Bonjour Rav,
Je suis étonné que des charcuteries soient reconnues comme Cachères alors qu’elles contiennent des conservateurs tels que les E250 et E252, montrés du doigt par les médecins comme étant cancérigènes.
Idem pour les bonbons, et c’est encore plus grave car ils sont surtout destinés aux enfants, dont la composition, pour certains, fait apparaitre le conservateur E117 dénoncé, lui aussi, comme dangereux pour la santé.
Par ailleurs, des œufs blancs vendus dans les épiceries Cachères sont souvent produits par des poules élevées en cage, alors qu’elles pourraient l’être dans des volières compatibles avec l’obligation de ne pas causer du Tsaar Ba'alé ’Haïm (souffrance animale).
Ne pourrait-on pas améliorer cet état de choses interpellant ?
Merci Rav.
Chalom Ouvrakha,
Je suis d'accord avec vous.
Cependant, la Cacheroute, au sens strict de la Halakha, définit ce qui est autorisé à la consommation et ne garantit pas que le produit soit sain, équilibré ou recommandé sur le plan médical.
De la même manière, un aliment peut être parfaitement Cachère et pourtant déconseillé par les médecins, tout comme il peut être sain d'un point de vue nutritionnel, mais non-Cachère.
Les additifs et conservateurs (comme ceux que vous mentionnez), la Halakha n'interdit pas un ingrédient du seul fait qu'il soit potentiellement nocif, tant qu'il est autorisé, non interdit par la Torah et utilisé dans des proportions acceptables.
La responsabilité de la Cacheroute s'arrête donc, juridiquement, à la permissibilité halakhique, et non à l'évaluation sanitaire à long terme.
Cela relève davantage du domaine de la prudence personnelle , de l'éducation alimentaire et de la responsabilité parentale.
Pour ce qui est des produits destinés aux enfants , votre remarque est d'autant plus pertinente.
Même si la Cacheroute est respectée, il est évident qu'un public Yiré Chamaïm (public soucieux de valeurs) devrait aspirer à un niveau plus élevé que le strict minimum halakhique, et stimuler des choix plus responsables lorsque cela est possible.
Cela étant dit, le danger potentiel de l'ensemble de ces éléments est, en réalité, très minime. Certes, ils peuvent être considérés comme nocifs, mais uniquement à long terme et en cas de consommation excessive. Cela ne saurait constituer une raison suffisante pour refuser l'octroi d'une Cacheroute. Autrement, il faudrait alors classer comme dangereux de très nombreux produits pourtant autorisés, tels que la viande, l'alcool, ou même d'autres aliments parmi les plus « purs ».
Le rôle du Hekhcher est d'attester de la conformité halakhique, la modération n'est pas du ressort de la Cacheroute elle-même, mais de l'éducation et du bon sens de chacun.
Enfin, au sujet des conditions d'élevage des animaux, vous touchez à un point halakhique réel : l'interdit de Tsaar Ba'alé 'Haïm. Toutefois, dans la pratique, de nombreux décisionnaires considèrent que les systèmes d'élevage industriels, aussi discutables soient-ils sur le plan moral, ne constituent pas nécessairement une transgression halakhique formelle, dès lors qu'ils sont conformes aux normes.
Là encore, il existe un écart entre ce qui est autorisé a posteriori et ce qui serait souhaitable a priori.
Oui, il est surement possible - et même souhaitable - d'améliorer cet état de choses. Mais cela ne relève pas uniquement des organismes de Cacheroute : c'est une responsabilité partagée entre producteurs, autorités rabbiniques, éducateurs et consommateurs.
La Halakha fixe un cadre minimal obligatoire ; l'élévation éthique et la vigilance sanitaire relèvent d'un choix conscient et d'une exigence morale plus haute et personnelle.
Kol Touv.