Acher Yatsar est une bénédiction récitée après s'être rendu aux toilettes. Étonnant ! Pourtant, les paroles qu’elle contient sont tout à fait chirurgicales et prennent tout leur sens, comme nous l'explique le Professeur Gilbert Daniel Nessim dans cette démonstration. Chaque mot de cette bénédiction décrétée il y a des milliers d'années est un véritable bijou prouvé et attesté par la science actuelle.

Quand je commençais à redécouvrir le judaïsme, j'ai été très inspiré par les cassettes magnifiques du Rav Yossef-‘Haïm Sitruk (ancien Grand-Rabbin de France, de mémoire bénie). J'étais alors en Angleterre, et il y avait un petit livret édité par le Consistoire anglais, contenant les bases du judaïsme. Il était écrit qu’en sortant des toilettes, on récite une bénédiction. Cela m’a fait rire au début, puis après réflexion, j’ai trouvé cela très intéressant.

Je me rappelle de la maison de mes grands-parents en Italie, où il était écrit en italien, dans les toilettes, sur une petite sculpture : "On s'assoit lourd et bouillant et on se lève léger et content." C’est vrai, il y a lieu de bénir, car nous nous sentons bien après un passage aux toilettes…

La mécanique du corps : ouverture et fermeture

Un jour à Boston, alors que j'étais à la Sé’oudat Chlichit (le troisième repas de Chabbath) dans ma synagogue, mon rabbin avait donné la parole son frère, chirurgien des organes internes à New York à l'hôpital Maïmonide. Il nous a expliqué que pour toutes les maladies qu'il a soignées, tous les cas qu'il a traités, toutes les opérations qu'il a faites, il était toujours question de quelque chose de fermé qui devait être ouvert ; ou quelque chose d’ouvert qui devait être fermé. J'aimerais bien que l'on réfléchisse un peu un peu sur ce point.

Premièrement, combien d'ouvertures avons-nous dans notre corps ? Deux trous dans le nez, la bouche, deux oreilles, deux autres ouvertures quand nous allons aux toilettes. C'est tout ? Non, il y a la peau ! Nous avons à peu près presque 4 kg de peau qui couvrent un espace d'à peu près 2m², et il y a tous les pores qui respirent, qui ont besoin d'être ouverts.

Quand j'ai pris un cours de sciences des matériaux à l'École Centrale, un des professeurs avait dit que dans les années 1930, quand le nylon avait été découvert, les bas en nylon firent fureur. Pourquoi ? Parce que le nylon ne se déchire pas, il était beaucoup moins cher que la soie, et il y avait des queues interminables dans les supermarchés pour s’en procurer. Le gros problème, c'est que le nylon était inflammable et il y eut des cas où malheureusement, ils prirent feu, se collant à la peau et bloquant les pores. Les pauvres femmes ont dû subir cela : certaines sont mortes, d’autres eurent des conséquences très désagréables sur leurs membres inférieurs. De là, nous constatons à quel point il est important que la peau respire.

Parlons du cœur. Toutes les valves du cœur doivent être fermées ou ouvertes au bon moment, et si elles ne le sont pas au bon moment… D.ieu nous en préserve ! Quand on parle d’un AVC (accident vasculaire cérébral), c'est malheureusement le sang qui devait circuler dans des capillaires extrêmement fins, il n'avait pas la viscosité adaptée, et il forme un grumeau, ce qui est un gros problème.

Une bénédiction scientifique

Revenons à Acher Yatsar, cette courte bénédiction qui nécessite 10-20 secondes pour être récitée. Essayons d'interpréter scientifiquement certains aspects de cette Brakha.

  • Baroukh Ata Hachem Élokénou Mélekh Ha’olam : bénédiction à Hachem.
  • Acher Yatsar ète Haadam Be’hokhma : Hachem a créé l'homme avec intelligence. On voit combien la création du corps humain est magnifique, avec tous nos organes etc.
  • Ouvara Vo Nékavim Nékavim : Hachem nous a créé un nombre très important de pores, d’ouvertures, de valves…

Quand nous respirons et quand nous mangeons, nous avons le même circuit partagé par la respiration et l'alimentation. Si la valve s'ouvre du mauvais côté, on dit qu’on a "avalé de travers", autrement dit du mauvais côté. La valve ne s’est pas fermée ou ouverte dans la bonne direction… et nous avons des milliers de valves dans le corps humain.

Par exemple, nous avons des échanges osmotiques entre le sang et l'air dans les poumons qui se produisent, caractérisés par des échanges à travers des trous de niveau moléculaire.

  • Ché im Yissatem É’had Méhem O im Yipatéa’h É’had Méhem : si l’une de ces valves ou l’un de ces trous se ferme ou s'ouvre quand il ne devrait pas…
  • i Efchar Léhitkayem Afilou Ch’a É’had : …il est impossible de vivre ! Ce qui nous renvoie à ce que disait le frère de mon Rav, chirurgien à Boston…
  • Baroukh Ata Hachem Rofé Khol Bassar Oumafli La’assot. Ce qui est incroyable avec le corps humain, c'est qu'il est assez tolérant. C'est un système en "contrôle automatique", en feedback loop, rétroactif. Nous mangeons des choses qui ne sont pas bonnes, mais le corps réussit quand même à fonctionner, essayant d'absorber ce qu'il peut puis rejetant ce dont il n’a pas besoin.

Nous respirons parfois ce qui n'est pas tellement bon à respirer, mais le corps prend ce qu'il peut. Nous infligeons beaucoup de choses à notre corps qui ne sont pas totalement bonnes pour lui, et le corps réagit.

  • Oumafli La’assot : nous sommes époustouflés par les miracles qui se produisent. Si l’on suit par exemple des cycles dans le corps humain, comme le cycle de l'alimentation, de la respiration etc., on voit que c'est quelque chose d'absolument incroyable : nous respirons, le sang s’oxygène, le cœur pompe le sang, le renvoyant à tous les organes…

La prochaine fois que l’on sortira des toilettes et que l’on dira Acher Yatsar, nous pourrons avoir un peu plus de concentration, de Kavana en pensant à tout ce qu’il se passe dans notre corps pour que nous soyons là, et que nous ayons le privilège de pouvoir dire cette Brakha.

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