Paracha Vayéra
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L'amour dans un couple ne provient QUE du don...

Mis en ligne le Mercredi 13 Juin 2018

Lorsque mon mari et moi assistons à un mariage ou à des Cheva berakhot, et voyons le marié et la mariée se lever et annoncer à la ronde à quel point ils « s’aiment », nous échangeons un regard furtif et tentons de ne pas rire. Ils savent ce qu’est l’amour ? Bien sûr, c’est clair !

Vous ne pouvez comparer l’amour que j’avais pour mon mari le jour de mon mariage à celui que j’éprouve pour lui aujourd’hui, 21 ans plus tard et cinq enfants plus tard, avec tout ce que nous avons traversé ensemble.

Ce jeune couple, qu’ont-ils vécu ensemble ? Ils ont planifié un mariage - la belle affaire !

Si je demande au marié d’écrire sa définition de l’amour et du mariage, et si je demande à la mariée d’en faire de même, et qu’ils me tendent leurs définitions, que pensez-vous que je lirai ? C’est entendu, deux définitions différentes. Si un homme et une femme sont liés par le mariage et souhaitent qu’il soit empli d’amour, mais que leur définition de l’amour et du mariage diffère, nous avons un problème. Au strict minimum, ils devraient avoir une définition commune de ce qu’ils ont choisi et de ce qu’ils visent.

Alors, qu’est-ce que l’amour ? Et comment y accéder ? Il ne correspond certainement pas toujours aux descriptions des chansons, ou à ce que les acteurs -payés dans ce but- nous présentent dans les films.
 

« L’amour est l’émotion que l’on ressent lorsqu’on se concentre sur les qualités de l’autre, et qu’on l’identifie avec ces qualités. » (Rav Noa’h Weinberg)

Si je demande à une femme enceinte : « Vas-tu aimer ton nouveau bébé ? » Elle répondra bien entendu : « Oui. »

Mais comment le sait-elle ? Elle n’a pas encore rencontré le bébé. Peut-être qu’il ou elle va ressembler au sale gosse morveux des voisins.

Savez-vous pourquoi chaque mère et père savent qu’ils vont aimer leur bébé ? Car avant même sa naissance, ils ont fait le choix de l’aimer,  peu importe ses caractéristiques : extraverti, introverti, emporté, facile à vivre… peu importe. Et avez-vous remarqué que personne ne cesse d’aimer ses enfants ? Pouvez-vous imaginer vous rendre aux services sociaux juifs et leur annoncer : « Écoutez, je voudrais rendre l’un de mes enfants. Que puis-je faire ? Je ne l’aime plus. »

Nous ne cessons jamais d’aimer nos enfants, et nous avons toutefois des revendications envers nos conjoints. Or, c’est la personne que nous avons choisie par-dessus tout, après tant de délibérations, d’investigations et de comparaisons. Qu’entend-on par « cesser d’aimer » cette personne ?

Dans de nombreux cas, les gens ont simplement arrêté de choisir de se concentrer sur les qualités de l’autre. Chacun a ses dispositions : les bonnes, les mauvaises, et les désagréables. Se concentrer sur les qualités de quelqu’un ne veut pas dire que nous sommes aveugles quant à leurs défauts. Pas du tout. Qui connait les qualités de vos enfants mieux que vous-même ? Personne. Et qui connait mieux que vous les points faibles de vos enfants ? Personne. Or, si quelqu’un me demande de décrire mes enfants, je commencerai immédiatement par vous dépeindre leurs merveilleuses qualités, non seulement parce que je suis une mère juive pleine de fierté, mais aussi parce que c’est ainsi que je les vois. Bien que je connaisse tous leurs défauts et leurs faiblesses, j’aime chacun d’entre eux, car chaque jour, je choisis de me concentrer sur leurs points positifs.

Il en est de même pour les conjoints. Nous glissons si facilement vers une existence où nous nous concentrons sur les fautes de nos conjoints, à la fois au niveau du caractère et des actes. Mon mari n’est pas parfait. Je pourrais facilement choisir de me concentrer sur le négatif, mais où cela me mènerait-il ? À un mariage minable, rien de plus.
 

Pourquoi souhaitez-vous, vous marier ?

Une technique que j’ai employée avec les couples qui traversent une passe difficile est de leur demander d’écrire la raison pour laquelle ils ont choisi de se marier. Ils ne souhaitent généralement pas se conformer à ma demande, mais je les y pousse. Je leur demande une description de leur époux(se), se rappelant comment ils le voyaient juste avant de se fiancer. Lorsqu’ils me montrent la liste, je la regarde et leur demande : « Combien de ces qualités possèdent-ils encore aujourd’hui ? » 

Dans presque 100% des cas, 100% des vertus qui se trouvent sur la liste sont toujours valables aujourd’hui. Que se passe-t-il ? C’est si facile d’oublier pourquoi nous les avons épousés. Des efforts sont nécessaires pour s’en souvenir, mais croyez-moi, les efforts en valent la peine.
 

« Voici ce qu’est l’amour : ce qui est important pour toi, est important pour moi. » (Rav Noah Orlowek)

J’ai rencontré un jour David Weiss, un scénariste de Hollywood, qui, entre autres, fut l’auteur principal du film Shrek II. Il me confia que le thème du film provenait d’un enseignement qu’il avait appris de son rav (qui lui-même l’avait appris de rav Orlowek) : voici la définition de l’amour : ce qui est important pour toi est important pour moi. Et il m’a affirmé qu’il assisterait aux réunions des scénaristes et qu’il leur dirait de s’en tenir à ce thème.

Mes parents m’ont enseigné ce principe il y a de nombreuses années. Ma mère et mon père sont deux individus très différents. Comment décrire à quel point ils sont différents ? Eh bien, pour ma mère, des super vacances consistent à faire de la randonnée au Népal et à décider cette destination 24 heures plus tôt. Et elle a plus de 70 ans. Quant à mon père, de bonnes vacances, c’est une excursion planifiée depuis six mois : un tour de Miami dans un bus avec l’air conditionné. Des êtres très différents.   

Cela fait plus de 50 ans qu’ils ont un mariage heureux. Quel est leur secret ?

Ma mère apprécie les arts et la culture. Ils ont donc un abonnement à l’Orchestre de Toronto, et une fois par mois, mon père l’accompagne, écoute le concert et tente de ne pas s’endormir. Mon père est un véritable « homme viril » et adore le sport. Tout au long de l’hiver, ma mère l’accompagne aux matches de foot, regarde le jeu et essaie de prétendre que ce spectacle n’est pas stupide.
 

« Aimer, c’est donner à l’autre. » (Rav Eliyahou Dessler)

Rav Dessler s’interroge dans Mikhtav MéEliyahou : l’amour conduit-il au don, ou est-ce le don qui conduit à l’amour ? Est-ce que je t’aime et donc je suis amené à te donner, ou : plus je donne, plus j’aime ?

La réponse juive est la suivante : plus vous donnez, plus vous aimez.

Ne vous êtes-vous jamais posé cette question : pourquoi les êtres humains viennent-ils au monde d’une manière très différente de la plupart des autres créatures du monde animal ?

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais lorsque j’ai eu mon premier bébé, Shoshana, j’étais totalement surprise de voir à quel point elle était impuissante. Elle ne pouvait rien faire d’elle-même. Sans moi, elle ne pouvait pas manger, se retourner, ou même faire son rot seule ! Un cerf met au monde un faon, il va l’allaiter, il sera un peu faible, mais assez rapidement, il quittera ses parents et mènera une vie indépendante.

Il me semble que Hachem a rendu les choses très différentes pour les humains de sorte que dès le début, nous soyons forcés de donner, de donner et encore donner.

Et que recevons-nous en retour au cours des premiers mois : des nuits sans sommeil, des vomissements par-ci et de la diarrhée par-là. Et nous aimons ces bébés plus que la vie même.

Juste avant de me marier, je demandais à la rabbanite Faygie Twersky un conseil dans le domaine conjugal. Elle me dit : « Chaque matin au réveil, la première chose que tu devrais te demander est la suivante : "Que puis-je offrir à mon époux aujourd’hui ?"

« Ah », répondis-je. « Merci. »

« Non, non, Lori, » riposta-t-elle. « Tu crois que cela a l’air facile, mais non. Imagine, chaque jour, un nouvel acte de don : aller chercher ses habits au pressing, envoyer un e-mail encourageant, un mot d’amour sur un Post-it placé sur le volant… » Tout au long du mariage, cela s’élève à des dizaines de milliers d’actes de don. Et elle m’assura qu’à moins de se trouver dans une relation abusive, qu’à D.ieu ne plaise, on ne doit pas s’inquiéter de recevoir. Si vous êtes en mode de don, toute personne qui se trouve sous votre toit est inspirée à agir de même. 

Je donnais un jour un exercice à un groupe de femmes qui assistaient à mon cours. Je leur annonçais que cette semaine, nous allions toutes effectuer un geste supplémentaire pour nos maris. La semaine suivante, nous nous réunîmes et fîmes le point. Une femme témoigna que c’était remarquable. Elle se préparait un thé lorsqu’elle se souvint qu’elle n’avait pas fait son exercice ce jour-là, elle demanda alors à son mari s’il souhaitait aussi un thé. « Oui », répondit-il, quelque peu surpris. Elle raconta que le lendemain, lorsqu’il se préparait un thé, il se tourna vers elle et lui demanda : « Ma chérie, voudrais-tu aussi un verre de thé ? » Ils s’assirent et burent un thé ensemble.

Elle s’adressa à sa classe et leur dit : « Ça marche vraiment. »

Si vous souhaitez aimer quelqu’un davantage, donnez-lui. Cela deviendra contagieux.

Oui, notre Torah contient une sagesse étonnante qui touche chaque aspect de notre existence, y compris une sagesse de l’amour. Et oui, cela marche vraiment.

Alors, où en est votre mariage ?

Rabbanite Lori PALATNIK - © Torah-Box
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