Logo Torah-Box

Bénédiction après une fausse couche ?

Rédigé le Dimanche 16 Novembre 2025
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Que faire après une fausse couche : une Brakha, Birkat Hagomel ou autre chose ?

Merci Rav.

La réponse de Rav Aharon SABBAH
Rav Aharon SABBAH
588 réponses

Bonjour,

Si la question n'est malheureusement pas théorique, je vous présente tout d'abord mes sincères condoléances pour cette terrible tragédie. Qu'Hachem vous envoie une consolation profonde, et qu'Il vous accompagne dans cette difficile épreuve.

En ce qui concerne la bénédiction du Gomel, l’avis du Rav Sheinberg זצ"ל est de ne pas la réciter après une fausse couche, car la douleur physique ainsi que le processus de guérison sont moindres que dans le cas d’un véritable accouchement. En revanche, selon le Rav Chlomo Zalman Auerbach זצ"ל, il aurait fallu a priori réciter cette bénédiction même en cas de fausse couche [Voir Responsa Min'hat Chlomo (second, chap. 60 , 10) et Torat Ayoledet (chap. 62 remarque 5)]. Toutefois, il ressort apparemment de ses propos qu’en pratique, on s’en abstient, notamment pour des raisons de צניעות (pudeur), et telle est d'ailleurs la coutume répandue [Cependant, le Rav Dayan שליט"א considère que d’après cette opinion, si la femme se trouve dans un cadre lui permettant de réciter la bénédiction dans le respect de la pudeur, elle devrait malgré tout réciter le Gomel, d'autant plus qu'une femme ayant subi une fausse-couche, n'est pas moins "malade" qu'une accouchée].

Aussi, certains décisionnaires recommandent de réciter la bénédiction de Baroukh Dayan Haémet, qui est généralement prononcée en apprenant une mauvaise nouvelle. C'est entre autres l'avis du Rav Moché Feinstein et du Rav Its’hak Zilberstein, estimant que cette situation est, malheureusement, aussi grave que d'autres mauvaises nouvelles [voir Yessodé Sma'hot, p. 2, note 8, et Zikhron Méir, p. 174].

D’autres avis, cependant, recommandent de ne pas réciter cette bénédiction [Voir Guécher Ha’Haïm (chap. 4, §21) et Zikhron Meir (p. 174). C’est également l’avis du Rav Yéhochoua' Neuwirth (zatsal), qui témoigne que l’usage courant est de ne pas réciter cette bénédiction dans ces circonstances].

En pratique : La coutume généralisée est de ne pas réciter de bénédiction suite à une fausse couche, notamment parce que les avis sont partagés. Toutefois, une personne qui ressentirait le besoin de dire Baroukh Dayan Haémet a sur qui s'appuyer, puisqu’il y a des avis qui l'autorisent.

Aussi,  en guise de compromis, et selon tous les avis, il est permis de réciter cette bénédiction sans mentionner le nom de D.ieu, c’est-à-dire en disant simplement “Baroukh Dayan Haémet”, comme le rapporte aussi le Nité Gavriel (Avelout 135, 6).

Pour terminer sur une note d'espoir : Rav Moché Feinstein enseigne que lors de la résurrection des morts, tous les bébés décédés suite à une fausse couche seront également ressuscités – des âmes pures, n’ayant jamais fauté – en mérite de leurs parents qui ont enduré cette douloureuse épreuve ! [voir Igrot Moché Yoré Dé'a 3, 138].

Si vous traversez une telle situation, n'hésitez pas — si vous le souhaitez — à contacter l’équipe d’écoute de Torah-Box. Ils peuvent vous orienter, vous soutenir avec sensibilité et bienveillance, ou vous proposer un échange discret avec un Rav à l'écoute.

Soyez béni !

Ribbit : Le prêt à intérêt

Ribbit : Le prêt à intérêt

Les lois de Ribbit concernent de nombreux aspects du quotidien et sont méconnus du public alors que leurs transgressions sont très graves aux yeux de la Torah.

acheter ce livre

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Aharon SABBAH
Contactez-nous sur WhatsApp