Une place au premier rang du Gan Eden, parmi les grands de la génération, cela laisse rêveur…

Comment peut-on imaginer une telle récompense ? Est ce possible d’acquérir un tel mérite en accomplissant une seule Mitsva ? L’homme moyen aura du mal à le croire.

Mais la Torah est catégorique : «  Celui qui l’accomplit mérite la longévité en ce monde et la jouissance du monde éternel. »

De quoi parle-t-on ? De l’un des deux commandements sur les 613 que nous ordonne la Torah, dont l'obligation est accompagnée par la récompense réservée à ceux qui l'observent (Exode 20, 2) : le respect de son père et de sa mère.

Que penser d’une telle promesse ?

Le Séfer Hamaassiot nous rapporte que Rabbi Yéhochoua Ben Elam, l’un des plus grands érudits de sa génération, fit un rêve qui le préoccupa beaucoup.

Il entendit une voix qui lui disait « Tu auras le bonheur d’être assis au Gan Eden à côté du boucher « Nanasse » ! Vous avez une part semblable au Monde Futur ».

Rabbi Yéhochoua se réveilla en sursaut, troublé par son rêve : « Depuis ma plus tendre enfance, j’accomplis les commandements de la Torah ! Toute ma vie, je me suis voué à l’étude de la Torah et j’ai formé 80 disciples. Je ne fais pas un pas sans mes Tsitsit et mes Téfilines ! Malgré tous ces efforts, je ne mérite qu’une part semblable à celle d’un simple boucher !!? ».

Il était si bouleversé qu’il déclara à ses 80 disciples : « Je ne viendrai plus au Beth-Hamidrach pour enseigner, tant que je n’aurai pas rencontré un certain boucher du nom de « Nanasse ». Il m’a été révélé dans un rêve que sa piété vaut la mienne et que nos parts au Gan Eden sont égales. Je tiens à faire sa connaissance pour savoir quels sont ses actes qui valent autant que les miens ».

Ils partirent d’une ville à l’autre à la recherche du boucher « Nanasse ». Ils arrivèrent, enfin, dans la ville où il habitait. Rabbi Yéhochoua se rendit lui-même chez le boucher afin de le connaître.

Le Rabbi lui dit : « Je désirais te parler. Peux-tu me dire ce que tu fais en dehors de ton travail à la boucherie ? »

Nanasse raconta son histoire : « Mes parents sont très âgés. Ils sont alités et n’ont pas la force de prendre soin d’eux mêmes. Chaque jour, je vais moi-même m’occuper d’eux : je les lave, je les habille, je les nourris, je leur parle et les rassure… »

Rabbi Yéhochoua baisa son front en entendant un tel dévouement et un tel respect de la Mitsva de Kiboud Av Vahem, respect dû aux Parents.

« Mon fils » dit-il, « réjouis-toi de ton sort ! Quant à moi j’ai enfin compris mon rêve et pourquoi ta part au monde futur est si grande. Quel mérite d’être ton voisin au Gan Eden ! »

Ce témoignage laisse songeur. Et pourtant, les Sages nous enseignent que 3 associés participent à la formation de l'être humain : D.ieu, son père et sa mère. Lorsque nous respectons nos parents, D.ieu nous dit : Je vous en tiens compte comme si Je résidais parmi vous et que vous m'honoriez.

On comprend maintenant pourquoi cette Mitsva est si chère aux yeux d’Hachem et sa récompense si grande.

Mais, plus encore, ce commandement divin ne s’arrête pas avec la disparition des parents. La Guemara Kiddouchin (31b) enseigne : on doit les honorer (les parents) de leur vivant et après leur mort. Et le célèbre commentateur « Ramban » affirme que celui qui honore ses parents après leur mort, est encore plus digne de louanges que celui qui les honore de leur vivant.

Car en effet, respecter la Torah, soutenir les érudits, donner la Tsédaka, accomplir des Mitsvot en leurs noms et leur donner ainsi du mérite, sont des actes d’amour et de respect des parents, purs et désintéressés.

Respect qui prend tout son sens car il ne dépend plus ni de la sollicitation, ni de la sollicitude mais uniquement de nous seul, de notre volonté d’accomplir ce commandement unique.
 


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