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Une phrase en or

Mis en ligne le Lundi 16 Juillet 2018

Na’hman et Raizy Glauber ont été tués dans un horrible accident de voiture. Leur bébé pas encore né a survécu un peu, puis a lui aussi rejoint ses parents au ‘Olam Haba, le monde futur. Cette tragédie nous a tous choqués.

Essayez d’imaginer un instant leurs parents attendant anxieusement l’appel joyeux : « Mazal Tov », c’est une petite fille, ou c’est un petit garçon ! Le téléphone a bien sonné, mais pas pour annoncer un Mazal Tov. Les mots qu’ils ont entendus étaient au-delà de l’entendement humain : leur fils et leur fille partis et le bébé dans un état critique. Puis, un autre appel pour les informer du décès du bébé.

La famille brisée est restée avec un trésor : une lettre écrite par Na’hman le jour de son mariage. Ils l’ont lue et relue. Cette lettre est inondée de larmes. Un terme en émerge, le terme le plus précieux qui soit : « merci ».

La Hakarat Hatov, la gratitude, l’appréciation est un pilier de notre foi. C’est le thème de « Dayénou » - le chant de remerciements que nous chantons le soir du Séder avec tant d’entrain. Mais réalisons-nous le sens des mots ? Na’hman Glauber l’a bien réalisé. Le jour de son mariage, lorsque le ‘Hatan et la Kala sont occupés à se préparer à ce grand jour, il prit le temps d’écrire une lettre de remerciements à ses parents.

Cette lettre est désormais un baume pour les cœurs brisés de ses parents. Cette lettre restera, même si Na’hman n’est désormais plus là. Cette lettre doit nous faire réfléchir et nous inciter à nous poser une question douloureuse : quelle a été la dernière fois où nous avons réellement dit merci, pas au portier, ni au vendeur, mais à notre père et notre mère, à nos grands-parents, à nos enseignants ?

Je vous invite à lire et relire avec moi la lettre de Na’hman :

"Mes chers parents,

En ces moments éminemment joyeux et hautement spirituels de ma vie, alors que je me dirige vers la ‘Houpa pour fonder mon propre foyer, je ressens un pincement au cœur de quitter déjà votre foyer chaleureux.

Je dois vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi depuis que je suis petit. Vous n’avez épargné ni votre temps, ni votre énergie, ni votre argent, que ce soit lorsque j’avais besoin d’un professeur particulier ou d’un médecin des yeux, sans compter vos encouragements en général. Plus tard, vous m’avez également aidé à accéder à des hauteurs spirituelles par mon étude de la Torah. Vous m’avez envoyé à la Yéchiva pour apprendre vos valeurs jusqu’à ce que j’atteigne ce moment de bonheur.

Bien que je quitte désormais votre foyer (en réalité, je ne le quitte pas, j’y introduis un nouveau membre de la famille), je voudrais vous dire que toute l’éducation et les valeurs que vous m’avez inculquées, je les emporte avec moi, avec l’aide de D.ieu, dans mon nouveau foyer, et je vais continuer à implanter cette même éducation dans les cœurs des enfants que D.ieu m’accordera.

Mais les enfants ne saisissent pas l’essence des parents, à quel point ils s’investissent pour eux, et ce n’est que lorsqu’ils mûrissent, et avec l’aide de D.ieu, lorsqu’ils ont leurs propres enfants, qu’ils le réalisent. Et malheureusement, je vous ai peut-être causé beaucoup de peine ; je vous demande de bien vouloir me pardonner.

Je vous le demande : je suis dépendant de vos prières, alors priez pour moi et ma fiancée et je prierai pour vous. Je prie D.ieu que papa et maman retirent beaucoup de fierté de moi et de ma remarquable fiancée, jusqu’à la Délivrance finale et la venue du Machia’h, rapidement et de nos jours.

Votre fils qui vous admire, vous remercie et vous aime pour toujours,

Na’hman

Le temps est passé et l’histoire tragique de Na’hman et de Raizy disparaîtra progressivement de nos esprits. De nouvelles catastrophes attirent notre attention. Presque chaque jour, il y a une nouvelle histoire terrible et l’ancienne est enterrée dans les journaux de la veille. Nous sommes devenus insensibles à la douleur des autres. Nous n’entendons pas. Nous ne voyons pas. Oui, nous entendons l’histoire. Oui, nous lisons les nouvelles. Nous disons à nos amis : « Oh, c’est terrible », mais nous passons rapidement à autre chose.

Nous sommes une génération toujours occupée. Même lorsque nous prenons une pause et nous asseyons quelques minutes, nos mains continuent à faire défiler l’écran et nous nous coupons de tout le reste. Nous n’avons pas le temps de voir et d’entendre la douleur de nos frères, ici ou en Israël. Nous haussons les épaules et disons : nous ne pouvons pas faire grand-chose.

Mais en tant que peuple juif, nous devons adopter une attitude différente. Nous devons savoir que oui, nous sommes les gardiens de nos frères. Nous devons réaliser que le meilleur moyen de dire merci à notre Père céleste est de tendre la main en aidant tous Ses enfants et en leur prodiguant des paroles affectueuses.

La lettre de Na’hman Glauber ne doit pas être jetée aux oubliettes avec les nouvelles d’hier. Il nous faut intérioriser son message et faire du merci et des remerciements une part essentielle de notre vie.

Rabbanite Esther JUNGREIS - © Torah-Box
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