Le mois d’Eloul nous invite naturellement à dresser le bilan de l’année écoulée et à nous préparer à celle qui s’annonce. C’est un moment privilégié pour prendre conscience de la valeur du temps, de chaque journée, de chaque instant et de chaque occasion de grandir.

À ce propos, nous savons que les femmes juives sont dispensées des Mitsvot positives liées au temps (par exemple, les femmes ne sont pas tenues d’après la Torah d’accomplir la Mitsva de Soucca, la Mitsva de Chofar, la Mitsva de lire le Chéma', etc.).

Étant donné l’importance accordée au temps par la Torah, pourquoi dispense-t-elle la femme d’un mérite aussi précieux ?

Précisons tout d’abord que malgré la dispense générale concernant les Mitsvot positives liées au temps, si une femme souhaite et a la possibilité d’accomplir l’une de ces Mitsvot, elle en a bien évidemment le droit et en reçoit la récompense (Note importante : selon certains décisionnaires, elle ne récitera pas de Brakha avant d’accomplir la Mitsva en question, étant donné qu’elle n’en a pas le devoir. Chacune pourra consulter un Rav qui la guidera, en fonction de ses origines et de ses coutumes).

Cela dit, voici l’une des explications données à propos de cette différenciation entre hommes et femmes concernant les Mitsvot positives liées au temps. Ces dernières sont là pour « éduquer » l’individu à gérer son temps et à ne pas gaspiller de précieux moments. Or, la femme a, en elle, la notion du temps (de façon bien plus marquée qu’un homme). Elle ressent physiologiquement le cycle menstruel, doit compter un certain nombre de jours, faire des vérifications à des horaires bien précis, prévoir les dates potentielles de ses prochaines règles, etc. Elle a donc moins « besoin » de rappels liés au temps que l’homme.

Par ailleurs, toutes ces Mitsvot liées au cycle de la femme (qui sont donc liées au temps, mais qui sont propres à la femme) tournent autour du même sujet : l’utérus, appelé, en hébreu, le רחם. Or, les Mitsvot positives de la Torah liées au temps sont au nombre de 248, soit רמ''ח (ר=200, מ=40, ח=8). En s’occupant et en se préoccupant de ce qui porte sur son cycle menstruel, la femme « se dispense » des autres Mitsvot positives liées au temps. Le mérite qu’elle reçoit pour l’accomplissement de ces Mitsvot vaut celui des Mitsvot Assé Chéazman Grama.

Et pour finir les articles de cette année sur un autre point lié au temps et à l’exploitation de chaque instant, je voudrais vous proposer un conseil que j’ai partagé avec plusieurs personnes et qui, Baroukh Hachem, a porté ses fruits.

Il s’agit de résumer l’année écoulée avec un regard positif ! La fin de l’année est un excellent moment pour s’arrêter et contempler ce que nous avons réussi en tant que couple.

C’est l’occasion d’apprécier le chemin parcouru ensemble, les progrès accomplis et toutes les réalisations, même les plus modestes. C’est aussi le moment de remercier son conjoint pour ses qualités, ses efforts et tous ces instants qui nous ont rapprochés, même lorsqu’ils nous semblent aller de soi.

Bien sûr, cela ne signifie pas que tout a été parfait, ni que notre mari a toujours été exemplaire. Chaque couple traverse des moments difficiles, des déceptions, des frustrations et parfois même des blessures. Mais faire le bilan de l’année avec un regard positif ne consiste pas à nier les moments éprouvants, à prétendre que le mari a été parfait, ni à fermer les yeux sur les difficultés. Il s’agit simplement de ne pas laisser le négatif prendre toute la place.

Même lorsque certaines attitudes de notre conjoint nous ont déçues, nous pouvons choisir de chercher aussi ce qui a été positif : ses qualités, ses efforts, les moments où il a été présent, les petites attentions, les progrès, même minimes. Il y a souvent davantage de bien dans une relation que ce que nous percevons lorsque nous sommes focalisées sur ce qui nous manque.

L’objectif n’est donc pas de se convaincre que « tout va bien », mais de déplacer notre regard : ne pas regarder uniquement ce qui n’a pas fonctionné, mais apprendre à voir également ce qui a fonctionné. Car ce sur quoi nous choisissons de porter notre attention grandit dans notre perception… et peut aussi devenir le point de départ d’un changement positif dans notre couple.

C’est dans cet esprit que je vous propose l’exercice suivant : prendre quelques instants pour rechercher sincèrement les points forts de votre mari et les aspects positifs de votre relation au cours de cette année. La gratitude et le regard positif ne signifient pas idéaliser son mari, mais choisir de ne pas réduire toute l’année à ses défauts et à ses manquements.

La tâche de la semaine consiste donc à écrire une petite lettre de remerciement à votre mari...

Choisissez trois points forts ou actions grâce auxquels vous avez ressenti une amélioration dans votre relation de couple et un rapprochement cette année.

Voici quelques exemples, si jamais vous êtes en manque d’inspiration :

1. Merci pour ton écoute, pour la place que tu as donnée à mes émotions et à mes pensées.

2. Merci pour ton aide à la maison et de manière générale, même pour les petites choses.
3. Merci pour ta chaleur et ton sourire qui m’ont rappelé combien nous partagions de bonnes 
choses.

4. Merci pour ta patience qui m’aide à me sentir en sécurité.

5. Merci pour les petites attentions, qui m’ont laissé un sentiment d’amour.

6. Merci d’avoir appris ensemble à résoudre les conflits, à mieux nous écouter mutuellement cette année.

Terminez la lettre par un vœu personnel pour la nouvelle année.

Quelques mots de gratitude ont le pouvoir d’ouvrir les cœurs, de rapprocher les époux et de tourner ensemble une nouvelle page pour aborder ensemble une nouvelle année sous le signe de l’amour et de la reconnaissance.

Je vous souhaite une année douce et heureuse. Une année où vous goûterez à la beauté de l'union dans votre couple, où chacun saura répondre aux besoins de l'autre, et où la gratitude et l'appréciation rempliront votre foyer.

’Hodech Tov.

 כתיבה וחתימה טובה