Débarqué à 34 ans des brumes de sa Hollande natale, Van Gogh découvre la Provence en février 1888.

C'est l'émerveillement.

Cet enfant du Nord est ébloui par les tournesols, les ciels étoilés et les champs s'étendant à perte de vue, brûlés de soleil.

Sa palette va alors changer, il éclaircit les couleurs, sort en plein air avec un chapeau de paille, dépose son chevalet au milieu des blés et, enivré par l'éclat de ces étés méridionaux, il ne cesse de peindre. 

Ça s’est passé un 29 juillet 1890 :  Vincent Van Gogh, le peintr   Ça s’est passé un 29 juillet 1890 :  Vincent Van Gogh, le peintr

Avec frénésie.

La vibration de la lumières du Sud l'enchante tellement qu'il dépose des touches de peinture brutes directement du tube sur la toile, sans passer par le pinceau. Le résultat est stupéfiant. Il ouvre la voie à l'art moderne, sans le savoir.

Ça s’est passé un 29 juillet 1890 :  Vincent Van Gogh, le peintr

Mais Van Gogh, libre de toute « école », peignant « à sa manière », a 20 ans d'avance sur son temps. Et même pour les impressionnistes qui commencent à percer, il est un oiseau rare. Un marginal.


Trop seul, trop différent, trop sensible, le 29 juillet 1890, dans le petit village d'Auvers-sur-Oise, Vincent van Gogh rend son dernier souffle. Il n'a que 37 ans.

Celui qui allait devenir l'un des peintres les plus admirés de l'histoire est parti sans savoir que le monde entier, un jour, s'arrêterait, subjugué, devant ses toiles.

Il aurait été bien étonné, ce jeune homme roux, au regard bon mais tourmenté, qui avait du mal à trouver sa pitance quotidienne, d'apprendre qu'un de ses « Tournesols » se vendrait, près d'un siècle plus tard, au prix record de 39,9 millions de livres sterling (près de 25 millions de dollars) en 1987.

Lui qui ne vendit, de son vivant, qu'un seul tableau : « La Vigne rouge ».


Ce qui bouleverse dans l'histoire de Van Gogh, c'est ce contraste entre l'homme qui a offert au monde certaines des images les plus lumineuses de l'art et qui, personnellement, a vécu une existence marquée par la solitude.

Il écrivait à son frère Théo une phrase qui résume peut-être toute sa vie :

« Je veux toucher les gens avec mon art. »

Né dans une famille croyante et pratiquante — son père était un pasteur protestant —, très tôt, Vincent est habité par une question qui l'habitera toute sa vie : quel est le sens profond de l'existence ?

Avant de devenir peintre, il cherche sa voie. Il travaille dans le commerce d'art, puis devient prédicateur auprès des mineurs pauvres du Borinage, en Belgique.

Il découvre alors la misère humaine, partage les souffrances des plus démunis, donne ses vêtements aux pauvres. Puis il se tourne vers la peinture.

Il peint des paysans, des ouvriers, des gens simples, des visages marqués par le travail ; ses personnages semblent porter une histoire, une fatigue, une dignité.

Ça s’est passé un 29 juillet 1890 :  Vincent Van Gogh, le peintr  


Van Gogh sort complètement de l'académisme, qui prône principalement l'enjolivement plastique du modèle et sa représentation flatteuse.

Il est peut-être le peintre le plus pudique de l'histoire de l'art. Non pas parce qu'il ignorait le corps humain, mais parce qu'il ne chercha jamais à le transformer en objet de fascination.

Chez lui, l'homme n'est pas un corps à admirer : il est une âme à comprendre. 

Ça s’est passé un 29 juillet 1890 :  Vincent Van Gogh, le peintr