A l'occasion de la Hiloula (jour anniversaire de décès) de notre maître le Rav Chakh, l'équipe Torah-Box est heureuse de vous faire découvrir très brièvement son parcours de vie. Celui qui parle du Tsadik de jour de sa Hiloula, celui-ci priera pour lui ! Allumez une bougie et dites "Likhvod haRav Chakh, zékhouto taguèn 'alénou" puis priez. Que son mérite protège tout le Klal Israel, Amen !
Le Rav Elazar Ména’hem Chakh est né le 13 janvier 1898 (19 Tévet 5658) dans la localité de Voibilnik située au nord de la Lituanie. Elazar était le quatrième fils d’Azriel Chakh, un commerçant dans le domaine agricole, et de Batchéva Lévitan, fille du Rav Israël Méir Halévy Lévitan. Dès son plus jeune âge, ses capacités d’étude furent reconnues et il était considéré comme un génie, au point que dès l’âge de dix-sept ans, il enseignait déjà la Torah.

Du ‘Hafets ‘Haïm au ‘Hazon Ich

Le jeune Elazar, qui devient par la suite le célèbre Rav Chakh, étudie auprès des plus grands maîtres de son temps, et ce n’est pas un hasard s’il a atteint un si haut niveau. Le Rav Chakh a eu le privilège d’étudier auprès de Rabbi Israël Méir Hacohen, le célèbre ‘Hafets ‘Haïm, considéré par le Rav Chakh comme le Juif parfait. De même, il a eu l’insigne honneur d’étudier auprès du Rav Avraham Yéchayahou Karelitz, le ‘Hazon Ich, et du Rabbi Nathan Tsvi Finkel, le « Saba de Slabodka ». En outre, il était proche du Machguia’h, Rabbi Yé’hezkel Lévinstein. Il affirma plus tard avoir de la reconnaissance pour sa mère de l’avoir envoyé étudier la Torah, mais encore plus pour le Rav Lévinstein qui le fait découvrir le monde du Moussar.
 

Montée en Israël

Pendant la Première guerre mondiale, les Allemands conquirent la ville de Kovno en Lituanie, où était située la Yéchiva où étudiait le Rav Chakh. De ce fait, il passa à la Yéchiva de Sloutsk, dirigée par le Rav Isser Zalman Maltser. Plus tard, Rabbi Isser Zalman Meltzer quitta Sloutsk et s’installa à Keltsk, en emmenant ses meilleurs élèves avec lui. L’un d’eux était le Rav Chakh, qui commença à dispenser des cours par lui-même.

Plus tard, grâce à la relation étroite qu’il entretient avec le Rav Meltser, il rencontre sa future épouse, Guitel, nièce du Rav Meltzer. Le couple a deux filles et un garçon. Sa fille aînée meurt à l’âge d’environ 14 ans des suites d’une pneumonie qu’elle a contractée en Lituanie. Sa deuxième fille, Dvora, épouse le Rav Méir Tsvi Bergman chlita. Son fils unique, Dr. Efraïm Chakh zal, est mort il y a quelques années à l’âge de 81 ans. Après son mariage, le Rav Chakh continue à étudier et à enseigner, entre autres à la Yéchiva de Nowardok.

A la fin des années 30, lorsque les Juifs religieux furent poursuivis par les communistes, le Rav Chakh erra d’un lieu à l’autre, jusqu’à ce qu’au début des années 40, il monte en Israël, grâce à un certificat d’entrée en Israël mis à sa disposition par le Rav Meltzer.

A son arrivée en Israël, il se rapproche du Rav Its’hak Solovétchik de Brisk, qui l’estimait beaucoup. Le Rav de Brisk eut une influence sur le Rav Chakh, et il se familiarisa auprès de lui avec le mode de pensée ‘Harédi de Lituanie, qui pose en principe l’étude de la Torah et une étude en profondeur à partir des textes sacrés.
 

Roch Yéchiva de Poniowitz

Le Rav Chakh construisit sa personnalité singulière en y investissant beaucoup d’efforts, c’était un Roch Yéchiva possédant un grand sens de la direction et un dévouement sans pareil. En l’an 1952 (5712), le Rav de Poniowitz, Rav Yossef Chlomo Cahaneman se trouva à Ré’hovot et rendit visite à la Yéchiva de Keltsk, où il fut impressionné par le Rav Chakh à qui il offrit un poste de Roch Yéchiva à la Yéchiva de Poniowitz, au côté de ses collègues Rav Chemouël Rodovski et Rav David Povarski. Le Rav Chakh accepta. Il fut nommé Roch Yéchiva de Poniowitz, fonction qu’il occupa pendant cinquante ans.

Après le décès du Rav Mordékhaï David Lévine, en l’an 1967 (5727), le Rav Chakh fut nommé à la tête de la Yéchiva Ets ‘Haïm et pendant de longues années, il y dispensait des cours hebdomadaires en parallèle à ses fonctions à la Yéchiva de Poniowitz. Il donnait également cours toutes les deux semaines à la Yéchiva de Grodna à Ashdod, fondée elle aussi par le Rav Cahaneman, et affiliée à cette époque à la Yéchiva de Poniowitz.
 

Du parti Chass au « Yated Néeman »

Dirigeant spirituel de la génération, le Rav Chakh ressentit la nécessité de s’impliquer progressivement dans la vie politique israélienne. Dans les années soixante et soixante-dix, il fut membre de la Mo’ètsèt Guedolé Hatorah, et affermit son statut de dirigeant public du monde lituanien.

En l’an 1984 (5744), il prescrit aux Séfarades de fonder un parti indépendant présidé par le Rav Ovadia Yossef, qui aurait par lui-même un pouvoir de décision. Le mouvement fondé est le parti Chass. Le Rav Chakh et le Rav Yaakov Israël Kanievsky fondent un journal ‘Harédi, le Yated Nééman, qui devient le journal du parti Déguel Hatorah, qui existe jusqu’à aujourd’hui, dans le but d’offrir une tribune publique exposant leurs avis et leurs positions sur divers sujets.

A la fin de ses jours, la santé du Rav se détériora. En conséquence, il se retira de la vie politique et s’abstint d’exprimer son avis sur les affaires du pays. Une exception attira son attention : lorsqu’il eut vent que le Bagats, la plus haute instance juridique du pays, voulut enrôler les élèves des Yéchivot à l’armée. Ce sujet le perturbait beaucoup et il déclara qu’en aucune façon les Avrékhim ne devaient quitter la Yéchiva.
 

Je vous quitte, avec toute mon affection…

Le vendredi 16 ‘Hechvan 5762 (2 novembre 2001), le Rav Chakh rendit son âme à son Créateur. L’âge précis du Rav n’était pas connu avec certitude. D’après les divers documents trouvés, son âge oscillait entre 104 et 108 ans. Son enterrement attira une foule nombreuse et environ 400 000 personnes l’accompagnèrent à sa dernière demeure.

Dans son testament, le Rav Chakh demanda que ses élèves étudient pour l’élévation de son âme une Michna ou qu’ils aient « une pensée de Moussar » pour lui, et il précise qu’avec l’aide de D.ieu il intercédera pour eux. Il demanda qu’on ne multiplie ni les Hesspédim, ni les louanges à son enterrement, et à la fin du testament, il écrit : « Bien à vous, je vous quitte, avec toute mon affection, Elazar Ména’hem Chakh. »
 

Epilogue

Le Rav Chakh est l’auteur du « Avi Ezer », un commentaire du « Yad Ha’hazaka » du Rambam. A son décès, de nombreux ouvrages de toutes sortes furent publiés, entre autres un ouvrage biographique par sa famille « Marane Harav Chakh. » Ses élèves publièrent également des livres, dont « Yaguiyat Erev », un livre contenant des cours dispensés par le Rav vers la fin de sa vie sur des traités du Chass ; « Michnat Rabbénou », un livre contenant des lettres émaillées de ‘Hidouchim sur des traités du Chass ; « Kovets Hadrakha Lében Yéchiva », un guide pour l’étude et la conduite des élèves de Yéchiva, etc.

Outre ses livres, le Rav laissa des élèves, de grands Talmidé ‘Hakhamim qui suivent sa voie, devenus à leur tour des dirigeants de la génération, comme : le Rav Yossef Chalom Eliachiv et le Rav Aharon Yéhouda Leib Steinman, qui suivirent la voie tracée par le Rav et font vivre sa Torah.

Nul doute que son charisme, ses vastes et profondes connaissances en Torah, sa conduite dans ce monde-ci, ses positions idéologiques, ses nombreuses actions en faveur des droits et devoirs des étudiants en Torah, ses combats sur des sujets de pensée et de mode de vie selon la Torah, son amour des êtres humains, et son attitude de droiture envers le Ciel ont contribué à forger cette figure admirée et exceptionnelle, qui attira des foules, un phare de lumière qui a éclairé notre génération obscure.

Puissions-nous avoir le privilège de suivre sa voie.