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Comment gérer son homosexualité ?

Rédigé le Jeudi 6 Février 2020
La question de Pierre P.

Bonjour,

J'aimerais savoir comment arrêter l'homosexualité ?

La réponse de Rav Mordehai BITTON
Rav Mordehai BITTON
338 réponses

Chalom,

J’avais écrit une précédente réponse dans laquelle j’insistais sur le fait que l’homosexualité impliquait des pratiques de transformation identitaire (l’homme adopte des postures féminines, ou redéfinit sa masculinité ; les femmes refusent leur être féminin etc., etc.). J’insistais sur le fait que celles et ceux qui voudraient se sortir de cette pratique devaient entamer une thérapie. Enfin, j’insistais sur le fait que l’homosexualité est une épreuve. J’ajoutais que dans le Judaïsme, une épreuve est destinée à être surmontée.

Je souhaite maintenant apporter à votre réflexion quelques éléments supplémentaires.

1. Concernant les thérapies :

Je précise que je suis thérapeute de couple et que, dans le cadre de ce travail, j’ai eu à rencontrer des couples concernés par ce problème, ainsi que des jeunes adolescents (filles ou garçons) homosexuels/lesbiennes. Celles et ceux qui m’appellent sont plutôt traditionalistes, voire religieux ou orthodoxes. Ils peuvent venir de familles religieuses ou être des Ba’alé Téchouva. Ils ont en commun de vouloir se défaire de cette tendance. A tout le moins, elle les trouble et les empêche, dans la majorité des cas (mais pas dans tous !), de mener une existence hétérosexuelle et de contracter un mariage dans des conditions viables.

Je suis opposé aux thérapies de conversion. Je pense qu’elles sont, pour une grande partie, du charlatanisme. Partant, lorsque je parle de thérapies (et c’est le cas des thérapeutes qui traitent ce genre de demande), je pense plutôt à des thérapies cognitives/comportementales classiques destinées à aider ces femmes et ces hommes à assumer leur identité et à trouver les moyens de vivre avec les forces et les tendances qui les structurent. Il s’agira donc surtout de construire un passage vers l’hétérosexualité.

2. 100% de réussite ?

Non, mais cependant, oui !… Il y a des gens qui mènent une vie épanouissante et qui remercient leur thérapeute pour son engagement et son endurance. Ils mènent une vie stable, ils réussissent à avoir des enfants, à les éduquer. Souvent, leur travail thérapeutique est accompagné d’un renforcement spirituel. Il est toujours synonyme de remise en cause personnelle très profonde. En effet, beaucoup découvrent en cours de thérapie, un autre regard sur leur identité, sur leur parcours et, surtout, parviennent à se défaire du regard que leur entourage a posé sur eux. Pour d’autres, c’est « l’échec de la thérapie ».

3. Concernant les Chidoukhim : faut-il dire, au stade des rencontres, qu’on a été homosexuel ou lesbienne dans le passé ?

Réponse : non.

Remarque fondamentale : il est strictement interdit au praticien de laisser son patient s’engager dans un Chiddoukh ou un mariage s’il n’a pas acquis la certitude qu’il sera capable d’assumer sa vie conjugale de manière épanouissante pour lui/elle et son/sa conjoint(e).

Il est évident que cette question délicate doit toujours être tranchée par un Gadol, un Grand en Torah. Avec là encore une nuance qui fait toute la différence : celui qui pose la question doit rencontrer le Gadol en personne et pouvoir s’entretenir personnellement avec ce Rav et lui présenter l’ensemble des aspects de la question. Il doit également convaincre son patient de se rendre chez ce Rav. S’il s’agit d’une femme, il faut choisir un Rav qui reçoit les femmes et qui pourra s’entretenir avec elle.

4. Aimer son prochain.

La Torah ne nous a pas demandé de détester les homosexuels. Par contre, elle nous a non seulement demandé de nous abstenir radicalement de toute forme d’homosexualité, mais également de tenir en abomination tout ce qui y amène.

Cependant, cette règle n’abolit pas l’obligation de juger son prochain favorablement, d’essayer de lui trouver des circonstances atténuantes, de ne pas le détester dans son cœur, de répondre à ses demandes d’aide, de savoir que son histoire familiale peut expliquer ses choix, etc.

Par ailleurs et de manière plus générale :

Depuis le vote de la loi sur le mariage pour tous, les données du « débat » sur cette question ont changé, car, aujourd’hui, les monothéismes sont devenus hors la loi. On ne peut plus discuter sans être menacé de procès, insultés ou même bousculés (comme cela a été le cas lors d’une visite en France du Gaon Rav Amar, aujourd’hui Grand-Rabbin de Jérusalem). Le fait même que nous soyons obligés de prendre des pincettes pour parler du sujet montre que le débat est clos : le monde occidental va à son destin et nous, nous continuons avec la Torah que nous avons reçue il y a environ 3321 ans.

En termes de valeurs culturelles, on peut dire que le monde occidental est revenu au même point que l’Egypte antique dans laquelle la loi permettait à des hommes de donner des contrats de mariage à des hommes. Le peu de bon sens qui prévalait il y a peu s’est évaporé avec le vote de cette loi qui achève de déconstruire ce qu’il y a de plus fondamental chez l’être humain : son identité sexuelle. Dans les crèches, les circulaires officielles sont appliquées : on doit « dégenrer ». On va donc arrêter de donner des jeux de filles aux petites filles et des jeux de garçons aux petits garçons. Vous comprendrez aisément, dans ces conditions, qu’il n’y ait plus de dialogue possible sur la question de l’homosexualité avec les décideurs contemporains.

Il ne nous reste plus qu’à faire face à nos responsabilités en accueillant celles et ceux qui veulent s’en défaire.

Brakha Véhatsla'ha.

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