On a enquêté sur cette figure de géant, Rabbi Shlomo Yéhouda Beri surnommé le "Yénouka" âgé d'à peine 32 ans et dont la personnalité a secoué une bonne frange du monde religieux. Quelques années après s'être fixé à Richon Létsion, il se mit à donner des cours. Depuis lors, une foule d'hommes curieux afflue à ses cours. Enquête.

Troisième bougie de 'Hanouca. La salle de fête Michkan Its'hak à Jérusalem est bondée, pas une place de libre. Des centaines de Bné Torah, des Avré'him et des élèves de Yéchivot ont afflué ici en masse. Ils lèvent les yeux vers la table où est assis le prodige, attendant d'assister à une scène extraordinaire qui semble émerger des générations passées.

Les premières rangées sont occupées par des Rabbanim et des enseignants de premier ordre. Ils sont également venus pour toucher de près à ce phénomène. Derrière eux, des Avré'him de tous les âges. Ils s'installent bien et caressent leur barbe, impatients et pleins d'espoir. Au fond de la salle, des centaines de Ba'hourim se pressent debout  sur des tribunes préparées à l'avance pour accueillir la foule. Pour une partie d'entre eux, ce sera la première fois qu'ils viennent écouter le "Yénouka". L'émotion est palpable dans l'air.

Il fait son entrée avec les épaules voutées. Son costume est boutonné, et son visage est rivé au sol. L'un des Talmidé 'Hakhamim (érudit en Torah) présent reçoit l'honneur d'allumer les bougies de 'Hanouca. Les flammes qui s'élèvent de la 'Hanoukia forment une danse joyeuse. Leur danse magique ajoute une dimension à cette ambiance électrisée. Un profond silence s'installe dans l'assemblée. Il ne faut pas beaucoup pour maîtriser le niveau du son du public. Tous attendent avec impatience d'écouter le prodige s'exprimer, et tout le public est de connivence pour faire régner le silence. Quelques instants de silence palpable s'installent. Un silence fait de tension, divisible en millions de petites unités de tension et de curiosité. Ce silence semble éternel, mais ne dure en réalité que quelques secondes. Puis, il est brisé.

La voix qui s'élève depuis le Mizra'h (le côté est) est faible et modeste. On y détecte facilement la gêne. Il ne se sent pas digne de se tenir devant une telle foule, dont des Talmidé 'Hakhamim assis devant lui. Peu à peu, au fur et à mesure des minutes qui s'écoulent, il se déconnecte de la réalité où il se trouve, et plane avec ses auditeurs entre les pages de la Guémara et sa voix s'affirme.

Ce n'est pas uniquement la Guémara. Le Talmud de Jérusalem est également mentionné, ainsi que le Sifri et Safra, le Midrach Rabba, les récits agadiques, les Richonim et les A'haronim, le Zohar, les écrits du Ari zal, des textes de 'Hassidout, des ouvrages de Halakha anciens et des décisionnaires contemporains. Le Yénouka tient à citer la source précise de chaque verset, citation ou avis. Il ne se suffit pas du nom du livre, il cite la page, la version où figurent les propos, et les diverses alternatives figurant dans des versions différentes. La curiosité de la foule grandit et se transforme en stupéfaction. Ils sont captivés, tendant le dos et le cou pour saisir chaque mot. Ils n'ont jamais assisté à un tel phénomène, où toute la Torah est citée par cœur, comme si l'homme assis en face d'eux l'avait étudiée pendant des centaines ou des milliers d'années. 

Outre ses connaissances approfondies et insaisissables, les auditeurs sont attirés par la magie de son amour de la Torah. Il évoque la Torah avec fierté et joie, tel un diamant qui n'a pas son égal dans le monde. C'est le sommet de ses aspirations, de son désir ardent qui unit en lui la matérialité et la spiritualité pour parvenir à une perfection de la création. Avec lui, ses auditeurs s'élèvent vers les hauteurs.

Il commence ses propos par une explication de la source des miracles s'étant déroulés à chaque génération. De là, il entre dans la profondeur des règles de Touma et Tahara (impureté et pureté). Il dirige ensuite le navire vers l'idée de l'honneur de l'image divine qui se trouve en chaque homme. Les concepts défilent à la vitesse d'un film muet, les sources aussi défilent à un rythme étourdissant, et les auditeurs demeurent saisis. 

Il est important pour lui qu'ils emportent avec eux un message clair, afin que ses propos de Torah débouchent sur une Halakha dotée d'un aspect pratique. De ce fait, il les encourage, comme à son habitude, à développer leurs bons traits de caractère : tous les malheurs s'abattent sur le monde du fait que l'homme ne respecte pas son prochain. Il faut respecter chacun, et en particulier, les parents, les Sages et les anciens. Le contraste entre la profondeur par laquelle il exprime les choses et les messages simples qu'il répète comme une Halakha à appliquer, est frappant. C'est pour cette raison qu'il est prêt à donner cours, et à sortir de son confort. Il n'est pas là pour donner un spectacle magique de Torah. Il a un seul but : renforcer les gens et les inciter à effectuer un travail sur soi.

Pour ceux qui pensaient qu'un cours sur le respect à accorder aux créatures et le développement des bons traits de caractère est le seul apanage des conférenciers, le Yénouka ouvre un nouvel horizon passionnant. Il base ses propos avec un génie incroyable à partir des lois de Touma et de Tahara, et en vérité, de toutes les parties  de la Torah. Il rassemble tout son savoir intarissable afin de véhiculer ce message vital.

« Respectez vous les uns les autres »  

Cette magie dure deux heures. Deux heures sans interruption. Sur sa table on ne trouve ni ouvrage, ni feuilles ni même un bloc mémo. Il cite tout de mémoire. Tout en donnant cours, il trouve de nouveaux 'Hidouchim. Cette source d'eau vive ne cesse pas un instant. Vers la fin du cours, il conclut par des énigmes avec des valeurs numériques. Il intègre tout ce savoir phénoménal pour créer un raisonnement génial, dont le but est de transmettre des messages et des idées de Halakha à appliquer au quotidien.

À la fin de ses propos, le silence continue, comme mû par la force de l'inertie. Aucune mouche n'ose troubler ce sentiment de s'être tenu au Mont Sinaï. Au départ, la foule continue de l'observer, abasourdie, puis pour la première fois de la soirée, chaque spectateur scrute l'expression du visage de ses voisins, tous encore sous l'emprise du choc.

Celui qui pensait que la scène était finie, se trompe. Après avoir divulgué ses forces dans la Torah dévoilée et la Torah ésotérique, dans la Halakha et la Agada, le Moussar (éthique juive) et la 'Hassidout, les mathématiques et la pensée juive, il s'assoit devant le piano apporté spécialement par l'un de ses élèves, et se met à jouer. Il joue une mélodie émouvante avec brio. Avec des musiciens célèbres, à la tête desquels se trouvent ses élèves, le 'Hazan Rav 'Haïm Eliézer Hershtik, et le violoniste international Daniel Aviel, il joue avec ferveur des chants de 'Hanouca et d'amour de Hachem. Comme il en a l'usage, il célèbre la fin de l'étude d'un traité et toute l'assemblée célèbre cette occasion joyeuse de Mitsva, en une scène qui semble extraite de mondes presque imaginaires.

Même après la fin de cet intermède musical, il ne quitte pas encore les lieux. Il s'assoit à sa place et l'un après l'autre, des hommes viennent lui parler, le voir de près. Ce sont d'abord les Rabbanim qui s'adressent à lui. Le sujet de ces discussions n'est pas seulement les Souguiot (thèmes du Talmud) évoquées en cours. Certains échangent avec lui des idées sur des Souguiot complexes qu'ils étudient eux-mêmes. C'est ensuite au tour des Avrékhim et des élèves des Yéchivot de venir lui parler, ils lui posent des questions et des 'Hidouchim sont échangés. Une ambiance d'étude conquiert la salle. Le silence qui a caractérisé ces dernières heures est rompu, et des flammes l'emplissent de toute part. Chacun recevra une oreille attentive, et un accueil bienveillant. Le Yénouka attendra jusqu'au dernier Juif désirant lui parler, même si, à cet effet, il se voit contraint de rester jusqu'aux petites heures de la nuit.

Errances

Enfance difficile en Espagne

Rabbi Chlomo Yéhouda Beri, surnommé par ses proches et ses admirateurs, le Yénouka n'a pas encore 32 ans et conquiert déjà une place de choix dans le cœur de nombreuses personnes. Depuis la première fois où il quitta les limites du quartier où il réside, il s'est créé une réputation  de génie, et de nombreuses personnes s'interrogent sur sa personnalité et sur son parcours.

Il est né en Israël au mois d'Iyar 5748 après de longues années d'attente. Ses parents le nommèrent Chlomo Yéhouda au nom de ses deux grands-pères : Chlomo du côté de son père et Yéhouda du côté de sa mère. Son grand-père, Rabbi Chlomo était un descendant d'une illustre famille de Sages en Torah du Yémen, et son beau-père était le fils du Ba'al Hasadé, le Mékoubal Rabbi Chaoul Davik Hacohen, qui fut sa 'Havrouta pendant plusieurs années.

L'enfance de Chlomo Yéhouda n'a pas été du tout une enfance ordinaire. Son défunt père était un homme intègre, compatissant et modeste qui souffrit beaucoup au cours de sa vie et traversa de nombreuses épreuves. Au cours de la Guerre du Liban, il contracta une maladie rare qui entraîne entre autres la chute des cheveux et d'autres souffrances sévères. En dépit de tout, il tentait toujours d'aider autrui et d'accueillir chacun avec bienveillance, et n'a jamais confié à d'autres personnes ses souffrances.

En-dehors de ces souffrances physiques, l'état des finances de la famille était dramatique, et mettre du pain sur la table était devenu parfois impossible. Le Yénouka révéla un jour qu'à certaines périodes, ils se suffisaient d'une tranche de pain avec du fromage pour le repas du Chabbath. Au vu de la situation, un membre de leur famille leur proposa une affaire en Espagne. Privés de choix, ils acceptèrent cette offre et la famille partit s'installer dans l'ancien quartier juif de Gérone en Espagne, lieu de naissance du Ramban et de Rabbénou Yona. Plus tard, ils déménagèrent à Sybille, Espagne, puis séjournèrent pour de courtes périodes dans d'autres pays. 

Ces errances dans des pays étrangers ne furent pas simples. Mais en dépit de toutes ces difficultés et de ces errances, ou peut-être en raison de celles-ci, l'enfant acquit un mode de vie prodigieux par rapport à son âge. Dès son enfance, il levait les yeux au Ciel pendant de longues heures, et parlait avec Hachem en libérant tout ce qu'il avait sur le cœur. Il révéla plus tard que cette solitude qui l'accompagna pendant de longues périodes est ce qui le conduisit déjà à comprendre qu'il n'avait personne dans le monde à part le Créateur.

Dès l'âge de cinq ans, il commença à étudier le 'Houmach et les Michnayot par cœur et à lire avec avidité tous les livres de Tsadikim qu'il trouvait. Il exploitait chaque instant pour l'étude de la Torah et la lecture. À chaque endroit où il fut contraint d'errer, il emporta avec lui des ouvrages de Kodèch. Sa soif d'étudier et de comprendre augmentait d'un jour à l'autre. Le fait que pendant de longues périodes, il n'eut pas d'amis de son âge l'entraîna à se plonger totalement dans les livres. Tout son monde s'y trouvait. Au lieu d'amis pour jouer au ballon et à d'autres jeux de son âge, il admirait les qualités des Tsadikim des époques antérieures. 

Lorsque son père vit son dévouement et son étude assidue de la Torah, il se mit à économiser pièce par pièce afin de pouvoir lui acheter tous les livres de Kodèch qu'il put se procurer avec beaucoup de dévouement. Plus d'une fois, il économisa son propre pain à cet effet. L'enfant qui avait bien saisi l'état des finances de ses parents, ne demanda rien et refusa même de dire à ses parents quels livres il avait besoin pour son étude. Un jour, son père l'appela et implora son fils de lui révéler les titres des livres dont il avait besoin et l'enfant se plia.

Enfant, il prit sur lui d'appliquer tout ce qu'il apprenait avec une immense précision. Il composa une prière spéciale afin qu'il mérite de retenir et d'appliquer tout ce qu'il avait appris. Dès qu'il voyait un 'Hidouch, il l'inscrivait dans un cahier spécial. Il a en sa possession des 'Hidouché Torah qu'il a écrit au tendre âge de six ans.

Le Yénouka possède un nombre non négligeable de rares écrits de Kodèch. Parmi eux, des manuscrits de Rabbi Chalom Chabazi, Rabbi 'Haïm Sinvani, Rabbi Nathan de Breslev, l'ouvrage Lévouché Charad avec les commentaires à la main de l'un des géants de Brodi, un manuscrit du 'Hozé de Lublin, le Séfer Hataniya qui appartenait au dernier Admour de la dynastie 'Habad, etc. Il collecta ces trésors au fil des années où il erra avec sa famille dans divers pays. Contrairement à l'usage de la majorité des collectionneurs, il confia des objets de valeur à la garde de ses élèves, en s'expliquant ainsi : « L'essence de l'homme est d'être utile à son prochain. » Il se conduit ainsi dans toute sa vie, et le meilleur exemple est ces objets les plus précieux qu'il possède et partage.

Dans le cadre de la préparation de cet article, j'ai découvert une lettre émouvante qui offre un point de vue rare sur le monde de l'enfant et le système relationnel particulier instauré entre lui et son père. Il implore son père de retourner en Israël afin d'y grandir en Torah. Il comprend le besoin de ses parents de ses errances pour trouver une subsistance, mais il préfère retourner en Israël pour se donner tout entier à l'étude de la Torah. Il écrit à son père : « Sache que je suis ton jeune fils, je prie toujours pour toi…que D.ieu, loué soit-Il, te bénisse et t'épargne tout mal…alors que tu te trouves en terre étrangère…toi, avec la grande lumière que tu as, le soleil qui éclaire l'obscurité…ton cœur est pur…qui pourrait décrire tes qualités...»         

L'un de ses proches se remémore une histoire incroyable de l'époque de l'enfance du Yénouka. « A l'âge de neuf ans, un homme d'affaires, qui était en relation d'affaires avec son père, arriva chez eux afin de lui exposer une transaction qui s'avérait intéressante. Son père entretenait de bonnes relations avec lui depuis un certain temps, et les deux hommes se rencontraient souvent. L'une de ces rencontres eut lieu à leur domicile. Le père qui entra avec cet homme à la maison, vit son fils penché sur un livre, comme à son habitude. L'enfant les remarqua et se replongea de suite dans son livre. Au terme de cette dernière rencontre, l'enfant inquiet aborda son père et lui expliqua que l'homme en question n'était pas honnête et pouvait leur porter un grand préjudice. Le père, qui admirait le sens du jugement de son fils, prit ses distances avec cet homme, et tenta même de mettre un terme à leur relation. Peu de temps après, les méfaits de l'homme furent découverts et preuve fut faite que l'enfant avait eu raison. »

Le génie

Correspondance avec des décisionnaires 

Peu de temps après sa Bar Mitsva, et il poursuit cet usage depuis lors, il prie au Nets (à l'aube) et entame de suite ses longues sessions d'étude. Un jour, après la prière du Nets, il prit place pour étudier comme à son habitude, avec une pile de livres, dans un coin de la synagogue, tout entier plongé avec ardeur dans l'étude de la sainte Torah. Le Gabaï de la synagogue, qui s'aperçut de son assiduité hors pair, et de son grand amour de la Torah, mit à sa disposition les clés de la synagogue afin qu'il puisse y étudier lorsqu'il le désirait. Tout en parlant avec lui, le Gabaï remarqua que le jeune homme examinait un livre sur la Kabbale. « Tu es encore jeune, pourquoi étudies-tu de tels ouvrages ?» lui demanda-t-il sur un ton colérique et ajouta : «Tu as beaucoup à apprendre d'abord !» s'exclama-t-il tout en retirant le livre des mains de Chlomo Yéhouda. Le jeune homme tenta de persuader le Gabaï de le laisser poursuivre son étude, mais ce dernier resta sur sa position : le moment n'était pas encore arrivé. Chlomo Yéhouda, qui aspirait à poursuivre l'étude du passage qu'il étudiait, répondit au Gabaï, privé de choix : « J'ai déjà étudié les ouvrages qu'il faut avant ce livre-là.» Le Gabaï entendit la réponse, mais ne céda pas. Il émit une condition : « Je vais d'abord te tester, et si tu réussis l'examen, je te rends le livre.»     

L'homme prit un traité de Kétouvot, l'ouvrit au hasard et lui demanda : « Que dit le Tossefot à telle page, en haut de la page ? » 

Le Gabaï esquissa un demi-sourire, et s'apprêta à refermer la Guémara et à rentrer à la maison après avoir bien remis en place le jeune homme comme il fallait. Mais quelques instants plus tard, il allait recevoir le choc de sa vie. Chlomo Yéhouda commença à réciter de tête tout le Tossefot mot à mot. Mais il ne se suffit pas de cela, il analysa la Souguia de sorte que même le Gabaï put comprendre de quoi le Tossefot parlait. Le Gabaï tenta de dissimuler quelque peu sa surprise, et fit semblant de n'avoir pas été convaincu. Il se pressa de chercher un autre traité de la Guémara. Il sortit les Tourim, les Minchayot, le Talmud de Jérusalem, le Tanakh, le Rambam, les Responsa et tout livre qu'il trouva. Lorsqu'il eut fini de tester le jeune homme sur tous les livres de la synagogue, il se laissa convaincre de donner au jeune homme le livre qu'il désirait étudier. Il relata par la suite qu'il ne réussit pas à trouver le sommeil pendant plusieurs nuits d'affilée après cette scène.

Le Gabaï, qui n'avait pas été préparé à ce qui l'attendait ce jour-là, présenta ses excuses au jeune homme. Par la suite, il lui offrit un beau cadeau qu'il avait obtenu de manière miraculeuse : un livre du Tanya qui avait appartenu au dernier Admour de la dynastie des Loubavitch, dans lequel il avait étudié des dizaines d'années. Il ajouta en s'adressant avec émotion au jeune homme : « Si tu as besoin de n'importe quel livre, demande-le moi et je te l'obtiendrai.» Le jeune homme baissa la voix et demanda une seule chose : « Ne raconte à personne ce que tu as vu.» 

Pendant quelques années, le Gabaï réussit à garder le secret du jeune homme. L'un de ceux qui connaissait le jeune génie était le vénérable Gaon, le 'Hakham Guédalia 'Haïm, qui étudia avec lui pendant plusieurs années en 'Havrouta. De même, le Mékoubal 'Hakham Avraham 'Haï l'admirait beaucoup et en dépit de son âge avancé, avait l'usage de lui rendre visite tous les jours. Lorsqu'il était jeune, peu de temps après sa Bar Mitsva, il avait l'usage d'éclaircir des Souguiot de Halakha avec le décisionnaire, le Gaon Rabbi Moché Halberstam qui s'étonna beaucoup de son intelligence et de sa force dans l'étude de la Torah. Il aimait tellement le jeune homme qu'il lui offrit un livre en cadeau.

Comme c'est l'usage, peu à peu, la rumeur se répandit. Au départ, seuls les Talmidé 'Hakhamim s'échangeaient le nom et l'adresse du jeune génie qui connaissait toutes les parties de la Torah. Pendant une certaine période, il donnait des cours à un groupe restreint de Talmidé 'Hakhamim. Ses cours regorgeaient d'idées profondes. Ses auditeurs attestent que ses propos restèrent gravés dans leur cœur et sont encore marqués jusqu'à aujourd'hui.

Les cours

Citations et sources au pied levé

Il commença à donner des cours dans la région où il vit, alors qu'il n'avait que quinze ans. Plus tard, à l'âge de 18 ans, on lui demanda avec insistance de donner cours à Jérusalem. Au cours de ces années, le Rav donna des centaines de cours exclusifs sur tous les sujets de la Torah, à chaque fois sur un autre sujet en fonction du public. Un grand nombre de thèmes étaient choisis par le public ou autour de questions posées pendant le cours. Chacun de ses cours était riche de contenu passionnant et d'idées profondes. Son public ne faisait qu'augmenter et un grand nombre de ses auditeurs venaient d'autres régions. C'est à cette période qu'on avait commencé à le surnommer le Yénouka, au nom du titre prestigieux du Zohar attribué à celui qui connaît toute la Torah avant même de devenir un homme. 

Avant même de fêter ses vingt ans, un cercle d'admirateurs s'était déjà formé autour de lui. L'un d'eux, un Juif qui est un puits de science, raconte : « Je l'ai vu la première fois à un mariage à Bné Brak il y a environ dix ans. Je ne le connaissais pas, je n'avais même jamais entendu parler de lui. Ce qui m'avait frappé, c’était de voir un homme jeune, assis à une table ordinaire, même pas à la table d'honneur, et environ 20 hommes attendaient leur tour pour lui parler. Il est courbé, a une petite barbe, ressemble à un enfant, et des 'Hassidim, des Séfarades et des Ashkénazes attendent une heure entière afin de lui parler. C'était très bizarre à mes yeux. Je ne suis pas naïf, on ne peut pas me mener en bateau. Je reconnais qu'au début, cette scène m'a fait un peu rire. »

Il décrit une sorte de test qu'il fit passer au Yénouka. Il attendit son tour pour parler au jeune prodige de vingt ans. Une fois son tour arrivé, il lui posa toutes les questions difficiles qu'il avait accumulées depuis des années. « J'ai reconstitué des questions sur divers thèmes dans le Chass. J'eus suffisamment de temps de faire la file pour préparer des questions dans Zrayim et jusqu'à Téhorot. Dès que ce fut mon tour, je lui posai mes questions. Au départ, je crus qu'il n'avait aucune idée de quoi je parlais. Il hocha à peine la tête – qui était rivée au sol. De temps en temps, il levait la tête pour m'observer. Il n'intervint pas une seule fois et ne donna pas son avis. Lorsque j'eus fini de l'interroger, il se réveilla, et me bombarda de réponses avec des citations de toutes les parties de la Torah. J'étais sous le choc. J'avais mentionné des sujets difficiles, et cet "enfant" de vingt ans me répondit au pied levé. Depuis, je me considère comme son élève. »

Le Yénouka refuse de construire sa propre synagogue et communauté. « Au final, il s'agit d'un Avrekh d'une trentaine d'années, il ne se sent pas digne de diriger des Juifs de soixante ans. »

Pureté

Miracles 

L'un de ses proches nous dévoile un pan de la personnalité du Yénouka. « Il y a sept ans, j'ai fait un vaste travail de résumé sur les lois de Ta'arovot (mélanges). Il me manquait des références et des sources, et de plus, je voulais présenter une approche exclusive et citer des faits issus des grands maîtres d'Israël. Lorsque je sentis que les choses étaient bloquées, je m'adressai à un grand érudit qui me dirigea vers le Yénouka. Lorsque j'arrivai à son cours, je vis d'abord un Talmid 'Hakham doté de bonnes Midot et de pureté. Il s'exprime avec bienséance, avec humilité et explique ses propos patiemment et posément, de sorte que toute personne qui l'écoute comprend ce qu'il dit et quitte les lieux muni d'idées et d'ustensiles à appliquer dans son quotidien. J'ai compris ensuite que c'était son but : transmettre à tout le monde ce qu'il possède, afin que tous réussissent, progressent et s'élèvent en tout lieu et en tout temps, tel est le but des cours qu'il dispense. Autour de cela et à cet effet, il rapporte toutes les informations et les sources. Ainsi, chacun a les instruments pratiques pour l'application de la Halakha. » 

« Lorsque je l'abordai avec mes questions à l'issue du cours, il m'accueillit aimablement, comme si nous nous connaissions depuis de longues années. Après avoir écouté et compris mes questions, il me posa néanmoins quelques questions pour vérifier que je n'avais pas eu honte de l'interroger. Ensuite, il m'expliqua patiemment et avec un génie extraordinaire tout ce que je désirais savoir, tous les sujets, toutes les sources, les faits et tous les doutes. Il me conseilla des ouvrages dont pour une partie, je n'avais jamais entendu parler. Il prit une feuille et du papier et m'inscrivit patiemment tous les points mentionnés. Je me souviens d'avoir quitté les lieux, ébloui et ému. Je ne me souviens pas d'avoir éprouvé un tel sentiment. Ces propos me firent une impression très forte, et je vis alors l'incarnation de la Torah et des Midot (bons traits de caractère) en un seul homme. » 

J'essaie de comprendre la particularité des cours du Rav, en-dehors de la faculté extraordinaire de citer des passages de toute la Torah, et mon interlocuteur s'enthousiasme : « A chaque endroit où tu vas, il y a un sentiment d'appartenance à un courant particulier ou à un groupe particulier. Chez le Yénouka, tout le monde a le sentiment qu'il est attaché à tout le monde et qu'il n'y a vraiment aucune différence entre tout Juif et tout courant. Il faut le ressentir pour le comprendre, mais je vais tenter de m'expliquer davantage : lors de la Hiloula de Tsadikim, le Rav évoque la Torah du Tsadik en question, ses usages, sa manière d'être, sa vie et ce qu'il a vécu. Le Rav est spécialiste, de manière rare, de tous les récits sur les Tsadikim de tous les lieux, de tous les courants et de toutes les époques. 

« Lorsque le Rav parle d'un certain Tsadik, il te fait revivre la période où il vécut. Tu as le sentiment d'être déconnecté et de te trouver également en présence de ce Tsadik, ce grand maître, avec cette grande figure historique. Tu sens vraiment un attachement à lui. Afin de te faire accéder à ce sentiment, le Rav doit bien sûr être attaché à eux. Et on le voit avec tous les Tsadikim, les Prophètes, les Tanaïm, les Amoraïm, le Rambam, le Ari zal, le Gaon de Vilna, le Ba'al Chem Tov, le 'Hazon Ich, le Gaon de Rogotchov, tous les Tsadikim. Tous sans exception. Les Lituaniens, Séfarades, les décisionnaires, les Admorim, le Rav est attaché à chacun d'eux. Il fait la jonction entre tous les courants, car tous ont eu l'intention de nous conduire vers le même Hachem, le D.ieu unique. »   

La Brakha

Les pierres construisent une ville

Le député Moché Aboutboul, anciennement maire de Beth Chémech, décrit la relation entre le Yénouka et l'essor de la construction immobilière à Beth Chémech. « Celui qui m'a fait rencontrer le Yénouka est le fils de l'ancien député, Rav Mosès. Je me suis rendu à son cours à Richon Létsion et j'ai été très impressionné d'entendre son cours et de voir le groupe formé autour de lui. À l'issue du cours, j'allai le trouver et lui racontai que divers groupes écologiques me faisaient des problèmes, déposaient des recours au tribunal pour entraver la construction à Beth Chémech. Or, c'est pour cette raison que j'avais été choisi pour diriger la ville, en tant que mandataire des grands Sages de la Torah, afin de construire des appartements pour le public orthodoxe. Je lui expliquai que ces groupes entravaient ma mission. »                                   

« Le Rav me répondit quelque chose de très étonnant : il me dit que le "maire spirituel" de Beth Chémech se trouve à côté de moi, et il s'agit de Chimchon Haguibor. Chimchon, me dit le Rav, vient du terme Chémech (soleil), et il est enterré sur une montagne en face de la ville de l'ancienne localité de Beth Chémech. Le Rav me demanda de m'y rendre et de prendre une poignée de pierres autour de la tombe et de les lancer aussi loin que possible. "Plus tu les lanceras loin, plus tu pourras construire dans un espace plus grand. »

Aboutboul s'y rendit et après une lecture de Téhilim, obéit à l'injonction du Yénouka. « Je lançais les cailloux aussi loin que je pus. Et voyez ce miracle : dès ce jour, tout se résolut, à chaque endroit où je me rendais pour lutter contre les oppositions à la construction, on me fit confiance. Les tribunaux commencèrent à accepter nos arguments, et permirent la construction destinée aux orthodoxes. Grâce à cette Ségoula et à la Brakha de grands maîtres, le Rav 'Ovadia, le Rav Eliachiv, le Rav Steinman, le Rabbi de Belz et d'autres grands maîtres en Torah, nous réussîmes à atteindre le but que nous nous étions fixés. Il y a un an et demi, j'ai rencontré le Yénouka lors de la Hiloula de Chimchon Haguibor sur la tombe. Un immense cours de Torah y avait lieu, en présence d'une grande foule. Je lui racontai l'essor de Beth Chémech et le remerciai pour la Ségoula. Je lui relatai que les pierres que j'avais lancées avaient atteint si bien leur but qu'elles avaient fait taire toutes les oppositions. »

Jusqu'à aujourd'hui, Aboutboul participe aux cours de Torah du Rav. « Je suis heureux que nous avons en notre sein une étoile spirituelle montante, empli d'amour de Hachem et de chaque Juif. C'est fantastique. Il fait des citations de tous les Sages, de toutes les époques et de tous les courants. Il ne se fait pas une haute opinion de lui-même, s'exprime simplement et pour faire plaisir au public, joue lui-même au piano électrique des chansons de Kodèch.»

Le Yénouka s'enferme chez lui pendant la semaine et se consacre à l'étude de la Torah. De nombreuses histoires prodigieuses ont été relatées à son propos. En dépit de son jeune âge, il a réussi à composer un bon nombre d'ouvrages, parmi eux la série de Responsa Da'at Chlomo, Kérem Chlomo, Divré Chlomo, Dibrot Chlomo, Téfila Léchlomo, Déguel Ma'hané Yéhouda, Mérom Einékhem, etc.

Lors de la fête des fiançailles de la fille de Rabbi Chlomo Busso, petit-fils du Baba Salé, il raconta aux personnes présentes le prodige réalisé par le Yénouka sur ce Chidoukh : « J'ai demandé plusieurs fois dans le passé au Tsadik le Yénouka qu'il me donne une Brakha pour trouver un conjoint à ma fille. À chaque fois, il me donna sa Brakha, et lorsque je lui demandai : quand ? Il me répondit qu'il n'était pas recommandé de donner une date, il ne voulait pas me donner de date, et ne lançait pas de promesses au hasard. A 'Hanouca, je me trouvais à nouveau chez lui et cette fois-ci, je mis un peu la pression et il me répondit "bientôt". Je lui répondis : Kévodo, aujourd'hui, c'est 'Hanouca, une dimension au-delà de la nature, je voudrais que le Rav me donne une date." Il regarda les bougies de 'Hanouca, puis tourna son regard vers moi et me répondit : "Aujourd'hui !". Comme ça, en toute simplicité : "Aujourd'hui!" Le matin même, la Rabbanite Derhy téléphona et nous proposa le Chidoukh, et au bout d'une semaine, nous avons célébré les fiançailles. Je l'ai dit alors et je le répète aujourd'hui : depuis Sidné Baba Salé, je n'ai pas ressenti une telle émotion,» conclut l'Admour.   

Assiduité

Commentaire sur chaque livre     

Le Yénouka est très pointilleux sur le déroulement de ses sessions d'étude. Il étudie littéralement en permanence, à l'exception d'une petite sieste. Le Chabbath, il a l'usage de s'abstenir de tout sommeil, et il consacre son Chabbath à l'étude et aux prières pendant toute la journée et la nuit, et ses sessions d'étude embrassent toutes les parties de la Torah : la Torah, les Prophètes, les Michnayot, les Guémarot de Babel et de Jérusalem, le Safra, le Sifri, la Psikata, le Tossefot, les commentateurs, la Halakha, les Richonim, les A'haronim, les Responsa, le Zohar, la Kabbale, le Moussar (éthique juive), la 'Hassidout, etc.

En-dehors de ses sessions d'étude régulières, à chaque endroit et à chaque horaire correspond une étude spéciale. Un témoignage intéressant ressort d'un homme qui l'a reconduit en voiture plusieurs fois et s'est toujours entêté à le raccompagner de la voiture jusqu'à l'entrée de la maison. Une fois, le Rav lui dit : « Quelle perte ! Tu pourrais gagner une minute d'étude de la Torah en économisant un feu rouge, et j'ai une session d'étude particulière du moment où je quitte la voiture jusqu'à l'entrée de l'immeuble.»

De nombreux auteurs de livres lui envoient ses livres. À la fin de la journée, au terme de sa session d'étude éreintante, il passe en revue tous les nouveaux livres qui lui sont envoyés et appose des commentaires. Il dit toujours, et cela s'applique aussi à lui-même : « Lorsqu'on commence un livre, il faut le finir jusqu'au bout dans l'ordre. On peut mettre un marque-pages là où on s'arrête, pour éviter d'avoir à chercher où on s'est arrêté, et pour éviter du temps précieux la fois suivante lorsqu'on ouvre le livre. »

Dans ses nombreux ouvrages, figurent des passages au surligneur. Lorsqu'on lui pose la question à ce sujet, le Rav répond que tout ce qu'il a étudié et apprécié, il a passé au surligneur, au point que parfois, les livres sont entièrement surlignés. Il répète à nouveau que l'étude principale est celle de la Guémara et de la Halakha, mais en parallèle, il faut également connaître les ouvrages de tous les maîtres et Tsadikim de toutes les générations.

L'un de ses proches décrit sa manière d'étudier : « Le Yénouka décrit souvent la manière d'étudier des anciens, dont l'étude était toujours dans la pureté, au nom du Ciel. D'après lui, l'étude sert à relier l'âme du Juif à Hachem. Il insiste sur la nécessité de se préparer avant l'étude, par la prière et la mention de tous les anciens qui se sont consacrés à la Torah avec sacrifice. Le but de leur étude approfondie était uniquement de connaître la volonté divine, mus par une grande crainte du Ciel de ne pas se tromper. Il évoque le fait qu'il est important de se rattacher aux figures des Tsadikim dont on étudie les ouvrages, tenter de se les dessiner en pensée et de transformer l'étude en chose concrète. Entrer dans l'étude et s'en émouvoir vraiment. C'est la seule approche de l'étude de la Torah. Il affirme que c'est l'un des moyens de s'assurer que l'on retient son étude.

« Dans ses cours, il parle beaucoup du niveau de pureté de la pensée. L'homme se pose parfois des questions, mais lorsqu'il préserve sa pensée, il découvre qu'il croit véritablement. Tout commence par la pensée.»

« À de nombreuses occasions, le Rav affirme qu'il est possible de pleurer par amour pour Hachem à la lecture de plusieurs lignes de Guémara. En regardant les lettres et en pensant qu'il y a cent ans, il y a cinq cents ans, des Juifs de divers endroits ont observé ces mêmes lettres avec ardeur et amour, et ont tenté de comprendre la pensée divine. Les Juifs étaient prêts à sacrifier leur vie pour cette Torah, comme Rabbi Akiva et d'autres.

« Il explique que lorsqu'un homme étudie la Torah, il doit penser que le maintien de la Torah dépend uniquement de lui, et traiter chaque lettre avec le plus grand sérieux et la plus grande responsabilité. S'inspirer d'un entrepreneur qui s'investit dans son entreprise pendant des années et se donne tout entier pour réussir. À plus forte raison faut-il prendre le service divin avec sérieux. Outre cette grande responsabilité, il faut également instiller une immense joie. Se rappeler à chaque occasion le mérite immense d'être proche de Hachem. Si un homme est proche d'un dirigeant ou d'un ministre, il a un bon sentiment, alors à plus forte raison celui qui est proche du Roi des rois.

« Le Rav prescrit à ses élèves de méditer sur la grandeur de Hachem au travers de la Torah et au travers de la Création, d'observer et de s'émerveiller du Créateur qui a créé tout cela, et de comprendre que Sa grandeur n'est pas mesurable, et qu'Il a tout créé pour nous. Même principe pour la Téfila. Il insiste sur le fait que la prière est notre relation au Créateur du monde. L'homme doit se souvenir à chaque instant de sa Téfila qu'il se tient devant le Roi qui a toutes les clés en main et qu'Il peut nous donner plus que ce qui est concevable. Outre les prières instituées, dit le Rav, l'homme doit s'habituer à créer une relation avec le Créateur. Le faire participer à sa vie sur le plan spirituel et matériel, s'habituer à s'adresser à Hachem pour toute chose qu'il désire, et à demander toujours à Hachem : « Dirige-moi dans la voie de la vérité.»  

Avant le coronavirus : une longue méditation

Pendant longtemps, nous avons tenté de rencontrer le Yénouka en tête à tête, mais depuis de longs mois, avant même le coronavirus, il s'est isolé et ne reçoit pas de public. De ce fait, nous avons collecté des témoignages de ses élèves et de ses proches. Et les choses restent encore assez insaisissables. Puis nous avons découvert ces témoignages qui parlent d'eux-mêmes.

Le Gaon Rabbi Moché Mordékhaï Karp témoigne : « Un homme unique et spécial de notre génération, maître de tout le Talmud. » Le Gaon Rabbi Chamaï Kéhat Hacohen Gross écrit à son sujet : « Un véritable Séfer Torah et je sais qu'un grand nombre de Juifs se sont rapprochés grâce à lui de la sainte Torah.» Le Gaon Rabbi Gamliel Hacohen Rabinovitz, Roch Yéchiva de Cha'ar Hachamayim écrit : « C'est un extraordinaire Talmid 'Hakham, qui a une position juste et une vision conforme à celle de nos Maîtres. »

Il est venu récemment donner cours au Beth Hamidrach de la 'Hassidout Pinsk Karlin. Des centaines d'hommes ont empli tout le Beth Hamidrach. Dans les salles attenantes, des écrans ont été disposés et tout le quartier était en effervescence. Avant le cours, il entra seul pour une audience auprès du Rabbi chez qui il resta une heure entière.

Pour son cours à 'Hanouca, il commença comme à son habitude par une série de textes et de là, il passa à un débat talmudique en citant des passages de toute la Torah. Comme toujours, il concentra ses propos sur une Halakha concrète : « Que chacun respecte son prochain.» Il appela les personnes présentes à organiser des congrès sur le respect à accorder au prochain et à la bienveillance à lui témoigner. Il mit en garde que les nombreux malheurs étaient le résultat de la haine gratuite et de la médisance, le mépris du respect à accorder à l'image du divin, et mit en garde à plusieurs reprises sur le danger pour le monde entier de la haine gratuite et du grand nombre de divisions, « qui sont la source de tous les malheurs et des catastrophes, et un danger pour notre survie.»  

« Une seule chose peut éliminer tous les malheurs et les épreuves, les maladies et les problèmes », a déclaré le Rav, « c'est uniquement le respect à accorder à chaque Juif et la bienveillance constante envers chacun, et que ceux qui disent de la médisance cessent de s'exprimer. » Il s'écria sur un ton plein de  douleur : « Il y a beaucoup de combattants pour le respect de la religion – quand se lèveront les combattants pour protéger le respect du peuple d'Israël qui donneront des conseils pour accroître l'Ahavat Israël et l'élimination de la haine gratuite ? Chacun doit se préoccuper de la souffrance de chaque Juif, respecter l'image divine qui se trouve en chacun. C'est uniquement de cette façon que se dévoilera la gloire de Hachem dans le monde. Il faut restituer le cœur et le sentiment juif chez les enfants des Talmudé Torah et apprendre à ne pas faire de mal ni à humilier aucun enfant. » 

Its'hak Feldman, traduit par Torah-Box