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Ne pas manger les Pim's si je mange du lait Chamour ?

Rédigé le Mardi 15 Janvier 2019
La question de Anonyme

Chalom Rav,

Déjà, j'aimerais vous remercier pour tout le travail que vous faites, mais aussi pour la nouvelle application Kosher Box, qui est vraiment géniale.

Par ailleurs, j'ai fait une recherche concernant les Pim's et je sais qu'ils sont Parvé, mais je n'ai pas compris pourquoi vous avez écris qu'ils restent Parvé sauf pour les consommateurs de lait surveillé.

Donc ceux qui prennent du lait Chamour ne peuvent pas les consommer alors qu'ils les consommaient avant ?

Par avance, merci !

La réponse de Dan COHEN
Dan COHEN
268 réponses

Bonjour,

Pour répondre à votre question de la manière la plus claire possible, je dois introduire quelques notions :

I. Définition d'un produit Parvé 

Un produit Parvé est un produit neutre, c'est-à-dire qu'il ne contient ni viande ni lait, de sorte à ce qu'on puisse le mélanger soit avec du lait, soit avec de la viande.

II. Le lait doit-il être surveillé ?

Le Consistoire autorise dans sa liste le lait non-surveillé. La position adoptée sur ce point par le Grand-Rabbinat de Paris, c'est que la Halakha est tranchée pour les communautés Séfarades selon l'opinion du Pri 'Hadach, et pour les Ashkénazes, selon l'opinion du Rav Moché Feinstein.

Je m'explique : la Guémara nous dit (traité 'Avoda Zara) que le lait des non-juifs est interdit par décision rabbinique, de peur qu'il ne soit mélangé à une petite quantité de lait provenant d'un animal impur (truie, ânesse, chamelle, jument...).

Une première discussion oppose le Pri 'Hadach au 'Hatam Sofer.

Selon le Pri 'Hadach, l'interdiction de consommer le lait des non-juifs était une recommandation valable à l'époque, compte tenu des usages en vigueur. Mais dans son Italie du 17ème siècle, les usages étant différents, il serait permis de consommer le lait des non-juifs, car ils n'avaient pas l'habitude de mélanger le lait de vaches à d'autres laits.

Le 'Hatam Sofer conteste son opinion. Selon lui, l'interdiction de consommer le lait des non-juifs est un décret immuable, qu'il faut continuer à respecter même si les usages ont changé.

Selon le Consistoire, les Séfarades doivent suivre le Pri 'Hadach. Par conséquent, ils n'auraient pas l'obligation de consommer du lait surveillé.

Cependant, les Ashkénazes suivent l'opinion du 'Hatam Sofer. Néanmoins, un grand sage du XXème siècle, Rav Moché Feinstein, a considéré que la pression exercée par l'état, aux Etats-Unis, qui interdit strictement le mélange entre deux laits et qui fait risquer au producteur contrevenant une amande gigantesque, voire la fermeture pure et simple de son usine, était assimilable à la surveillance d'un juif.

En résumé, pour Rav Moché Feinstein, le lait du commerce est considéré comme un lait surveillé, dans un pays où les normes d'hygiène et la législation sont comparables aux Etats-Unis. Selon le Consistoire, c'est la cas en France.

Par conséquent, selon le Consistoire, un Juif Ashkénaze comme Séfarade peut consommer du lait sans certification rabbinique, chacun pour une raison différente. Celui qui s'impose la mesure surérogatoire de ne consommer que du lait surveillé par un juif est digne de bénédictions, selon le Consistoire.

Il y a lieu de préciser que ce point de vue est contesté par de nombreux Rabbanim et par de nombreux organismes de Cacheroute. Par exemple, s'il est vrai qu'en Afrique du Nord, la plupart des Juifs s'autorisaient la consommation de lait non-surveillé, conformément à l'opinion du Pri 'Hadach, confirmée par le Rav Yossef Messas, d'autres se montraient plus stricts, à l'instar du Rav Rephael Baroukh Tolédano (dans son Kitsour Choul'ha'n 'Aroukh, 44.13), qui considérait, comme le 'Hatam Sofer, qu'il est strictement interdit de consommer un lait non-surveillé par un juif.

Par ailleurs, certains décisionnaires contestent l'opinion du Rav Moché Feinstein selon laquelle la surveillance de l'état serait assimilable à la surveillance d'un juif. Enfin, certains contestent que la situation sur le terrain soit identique en Europe et aux Etats-Unis sur ce point.

Bref, pour toutes ces raisons, certains se montrent plus stricts que le Consistoire, au nom de la Halakha (la loi) et non au nom de la 'Houmra (mesure surérogatoire).

III. La statut du chocolat noir

Lors de sa confection, le chocolat noir est travaillé dans des énormes cuves mélangeuses, que l'on appelle des conches. Ces conches, dans lesquelles le chocolat est travaillé à chaud, ne sont jamais nettoyées à l'eau. En règle générale, ces conches servent tantôt à la confection de chocolat au lait, tantôt à la confection de chocolat noir.

Selon l'opinion du Consistoire, pour qui le lait non-surveillé est autorisé, les résidus de chocolat au lait sont annulés dans la quantité de chocolat noir. Le chocolat est donc autorisé et Parvé pour tout le monde.

Mais selon d'autres décisionnaires, puisqu'il s'agit d'un chocolat au lait, et que ce lait est interdit, que la cuve est utilisée à chaud, et qu'elle n'est pas nettoyée à l'eau avant l'incorporation du chocolat noir, il faut considérer toute la cuve comme 'Halavi, et même comme interdite.

Dans l'application Kosher-Box, nous avons tenu à donner aux consommateurs le maximum de détails sur la Cacheroute des aliments, afin de permettre de comprendre les problématiques de Cacheroute, et, si possible, de les inciter à opter pour une Cacheroute de qualité.

Nous avons donc tenu à préciser que les Pim's ne sont à considérer comme Parvé que pour un consommateur de lait non-surveillé, et non pour une personne qui s'astreint uniquement à du lait surveillé. C'est l'une des raisons pour lesquelles les Pim's sont dans la catégorie "Autorisé non Méhadrine" (et il est précisé, dans l'application : "conches mixtes", car le chocolat des Pim's peut être confectionné dans des conches qui servent aussi à la confection de chocolat au lait).

Kol Touv.

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