Le mois de Tamouz est un mois associé au deuil. Le 17 Tamouz est un jour de jeûne commémorant la brèche dans les murailles de Jérusalem, et il marque le début des « Trois Semaines ». Plusieurs autres événements tragiques eurent lieu en Tamouz, mais nous nous pencherons, pour cet article sur le sujet de la muraille et la leçon que l’on peut en tirer pour notre vie de couple.
Des murailles de Jérusalem aux murailles du foyer
Nos Sages enseignent que la femme est la « muraille » de son mari. En effet, la Guémara affirme (Yébamot 62b) : « Un homme sans femme est un homme sans Torah, sans Brakha, sans Kappara (pardon), sans joie, sans muraille, etc. » La femme est donc comparée à une forteresse qui protège des escrocs, des voleurs, etc. ; elle le préserve de mauvaises influences, d’affaires douteuses, etc. En y réfléchissant, nous constatons qu’en principe, un homme sans femme est « ouvert » à tous les programmes. En ce qui le concerne, presque tout est envisageable. Il mange ce qu’il veut, dort quand il en a envie, va où il veut, revient quand il veut, personne ne lui dit quoi faire ni comment agir. En revanche, un homme marié n’est pas prêt à envisager n’importe quel plan. Souvent, il se demande : que dira ma femme ? Comment réagira ma belle-mère ? Et les enfants ? Cela signifie qu’une personne mariée vit dans un cadre, et ce cadre la protège, la préserve et lui organise même un peu sa journée. Cette comparaison de la femme à la muraille se manifeste également sous la 'Houppa. Tout d’abord, certaines Kallot ont la coutume de tourner 7 fois autour du 'Hatan, pour symboliser le fait que la jeune mariée consacre dorénavant ses forces spirituelles afin de construire un foyer solide au sein du peuple juif. De plus, le mari sanctifie sa femme avec une bague ronde et non avec un autre objet ayant une autre forme, comme un carré ou un hexagone. C’est une sorte d’allusion, comme s’il lui disait : « Tu seras ma forteresse et tu défendras mon territoire, je te confie le sceptre de la garde et à partir d’aujourd’hui, tu seras ma garde du corps. » L’épouse est généralement la première à se lever, à sauter pour défendre son mari si elle ressent qu’on l’attaque ou qu’on le menace. Elle passe à l’offensive comme une lionne protégeant ses petits.
Or, un mur se doit d’être solide, tenace et parfois un peu rugueux. Le rôle de la muraille est de protéger les habitants de la ville contre les bêtes sauvages, les voleurs, les brigands et les éléments nuisibles. Parfois, il faut prendre un peu le rôle de « garde du corps », mais jamais en se montrant hautaine ou dans l’unique but d’embêter le mari, 'Has Véchalom. Le Premier ministre, le président ou le roi a aussi un garde du corps qui lui dit : « Allez à droite, n’entrez pas par la première porte, mais par la deuxième, n’entrez pas dans cette voiture, mais dans une autre… » Envisagerait-on que le Premier ministre lui crie dessus et lui dise : « Ça suffit, tu m’agaces, je suis le Premier ministre, l’aurais-tu oublié ? Tu ne vas pas me dire ce que je dois faire, pourquoi me suis-tu partout ...? » Le Premier ministre comprend que le garde du corps n’est pas un importun, et qu’il est à ses côtés pour le protéger. Par conséquent, non seulement il ne se mettra pas en colère contre lui, mais il acceptera ses paroles avec patience, l’appréciera même et l’aimera. Ceci, à condition bien sûr, que le garde du corps reste respectueux et courtois, honnête et responsable. Quant au rôle de la femme envers son mari, j’aurais même ajouté - tendre et tolérante 😉.
Qui protège le protecteur ?
Cela dit, pour être une véritable muraille et protéger réellement le mari de toutes les influences extérieures, il faut que ce dernier se sente bien dans l’enceinte de son foyer. Oui, sa maison doit être fortifiée telle une citadelle, mais vu de l’intérieur, il faut absolument qu’elle soit pour lui un nid douillet, un endroit dans lequel il se réjouit d’aller. Pour cela, la femme doit faire son maximum pour lui plaire, pour se montrer délicate et attentionnée, pour se faire belle et se pomponner. Quand je dis « se faire belle et se pomponner », il s’agit là de se faire belle pour le mari, pour le nid douillet et non seulement au moment de se rendre à un mariage ou à son travail.
Les Sages donnent au mot « muraille » une connotation de « Tsni'out ». Le 'Hida nous livre un très bel enseignement sur le verset de Chir Hachirim (8,9) : « Si elle est une muraille, bâtissons dessus une tourelle d’argent ; et si elle est une porte, entourons-la d’un panneau de cèdre ». Il affirme que, par sa pudeur, la femme peut engendrer la richesse de son mari. Si elle est une muraille, qu’elle protège le cadre de son foyer et qu’elle ne cherche pas constamment à être à l’extérieur, conformément au verset : « Toute resplendissante est la fille du roi dans son intérieur * » (Téhilim 45,14), alors on pourra bâtir sur elle une tourelle d’argent. Une muraille est stable, figée – on parle donc d’une femme qui est ferme, constante, qui ne change pas au gré du vent ou de la mode. Dans ce cas, elle sera source d’argent et d’or – de bénédiction pour son foyer. En revanche, une porte s’ouvre et se ferme, elle fluctue et s’ouvre vers l’extérieur. Ainsi, si la femme n’est pas déterminée à assumer son rôle et à préserver sa pudeur, elle est tantôt Tsanou'a et tantôt pas vraiment, elle se montre ouverte à toutes les opportunités, dans ce cas, on ne peut pas bâtir de tourelle d’argent (= richesse) sur elle. Le cèdre évoqué à propos de la porte est un arbre qui ne donne pas de fruits, d’où l’absence de bénédiction dans sa maison.
*Quand on dit que la gloire d’une fille de roi se trouve à l’intérieur, cela n’interdit pas à la femme ou la fille juive de sortir de chez elle, bien évidemment. On parle ici d’une personne qui trouve sa source de vitalité au-dehors, en se faisant remarquer et en manquant de pudeur.
Puissions-nous toutes être une véritable muraille pour notre mari, rayonner au sein de notre nid douillet et être source de bénédiction dans notre foyer !
Et puissions-nous mériter de voir la construction de Jérusalem et du Beth Hamikdach !
'Hodech Tov Oumévorakh !




