Le Rav Its’hak Zylberstein, Rav du quartier de Ramat El’hanan (et gendre du Rav Elyashiv), raconte : « Le Rav Elyashiv disait souvent que l’essentiel de la réussite d’un homme, quasiment dans tous les domaines, et particulièrement dans son ascension spirituelle, dépend d’une qualité que l’on appelle la “paix intérieure”. Celui qui désire s’élever doit s’efforcer de ne pas tout prendre à cœur. Celui qui prend chaque chose à cœur sera assailli de soucis et de nouveaux problèmes chaque jour, jusqu’à ce qu’il perde toute motivation nécessaire pour évoluer. »
Vous comprenez ? Il vaut mieux ne pas prendre tout trop à cœur !
Bien entendu, ce n’est pas une recommandation radicale qui s’appliquerait à une remarque constructive qui nous serait faite, ou à de précieux conseils qui nous seraient donnés. L’idée est de ne pas se laisser détruire ni écraser par chaque remarque que l’on nous adresse et perdre ainsi notre motivation ou notre force !
Sans stress
Un homme téléphona à son cardiologue afin de fixer un rendez-vous pour une opération urgente. « Je suis désolée », répondit l’opératrice, « Nous n’avons aucun rendez-vous disponible durant les trois prochaines semaines. » « Mais je peux mourir d’ici là ! » s’exclama le patient. « Pas de souci. Juste veuillez appeler avant pour annuler le rendez-vous. »
Le but n’est pas de devenir indifférent, mais de s’adapter au mieux à chaque situation, avec les données que l’on a, et de veiller à ne pas se laisser détruire. Comment parvient-on à ne pas être détruit ou à ne pas se démotiver ?
Le meilleur moyen pour se protéger de ceux qui nous détruisent ou nous rabaissent est la foi.
« Rien d’autre au monde ne calme mieux, ne repose mieux l’esprit d’une personne que la foi et la confiance en Hachem. La foi est le réel remède établi pour dissiper la souffrance et calmer les tourments des cœurs brisés. Pour cela, aucune sagesse ni réflexion n’est efficace. Elles sont comme de l’eau salée qui non seulement ne calme pas la soif, mais l’accroît. » (Rav ‘Haïm Éphraïm Zeitsik, Maayané Ha’haïm, partie III, p. 198)
Il y a un lendemain
Tout le monde commet des erreurs au cours de sa vie, plus d’une fois. Nous nous arrangeons avec les petites erreurs. Nous gérons les conséquences pratiques, nous nous pardonnons et nous accommodons plus ou moins des pensées et sentiments : « Que va-t-il se passer ? » ; « Oh, comment ai-je pu faire une chose pareille ?! » Les petites erreurs nécessitent sans doute un investissement, un certain travail personnel, mais ensuite, on avance.
Le plus problématique est avec les erreurs graves qui ne peuvent être réparées. Il arrive souvent que l’erreur d’un homme soit tellement grande et les conséquences si importantes que le monde entier paraît démoli. Autrement dit, il n’y a pas d’espoir. Il faut apprendre à gérer une telle sensation sans tomber ni se briser. Les Sages nous enseignent que même les personnes les plus grandes peuvent se tromper. Durant des épisodes précis de l’histoire du peuple d’Israël, Hachem mit volontairement en place des situations incitant à l’erreur dans un but ultime.
La faute du vœu d’or en est une parfaite illustration :
La Torah raconte la formation du Peuple juif de façon puissante. La sortie d’Égypte survint à la suite des dix plaies surnaturelles qui eurent un écho dans le monde entier. Puis, la Mer rouge se fendit devant les enfants d’Israël. Ils traversèrent la mer à pied sec et lorsque les Égyptiens les poursuivirent et chevauchèrent leurs chevaux sur la terre sèche, les eaux reprirent leur place et engloutirent les Égyptiens. Durant tout leur parcours dans le désert, les enfants d’Israël étaient accompagnés par une colonne de feu et une colonne de nuée. De l’eau jaillit d’un rocher pour eux.
Le paroxysme se produisit devant le Mont Sinaï, dans de grands bruits. Moché monta vers Hachem et tout ce qu’il restait à faire, c’était attendre patiemment quarante jours.C’est alors qu’advint la terrible erreur. C’est là qu’arriva la faille qui détruisit tout, ou presque. La faute du veau d’or !
Le peuple d’Israël se trompa. Il commit une erreur dans le compte des jours et pensa que Moché Rabbénou tardait à venir. Ils craignirent (le Satan amplifia leur inquiétude) que Moché Rabbénou ne revienne pas. Ils réclamèrent un autre maître pouvant remplacer Moché, formèrent le veau d’or et détruisirent tout.
Il semblait que la faute du veau d’or avait tout réduit en cendres, ne laissant aucun espoir de réparation. Qu’y avait-il de plus grave ?!
Les Sages nous révèlent que cet événement renfermait un grand message pour nous : « Le peuple d’Israël ne commit cet acte que pour montrer aux générations futures ce qu’est la Téchouva ». (Traité Avoda Zara 4b)
Cela signifie qu’il y a des paramètres dans le Ciel que nous ne connaissons pas ni ne comprenons. Chaque pièce a deux facettes, voire plus.
La terrible faute du veau d’or laissa son empreinte sur l’histoire du Peuple juif pour nous enseigner notamment ceci : tu as gravement fauté, tu as causé beaucoup de dommages, crois-tu que le monde est anéanti et qu’il n’y a aucun moyen de le réparer ? C’est faux. Même si, malheureusement, nous sommes tombés, nous avons fauté et causé des dégâts, nous sommes capables, avec l’aide d’Hachem, de nous relever et de recommencer à zéro.
Nous réparerons ce que nous pouvons réparer et nous apprendrons de nos erreurs pour ne pas les commettre à nouveau. Nous ferons tout notre possible pour ne pas recommencer. Nous nous efforcerons d’avancer et de nous améliorer.
Nous ne devons jamais nous permettre de sombrer dans le désespoir ou de nous sentir détruits ! Des plus grands que nous se sont trompés, ont entraîné destruction, et n’ont pas désespéré. Et c’est par leur mérite que nous sommes là...




