Dans notre quotidien de femme, il est de plus en plus difficile de trouver du temps – et encore plus du temps pour l’introspection. La rentrée scolaire, la reprise du travail, la préparation des fêtes, les réunions de début d’année… On a le temps de tout, sauf de s’arrêter pour réfléchir à l’année passée et à celle qui vient. Et pourtant, c’est bien ce qui est attendu de nous en ce mois d’Eloul. Alors comment faire ? Honnêtement, cela paraît être une mission impossible. Ou bien on se contente d’une Téchouva en surface… mais alors, comment avancer réellement ?
On commence un cours et on est interrompue. On écoute un enseignement sur Eloul mais il nous semble si loin de ce que l’on vit au quotidien. Sur quoi faire Téchouva ? Alors, pour se donner bonne conscience, certaines s’enfoncent dans une sorte de culpabilité : « Je n’ai vraiment pas été super cette année… Hachem, pardon. » Mais ce pardon, sait-on même ce qu’il veut dire ? Et puis, en tant que Français, nous avons la critique facile… et donc l’autocritique aussi. Mais est-ce vraiment ce qu’Hachem attend de nous ?
Voir nos forces
Déjà en Eloul, Hachem attend de nous que nous ayons conscience de nos forces. Le 'Hovot Halévavot, dans Cha’ar Habita’hon, insiste : chacun doit avoir conscience de son caractère unique. C’est précisément ce qu’Hachem attend de nous !
Avez-vous déjà vu la différence entre un enfant que l’on vient de complimenter et un autre à qui l’on vient de passer un savon ? Le premier entre dans une dynamique positive et fera tout pour continuer à satisfaire. Le second cherchera seulement à ne pas décevoir, la tête basse, avec une image de lui-même abîmée. Pensez-vous vraiment qu’Hachem veut que nous soyons comme cet enfant qui rase les murs ? Il cherche à ce que nous soyons cette enfant plein de confiance en soi pour vivre sa vie pleinement et accomplir sa mission.
Hachem veut donc que nous prenions conscience de nos qualités et que, avec elles, nous établissions un “plan d’attaque” pour l’année à venir !
Le Roi est dans les champs...
Alors oui, on n’a pas toujours le temps de s’asseoir comme on le voudrait pour élaborer ce programme. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on peut parler à Hachem partout, à tout moment. Lui confier nos interrogations, nos doutes… et Lui demander Son aide. Les vertus de la Hitbodédout ne sont plus à prouver…
Il y a une expression bien connue et propre au mois d’Eloul – « Le Roi est dans les champs » – qui nous le rappelle : Hachem est proche de nous, accessible. Pas besoin de rendez-vous formel. Déversez votre fardeau devant Lui, et Il vous soutiendra [1]. Alors, pendant ce mois d’Eloul, dans notre quotidien à cent à l’heure, ayons le réflexe de parler à Hachem. Confions-Lui nos doutes, nos interrogations, ouvrons-Lui notre cœur… Car Lui seul nous comprend vraiment, et Lui seul veut véritablement notre bien.
En Eloul, le but n’est pas de dire « pardon » pour s’acquitter d’un devoir, comme une petite élève appliquée qui fait sa Téchouva parce qu’on le lui a appris. Le véritable but, c’est de réussir à s’adresser à Hachem avec sincérité, avec notre cœur, de revenir vers Lui, d’établir une vraie proximité. Eloul : « Ani lé-dodi vé-dodili » – je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi. Cette proximité, c’est la clé d’une année réussie, et même d’une vie réussie. Parce que la vie n’a pas le même goût quand on se sent porté par Hachem que lorsqu’on subit simplement les événements.
En résumé : ayez conscience de vos forces, et par ce biais aussi de vos faiblesses, mais seulement pour mieux les neutraliser grâce à vos atouts. Ne tombez pas dans une culpabilité destructrice. Et surtout, tenez Hachem au courant de vos process, de vos doutes, de vos passages difficiles… C’est précisément ce dialogue qui construit la relation et qui ouvre les portes d’une bonne année...
Chana Tova à toutes !
[1]Téhilim / Psaume 55, verset 23: « הַשְׁלֵךְ עַל־יְהוָה יְהָבְךָ וְהוּא יְכַלְכְּלֶךָ »




