Bonjour Rav,
Cela fait 4 mois que je souffre de douleurs au crâne, aux yeux et à la bouche, et je ne sors plus de la maison.
La douleur aux yeux et à la bouche, présente 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pendant des mois, est un type de douleur particulièrement brutale, car elle touche absolument toutes nos fonctions vitales et nous enlève tous les petits plaisirs de la vie.
En plus de cette douleur, nous avons eu plusieurs stress dans la famille : mon mari a perdu son emploi, ma fille a quitté l'école et elle est tombée malade, et nous sommes poursuivis en justice par l'ancien patron de mon mari.
J'ai consulté plusieurs médecins, mais ils n'ont pas de réponses, car tous les tests médicaux que j'ai réalisés sont bons, mais mon corps dit autre chose. Je ressens un tel désespoir et une tristesse sans fin dans cet état.
Comment garder espoir quand la souffrance est élevée et que tout semble s'effondrer dans ma vie ?
Tous les conseils que vous pouvez me donner seraient précieux.
Merci Rav.
Madame
Ce que vous traversez est réel, lourd, et profondément éprouvant.
Vivre une douleur constante, sans explication claire, tout en portant des inquiétudes familiales et matérielles, peut user même les personnes les plus fortes.
Le fait que vous cherchiez encore du sens et de l'espoir montre une force intérieure, même si vous ne la ressentez plus en ce moment.
Vous n'êtes pas "faible" parce que vous êtes découragée. Une souffrance continue épuise le corps et l'esprit. Cela n'enlève rien à votre valeur.
Dans les périodes intenses, l'objectif n'est pas d'aller bien, mais d'aller un peu moins mal aujourd'hui.
Ne restez pas seule avec la douleur, continuez à vous entourer, par un professionnel de santé, voire même un professionnel de la médecine douce, qui vous écoute vraiment, un proche sûr, ou un soutien spécialisé pour la douleur chronique. Même quand les examens sont normaux, la douleur mérite d'être prise au sérieux.
Autorisez-vous la douceur, réduisez les exigences, acceptez de l'aide, et préservez ce qui vous fait un peu de bien, sans culpabilité.
Madame, même quand tout semble s'effondrer, l'espoir n'est pas une émotion —c'est parfois simplement le fait de continuer à demander de l'aide et à respirer encore aujourd'hui.
Si à un moment, le désespoir devient trop lourd à porter, cherchez immédiatement un soutien humain direct (un proche, un professionnel, une ligne d'aide locale). Vous méritez d'être soutenue.
Quelques points supplémentaires à souligner :
- Nos Sages nous enseignent que nous devons remercier Hachem pour les épreuves, de la même manière que nous Le remercions pour les bonnes choses
(Brakhot 54a ; Choul'han 'Aroukh 222-3 et 230-5).
- Servons-nous des épreuves qui nous atteignent comme d'un levier pour nous rapprocher encore davantage d'Hachem , et non, à D.ieu préserve, pour nous en éloigner (Nefech Ha'haya , p. 153 et 208).
- C'est aussi une véritable preuve d'humilité devant Hachem, que d'accepter ce qu'Il nous envoie (Or'hot Tsadikim , Cha'ar Ha'anava).
À ce sujet, je vous conseille vivement d'écouter notre cours : "Téchouva malgré les épreuves".
Dans la 'Hassidout, il est enseigné que la joie dans les épreuves - ou malgré les épreuves - a le pouvoir d'adoucir et d'alléger les rigueurs [Mitouk adinim, voir Likouté Téfilot 1, 97 ; Tsidkat Hatsadik 178].
Nos maîtres soulignent également que le mot נגע (Néga, "plaie") peut, par un simple retournement, devenir ענג ('Oneg, délice, plaisir).
De même, le mot צרה (Tsara, détresse) peut se transformer en צהר (Tsahar, une fenêtre qui laisse entrer la lumière) (Sfat Émet, année 1894, Dracha de Chabbath Hagadol, et autres).
Qu'Hachem fasse que vous traversiez ces épreuves, et que vous en ressortiez encore plus grande et plus forte.
Je prierai pour vous de mon côté.
Kol Touv.