Les peuples aiment rattacher leur naissance à une histoire héroïque ou sacrée.
Les légendes fondatrices ne sont pas forcément exactes sur le plan historique, mais elles expriment les valeurs qu'une civilisation souhaite transmettre : courage, liberté, unité, parfois même ruse.
Rome, par exemple, aurait été établie sur un fratricide (Romulus tuant Rémus, son frère jumeau), et Carthage sur l'intelligence politique d'une princesse nommée Didon.
La Suisse, « là-haut sur la montagne », bien entendu, possède elle aussi son narratif.
Selon la tradition, les représentants de trois communautés des Alpes centrales — Uri, Schwytz (ayant donné Schweiz, Suisse) et Unterwald — se seraient réunis sur la prairie du Grütli, au bord du lac des Quatre-Cantons, pour prêter un serment solennel d’entraide et de résistance face à toute tentative de domination extérieure.

Leur alliance se serait scellée principalement pour faire face à la puissance grandissante des Habsbourg.
Le pacte aurait donc été une mesure de précaution face à cette période d'incertitude.
Déjà, dans les prémices des fondations helvétiques, on trouve prudence, anticipation, solidarité (entre eux...) et retrait sur soi-même.
Toute la matière première suisse est déjà là.
Influenceurs célestes
Nos Sages, de mémoire bénie, nous expliquent que chaque peuple possède un ministre céleste, appelé Sar en hébreu. Cette entité spirituelle influencera le peuple sur lequel elle est préposée et modèlera son caractère.
Observons même des pays frontaliers, comme la Suisse et la France. On traverse la frontière, à Annemasse, à Gaillard, et soudain, on est transporté dans un lieu régi par d'autres valeurs, d'autres priorités et une tout autre mentalité.

Et si vous pensez que ce sont les données météorologiques, géographiques, socio-économiques ou même culinaires qui, en fin de compte, déterminent la couleur et les caractéristiques d'un peuple, pas du tout ! C'est exactement le contraire.
C'est ce Ministre d'en Haut qui donne sa spécificité à une nation, sans pour autant, bien sûr, enlever à chaque individu son libre arbitre.
Il y a des scélérats et des gens bien dans toutes les ethnies, comme on a pu s'en rendre compte...
On line
Chacun son pays d'exil et d'influence. Pour l'un, c'est la Suisse, pour l'autre, ce sera l'Italie, pour un troisième, les Balkans.
Nous allons être imprégnés des us et coutumes de l'endroit qui nous a vu naître et grandir. Mais elles ne sont pas structurelles au Juif. C'est un habit.
Le peuple juif, peuple de D.ieu, n'a pas de Sar. Il est en communication (et en communion) directe avec le Saint Béni soit-Il, sans intermédiaire, comme il est rapporté dans la Haggada de Pessa'h, où D.ieu Lui-même nous délivre d'Égypte, sans besoin d'anges, de séraphins, ni d'envoyé.
Un Juif entier, intègre, qui se comporte en conséquence et respecte les 613 Mitsvot, a d'ailleurs sur son visage le rayonnement du divin sur terre.
Tout être humain reconnaît le sceau de la Noblesse sur son visage.
Juif allemand, Juif français, Juif russe, Juif algérien, Juif du monde entier : nous sommes un seul et même tronc, aux branches multiples, diversifiées, et pourtant tellement ressemblantes.
Quel prodige !




