Quel cadeau extraordinaire Hachem nous a octroyé ! Sommes-nous conscients du mérite que nous avons ? Il nous suffit juste de regretter et de prendre sur nous de ne pas recommencer, pour que l'Éternel efface toutes nos fautes. La Téchouva peut-être comparée à une poudre lessive miraculeuse, qui lave toutes les taches, même les plus coriaces (ces taches de gras qui nous énervent tellement, nous les mamans !). Cette possibilité de réparer, de repartir à zéro, de gommer les erreurs passées est sans doute un des plus grands ‘Hessed de la création.

L’échec est humain, c'est l'essence de l'homme. Le Juste n’est pas celui qui ne tombe jamais, mais celui qui se relève après la chute !

Échouer vient juste confirmer notre fragilité, notre “petitesse” par rapport à la grandeur d’Hachem, qui lui est parfait et entier. L'échec vient pour renforcer notre relation avec l'Éternel duquel on se sent complètement dépendant. À chaque moment de notre vie, on éprouve le besoin de lever les yeux vers le Ciel et d'appeler au secours : “Hachem, aide-moi, donne-moi la force de surmonter les épreuves.”

“Éclaire mon enfant”. “Aide-moi à ne pas m'emporter, à ne pas mal parler”…

Les enfants d'Israël sortent enfin d'Égypte, après avoir été témoins de la maîtrise d’Hachem sur tous les systèmes naturels (les dix plaies l'ont prouvé), après avoir vu la mer se fendre et avaler les Égyptiens… Et que font-ils quand ils sont confrontés à la difficulté ? Eh bien, ils se plaignent : “Pourquoi nous avez-vous tirés de l'Égypte, pour nous faire mourir dans le désert ? Car il n'y a point de pain, point d'eau, et nous sommes excédés de ce misérable aliment" (chap. 21,verset 6).

Après avoir été attaqués par les serpents venimeux, les enfants d'Israël prennent conscience de leur attitude ingrate et viennent s'excuser devant Moché qui répond immédiatement à leur demande (d'invoquer Hachem en leur faveur), en intercédant auprès de l'Éternel afin qu'il détourne les serpents du peuple.

Rachi nous dit sur la réaction spontanée de Moché : “De là, on apprend à pardonner vite à celui qui vient nous demander pardon !”.

Je ne lui pardonnerai jamais ! Elle a pourri ma vie !” Le cœur crie de douleur, les mots blessants défilent dans notre mémoire comme des poignards… Saviez-vous que la rancune est un poison qui se répand dans le corps et nuit à notre santé physique et psychologique ?

Effacer, pardonner, n'est certes pas une mission facile, mais il est indispensable de nettoyer notre corps de ces substances toxiques si néfastes. Qu'est-ce qui pourrait nous aider à déraciner ces sentiments négatifs de notre cœur ?

Renforcer notre Emouna

La personne qui nous a blessé, manqué de respect ou trahi, n'est ni plus ni moins que l'envoyé d'Hachem : ”Personne ne bouge son doigt ici-bas, si ce n'est pas décrété d'en-Haut" (Traité ‘Houlin 7,2).

En vouloir à l'autre, cela ressemble à éprouver de la colère contre le bâton, sans chercher à comprendre qui l’attrape ! Hachem se sert de certaines personnes pour mettre à exécution des situations auxquelles nous devons être confrontés, pour des raisons qui ne nous sont pas toujours connues. 

Ce qui est sûr, c'est que même si nous ne voyons pas la lumière au moment de l'épreuve, tout ce qui vient d'Hachem est pour le bien. Parfois, on s’aperçoit de ce bien très vite, d’autres fois, seulement des années plus tard, et enfin, parfois, uniquement dans le monde futur. 

Combien d'histoires, qui semblaient tragiques, se sont révélées, après coup, bénéfiques  !  Prenons l'exemple de quelqu'un qui s'est fait renvoyer de son travail (il perd ses moyens de subsistance et en veut terriblement à son patron), et immédiatement après, trouve une place bien meilleure. Ce patron, qui semblait si cruel à ses yeux, devient tout d'un coup, celui qui a permis à la délivrance d'arriver !

Rabbi ‘Akiva a enseigné à ses élèves et à tout le peuple d'Israël : ”Tout ce que Hachem fait est pour le bien” (Traité Brakhot). Notre rôle ici-bas est de parvenir à vivre cette Emouna, de l'intérioriser jusqu'à qu'elle fasse partie intégrante de nous-mêmes. 

Une fois, un médecin a posé la question à un grand Admour

”Dites-moi, s'il vous plaît, quelles sont vos occupations ? Que faites-vous dans la vie ?”. Et celui-ci répondit : “Je construis un pont.” “Un pont ?! Waouh, c'est très intéressant. Pourrais-je le voir, où se trouve-t-il ?”. L’Admour continua : “Je construis un pont entre mon cerveau et mon cœur !”. La distance physique entre ces deux organes est minime, mais au niveau pratique, faire descendre notre savoir du cerveau au cœur est une longue traversée, qui peut paraître interminable…

Nous savons tous que tout vient d’Hachem, que tout est fait avec justice et que tout est pour notre bien, alors pourquoi sommes-nous si souvent contrariés, déçus, attristés, découragés ?

La réponse est simple : la Emouna n'a pas encore rempli notre cœur, elle fait son chemin lentement, en essayant de ne pas trébucher, mais le Yetser Hara’ (les forces du mal) travaille des heures supplémentaires…

Alors, quelle est la solution pour gagner le combat ?

Le roi David, dans son livre de Téhilim, nous éclaire en disant : “Parle à Hachem ! Dis des paroles de Emouna !”. Remercier et demander de l'aide à Hachem, c’est le secret de la réussite.

La femme du ‘Hafets ‘Haïm entendit un jour son mari chuchoter les mots suivants : 

“Mon D.ieu, sois avec moi dans mes pas.” Elle s'étonna et le questionna : “Où veux-tu aller ? A Vilna, à Varsovie ?”. “Non, je veux juste passer de cette chambre à l'autre, avec l'aide de D.ieu”. La Rabbanite s’exclama en disant : “Mais ce n'est pas loin, c'est à 2 mètres !”. Et voilà la réponse de ce géant : “On doit toujours être collé à Hachem.” Chaque pas, chaque geste, est le résultat d'une multitude de systèmes qui fonctionnent en parfaite coordination. C’est extraordinaire, cela n'est pas naturel, c'est un vrai miracle ! Le cerveau donne un ordre, le sang circule, les muscles se tendent… Il suffit d'une petite faille quelque part pour que tout s'arrête !

Juger positivement 

Tant que l'on jugera l'autre négativement, en attribuant de mauvaises intentions à ses actions (“Il n’en a rien à faire de moi, s'il m'aimait, il aurait été plus attentionné !”, ou encore : “Elle n’a aucun respect, regarde comme elle parle !”), la rancune et la colère auront une place considérable dans notre vie.

Malheureusement, la tendance de l'homme est de juger rapidement, avant même d'essayer de se mettre à la place de l'autre.

Notre sainte Torah nous enseigne de nous arrêter avant de juger, et de faire l'effort de chercher des circonstances atténuantes au comportement d'autrui : “Mon mari travaille tellement dur, si j'avais été obligé de travailler comme cela, j'aurais sûrement, moi aussi, été désagréable avec mon entourage !”

Et surtout, n'oublions pas que lorsque nous jugeons avec indulgence, Hachem nous juge également avec indulgence. C'est le meilleur des conseils pour être méritant !

Chabbath Chalom à toutes !