Il y a des gens qui n’aiment pas se laver, mais qui, par contre, sont bien contents d'être propres. Pour cela, ils n’ont pas d’autre solution que de surmonter leur réticence à entrer en contact avec l’eau et à se nettoyer, afin de pouvoir jouir de la propreté. Il existe aussi chez l’homme un désir puissant de se sentir “pur”, désir peut-être plus profond que le simple fait d’être propre physiquement. L’être humain est accompagné toute sa vie par sa conscience, et chacun possède ce besoin psychologique de se débarrasser d’une situation dégradante, honteuse ou “sale”, afin de retrouver le sentiment d’être soi-même. La question est évidemment : comment faire pour nettoyer cette souillure et retrouver ainsi notre pureté originelle, après les erreurs qui pèsent sur la conscience ?

S’il s’agit d’une faute commise envers son prochain, on peut envisager de lui demander pardon, de le dédommager, de lui offrir des présents. Mais parfois, c’est irréparable, ou encore la victime refuse d’accorder son pardon. Compliqué ! Et que faire quand il s’agit d’immoralité ou de débauche ? Vers qui se tourner lorsque l’on regrette nos déviations ? Comment faire taire la petite voix au fond de nous qui ne nous lâche pas et nous rappelle continuellement l’image de la faute ?

Pour cela, la Torah a innové la notion de Téchouva (repentir) et créé le jour de Yom Kippour : un fauteur qui regrette sa faute, la reconnaît verbalement (confession) et décide de ne plus récidiver voit sa faute déracinée et, à la sortie de Yom Kippour, il sortira tout propre. Incroyable ! (Dans le cas où il a causé du tort à une personne, il faudra auparavant s’adresser à la victime et la dédommager.) Rabbi ‘Akiva comparait Yom Kippour à un Mikvé, qui permet à celui qui s’y trempe de se purifier. On comprend dès lors la place privilégiée que, de tout temps, les Juifs ont accordée à ce Jour du Pardon, respecté même par les Juifs les plus éloignés.

En fait, ce sujet de la pureté est au cœur de notre époque, dans laquelle nous sommes inondés à grandes vagues de tout ce qui peut, de près ou de loin, salir notre âme. Les inventions de la photo, puis de la vidéo, et dernièrement d’Internet et du smartphone, ont été exploitées pour ce déferlement de visions impudiques et impures. Leur idéologie se réduisant au néant, les forces du mal n’ont trouvé que ce moyen pour tenter de détruire l’homme, et utilisent des moyens subtils pour le faire mordre à leur hameçon. Conséquence : tout celui qui ne s’est pas posé de solides barrières pour se protéger se retrouve prisonnier, malgré lui, dans les filets de la technologie moderne, sans même prendre conscience des dégâts spirituels occasionnés par ces petits gadgets.

On pourra se consoler en se disant : “Heureusement qu’il existe la Téchouva et Yom Kippour pour nous nettoyer.” Mais pour réaliser ce nettoyage, il faut encore regretter sincèrement nos égarements et accepter de lâcher ce qui nous salit. Sinon, tout l’impact purificateur de Yom Kippour disparaît ! Nos Sages comparent cette situation à une personne impure qui se trempe au Mikvé pour se purifier, mais garde en main le cadavre d’un lézard (qui la rend impure) : une immersion sans aucune valeur.

La Téchouva nous a été donnée afin de pouvoir nous relever, car l’homme a dans son essence des faiblesses et peut parfois chuter. Mais a priori, il est nécessaire de faire un choix clair : soit une vie de Torah et de Kédoucha, soit une vie de décadence morale, qui, au final, nous éloigne de D.ieu. Car le pur et l’impur sont des opposés qu’il est impossible de concilier !

Ketiva Vé’hatima Tova !