A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) ce jour de Rav David Abi'hssira de mémoire bénie (grand-frère de Baba Salé, à ne pas confondre avec le Tsadik actuel vivant à Naharya), l'équipe Torah-Box vous offre une brève biographie et anecdote sur sa vie. Car celui qui s'intéresse et parle d'un Juste le jour de sa Hiloula, le Tsadik prie pour lui. N'oubliez pas d'allumer une bougie aujourd'hui en disant "Likhvod Rabbi David ben Messa'oud, zékhouto taguèn 'alénou".

Le Rav David Abi’hissira (1866 - 14 Kislev 1919) a été l’un des dirigeants de la communauté juive de Tafilalet, au Maroc. Il fut condamné à mort par le gouverneur local le 14 Kislev 5680 (6 décembre 1919).

Le Rav David Abi’hissira, fils aîné de Rav Messaoud Abi’hissira, est né en l’an 1866 (5626) à Tafilalet, au Maroc, à une période où son grand-père, Rav Ya’acov Abi’hissira, dirigeait d’une main de maître la communauté. Il apprit la Torah auprès de son grand-père, et bien vite, on découvrit qu’il était un Ilouï (génie). Après la mort de son grand-père, son père reprit le flambeau et prit la direction de la communauté et de la Yéchiva.

Pendant ces années-là, Rabbi David étudiait la Torah seul et à l’écart, sans se mêler de la direction de la communauté. Suite au décès de son père, Rabbi Messaoud, en l’an 1908 (5668), à l’âge de 42 ans, Rav David prit la tête de la communauté. Mais moins d’un an plus tard, il céda ses prérogatives à des membres de sa famille : son oncle, Rabbi Its’hak Abi’hissira prit en charge la direction financière de la Yéchiva. Son cousin, Rabbi Eliyahou Abi’hissira, était chargé des relations entre la communauté juive et le gouvernement marocain. Son frère, le Baba Salé, qui avait à l’époque dix-huit ans, fut nommé Roch Yéchiva.

Dès lors, à compter de l’an 1909 (5669) et jusqu’à la fin de l’an 1914 (5674), Rabbi David s’enferma avec son beau-père Rabbi Eliyahou et son ami Rabbi Moché Tordjman dans le grenier de sa maison, où ils vivaient reclus, firent des jeûnes et des mortifications, et étudièrent jour et nuit la Torah dévoilée et la Torah cachée (la Kabbale). De son vivant déjà, par son isolement et son ascétisme, Rabbi David fut considéré comme une personnalité d’envergure. Bien que les membres de la communauté juive de Tafilalet ne vissent presque pas Rabbi David à cette période, ils continuèrent à le considérer comme leur dirigeant. Les Juifs du Maroc l’avaient surnommé Atérèt Rochénou (la couronne de notre tête).

Rabbi David se maria et devint veuf à deux reprises, et eut huit fils. Tous ses fils, à l’exception du plus jeune d’entre eux, périrent de son vivant. Il souffrait de nombreuses maladies, mais était malgré tout joyeux, et prodiguait même des encouragements aux autres.

Rabbi David évitait de sortir dans la rue. Son Beth Hamidrach et un Mikvé se trouvaient dans sa maison. Lorsqu’il sortait, il ne déambulait pas dans la rue, mais passait de toit en toit. Au même moment, on demandait aux femmes de rester chez elles et de ne pas franchir le seuil de leur maison jusqu’à son retour. Il était végétarien, jeûnait très souvent, et mangeait très frugalement. Il ne dormait pas sur un lit, mais sur une chaise.

Chaque matin, avant son étude, il s’enfermait dans sa chambre et entrait dans un cercueil en se recouvrant de poussière pour se souvenir du jour de la mort et surmonter l’orgueil.


Sacrifié pour la communauté...

En l’an 1917 (5677), l’armée française conquit le Maroc. Les Arabes s’organisèrent, menés par Moulaï Mou’hamed Ben Kassam, pour combattre les Français. Au bout d’une longue période, les Français se retirèrent. Moulaï Mou’hamed combattit alors contre la famille royale marocaine ; il les exécuta et s’empara du pouvoir. En l’an 1920 (5680), il publia un décret de mort pour tous les Juifs vivant dans le secteur de Tafilalet, en prétendant qu’ils avaient noué des liens secrets avec les envahisseurs français dans le but de le destituer.

Pour augmenter l’effet de terreur, il ne communiqua pas de date d’exécution du décret. Le Chabbath 14 Kislev 5680 (décembre 1919), Rabbi David revêtit des habits de semaine de couleur noire au lieu des habits de Chabbath blancs qu’il avait l’habitude de porter. Le Chabbath après-midi, Moulaï Mou’hamed rassembla les Juifs de la région, dans le but de les exécuter. Les soldats de Moulaï Mou’hamed encerclèrent le Mellah et provoquèrent une grande frayeur. Rabbi David se mit alors à encourager la communauté, en leur expliquant qu’il avait imploré le Maître du monde : au lieu que toute la communauté périsse, seul lui serait condamné à mort. Lorsque tous les Juifs furent rassemblés sur la place centrale, les conseillers de Moulaï Mou’hamed le convainquirent qu’il valait mieux se contenter de tuer le Rav des Juifs et non toute la communauté.

En effet, s’il exécutait tous les membres de la communauté, il ne pourrait leur prélever de taxes et autres paiements. Moulaï Mou’hamed ordonna de conduire Rabbi David et les deux plus riches personnages de la ville, Rabbi Its’hak Bensim’hon et son fils Rabbi David, à son état-major ; on les plaça devant des canons qui tirèrent un obus dans leur direction. Après leur mort, Moulaï Mou’hamed décréta qu’il était interdit de prendre le deuil pour la mort de Rabbi David : toute personne surprise à prendre le deuil serait immédiatement condamnée à mort.

Quelques jours après la mort de Rabbi David Abi’hissira, son corps fut transmis aux dirigeants de la communauté. Il eut un enterrement modeste, et une fois de plus, les soldats rebelles étaient présents pour s’assurer que personne n’ose prendre le deuil et pleurer la mort de Rabbi David.

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