La « République de Weimar » promulguée en Allemagne un 11 août 1919, va durer 14 ans, et sera une parenthèse de liberté entre deux extrêmes : elle succède à une monarchie impériale vieille de plusieurs siècles qui s’effondre et anticipe un totalitarisme barbare qui commence à pointer.

Cette République moderne est fondée sur le suffrage universel, les libertés individuelles, l’égalité devant la loi et l’instauration de droits sociaux. Les femmes obtiennent le droit de vote. La liberté de la presse est garantie. 

Weimar représente la constitution démocratique la plus avancée de son époque.

Derrière les nouvelles lois, se trouve un homme : Hugo Preuss.

Professeur de droit, brillant intellectuel berlinois, spécialiste de la pensée démocratique, c'est lui qui est chargé d’élaborer le projet de Constitution de la république de Weimar. Derrière l'infrastructure législative qu'il met en place, il va penser une Allemagne démocratique et parlementaire, et non plus une puissance fondée sur l’autorité impériale, le militarisme ou les privilèges de naissance. 

Utile de le préciser ? Preuss est juif...

Ça s'est passé un 11 août 1919 : Berlin des années vingt, qui do


Pendant quelques années, Berlin semble lui donner raison et la capitale devient l’une des villes les plus fascinantes du monde. Les cafés débordent d’artistes et d’intellectuels, où un foisonnement d’idées nouvelles et audacieuses émerge.

Le cinéma innove. Le théâtre et la peinture osent tout. Les sciences progressent et les Juifs allemands, ivres de ces nouvelles libertés, participent pleinement à cette effervescence culturelle.

Ça s'est passé un 11 août 1919 : Berlin des années vingt, qui do

Mais cette Allemagne progressiste n’est pas au goût de tous : dans les campagnes,  les petites villes, chez de nombreux anciens combattants revenus blessés, mutilés, et traumatisés des tranchées de 14/18, cette République (fantasque à leurs yeux) incarne instabilité et désordre. Ils répugnent aux frasques de Berlin et à son cosmopolitisme.

L'Allemand moyen aspire au retour d’un État fort, d’un pouvoir capable de restaurer l’ordre, la fierté nationale et les valeurs traditionnelles, bafouées selon lui par la défaite de la Grande Guerre. La toile de fond de sa rancoeur est fortement nourrie par la crise économique qui sévit en 1920 avec une inflation dévorante. On brûle régulièrement des liasses de billets ne valant plus rien. 

Ça s'est passé un 11 août 1919 - Berlin des années vingt, qui do

La « République » de Preuss, pensée sur des bases humanistes, fut complètement inadaptée à un peuple aux origines barbares, brutal, obsessivement discipliné, ruminant sa vengeance et exaltant un nationalisme raciste.

Weimar, finalement accoucha d’un monstre : le nazisme lui succéda.

Cette volte-face surprenante, où l'on passe sans transition d'une véritable démocratie  à un ultra-radicalisme peut être comprise comme un effet de balancier, où un régime permissif engendre son contraire absolu, à savoir dictature et totalitarisme.


Mon D.ieu, comme l’Histoire nous éclaire sur les faux-pas de nos coreligionnaires et nous apprend combien les Juifs doivent, en exil, se tenir loin, très loin du pouvoir et des fondations constitutionnelles de celui-ci. 

Ça s'est passé un 11 août 1919 : Berlin des années vingt, qui do