Logo Torah-Box
Aujourd'hui à Paris
06:44 : Mise des Téfilines
07:46 : Lever du soleil
13:41 : Heure de milieu du jour
19:36 : Coucher du soleil
20:20 : Tombée de la nuit

Paracha Vayélèkh
Vendredi 30 Septembre 2022 à 19:13
Sortie du Chabbath à 20:17
Afficher le calendrier

Comment expliquer la plaie des premiers-nés ?

Rédigé le Mardi 17 Novembre 2020
La question de Anonyme

Bonsoir Mr le rabbin,

Je m'intéresse beaucoup à l'histoire du Judaïsme depuis mes 14 ans, et petit à petit, j'essaie de m'instruire à votre histoire.

Maintenant, il est vrai qu'une question me taraude sur les 10 plaies d'Egypte.

Je comprends bien qu'il est question de punir les Égyptiens de l’esclavage dont les Hébreux ont été les victimes. Mais il est difficile pour moi de comprendre la nécessité de la dernière étape. Oui, c'est celle qui a fonctionné et c'est grâce à ça que le peuple est devenu libre, mais pour cela, il a fallu donner la mort à des nouveau-nés qui sont totalement innocents... Et c'est là que je me pose des questions, car cela me dérangerait qu'une intervention de cette grandeur est était tolérée.

Merci beaucoup de m'éclairer, en espérant que la question ne pose pas de problème.

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
6938 réponses

Chalom Ouvrakha,

C'est une excellente question, que vous auriez également pu poser sur toutes les catastrophes naturelles, ou tout simplement en visitant un hôpital où se trouvent des enfants. Et du fait même que cette question est en grande partie sentimentale, la réponse intellectuelle nous laissera toujours sur notre faim !

Lors d'une autre occasion, nous avions expliqué que, parfois, la mort d'un enfant, qui ne fait pas partie de l'ordre naturel des choses, est censée nous réveiller dans notre sommeil spirituel et nous rapprocher de notre Créateur.

Dans cette situation, certains choisiront de se séparer de D.ieu, mais, en fait, c'est une épreuve comme tant d'autres, qui est là pour nous permettre de Lui témoigner notre fidélité.

Je pourrais aussi rentrer dans des théories de Guilgoul Néchama [réincarnation de l'âme], en vous disant que ces enfants sont certainement des réincarnations de personnes qui ont fauté dans une vie antérieure, et viennent ici-bas obtenir le pardon.

Mais je voudrais, pour cette fois-ci, essayer d'aller encore un peu plus loin, en commençant par vous dire que, dans ce monde, D.ieu se cache ['Olam Hé'élèm], et Il ne peut pas se dévoiler, car, sinon, nous n'aurions plus de libre arbitre [voir Ba'al Chem Tov Parachat Lékh Lékha 3 et tous les autres Sifré 'Hassidout].

A présent, je voudrais faire référence au propos du Séfer Ha'ikarim [Maamar 4, chapitre 13], qui nous enseigne que lorsqu'une punition générale s'abat sur le monde, il est de la nature des choses que personne ne soit épargné, même les innocents ! Puisqu'Hachem ne peut pas se permettre de se dévoiler en réalisant un tel miracle, ce serait trop beau. Les méchants sont punis, et les gentils sont épargnés ! Cela réduirait notre libre arbitre.

Nous retrouvons ce phénomène avec Daniel et Yirmiya, qui furent tous les deux exilés avec le peuple d'Israël, malgré leur innocence. Parfois, et je ne sais pas pourquoi, Hachem épargne le juste, comme avec Noa'h ou Loth, etc.

Jusqu'à là, le Séfer Ha'ikarim nous parle de catastrophes naturelles, mais lorsqu'il s'agit d'un miracle, comme celui de la mort des premiers-nés, D.ieu ne pourrait-Il pas réaliser un double miracle, et épargner les innocents ?

La réponse à cette question se trouve dans les Drachot du Ran [Drouch 8], qui nous affirme que la règle est la même, c'est-à-dire que, même lorsque D.ieu est "contraint" de se dévoiler dans un miracle, Il se limitera au strict minimum et évitera de réaliser un double miracle.

En fait, explique le Ran, même les premiers-nés juifs auraient dû périr ce soir-là, et nous en sommes bien conscients, puisque la Torah nous demande de sanctifier les premiers-nés juifs, car ils furent épargnés de cette mort. Bien qu'il nous semble pourtant évident que les premiers-nés juifs ne soient pas touchés, mais puisqu'il y a un miracle, celui-ci aurait dû être restreint et toucher même les premiers-nés juifs, et nous remercions Hachem de nous avoir épargnés [voir Baba Kama 60a].

Kol Touv.

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Avraham GARCIA