A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître Rabbi Na'hman de Breslev, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik de jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod Rabbi Na'hman, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !


Rabbi Na’hman est né un Chabbath, Roch ‘Hodech Nissan de l’an 1772 (5532) dans la maison de son arrière grand-père, le saint Ba’al Chem Tov, dans la bourgade de Mézibouz, en Ukraine.

Le père de Rabbi Na’hman, Rabbi Sim’ha, fils de Rabbi Na’hman d’Horodenka, fut l’un des élèves les plus actifs et connus du Ba’al Chem Tov. Sa mère, Feigua, était la fille d’Adèle, fille du Ba’al Chem Tov. Rabbi Na’hman avait deux frères : Rabbi Yé’hiel et Rabbi Israël « Met » et une sœur, Perl. Ses oncles, frères de sa mère Feigua, étaient de célèbres ‘Hassidim - Rabbi Moché ‘Haïm Efraïm, auteur du « Déguel Ma’hané Efraïm » et Rabbi Baroukh de Mézibouz.

Rabbi Na’hman est né à une période où le mouvement du ‘Hassidisme commençait à décliner. Une semaine après la naissance de Rabbi Na’hman, les Mitnagdim (opposants du ‘Hassidisme) imposèrent à la ‘Hassidout un anathème. Six mois plus tard, le Maguid de Mézéritch, Rabbi Dov Ber, décède, l’élève du Ba’al Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout.

Rabbi Na’hman grandit dans la localité de Mézibouz. A 13 ans, il se marie (comme c’était l’usage à l’époque) avec Chachi, fille de Rabbi Efraïm d’Ossiatin. Le premier élève de Rabbi Na’hman, Rabbi Chimon, qui devint plus tard le Chamach du Rabbi, se rapprocha de lui le jour du mariage du Rabbi. Bien que Rabbi Chimon fût plus âgé que Rabbi Na’hman, il s’enorgueillit : « J’ai quitté tous les Tsadikim âgés et je me suis attaché au "Jungerman", le jeune homme. »

Après son mariage, Rabbi Na’hman s’établit dans la ville de son beau-père, Ossiatin, où il résida 5 ans. Il s’installe ensuite à Médavdivka, où de nombreux élèves commencent à se rapprocher de lui, et parmi eux, Rabbi Dov, Rabbi Chmouel Eizik, Rabbi Youdel, Rabbi Aharon Harav et Rabbi Yékoutiel, le Maguid de Tirowits qui devinrent les élèves les plus célèbres de la ‘Hassidout.

Rabbi Na’hman a eu huit enfants, six filles et deux garçons. Mais seules quatre de ses filles restent en vie : Adèle, Sarah, Myriam et ‘Haya. Myriam s’installe en Erets Israël en 1809, où elle décède sans laisser de descendant.

En 1798-1799, Rabbi Na’hman entreprit un grand voyage à destination d’Erets Israël. En 1800, peu de temps après le mariage de sa fille Adèle, il s’établit dans la ville de Zlatipoli, et, par la suite, à Breslev, l’été de l’année 1802.

Peu de temps après avoir emménagé à Breslev, Rabbi Nathan se rapprocha de lui, et il devint son élève attitré et le plus actif. Rabbi Nathan habitait dans la bourgade voisine de Breslev, Némirov. Bien que sa famille fît partie des opposants à la ‘Hassidout, Rabbi Nathan fut attiré par le service divin des ‘Hassidim et leur attachement au Créateur du monde. Avec son ami, Rabbi Naftali, Rabbi Nathan se rendit à Breslev pour rencontrer le Rabbi. L’attachement de Rabbi Na’hman à son Créateur et ses cours inspirèrent beaucoup les deux hommes, ce qui les incita à se joindre au groupe des ‘Hassidim du Rabbi. Par la suite, ils furent tous deux les hommes les plus importants de la ‘Hassidout.

La fille de Rabbi Na’hman, Sarah, se maria en 1803, et Myriam, en 1805. Sa fille ‘Haya se maria après la mort de Rabbi Na’hman.

Pendant l’hiver de 1807, Rabbi Na’hman se rendit dans les villes de Noveritz, Douvna, Brodi et Zaslov. A Zaslov, où Rabbi Na’hman résida pendant la fête de Chavou’ot, sa femme décéda. Avant Roch Hachana, il prit pour épouse la fille de Rabbi Yé’hézkel Trakhtenbourg de Brodi. Peu de temps après son mariage, il contracta la tuberculose, des suites desquelles il meurt trois ans plus tard.

En 1808, Rabbi Na’hman se rendit dans la ville de Lamberg pour y subir un traitement médical. Pendant qu’il y séjourna, la première partie de son célèbre ouvrage, le « Likouté Moharan », voit le jour. A cette même époque, il se met à raconter les histoires célèbres et expose au public le « Séfer Hamidot » qu’il avait écrit à un âge précoce, à 7 ans (nommé par les ‘Hassidim, « Séfer Haalef Beth ») !

De retour de Lamberg, Rabbi Na’hman continua à résider à Breslev pendant deux ans, au cours desquels il exposa le « Tikoun Haklali » célèbre auprès du public, et poursuivit son étude en profondeur devant ses fidèles.

La tuberculose continua à s’attaquer aux poumons du Rabbi sans relâche, ce qui l’affaiblit considérablement. Il comprit que sa fin approchait, c’est pourquoi il décida de s’installer à Ouman, le lieu où il avait décidé de se faire enterrer. Rabbi Na’hman avait pensé au départ à se rendre en Erets Israël, mais il craignait ne pas tenir le coup pour ce long périple. Il souhaitait aussi que ses ‘Hassidim aient un accès à sa tombe, ce qui n’aurait pas été le cas s’il s’était fait inhumer en Erets Israël. C’est pourquoi il choisit la ville d’Ouman, où plus de 20 000 Juifs s’étaient sacrifiés en sanctifiant le Nom d’Hachem, assassinés par Yvan Gotna et les Cosaques en 1768. Rabbi Na’hman dit : « De nombreux martyrs sont enterrés à Ouman, et il sera bénéfique de reposer parmi eux. » Rabbi Nathan a dit à ce sujet (‘Hayé Moharan) : « Ouman, le lieu choisi de son vivant… il était bénéfique d’y reposer parce qu’il y avait eu un grand et célèbre Kidouch Hachem. »

En 1810, le soir de Chabbath de Roch ‘Hodch Iyar, un grand feu qui éclata à Breslev brûla toute la maison du Rabbi. Le mardi suivant, le Rabbi se rendit dans la ville d’Ouman. Une semaine avant, il avait envoyé Rabbi Méir pour s’occuper de lui trouver un logement à Ouman. Le dimanche, immédiatement après l’incendie, un messager arriva d’Ouman et annonça qu’ils étaient heureux et satisfaits d’accueillir le Rabbi dans leur ville, et de mettre également à sa disposition un bel appartement. Avant de partir pour Ouman, en franchissant le seuil de sa maison, il se tint debout à côté de la Mézouza, y posa sa main et déclara : « Assurez-vous de vous rassembler et de prier ensemble, car si vous priez avec ferveur, vous pourrez peut-être me faire revenir ici. »

Rabbi Na’hman arriva à Ouman le 9 mai 1810. C’est là qu’il prononça son célèbre adage : « Il n’y a absolument aucun désespoir dans le monde ! » [« Ein Yéouch Ba’olam Klal »], c’est là-bas également qu’il ordonna à ses ‘Hassidim de venir sur sa tombe le jour de Roch Hachana : « Que personne ne soit absent ! »

« En chemin, relate Rabbi Nathan (‘Hayé Moharan), avant d’entrer à Ouman, à côté de la ville, il raconta une histoire sur le Ba’al Chem Tov : un jour, le Ba’al Chem Tov se rendit quelque part, il se trouvait dans un état d’extrême tristesse, de profond désarroi, et on voyait qu’il broyait du noir, mais qui pouvait l’interroger à ce sujet ? Il en fut ainsi pendant un jour et demi. Ensuite, la veille du Chabbath, après l’heure de ‘Hatsot, le B’aal Chem Tov ordonna que l’on fasse venir chez lui tous les invités se trouvant dans la ville, pour qu’ils partagent son repas du Chabbath. On ne trouva pas beaucoup d’invités, seuls deux invités arrivèrent chez lui. On apprit que le Ba’al Chem Tov débattit avec eux, et Rabbénou affirme ne pas se souvenir parfaitement de l’histoire, mais en résumé : il se trouvait là-bas des âmes d’il y a 300 ans, qui n’arrivaient pas à monter dans les mondes supérieurs, et, à l’arrivée du Ba’al Chem Tov, toutes ces âmes se rassemblèrent autour de lui, espérant qu’un homme tel que lui puisse leur donner leur Tikoun, leur réparation, et telle était la source de sa tristesse : ce sujet lui était très pesant. Le problème était qu’il était impossible de leur faire un Tikoun à moins qu’il ne meure, et cette pensée lui était difficile à accepter, d’où la raison de sa mélancolie. Le Saint béni soit-Il invita ces deux hommes, et par ce biais, le Ba’al Chem Tov fut sauvé, car ces deux hommes ont reçu un Nézek, une nuisance par ce biais. »

Après le décès du Rabbi, Rabbi Nathan relata (« ‘Hayé Moharan ») : « Il doit principalement sa disparition à ces martyrs morts là-bas, de ce que nous avons compris de ses propos à Ouman, où il y a des myriades d’âmes à faire monter. Le deuxième jour également, premier jour de ‘Hol Hamo’èd de Souccot, un jour avant son décès, il me dit : "Te souviens-tu de l’histoire que je t’avais racontée ?" Je lui demandai : "Quelle histoire ?" Il me répondit : "L’histoire du Ba’al Chem Tov que je t’ai racontée au moment d’entrer à Ouman [histoire susmentionnée]." Je lui répondis par l’affirmative. Il poursuivit : "Cela fait bien longtemps que leurs regards sont posés sur moi pour me prendre ici. Il n’y a pas des milliers d’âmes ici, mais des myriades et des myriades." La nuit suivante, il évoqua également cet incident et répéta combien de saints se trouvaient ici. Il ajouta : "Pourquoi vous inquiéter après que je serai parti avant vous ? Ce sont des gens qui font partie des nôtres qui sont morts auparavant, ils étaient anxieux, mais vous, sachant que je pars avant vous, ne devez rien craindre. Si les âmes qui ne me connaissaient pas du tout espéraient mes Tikounim, à plus forte raison, vous-mêmes."

Le mardi 18 Tichri, deuxième jour de ‘Hol Hamo’èd Souccot, vers le soir, en 1810, Rabbi Na’hman rendit son âme et fut inhumé le lendemain à l’ancien cimetière d’Ouman, au lieu qu’il avait choisi de son vivant.

Pendant les six mois où il résida à Ouman, il s’occupa de rapprocher des Juifs qui s’étaient totalement éloignés de la religion et n’étaient pas prêts à entendre quoi que ce soit sur le judaïsme, la religion, ou le Maître du monde, jusqu’à leur rencontre avec Rabbi Na’hman, dont ils se rapprochèrent. Il avait alors déclaré : « Si les grands ne suivent pas mes traces, je suis obligé de me tirer vers les faibles. Peut-être pourrais-je en faire de bons Juifs ! »

De nos jours, de nombreux Juifs découvrent leurs traditions et leurs racines juives grâce à Rabbi Na’hman. C’était peut-être l’intention du Rabbi lorsqu’il a dit : « J’ai gagné et je gagnerai, j’ai fini et je finirai. »

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