La Michna (Avot 5:3) enseigne : « Dix épreuves furent imposées à Avraham Avinou », des épreuves que l’on retrouve dans les Parachiot Lekh Lékha et Vayéra. Dans la Parachat Vayéra, nous lisons l’épreuve de la 'Akédat Its’hak : Avraham prend son fils Its’hak, le lie sur l’autel et s’apprête à l’offrir en sacrifice, jusqu’à ce qu’un ange envoyé par Hachem lui dise : « N’étends pas la main sur le garçon, ne lui fais rien, car maintenant Je sais que tu crains D.ieu » (Béréchit 22:12).

Rav Steinman pose une question fondamentale : tout le monde sait qu’Avraham, alors qu’il se trouvait à Our Kasdim, sauta dans la fournaise ardente par fidélité à D.ieu, sans la moindre crainte, et fut miraculeusement sauvé. Pourtant, si l’on cherche dans la Torah, ce fait n’est quasiment pas mentionné. Tout juste est-il évoqué en deux mots, à la fin de la Parachat Lekh Lékha, lorsque Hachem dit : « Je suis l’Éternel qui t’ai fait sortir d’Our Kasdim » (Béréchit 15:7). Ce n’est là qu’une allusion. Il est encore plus étonnant de constater que certains de nos premiers Maîtres affirment que cette grande épreuve d’Our Kasdim ne fait même pas partie des dix épreuves auxquelles Avraham notre patriarche fut soumis.

Rav Steinman ajoute : pourtant, l’épreuve d’Our Kasdim était d’une ampleur exceptionnelle, un acte de sanctification du Nom divin d’une force extraordinaire. Le monde entier apprit qu’Avraham, avec un dévouement total, avait accepté de se jeter dans une fournaise ardente pour ne pas renier D.ieu, et en fut miraculeusement sauvé. Existe-t-il une épreuve plus grande que celle-là ? Pourquoi la Torah n’a-t-elle pas détaillé et souligné davantage ce miracle ? Et inversement, lorsqu’il est question de l’épreuve de la 'Akéda, la Torah consacre près de vingt versets à décrire avec précision et en détail chaque aspect de cette épreuve, alors qu’en général, elle est plutôt concise. Pourquoi, ici, la Torah semble-t-elle ne rien omettre ?

Rav Steinman explique que la véritable épreuve d’un homme n’est pas de mourir pour sanctifier le Nom de D.ieu, mais de vivre pour cela. Il est vrai qu’un Juif peut être appelé à se sacrifier pour le Kiddouch Hachem, et dans un tel cas, il le fera. L’histoire juive regorge de récits d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour D.ieu. Même parmi ceux qui, à notre grand regret, avaient renié la foi et s’étaient montrés prêts à livrer leurs frères juifs aux mains des nations, lorsque survenait l’épreuve ultime, ce moment décisif de vérité, et qu’ils se retrouvaient face à un choix : fouler, à D.ieu ne plaise, un Séfer Torah ou mourir, ils choisissaient de mourir pour sanctifier le Nom divin.

En effet, poursuit le Rav, donner sa vie pour D.ieu, tout Juif en est capable. Chaque Juif possède en lui, profondément enfouie dans son âme, la force de mourir pour l’honneur de D.ieu. Mais dans la pratique, l’épreuve la plus difficile que peut rencontrer un homme dans ce monde, c’est vivre pour sanctifier le Nom de D.ieu. À chaque instant, à chaque pas, dans chaque acte qu’un homme accomplit, s’il le fait pour l’honneur de D.ieu, cela s’appelle « vivre pour Hachem » – et c’est là? l’épreuve véritable de l’homme.

Si nous réfléchissons à l’épreuve de la Akédat Its’hak, Hachem avait pourtant promis à Avraham : « C’est par Its’hak que sera appelée ta descendance » (Béréchit 21:12), et tous les habitants du monde connaissaient cette promesse. C’est par Its’hak qu’Avraham devait fonder une postérité éternelle et remplie. Et voici que Hachem vient à Avraham et lui ordonne de prendre ce fils, celui-là même dont doit naître sa descendance, et de l’offrir en sacrifice. Autrement dit, toute la lignée des générations issues d’Avraham serait interrompue d’un seul coup.

Se confronter à une telle épreuve et à de telles contradictions est une chose extrêmement difficile et terrible. Tel était le véritable défi d’Avraham : une épreuve qui durait à chaque instant. Comment vivre et continuer malgré tout ? Les gens ne manqueraient pas de commenter : Avraham a pris son propre fils et l’a égorgé, à D.ieu ne plaise, comme ces Goïm qui sacrifient leurs enfants au culte de Molékh – et pourtant Avraham avait lutté toute sa vie contre cette idolâtrie ! Et soudain, voilà qu’il semble leur ressembler ? C’était une épreuve immense. Mais Avraham Avinou savait une chose essentielle : si Hachem ordonne – on doit exécuter, sans poser de questions. Telle est l’essence de l’épreuve : accomplir la Volonté divine, même lorsque c’est extrêmement difficile. Et cela, c’est véritablement vivre pour sanctifier le Nom de D.ieu. C’est cela la véritable Messirout Néfech, le don total de soi.

Le Midrach écrit (et ces paroles sont rapportées par Rachi) : Lorsque Hachem dit à Avraham : « Prends, s’il te plaît, ton fils » (Béréchit 22:2), Avraham demanda : « J’ai deux fils, lequel dois-je prendre ? » Hachem poursuivit : « Ton fils unique ». Avraham répondit : « Celui-ci est unique pour sa mère et celui-là est unique pour sa mère » - ils sont tous les deux uniques pour moi. Hachem ajouta : « Celui que tu aimes ». Et Avraham de répliquer : « Je les aime tous les deux ». Ce n’est qu’à la fin qu’Hachem précisa : « Its’hak ».

Nos Sages expliquent : si Avraham n’avait pas posé toutes ces questions, et qu’il avait immédiatement pris Ichmaël pour l’offrir en sacrifice, il aurait accompli l’ordre de D.ieu et nul ne lui aurait reproché quoi que ce soit – car Ichmaël aussi était son fils. C’est pourquoi on dit dans le monde : celui qui pose trop de questions et cherche trop à comprendre ne doit pas s’étonner du résultat. La question qui se pose est donc : pourquoi Avraham a-t-il posé toutes ces questions, au point de forcer Hachem à préciser ?

La réponse est simple : Avraham savait qu’il s’agissait d’une épreuve, et une épreuve implique d’accomplir la Volonté divine avec perfection. Donc, tant qu’Avraham n’était pas certain à cent pour cent de ce que D.ieu attendait précisément de lui, à ses yeux, ce n’était pas encore une épreuve. Tel était Avraham Avinou : il a donc continué à interroger jusqu’à entendre clairement : « Its’hak ». Ce n’est qu’à ce moment qu’il accepta, bien que s’il avait pris Ichmaël, il aurait aussi surmonté l’épreuve, Its’hak aurait survécu, et la promesse : « c’est par Its’hak que sera appelée ta descendance » se serait accomplie comme prévu, dans la tranquillité totale. Mais Avraham ne cherchait pas la facilité : il voulait vivre pour sanctifier le Nom divin. Extraordinaire !

Rav Steinman ajoute qu’il existe une Guémara bien connue dans le traité Chabbath, qui rapporte une discussion concernant la manière appropriée d’enfiler ses chaussures : doit-on commencer par la droite ou par la gauche ? La Guémara conclut que celui qui craint le Ciel s’acquitte de toutes les opinions de la manière suivante : il enfile d’abord la chaussure droite, puis la gauche, mais attache d’abord le lacet de la gauche, puis celui de la droite. Il agit ainsi selon toutes les opinions exprimées par les Sages.

Le Rav pose alors une question essentielle : est-ce vraiment cela, un homme qui craint le Ciel ? Est-ce cela qu’on appelle un « Yéré Chamaïm » ? Avons-nous bien compris la signification de ce titre ? Craindre le Ciel signifie atteindre un niveau spirituel élevé dans le Service divin, un niveau d’exigence qui implique de se maîtriser toute sa vie, de se méfier autant des petites fautes que des grandes. Et voici que la Guémara semble réduire cette crainte du Ciel à une simple façon de mettre ou de lacer ses chaussures ? Est-ce cela qui détermine la grandeur spirituelle d’un homme ?

Le Rav répond de manière lumineuse : en vérité, ce n’est pas dans l’acte de lacer une chaussure que se manifeste la crainte du Ciel. Mais ce que cet acte révèle, c’est une disposition intérieure : celle de chercher, dans les moindres gestes du quotidien, à accomplir la volonté de D.ieu. Même dans les détails les plus infimes – comme enfiler une chaussure – l’homme cherche à savoir ce que D.ieu attend de lui. Certes, la crainte du Ciel ne commence pas ici, dans l’ordre des chaussures. Mais c’est là qu’elle se révèle : dans le fait qu’un homme cherche à connaître, même pour les choses les plus simples – jusqu’à la manière de mettre ses chaussures –, quelle est la volonté de Hachem. C’est assurément une part essentielle de la Yirat Chamaïm, lorsqu’un homme vit avec la conscience de ce que D.ieu attend de lui à chaque instant. Voilà ce que signifie « vivre pour sanctifier le Nom divin » : vivre en permanence avec le Créateur du monde, même dans les détails les plus infimes de la vie quotidienne.

Rav Chakh organisait chaque année des rassemblements d’étude appelés « Yar’hé Kala ». Une année, lors d’un de ces rassemblements, il se mit à pleurer en racontant qu’à l’époque des deux Guerres mondiales, on brûlait des Juifs vivants. Il raconta qu’un groupe entier avait été amené pour être brûlé vif comme des « sacrifices intègres ». Quelques minutes avant qu’ils soient jetés dans les flammes, l’un d’entre eux demanda à ses compagnons : « Savez-vous quel jour nous sommes ? Aujourd’hui, c’est Sim’hat Torah ! » Les autres s’étonnèrent : « Quel rapport avec Sim’hat Torah ? Avons-nous ici un Séfer Torah ? D’ici quelques minutes, nous ne serons plus de ce monde… ».

Mais leur camarade leur répondit : « Quelle question ! Avons-nous besoin d’un Séfer Torah pour danser et se réjouir à Sim’hat Torah ? Nous avons bien plus que cela ! Nous avons Hachem Lui-même, qui est avec nous dans cette épreuve. Nous devons nous lever et danser, crier, tout faire pour nous réjouir avec Hachem ». Et c’est ce qu’ils firent. Tous ces jeunes se levèrent, commencèrent à danser, et se disaient l’un à l’autre : « Nous tenons Hachem par la main et dansons avec Lui ». C’est ainsi que leur âme quitta ce monde.

Rav Chakh demanda, les larmes aux yeux : « Ces Juifs saints sont-ils morts en sanctifiant le Nom divin ? Qui est capable de danser ainsi, quelques minutes avant de monter au ciel ? La seule explication, dit-il, est la suivante : s’ils ont été capables de se lever, de danser et de ressentir la Présence de Hachem à un moment pareil, c’est la preuve qu’ils ont vécu toute leur vie pour la sanctification du Nom divin, et pas seulement qu’ils sont morts pour cela. Par cette attitude, ils ont montré que tous les actes de leur vie étaient accomplis pour la gloire de Hachem. Voilà ce que signifie véritablement vivre pour sanctifier le Nom divin. C’est pourquoi, face à une telle élévation, l’épreuve de la 'Akéda surpasse encore celle d’Our Kasdim, où Avraham fut jeté dans le feu. Il est vrai que se jeter une fois dans les flammes pour Hachem, beaucoup peuvent y parvenir. Mais vivre chaque instant avec Hachem, faire chaque pas en pensant à Lui, voilà la véritable grandeur.

J’ai entendu une histoire merveilleuse racontée par le Rav Elkarif de Bné Brak. Il y a de nombreuses années, dans le quartier de Har Nof à Jérusalem, vivait un Avrekh important nommé Rav Nissim. Un jour sa maison fut entièrement détruite par un incendie. Grâce à D.ieu, ni lui, ni sa famille ne se trouvaient sur place au moment du drame, et personne ne fut blessé. Toutefois, l’appartement tout entier, ainsi que l’intégralité de son contenu, furent réduits en cendres, y compris les installations d’eau, d’électricité, et tous les biens matériels qu’ils possédaient. Il ne resta rien. Dans sa détresse, il alla consulter un entrepreneur, qui lui dit que pour rendre au minimum l’appartement habitable, sans parler d’une rénovation haut de gamme, il faudrait au moins cinquante mille dollars – ce qui représentait à l’époque environ 250.000 shekels.

L’Avrekh en question, qui vivait de la modeste bourse d’un Kollel, était complètement désemparé. Que pouvait-il faire ? Il n’avait plus de toit, et aucun moyen financier pour engager les travaux de rénovation. Il comprit à quel point sa situation était grave. Et lorsqu’on se retrouve dans une telle détresse, que fait-on ? On va consulter une autorité de Torah. Puisqu’il habitait à proximité de Maran Rav 'Ovadia Yossef et faisait partie de ses fidèles auditeurs, il décida de se rendre chez Maran. Il attendit patiemment son tour lors de la réception du public, et eut finalement le mérite d’entrer dans le bureau de Maran. Là, les larmes aux yeux, il commença à raconter toute son histoire. Il expliqua à Maran ce qui s’était passé, lui décrivit l’état de sa maison, et lui demanda ce qu’il devait faire : d’où allait-il pouvoir obtenir une somme aussi importante ? Comment allait-il rembourser les frais de rénovation ? Et en attendant, où pouvait-il vivre avec sa famille ? Maran écouta attentivement, bouleversé par cette situation lourde et douloureuse, et se mit à réfléchir profondément à cette question si pesante.

À ce moment-là précisément, un homme important et très fortuné se tenait lui aussi dans la file d’attente pour entrer voir le Rav. Étant proche de Maran, il entra dans son bureau alors que l’Avrekh s’y trouvait encore. Il s’adressa au Rav et dit : « Kvod Harav, un petit-fils m’est né, et je voudrais que le Rav soit le Sandak à la Brit Mila ». Habituellement, Maran ne refusait pas les demandes de ses proches. Mais cette fois-ci, il lui demanda : « Où aura lieu la Brit ? » Le riche répondit : « À Bné Brak ».

Maran lui répondit : « J’ai pris sur moi de ne pas sortir de Jérusalem pour les réjouissances. C’est un temps précieux que je consacre à l’étude, à l’écriture. Voyager, même une heure dans chaque sens, et attendre sur place, c’est du temps que je préfère investir dans l’étude, les innovations en Torah, et l’écriture de mes ouvrages. Je suis désolé, mais je ne peux pas me déplacer ». L’homme insista : « Ce petit-fils est arrivé après six longues années d’attente. J’ai promis à ma fille et à mon gendre que le jour où ils auraient un fils, je me donnerais les moyens de faire en sorte que Maran soit le Sandak. Comment le Rav peut-il refuser ? » Malgré ses suppliques, le Rav répondit fermement que cela lui était très difficile.

Mais après un instant de réflexion, le Rav lui dit : « J’ai une idée. Tu vois cet Avrekh ici présent ? Sa maison a entièrement brûlé, et il a besoin de la rénover. Si tu es prêt à prendre à ta charge la totalité des frais de réparation, alors je viendrai, je serai le Sandak et je me sacrifierai pour cela ». Quelle grandeur d’âme ! Jusqu’où le Rav était prêt à se sacrifier pour aider un Avrekh et lui faire du bien. Le riche demanda : « Combien cela coûtera-t-il ? » Le Rav répondit : « Cinquante mille dollars ». Une somme colossale pour l’époque. Mais, à la grande joie du Rav, le riche accepta et dit : « Je suis prêt à tout payer ». Le Rav se réjouit énormément et confirma sa venue à la Brit.

À ce moment-là, il se produisit quelque chose de bouleversant. L’Avrekh, qui avait tout entendu, se tourna vers Maran et lui dit : « Je ne suis pas prêt à recevoir ces cinquante mille dollars. J’ai vu combien il est pénible pour Maran d’être dérangé dans son étude. Est-ce moi qui vais être la cause d’un Bitoul Torah à Maran ? Je ne peux pas accepter cela. Je ne veux pas recevoir cet argent de cet homme riche ». Voyez jusqu’où peut aller le dévouement d’un Avrekh qui n’a même pas de toit et ne sait pas où il ira dans un instant, et malgré toute cette souffrance, il dit à Maran que sa Torah est plus précieuse, c’est pourquoi il renonce à l’argent.

Maran fut bouleversé par la noblesse d’âme et le sacrifice de cet Avrekh, tandis que l’homme riche quitta les lieux le cœur brisé. Après son départ, l’Avrekh demanda tout de même à Maran : « Mais alors, que dois-je faire ? » Maran lui répondit : « J’ai une idée pour toi. Ces derniers temps, on construit un nouveau quartier à Beth Chémech, sur une colline supplémentaire. Vends ton appartement tel quel, selon sa valeur actuelle, et achète un bien à Beth Chemech, à un prix plus bas. Avec la différence, tu pourras le rénover, et tu auras ainsi un logement spacieux et agréable ». L’Avrekh s’inquiéta : « Et qu’en sera-t-il des Talmudé Torah et des institutions pour les enfants ? » Mais Maran, ferme, lui répondit : « Pars là-bas, et tu recevras la bénédiction ».

Et c’est ce qui arriva. L’Avrekh vendit son appartement à Har Nof, bien sûr à sa valeur actuelle, et acheta un appartement à Beth Chemech. Finalement, ils déménagèrent. Durant les premières semaines, tout était nouveau pour eux. Il eut du mal à trouver une synagogue où prier, et lui et ses enfants durent marcher un quart d’heure pour rejoindre une synagogue séfarade. Rien de tout cela ne fut simple pour lui, ni pour sa famille. Mais il se renforça dans sa foi et se dit : « J’ai fait un sacrifice pour la Torah de Maran. Je suis certain qu’Hachem ne m’abandonnera pas ».

Trois semaines plus tard, l’Avrekh rencontra dans la rue un grand homme aisé, un vieil ami de son père. Ils marchèrent ensemble tout en discutant, et l’Avrekh lui posa une question : « Pourquoi, nous les Séfaradim, devons-nous marcher un quart d’heure à pied jusqu’à l’ancienne colline pour pouvoir prier ? Nous aussi, les Séfaradim, avons droit à une synagogue digne de ce nom. Nous devons nous regrouper et construire un lieu de prière pour nous ». L’homme riche lui répondit : « Aucun problème. Construis-la. Va à la mairie, demande un terrain, collecte des signatures, et moi, je suis prêt à tout financer. J’ai de la reconnaissance envers ton père, et donc je suis prêt à donner ce qu’il faut, à condition que tu gères toutes les démarches avec la municipalité ».

L’Avrekh réunit les signatures du voisinage, et la mairie leur attribua un terrain. Finalement, ils construisirent une magnifique synagogue. L’Avrekh demanda alors : « Qui sera le Rav de cette synagogue ? » Le riche lui répondit : « Ce sera toi. Baroukh Hachem, tu es un érudit, tu maîtrises bien les textes, et nul n’est plus digne que toi ». L’Avrekh comprit qu’il devait désormais être le Rav de la communauté, donner des cours de Torah, des Drachot en Halakha et en Haggada. Il se plongea dans l’étude, approfondit ses connaissances, et avec le temps, il devint un Rav et un décisionnaire reconnu, enseignant et donnant des Drachot dans sa propre synagogue.

Après tout cela, l’homme riche revint vers lui et lui dit : « Une synagogue doit être vivante. Je te demande donc d’ouvrir un Kollel pour des Avrekhim. Je suis prêt à en financer vingt, à condition que tu sois le Roch Kollel ». C’est ainsi qu’il devint Rav et Roch Kollel d’une communauté importante. L’Avrekh dit un jour : « Regardez ce que j’ai reçu en contrepartie de ce sacrifice. J’étais prêt à agir pour la Torah, et du ciel, on m’a accordé le mérite d’être Roch Kollel et Rav d’une synagogue ».

Quand un homme est prêt à vivre pour sanctifier le Nom divin, cela se manifeste dans chaque instant de sa vie. Il ne suffit pas de dire une fois : « J’ai fait un sacrifice » et de croire que tout est en ordre. L’homme doit, chaque jour de sa vie, vivre avec Hachem. C’est cela que nous enseigne la Paracha de la 'Akéda : malgré les questions, les difficultés et les épreuves du quotidien, on doit savoir vivre en accomplissant la volonté de D.ieu et marcher avec Lui jusqu’au bout.