תּוֹרָה צִוָּה לָנוּ מֹשֶׁה: מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב
Moché nous dicta cette Torah, elle restera l’héritage de la communauté de Ya'acov. (33, 4)
Lors d’un congrès de Rabbanim à Vilna, le ’Hafets ’Haïm expliqua l’idée suivante : Dans la vie courante, lorsqu’on veut savoir si un artisan est satisfait de son métier, il existe un moyen bien simple de le vérifier : il suffit de voir s’il encourage ses fils à prendre sa suite.
Ainsi, quand un cordonnier ou un menuisier enseigne les rudiments de son métier à son fils pour qu’il reprenne son affaire, c’est la preuve qu’il en est satisfait. En revanche, s’il envoie ses enfants apprendre plutôt un autre métier, c’est bien la preuve que le sien ne lui procurait guère de satisfaction.
Le ’Hafets ’Haïm poursuivit ainsi : à notre niveau également, si nous voulons examiner notre fidélité à la Torah et aux Mitsvot, il suffit d’observer la manière dont nous les transmettons à nos enfants.
Si nous les encourageons à suivre notre voie, c’est la preuve que nous sommes attachés à la Torah et que nous l’affectionnons. Mais si au contraire, nous voyons qu’un père n’est pas particulièrement soucieux de voir ses enfants suivre le chemin de la Torah – même si dans l’absolu, il se réjouirait qu’ils le fassent – et qu’il n’investit guère de moyens pour que cela se produise, c’est bien la preuve qu’il en est lui-même déjà détaché.
Ainsi, lorsque nous constatons des évolutions dans le mode d’éducation de certains parents, qui préfèrent offrir une carrière à leurs enfants plutôt que les orienter vers l’étude de la Torah pure, nous pouvons avoir la certitude que le père n’est guère heureux de son mode de vie.
Un jour, le ’Hafets ’Haïm entra dans un Beth Hamidrach, et y découvrit un groupe de jeunes gens qui perdaient leur temps dans des discussions futiles. Le maître les accosta et leur dit :
« J’aimerais vous raconter une histoire...
Un jour, un homme ayant perdu l’esprit se tint sur une voie ferrée et se mit à essayer de démonter les rails. "Que fais-tu là ? lui demanda-t-on. Sais-tu quelle catastrophe ton geste peut entraîner ?" — "Pourquoi cela ?, répondit l’aliéné. Ces rails sont longs de plusieurs centaines de kilomètres, et moi, je n’en démonte que quelques mètres" »…
De la même manière, poursuivit le ’Hafets ’Haïm, la Torah nous est transmise comme un héritage, une génération après l’autre. »
Lorsqu’un homme gaspille son temps, il est comme ce fou qui démonte quelques mètres de voie ferrée. Car mêmes si les quelques minutes perdues représentent un temps minime, leur dégât peut cependant s’avérer considérable…



