Bonjour Rav;
J’ai la soixantaine et, depuis que j’ai fait Téchouva, vers l’âge de 23 ans, j’ai toujours essayé de faire attention à la Chmirat Halachone avec mon mari, mes enfants et mon entourage…
Maintenant qu’une de mes filles est mariée avec plusieurs enfants Baroukh Hachem, elle me parle souvent de Lachone Hara' : trop de devoirs donnés par une prof, en la critiquant beaucoup, manque de 'Hessed d’une autre...
J’ai peur qu’elle se sente incomprise ou qu’elle se détache de moi, car je défends les autres en essayant de leur trouver des circonstances atténuantes.
Que dois-je faire ?
Merci beaucoup !
Chalom Ouvrakha,
Il est permis, dans certaines circonstances, d’écouter du Lachone Hara’ lorsque cela est nécessaire pour une utilité réelle (Léto’élèt), notamment lorsque le fait d’écouter permet à une personne de "vider son sac" auprès de quelqu’un de confiance et peut ainsi l’empêcher d’aller raconter son problème à d’autres personnes.
Le ‘Hafets ‘Haïm (Klal 10, Halakha 14, dans les remarques) évoque également des situations dans lesquelles la personne qui parle peut elle-même ne pas transgresser l’interdit de Lachone Hara’, lorsqu’elle cherche véritablement de l’aide ou un conseil pour résoudre un problème.
Mais il faut être extrêmement vigilant : écouter ne signifie absolument pas croire. Celui qui écoute doit rester dans le doute et ne pas considérer les propos comme des faits établis. Le ‘Hafets ‘Haïm revient à plusieurs reprises sur cette exigence. Si l’on constate que l’on commence à croire ce qui est raconté, ou que l’écoute nous entraîne à juger négativement la personne dont on parle, il faut mettre fin à la conversation.
Il existe cependant une manière encore meilleure de gérer ces situations, comme vous le proposez : essayer de défendre, avec intelligence et sans naïveté, la personne dont on parle.
Cela permet parfois de faire deux choses en même temps : laisser votre entourage avoir le sentiment d’avoir été entendu et compris, tout en essayant de protéger la personne dont on parle et de désamorcer le Lachone Hara’. Si vous réussissez à faire cela, c’est évidemment l’idéal, car vous aurez peut-être réussi à arrêter le Lachone Hara’ à sa racine.
Mais dans votre cas, il me semble important de garder une priorité : préserver la confiance de votre entourage, afin qu’ils continuent à venir vous parler à vous plutôt que d’aller raconter leurs problèmes à d’autres personnes. Il faut donc savoir écouter sans approuver, comprendre sans croire, et parfois défendre la personne absente sans donner à celui qui parle le sentiment qu’on rejette sa souffrance.
Bonne chance.