, et les gens de sa ville la lapideront jusqu'à ce que mort s'ensuive, pour avoir commis une infamie en Israël en se prostituant dans la maison paternelle. Et tu extirperas ainsi le mal du milieu de toi.

Vers l’entrée de la maison de son père

Voyez les mauvaises herbes que vous avez laissé pousser ! (Ketouvoth 45a)

Pour prostituer la maison de son père

Comme : « “dans” la maison de son père »

Les hommes de sa ville la lapideront

En présence de tous les hommes de sa ville (Sifri)

22,22
Si un homme est surpris ayant commerce avec une femme mariée, ils mourront tous deux également, l'homme qui a eu commerce avec la femme, ainsi que cette dernière. Et tu feras disparaître ce mal en Israël.

Ils mourront également les deux

A l’exclusion des rapports contre-nature, lesquels ne procurent pas de plaisir à la femme

Egalement

Y compris ceux qui auraient ensuite des rapports avec l’un des deux. Autre explication : Y compris l’enfant. Si elle est enceinte on n’attend pas qu’elle accouche (‘Arkhin 7a)

22,23
Si une fille vierge est fiancée à quelqu'un, et qu'un homme, la rencontrant dans la ville, cohabite avec elle,

Et qu’un homme la trouve dans la ville

C’est pourquoi il couche avec elle : la brèche attire le voleur. Si elle était restée chez elle, il ne lui serait rien arrivé (Sifri)

22,24
vous les conduirez tous deux à la porte de cette même ville et les ferez mourir par lapidation: la jeune fille, par la raison qu'elle n'a pas crié à l'aide, étant en pleine ville; et l'homme, par la raison qu'il a abusé de la femme d'autrui. Et tu extirperas le mal du milieu de toi.
22,25
Mais si c'est dans les champs que l'individu a rencontré la jeune fiancée, s'il lui a fait violence en cohabitant avec elle, cet homme qui a cohabité avec elle mourra seul;
22,26
et à la jeune fille tu ne feras rien: elle n'a rien commis qui mérite la mort. Car, comme si un homme se jetait sur un autre et le tuait traîtreusement, ainsi s'est passée la chose.

Car c’est comme si un homme se lève

Voici ce que cela veut dire au sens simple : Elle a été forcée, il l’a attaquée avec violence, à l’instar d’un homme qui se dresse contre un autre pour le tuer. Et nos maîtres en ont déduit que cet exemple, qui semble venir donner un enseignement, reçoit ici son propre éclairage (Pessa‘him 25b, Sanhèdrin 73a)

22,27
En effet, c'est dans la campagne qui l'a rencontrée; la jeune fille aura crié, mais personne n'a pu la secourir.
22,28
Si un homme, rencontrant une fille vierge non fiancée, la surprend et abuse d'elle et qu'ils soient pris sur le fait,
22,29
l'homme qui a eu commerce avec elle donnera au père de la jeune fille cinquante sicles d'argent, et elle deviendra sa femme, parce qu'il l'a violée; il ne pourra la répudier de sa vie.
23,1
"On ne doit pas épouser la femme de son père, et découvrir ainsi la couche paternelle.

Il ne prendra pas

Il ne peut y avoir de « prise » de possession et il ne peut y avoir de mariage valable (Qiddouchin 67b)

Et il ne découvrira pas le pan de son père

Il s’agit de la chomèreth yiboum (« promise au lévirat ») du père, à qui elle est destinée (Yevamoth 4a et 97a). Il est vrai que cela était déjà interdit par le verset : « La nudité du frère de ton père, tu ne la découvriras pas » (Wayiqra 18, 14). Mais il s’agit ici d’instituer pour cet acte deux transgressions, et aussi de le relier à : « Ne viendra pas un bâtard… » (verset 3) (Yevamoth 49a), cela pour nous apprendre qu’il n’est de « bâtard » que le produit des unions sanctionnées par la peine de kareth, et à plus forte raison par une condamnation à mort prononcée par le tribunal. Car il n’est pas, en matière d’unions interdites, de cas de peine de mort prononcée par le tribunal qui ne soit associée à la peine de kareth (Yevamoth 49a)

23,2
Celui qui a les génitoires écrasés ou mutilés ne sera pas admis dans l'assemblée du Seigneur.

Aux testicules écrasés

Ses testicules ont été meurtris ou écrasés (Yevamoth 75a)

A la verge coupée

Son membre viril a été sectionné et il n’éjacule pas le sperme, lequel s’écoule en suintant. Il est stérile (Yevamoth 75b)

23,3
L'enfant illégitime ne sera pas admis dans l'assemblée du Seigneur; sa dixième génération même ne pourra pas y être admise.

Ne viendra pas un bâtard dans l’assemblée de Hachem

Il n’épousera pas une yisraélith

23,4
Un Ammonite ni un Moabite ne seront admis dans l'assemblée du Seigneur; même après la dixième génération ils seront exclus de l'assemblée du Seigneur, à perpétuité,

Ne viendra pas un ‘Ammoni

Il n’épousera pas une yisraélith

23,5
parce qu'ils ne vous ont pas offert le pain et l'eau à votre passage, au sortir de l'Egypte, et de plus, parce qu'il a stipendié contre toi Balaam, fils de Beor, de Pethor en Mésopotamie, pour te maudire.

Parce que (littéralement : « à cause de la parole »)

A cause du mauvais conseil qu’il vous a donné pour vous inciter à pécher (Sifri)

Dans le chemin

Quand vous étiez épuisés

23,6
Mais l'Éternel, ton Dieu, n'a pas voulu écouter Balaam, et l'Éternel, ton Dieu, a transformé pour toi l'imprécation en bénédiction; car il a de l'affection pour toi, l'Éternel, ton Dieu!
23,7
Ne t'intéresse donc jamais à leur bien-être et à leur prospérité, tant que tu vivras.

Tu ne chercheras pas leur paix

Du moment qu’il est écrit : « Avec toi il habitera, au milieu de toi… » (verset 17), j’aurais pu penser qu’il en fût de même ici [quand le fugitif est un esclave ‘Ammoni ou Moavi]. Aussi est-il écrit : « Tu ne chercheras pas leur paix » (Sifri)

23,8
N'aie pas en horreur l'lduméen, car il est ton frère; n'aie pas en horreur l'Egyptien, car tu as séjourné dans son pays.

Tu n’abomineras pas l’Edomi

Perpétuellement, et bien que tu sois en droit de l’abominer pour être sorti à ta rencontre les armes à la main (Bamidbar 20, 20)

Tu n’abomineras pas l’Egyptien

Entièrement, et bien qu’ils aient jeté tes enfants mâles dans le fleuve (Chemoth 1, 22). Et pour quelle raison ? Parce qu’ils vous ont hébergés en période de détresse. C’est pourquoi

23,9
Les enfants qui naîtront d'eux, dès la troisième génération, pourront être admis dans l'assemblée du Seigneur.

Les fils qui leur naîtront

Tandis que les autres peuples peuvent le faire immédiatement. D’où l’on apprend que celui qui incite quelqu’un à pécher lui cause plus de mal que son meurtrier. Car le meurtrier ne donne la mort que dans ce monde-ci, tandis que l’incitateur l’exclut tant de ce monde-ci que du monde à venir. C’est pourquoi Edom, qui est sorti à leur rencontre les armes à la main, ne sera pas abominé, ni les Egyptiens qui ont noyé les enfants, tandis que les incitateurs [à savoir ‘Ammon et Moav] le resteront

23,10
Quand tu marcheras en corps d'armée contre tes ennemis, tu devras te garder de toute action mauvaise.

Tu te garderas

Car le Satan passe à l’attaque à l’heure du danger (Yerouchalmi Chabath 2, 6)

23,11
S'il se trouve dans tes rangs un homme qui ne soit pas pur, par suite d'un accident nocturne, il se retirera du camp, où il ne rentrera pas.

Pour un événement de nuit

Le texte parle des situations les plus fréquentes

Il sortira vers le dehors du camp

C’est un commandement actif

Il ne viendra pas vers le milieu du camp

C’est une interdiction. Il est interdit de pénétrer dans le camp des lewiim, et à plus forte raison dans le camp de la chekhina (Pessa‘him 67b)

23,12
Aux approches du soir, il se baignera dans l'eau, et, une fois le soleil couché, il rentrera dans le camp.

Ce sera

Il s’immergera peu avant le coucher du soleil, car on ne peut être pur avant le coucher du soleil

23,13
Tu réserveras un endroit en dehors du camp, où tu puisses aller à l'écart;

Et il y aura pour toi un endroit

C’est ainsi que le rend le Targoum Onqelos, comme dans : « chaque homme “sur sa main” » (Bamidbar 2, 17 – voir Rachi ibid.)

Hors du camp

Hors de la nuée

23,14
tu auras aussi une bêchette dans ton équipement, et quand tu iras t'asseoir à l'écart, tu creuseras la terre avec cet instrument et tu en recouvriras tes déjections.

Sur ton armement

Indépendamment des autres instruments dont tu te sers

Ton armement (azénèkha)

Comme dans : « arme » (zayin)

23,15
Car l'Éternel, ton Dieu, marche au centre de ton camp pour te protéger et pour te livrer tes ennemis: ton camp doit donc être saint. Il ne faut pas que Dieu voie chez toi une chose déshonnête, car il se retirerait d'avec toi.

Et Il ne verra pas chez toi

Le Saint béni soit-Il, une chose de nudité

23,16
Ne livre pas un esclave à son maître, s'il vient se réfugier de chez son maître auprès de toi.

Tu ne livreras pas un serviteur

Comme le rend le Targoum Onqelos. Autre explication : Même le serviteur kena‘ani d’un yisrael qui s’est enfui en Erets Yisrael venant d’un autre pays (Guitin 45a)

23,17
Laisse-le demeurer chez toi, dans ton pays, en tel lieu qu'il lui plaira, dans telle de tes villes où il se trouvera bien; ne le moleste point.
23,18
Il ne doit pas y avoir une prostituée parmi les filles d'Israël, ni un prostitué parmi les fils d'Israël.

Il n’y aura pas de prostituée

Une femme publique, « consacrée » et disponible pour la prostitution

Et il n’y aura pas de prostitué

Disponible pour l’homosexualité (Sanhèdrin 54a). Le Targoum Onqelos rend ce verset par : « Une femme parmi les filles d’Israël ne pourra épouser un esclave », car c’est là aussi une manière de se prostituer dans une union interdite, puisqu’il ne peut y avoir de mariage valable (Qiddouchin 68b), les esclaves étant comparés à des ânes, comme il est écrit : « Tenez-vous ici avec l’âne » (Beréchith 22, 5) – un peuple qui ressemble à l’âne (ibid. 68a). « Et un homme parmi les fils d’Israël ne pourra épouser une esclave », car lui aussi deviendrait par elle un prostitué tous leurs rapports étant de pure débauche, puisqu’il ne peut y avoir de mariage valable

23,19
Tu n'apporteras point dans la maison de l'Éternel, ton Dieu, comme offrande votive d'aucune sorte, le salaire d'une courtisane ni la chose reçue en échange d'un chien, car l'un et l'autre sont en horreur à l'Éternel, ton Dieu.

Le salaire d’une prostituée

Si on lui donne un agneau comme salaire, il est inapte à être offert en sacrifice (Temoura 29a)

Ni le prix d’un chien

En échangeant un chien contre un mouton (Temoura 30a)

Eux deux (chenéyhem) aussi

Y compris, [selon Beith Chamaï], leurs produits transformés (chinouyéhem), comme du blé dont on a fait de la farine (Baba Qama 65b)

23,20
N'exige point d'intérêts de ton frère, ni intérêts pour argent, ni intérêts pour denrées ou pour toute chose susceptible d'accroissement.

Tu ne mordras pas

Il s’agit ici de l’interdiction faite au débiteur de verser un intérêt au créancier, celle-ci faisant suite à l’interdiction faite au créancier : « Tu ne lui donneras pas ton argent à intérêt… » (Wayiqra 25, 37) (Baba Metsi‘a 75b)

23,21
A l'étranger tu peux prêter à intérêt, tu ne le dois pas à l'égard de ton frère, si tu veux que l'Éternel, ton Dieu, bénisse tes divers travaux dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession.

Chez le païen tu mordras

Et non chez ton frère (Baba Metsi‘a 70b). Une interdiction, lorsqu’elle est déduite d’un commandement actif, est considérée comme étant elle-même un commandement actif, de telle sorte que sa transgression constitue à la fois celle d’un commandement actif et celle d’une interdiction (voir Rachi supra 14, 20)

23,22
Quand tu auras fait un vœu à l'Éternel, ton Dieu, ne tarde point à l'accomplir; autrement, l'Éternel, ton Dieu, ne manquerait pas de t'en demander compte, et tu aurais à répondre d'un péché.

Tu ne tarderas pas à le rembourser

Pas au-delà de trois fêtes de pèlerinage. Nos maîtres l’ont appris à partir d’un verset (Roch hachana 4b)

23,23
Si d'ailleurs tu t'abstiens de faire des vœux, tu ne seras pas répréhensible.
23,24
Mais la parole sortie de tes lèvres, tu dois l'exécuter religieusement, une fois que tu auras voué à l'Éternel, ton Dieu, une offrande volontaire, promise par ta propre bouche.

Le sorti de tes lèvres

Cela introduit un commandement actif sur une interdiction (Roch hachana 6a)

23,25
Quand tu entreras dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger des raisins à ton appétit, jusqu'à t'en rassasier; mais tu n'en mettras point dans ton panier.

Quand tu viendras dans le vignoble de ton prochain

Le texte parle ici de l’ouvrier (Baba Metsi‘a 87b)

Et vers ton ustensile tu ne donneras pas

D’où l’on déduit que la Tora ne parle que de la saison des vendanges, celle où l’on remplit les récipients du propriétaire. Mais n’a pas le droit d’en manger celui qui vient pour bêcher ou pour sarcler (Baba Metsi‘a 89b)

Selon ton âme

Autant que tu voudras (Baba Metsi‘a 87b)

A ta satiété

Et non gloutonnement (ibid.)

23,26
Quand tu entreras dans les blés de ton prochain, tu pourras, avec la main, arracher des épis; mais tu ne porteras point la faucille sur les blés de ton prochain.

Quand tu viendras dans la récolte sur pied de ton prochain

Le texte, ici aussi, parle de l’ouvrier (Baba Metsi‘a 87b)

24,1
"Quand un homme aura pris une femme et cohabité avec elle; si elle cesse de lui plaire, parce qu'il aura remarqué en elle quelque chose de malséant, il lui écrira un libelle de divorce, le lui mettra en main et la renverra de chez lui.

Car il a trouvé en elle une chose de nudité

C’est une mitswa pour lui de la répudier, pour qu’elle ne trouve plus grâce à ses yeux (Guitin 90a)

24,2
Si, sortie de la maison conjugale, elle se remarie et devient l'épouse d'un autre homme,

A un autre homme

Celui-là et son premier mari ne sont pas assortis, car l’un a expulsé la méchanceté de chez lui, et l’autre l’a accueillie (Guitin 90b)

24,3
et que ce dernier, l'ayant prise en aversion, lui écrive un libelle de divorce, le lui mette en main et la renvoie de chez lui; ou que ce même homme, qui l'a épousée en dernier lieu, vienne à mourir,

La haïra le dernier homme

Le texte lui annonce que viendra un jour où il la haïra, à moins qu’elle ne l’enterre, comme il est écrit : « ou quand mourra… » (Guitin 90b)

24,4
son premier mari, qui l'a répudiée, ne peut la reprendre une fois qu'elle s'est laissée souiller, car ce serait une abomination devant le Seigneur: or, tu ne dois pas déshonorer le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne en héritage.

Après qu’elle a été rendue impure

Y compris la femme soupçonnée d’infidélité qui s’est dissimulée (Yevamoth 11b)

24,5
Si quelqu'un a pris nouvellement femme, il sera dispensé de se rendre à l'armée, et on ne lui imposera aucune corvée: il pourra vaquer librement à son intérieur pendant un an, et rendre heureuse la femme qu'il a épousée.

Une femme nouvelle

Nouvelle pour lui, même une veuve, à l’exception de celui qui reprend une femme après qu’il en a divorcé (Sifri)

Et on n’imposera sur lui

Une charge militaire

Pour aucune chose

Qui soit nécessaire à l’armée : ni pour fournir de l’eau ou des vivres ni pour entretenir les routes. Ceux qui, en revanche, reviennent du champ de bataille sur ordre du kohen, comme c’est le cas de celui qui a construit une maison et ne l’a pas inaugurée (supra 20, 5), ou de celui qui s’est fiancé avec une femme et ne l’a pas épousée (supra 20, 7), ceux-là sont tenus de fournir de l’eau et des vivres et d’entretenir les routes (Sota 44a)

Il sera exempté pour sa maison

Y compris « à cause » de sa maison [neuve] : S’il a construit une maison et l’a inaugurée, ou s’il a planté un vignoble et l’a rendu profane (supra 20, 6), il ne bougera pas de chez lui à cause des nécessités de la guerre

Pour sa maison

C’est cela sa maison

Il sera

Y compris sa vigne

Il réjouira (wessima‘h)

Il réjouira sa femme, comme le rend le Targoum Onqelos. Celui qui traduirait par : « Il se réjouira “avec” sa femme » serait dans l’erreur, car ce ne serait pas la traduction de wessima‘h [au pi‘el] mais de wessama‘h [au qal]

24,6
On ne doit pas saisir comme gage une meule inférieure ni une meule courante, car ce serait prendre la vie même en gage.

La meule inférieure

Ré‘hayim est le nom de la partie inférieure

La meule supérieure

Rèkhèv est le nom de la partie supérieure

On ne prendra pas en gage

Si l’on vient devant le tribunal pour saisir un gage sur sa créance, on ne saisira rien de ce qui sert à préparer les aliments de base (Baba Metsi‘a 113b)

24,7
Si un homme est convaincu d'avoir enlevé quelqu'un de ses frères, un des enfants d'Israël, et de l'avoir traité comme esclave ou vendu, ce ravisseur doit mourir; et tu extirperas ainsi le mal du milieu de toi.

Lorsque sera trouvé

Le fait étant attesté par des témoins et après avertissement légal. Il en est de même toutes les fois que le texte emploie l’expression : « lorsque sera trouvé »

Qu’il l’ait exploitée

Il n’est coupable que s’il s’en sert

24,8
Observe avec un soin extrême et exécute les prescriptions relatives à la lèpre: tout ce que les pontifes, descendants de Lévi, vous enseigneront d'après ce que je leur ai prescrit, vous vous appliquerez à le faire.

Prends garde à l’affection de la lèpre (tsara‘ath)

On ne doit pas détacher les signes d’impureté, ni couper une tache [de tsara‘ath]

Comme tout ce que vous enseigneront

Que ce soit pour faire enfermer ou pour décider [de son impureté] ou pour rendre pur

24,9
Souviens-toi de ce que l'Éternel, ton Dieu, a fait à Miryam, pendant votre voyage au sortir de l'Egypte.

Souviens-toi de ce qu’a fait Hachem

Si tu veux te préserver de l’affection de la tsara‘ath, ne profère pas de médisance. Souviens-toi ce qui a été fait à Miryam, qui avait médit de son frère et qui a été frappée de ces affections 

24,10
Si tu as fait à ton prochain un prêt quelconque, n'entre point dans sa maison pour te nantir de son gage.

Quand tu prêteras (thachè) à ton prochain

Le mot thachè signifie : « prêter »

Un prêt quelconque

Tout prêt quel qu’il soit

24,11
Tu dois attendre dehors, et celui dont tu es le créancier t'apportera le gage hors de chez lui.
24,12
Et si c'est un pauvre, tu ne dois pas te coucher nanti de son gage:

Tu ne te coucheras pas avec son gage

Tu ne te coucheras pas son gage étant avec toi

24,13
tu es tenu de le lui rendre au coucher du soleil, pour qu'il puisse reposer sous sa couverture et qu'il te bénisse; et cela te sera compté comme une bonne œuvre par l'Éternel, ton Dieu.

Quand se couche le soleil

Si c’est un vêtement pour la nuit. Et si c’est un vêtement pour le jour, rend-le lui le matin. Il était déjà écrit dans la sidra Michpatim : « … jusqu’au soleil couchant tu le lui rendras » (Chemoth 22, 25) – tu le lui rendras pendant toute la journée et au soleil couchant tu le lui reprendras (Baba Metsi‘a 114b)

Il te bénira

Et s’il ne te bénit pas, « cela te sera générosité » de toute façon

24,14
Ne cause point de tort au journalier pauvre et nécessiteux, que ce soit un de tes frères ou un des étrangers qui sont dans ton pays, dans l'une de tes villes.

Tu n’exploiteras pas un homme à gages

Cela a pourtant été déjà écrit (Wayiqra 19, 13) ! [La répétition est destinée à] rendre coupable de deux transgressions dans le cas d’un indigent (Baba Metsi‘a 61a), [et elle doit s’entendre] : « Tu n’exploiteras pas un homme à gages qui est pauvre et indigent. » Quant à l’homme à gages qui est riche, le texte a déjà averti : « Tu n’exploiteras pas ton prochain » (ibid.)

Indigent

Celui qui manque de tout

Parmi ton étranger

Il s’agit du converti « vertueux »

Dans tes portes

Il s’agit de l’étranger admis à domicile qui mange des nevéloth

Qui sont dans ton pays

Y compris la location des animaux et des outils

24,15
Le jour même, tu lui remettras son salaire, avant que le soleil se couche; car il est pauvre, et il attend son salaire avec anxiété. Crains qu'il n'implore contre toi le Seigneur, et que tu ne sois trouvé coupable.

Et vers lui il porte son âme

Il se donne, pour ce salaire, entièrement et au péril de sa vie : Il gravit un escalier [abrupt] ou se suspend à un arbre

Il y aura en toi péché

De toute façon, mais celui qui appelle accélère le châtiment

24,16
Les pères ne doivent pas être mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères: on ne sera mis à mort que pour son propre méfait.

Ne mourront pas les pères à cause des fils

« Par le témoignage des fils ». Et si tu crois pouvoir comprendre : « pour la faute des fils », il est écrit par ailleurs : « … chaque homme pour son péché mourra ». En revanche, celui qui n’est pas [encore] un « homme » peut mourir pour la faute de son père, et les jeunes enfants peuvent mourir « de la main du ciel » pour la faute de leur père (Chabath 32b)

24,17
Ne fausse pas le droit de l'étranger ni celui de l'orphelin, et ne saisis pas comme gage le vêtement de la veuve.

Tu ne feras pas pencher le jugement d’un étranger orphelin

Pour ce qui est du riche, le texte a déjà averti : « Tu ne feras pas pencher le jugement » (supra 16, 19). La répétition pour le pauvre est destinée à rendre coupable de deux transgressions, car il est plus facile d’infléchir la justice au détriment d’un pauvre que d’un riche, d’où la répétition de l’avertissement

Et tu ne gageras pas

Sauf au moment du prêt

24,18
Rappelle-toi que tu as été esclave en Egypte et que l'Éternel, ton Dieu, t'en a affranchi; c'est pour cela que je t'ordonne d'agir de la sorte.

Tu te souviendras

C’est à cette condition-là que je t’ai racheté : que tu gardes ces statuts-là, même s’il t’en coûte de l’argent

24,19
Quand tu feras la moisson de ton champ, si tu as oublié dans ce champ une javelle, ne retourne pas la prendre, mais qu'elle reste pour l'étranger, l'orphelin ou la veuve, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans toutes les œuvres de tes mains.

Si tu oublies une gerbe

Mais non une meule. D’où l’on a enseigné qu’une gerbe oubliée de deux séa n’est pas considérée comme chikh‘ha (Péa 6, 6)

Dans le champ

Y compris l’oubli d’épis sur pied dont on a oublié de couper une partie

Tu ne retourneras pas pour la prendre

D’où l’on a enseigné qu’il y a chikh‘ha [pour ce que l’on a laissé] derrière soi, mais qu’il n’y a pas chikh‘ha pour ce qui est devant soi, car on ne peut pas lui appliquer l’interdiction de « retourner » (Péa 6, 4)

Afin que te bénisse

Et ce alors même que [ce qui est « oublié »] lui est attribué sans qu’on ait eu l’intention [de le lui donner]. A plus forte raison [y aura-t-il bénédiction] pour celui qui a agi intentionnellement. En conséquence, s’il est tombé un sèla’ de sa main et qu’un pauvre l’ayant trouvé s’en est nourri, il s’en trouvera béni

24,20
Quand tu gauleras ton olivier, n'y glane pas après coup; ce sera pour l'étranger, l'orphelin et la veuve.

Tu ne glaneras (tefaér) pas

Tu n’en prendras pas la parure (tifarto). D’où l’on apprend que les arbres sont soumis à péa (‘Houlin 131b)

Après toi

Il s’agit de ce qui est chikh‘ha (‘Houlin 131a)

24,21
Quand tu vendangeras ta vigne, n'y grappille pas après coup; ce sera pour l'étranger, pour l'orphelin, pour la veuve.

Tu ne grappilleras (the‘olél) pas

Si tu y trouves des jeunes grappes (‘oleloth), tu ne les prendras pas. Et qu’est-ce que des « jeunes grappes » ? Tout ce qui n’a ni épaule [quantité de petits raisins sur les côtés] ni goutte [raisins suspendus aux extrémités]. Si une grappe porte l’une des deux, elle appartient au propriétaire (Péa 7, 4). Et j’ai vu dans la Guemara yerouchalmi : « Qu’est-ce qu’une “épaule” ? C’est quand les grappillons reposent l’un sur l’autre. Qu’est-ce qu’une “goutte” ? Ce qui est suspendu au cep central et qui s’affaisse » (Péa 32b 7, 3)

24,22
Et tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Egypte: c'est pourquoi je t'ordonne de tenir cette conduite.
25,1
"Si un débat s'élève entre des individus, ils se présenteront devant le tribunal et on les jugera; on déclarera innocent l'innocent, et coupable celui qui a tort.

Quand il y aura une querelle

Ils finiront par « s’avancer vers la justice ». En conséquence, la paix ne peut pas résulter d’une querelle. Quelle a été la cause de la séparation de Lot d’avec Avraham ? Une querelle

Ils condamneront le méchant

J’aurais pu penser que tous ceux que la justice déclare coupables doivent subir la peine de malqouth. Aussi est-il écrit : « ce sera, si le méchant est passible de coups… », [ce qui veut dire] qu’il peut arriver qu’on lui inflige la peine de malqouth et qu’il peut arriver qu’on ne la lui inflige pas. Et à qui inflige-t-on la peine de malqouth ? On l’apprend de la suite du contexte : « Tu ne muselleras pas un bovin dans son foulage » (verset 4), à savoir pour une interdiction non associée à un commandement actif

25,2
Or, si le coupable a mérité la flagellation, le juge le fera coucher par terre et battre, en sa présence, d'un nombre de coups proportionné à son délit.

Le juge le fera tomber

Cela nous apprend qu’on ne reçoit malqouth ni debout ni assis, mais penché (Makoth 22b)

Devant lui

Et « derrière lui » [c’est-à-dire sur le dos] pour deux [tiers de sa faute]. D’où l’on a enseigné qu’on lui inflige la peine de malqouth à raison de deux tiers sur le dos et d’un tiers de face (Makoth 23a)

En nombre (bemispar)

La lettre beith de ce mot n’étant pas ponctuée d’un pata‘h (bamispar), cela nous apprend qu’il s’agit d’un cas construit : « vers le nombre de quarante » (verset suivant), et non : quarante « complets ». Il faut que ce soit un nombre qui fasse quarante après addition, à savoir quarante moins un (Makoth 22a)

25,3
Il lui en infligera quarante, sans plus; autrement, en dépassant ce nombre, on lui infligerait trop de coups, et ton frère serait avili à tes yeux.

Il n’ajoutera pas

D’où l’on apprend qu’il est interdit de frapper son prochain (Sanhèdrin 85a)

Et ton frère sera humilié

Appelle-le « méchant » toute cette journée durant, mais appelle-le : « ton frère » après qu’on lui infligé la peine de malqouth

25,4
Ne muselle point le bœuf pendant qu'il foule le grain.

Tu ne muselleras pas un bovin dans son foulage

Le texte parle des situations les plus fréquentes (Baba Metsi‘a 88b). La règle est la même pour tout animal, qu’il soit domestique ou sauvage, ou pour un oiseau que l’on fait travailler en contact avec un produit alimentaire. Dans ce cas, pourquoi le texte parle-t-il d’un « bovin » ? Pour exclure l’homme (Baba Metsi‘a 88b)

Dans son foulage

J’aurais pu penser que l’on pût le museler hors [de l’aire de foulage]. Aussi est-il écrit : « Tu ne muselleras pas un bovin » – en aucun cas (Baba Metsi‘a 90b). Et pourquoi le texte parle-t-il de foulage ? De même que le foulage a ceci de spécifique qu’il ne parachève pas le travail [au point que l’on puisse prélever] le ma‘assér et la ‘halla, et qu’il porte sur un produit de la terre, de même en est-il de tous les cas analogues, et donc à l’exclusion de celui qui trait, qui fabrique du fromage ou du beurre, ne s’agissant pas de produits de la terre. A l’exclusion [aussi] de celui qui pétrit ou qui humecte la pâte, car son travail est parachevé [en vue du prélèvement] de la ‘halla. A l’exclusion [encore] de celui qui trie les dattes et les figues, car son travail est parachevé [en vue du prélèvement] du ma‘assér (Baba Metsi‘a 89a)

25,5
Si des frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans postérité, la veuve ne pourra se marier au dehors à un étranger; c'est son beau-frère qui doit s'unir à elle. Il la prendra donc pour femme, exerçant le lévirat à son égard.

Quand demeureront des frères ensemble

Il faut qu’ils aient fait la même « demeure » dans le monde, à l’exclusion de la femme du frère qui n’a pas vécu en même temps (Yevamoth 17b)

Ensemble

Ayant vocation au même héritage, à l’exclusion du frère utérin (Yevamoth 24a)

Et il n’a pas de fils

Regarde bien [qu’il n’en ait pas] : fils ou fille, fils du fils ou fille du fils, fils de la fille ou fille de la fille (Yevamoth 22b)

25,6
Et le premier fils qu'elle enfantera sera désigné par le nom du frère mort, afin que ce nom ne périsse pas en Israël.

Ce sera le premier-né

C’est le plus âgé des frères qui accomplira le yiboum (Yevamoth 24a)

Qu’elle enfantera

A l’exclusion de la femme stérile, qui est inapte à enfanter (Yevamoth 12a)

Sera investi du nom de son frère

Celui qui a accompli le yiboum avec sa belle-sœur recueillera l’héritage du mort parmi les biens de son père

Et son nom ne sera pas effacé

A l’exclusion de la femme d’un eunuque, son nom étant « effacé » (Yevamoth 24a)

25,7
Que s'il déplaît à l'homme d'épouser sa belle-sœur, celle-ci montera au tribunal, par-devant les anciens, et dira: "Mon beau-frère refuse de relever en Israël le nom de son frère, il ne veut pas m'accorder le lévirat."

A la porte

Comme le rend le Targoum Onqelos : « à la porte du tribunal »

25,8
Alors les anciens de sa ville le manderont et l'interpelleront; et lui, debout, dira: "II ne me plaît point de l'épouser."

Il se tiendra

Debout

Il dira

En « langue sacrée ». Ce qu’elle dira sera aussi en « langue sacrée » (Yevamoth 106b, Sota 32a)

25,9
Et sa belle-sœur s'avancera vers lui à la vue des anciens, lui ôtera sa chaussure du pied, crachera devant lui et dira à haute voix: "Ainsi est traité l'homme qui ne veut pas édifier la maison de son frère!"

Elle crachera à sa figure

Sur le sol (Yevamoth 106b)

Qui ne construira pas

D’où l’on apprend que celui qui a accompli la ‘halitsa ne peut plus accomplir le yiboum. Car il n’est pas écrit : « qui n’a pas construit », mais : « qui ne construira pas ». Puisqu’il ne l’a pas construite, il ne pourra plus la construire (Yevamoth 10b)

25,10
Et la sienne sera surnommée, en Israël, la maison du déchaussé.

Et sera appelé son nom…

C’est une mitswa pour tous ceux qui se tiennent là de proclamer : « Retiré de la sandale ! » (Yevamoth 106b)

25,11
Si des individus ont une rixe ensemble, un homme avec un autre, et que la femme de l'un, intervenant pour soustraire son mari à celui qui le frappe, porte la main sur ce dernier et le saisisse par les parties honteuses,

Lorsque se querelleront des hommes

Viendra le moment où ils se frapperont, ainsi qu’il est écrit : « … de la main de celui qui le frappe ». Rien de bon ne peut découler d’une querelle (Sifri)

25,12
tu lui couperas le poing sans lui accorder aucune pitié.

Tu couperas son poing

Un dédommagement pécuniaire. L’indemnisation pour la honte ressentie se fait selon [le rang social] de celui qui a fait honte et de celui qui l’a subie. A moins que [l’on doive couper] effectivement sa main ? [Cela ne se peut, car] il est écrit ici : « n’aura pas pitié », et il est écrit plus haut, à propos des témoins « conspirateurs » : « n’aura pas pitié » (supra 19, 21). De même qu’il s’agit là-bas d’un dédommagement pécuniaire (voir Rachi ibid.), de même s’agit-il ici d’un dédommagement pécuniaire (Baba Qama 28a et 83b)

25,13
N'aie point dans ta bourse deux poids inégaux, un grand et un petit.

Pierre et pierre

Des poids

Une grande et une petite

Une grande qui annule la petite : On ne doit pas prendre avec une grande et rendre avec une petite (Sifri)

Tu n’auras pas

Si tu as agi ainsi, tu n’auras rien

25,14
N'aie point dans ta maison deux mesures inégales, une grande et une petite.
25,15
Des poids exacts et loyaux, des mesures exactes et loyales, doivent seuls être en ta possession, si tu veux avoir une longue existence dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne.

Une pierre entière et juste tu auras

Si tu as agi ainsi, tu auras beaucoup

25,16
Car l'Éternel, ton Dieu, a en horreur quiconque agit ainsi, quiconque fait une chose déloyale.
25,17
Souviens-toi de ce que t'a fait Amalec, lors de votre voyage, au sortir de l'Egypte;

Souviens-toi de ce que t’a fait

Si tu fraudes dans les poids et les mesures, redoute les provocations de l’ennemi, comme il est écrit : « Les balances de tromperie sont une abomination pour Hachem » (Michlei 11, 1), et au verset suivant : « Vient l’orgueil et vient la honte »

25,18
comme il t'a surpris chemin faisant, et s'est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces, et lui ne craignait pas Dieu.

Qui t’est survenu (qarkha) dans le chemin

Par une rencontre fortuite. Autre explication : Ce mot contient une connotation de pollution nocturne (qèri) et d’impureté, car il les a souillés par l’homosexualité. Autre explication : Ce mot contient une connotation de froid (qor), comme dans : « froidure et chaleur » (Beréchith 8, 22). Il t’a refroidi et tiédi alors que tu étais bouillant. Car toutes les nations craignaient de vous combattre, et celui-là est venu et a commencé de montrer la voie aux autres. Cela ressemble à un bain brûlant dans lequel personne n’aurait pu se plonger. Arrive un voyou qui y saute et y descend. Quand bien même il s’y sera brûlé, il l’aura refroidi pour le compte des autres

Il tomba en queue contre toi

En tranchant le membre viril. Il a coupé l’endroit de la circoncision et l’a lancé vers le ciel

Tous les retardataires après toi

Affaiblis à cause de leur péché, ceux que la nuée avait repoussés

Et toi tu étais fatigué et las

Fatigué à cause de la soif, ainsi qu’il est écrit : « Le peuple eut là soif d’eau » (Chemoth 17, 2), et il est écrit après : « Vint ‘Amaleq… » (ibid. verset 8)

Et las

A cause du voyage

Et il ne craignait pas

‘Amaleq [ne craignait pas] Eloqim, [au point de se retenir] de te nuire

25,19
Aussi, lorsque l'Éternel, ton Dieu, t'aura débarrassé de tous tes ennemis d'alentour, dans le pays qu'il te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d'Amalec de dessous le ciel: ne l'oublie point.

Tu effaceras le souvenir de ‘Amaleq

« De l’homme à la femme, de l’enfant au nourrisson, du bœuf à la brebis, du chameau à l’âne » (I Chemouel 15, 3), afin que l’on ne se souvienne plus de ‘Amaleq pas même à propos d’un animal, en disant : « Cet animal appartenait à ‘Amaleq »

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