Comment expliquer à mes enfants le décès d'une personne jeune ?

Rédigé le Mardi 19 Janvier 2021
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Nous venons d'apprendre le décès brutal du mari d'une amie qui était père de 4 enfants et trop jeune pour quitter ce monde.

Nous sommes tous bouleversés et sous le choc de cette disparition soudaine et qui nous parait si injuste et nous avons beaucoup de mal à l'accepter.

Alors voilà ma question : comment expliquer cela à des enfants ?

Deux de mes enfants qui ont 7 et 10 ans me disent qu'Hachem est méchant d'avoir fait mourir un papa si jeune et me disent qu'ils sont fâchés contre Lui.

J'ai essayé de les apaiser et de leur répondre, mais je sens bien que mes mots ne les apaisent pas, d'autant plus que ce n'est pas le premier drame de ce genre auquel nous assistons.

J'ai besoin de votre aide pour trouver les bonnes phrases pour essayer de leur faire comprendre que nous ne sommes pas dans les comptes d'Hachem et que tout ce qu'Il fait est pour le bien, car moi-même je me trouve démunie de réponses.

Merci.

La réponse de Rav Mordehai BITTON
Rav Mordehai BITTON
595 réponses

Chalom,

Tout d'abord, je vous souhaite, ainsi qu'à la famille, de recevoir une vraie consolation.

Je partage votre peine et j'espère vivement qu'Hachem vous comblera de Brakhot et de réussite dans tous les domaines.

La "colère" de vos enfants est plus que "légitime". Ils ne peuvent ni comprendre ni accepter une telle souffrance. Ils n'ont aucun ustensile psychologique pour accepter cette disparition.

Je vous conseille de vous procurer "Loulek", le livre écrit par Rav Lau, ancien Grand-Rabbin Ashkénaze d'Israël et qui explique longuement comment il consolait les endeuillés, et notamment les enfants.

Plus précisément, les mots clés de la consolation des enfants sont à chercher dans leur vocabulaire.

Ils parlent de méchanceté.

Il faut chercher à faire le contrepoids et non à argumenter face à leur désarroi.

Il faut répondre à la situation et non à ce qu'ils disent.

Or, la situation les met en face d'une "cruauté".

Il faut donc leur raconter des histoires qui montrent les bontés d'Hachem, les miracles qu'ont pu vivre certaines personnes.

Il faut leur raconter des histoires 'Hassidiques avec des personnages qui ont vécu des situations de blocage et qui ont vécu de grandes délivrances.

Enfin, l'apprentissage de la prière est la réponse indirecte à leur questionnement.

La prière permet de faire grandir la Emouna (foi en D.ieu).

Je vois dans ma synagogue deux enfants de 10 et 11 ans dire Kaddich pour leur maman, décédée du Covid.

Ils ont conscience qu'elle n'est plus là physiquement, mais qu'elle veille sur eux "d'en-haut". Ils comprennent aussi que leur prière agit en faveur de leur maman.

Il faut donc aussi développer cette idée que l'on peut faire quelque chose pour les défunts, et aussi pour ceux qui restent : les entourer, les encourager, etc.

Bon courage.

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